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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 12:43

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Les rêveries du promeneur solitaire

Jean-Jacques Rousseau

éditions Le livre de poche

1782

 

Il est temps de quitter Rousseau avec son ultime oeuvre Les rêveries du promeneur solitaire, plus ou moins considérée comme une suite des Confessions, à la différence que, cette fois, Rousseau ne cherche pas à se justifier, pas plus qu'il ne s'adresse à un quelconque lectorat, persuadé que personne ne sera jamais à même de le comprendre. C'est donc un narrateur détaché, indifférent au monde, qui parle et c'est une écriture qui s'adresse avant tout à son propre auteur. Curieux non? Sous la forme de dix chapitres, dix "promenades" (dont la dernière est probablement inachevée) Rousseau s'interroge sur sa nature et sur celle des hommes, revient sur ses souvenirs et laisse libre cours à sa passion de la botanique et à ses désillusions. Solitaire, il a fait le deuil du monde et semble s'en satisfaire. Pourtant, son discours trahit encore des déceptions mal guéries et une soif de reconnaissance qu'il n'obtiendra jamais de son vivant.

Pour ne rien vous cacher, Les rêveries du promeneur solitaire malgré son titre poétique est un texte qui m'a laissée relativement froide. Je lui ai trouvé les mêmes défauts que Les confessions, des répétitions et ce sempiternel ressassement: Rousseau, l'éternel incompris d'un côté et les "méchants" de l'autre. Les descriptions de la nature sont belles et en plissant un peu les yeux on peut apercevoir dans certaines promenades les balbutiements du courant romantique. Plusieurs chapitres de ce fait m'ont touchées. Mais il manque un élément essentiel aux Rêveries...: cet élément c'est le lecteur. Rousseau dans Les Confessions nous prenait à parti, cherchait à se justifier aux yeux d'une tierce personne et, si son récit était parfois de mauvaise foi, il avait tout du moins l'avantage d'être vivant. Ici, il ne s'adresse plus à personne si ce n'est à lui-même, et tourne à vide dans une écriture belle, poétique, mais, comment vous dire, froide et morte. Plus de passion, si ce n'est par sursauts, plus de colère, seulement de la résignation. Ainsi, j'ai lu Les rêveries du promeneur solitaire avec curiosité, mais sans réelle émotion, admirant ça et là les tournures et le style, mais sans rien ressentir si ce n'est de temps en temps de l'agacement devant ce narrateur qui se laisse enterrer vivant. A bon entendeur... Laissons ce pauvre Jean-Jacques au milieu de ses plantes. Il nous reste encore quant à nous une bonne partie du 18e siècle littéraire à parcourir.

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Published by beux - dans Classiques
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commentaires

urgonthe 21/08/2011 23:03


Et quel siècle ! J'adore cette période de la littérature. Pour Rousseau, je m'étais abstenue pour celui-là. J'avais aimé ses personnages romanesques dans La Nouvelle Héloïse ou sa superbe mauvaise
foi dans ses Confessions, un récit désincarné m'intéressait moins et je m'en tiendrai là le concernant.


beux 25/08/2011 14:35



Je pense qu'effectivement les rêveries d'un promeur solitaire convient plus aux personnes âgés ou aux amateurs purs et durs de Rousseau! Concernant le 18e siècle littéraire, je suis moins
enthousiaste que vous (j'ai vu à travers votre blog que c'était effectivement pour vous le siècle coup de coeur ) lui
préférant le siècle d'après. Ceci dit, grâce aux 1001 livres... je suis devenue beaucoup moins critique sur cette période de la littérature, ayant découvert des auteurs comme Fielding.