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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 15:20

L02.jpgDes vies d'oiseaux

Véronique Ovaldé

éditions de l'Olivier

2011

 

Vida virevolte dans la grande villa climatisée de son riche mari, inquiète, solitaire. Cela fait bien longtemps qu'elle n'aime plus Gustavo. L'a t-elle seulement aimé un jour? Elle ne pense désormais plus qu'à sa fille, Paloma, qui a disparu un jour, crachant son mépris pour un père médecin, un bourgeois engoncé dans une vie plus que conventionnelle, et une mère d'origine modeste qui a renié son village natal et qui vit dans l'ombre de son mari. Vida sait que sa fille n'est pas très loin, qu'elle a suivi un amant désargenté et qu'ensemble ils s'installent dans les grandes demeures somptueuses de propriétaires en vacances, y compris parfois la sienne... Grâce à l'aide de Taïbo, un policier, elle part sur les traces de son enfant, l'occasion pour elle de renouer avec son passé mais, surtout, de pouvoir enfin après tant d'années se découvrir un avenir.

Que les choses soient bien claires, je ne suis pas follement accroc au style d'Ovaldé, à ses longues phrases sinueuses pleines d'interrogations (mais pourrait-elle faire autrement que de faire, non il ne fallait pas y penser car c'était mal mais si elle devait le faire, etc.) et aux parenthèses à rallonges qui parfois à mon sens coupe sérieusement le récit  (est-ce que je fais ça moi d'abord hein?) Ceci dit, c'est un choix stylistique assumé et parfaitement maîtrisé. Le lecteur peut avoir un peu de mal au début du récit, mais par la suite, il se laisse happer par une jolie histoire, celle de personnages qui, loin des préjugés et des aléas de la vie, essaient tant bien que mal de reconquérir leur liberté. Il y a Vida, l'épouse docile qui découvre que son existence n'est pas forcément lié à celle d'un mari tyrannique; il y a Taïbo, le policier qui découvre qu'il ne sert à rien de s'accrocher à un passé mort; mais il y a aussi Paloma qui se rend compte que sa liberté, paradoxalement, passe par l'attachement à un homme et que c'est seulement en se liant à lui qu'elle est enfin libre. Pour l'auteur, il ne s'agit pas de dénigrer toute relation, qu'elle soit sentimentale ou filiale, il s'agit juste de montrer qu'une relation ne peut reposer sur l'idée d'une obligation  ou d'un devoir quelconque. On n'est pas forcé d'aimer un père violent ou un mari absent. L'amour repose sur un choix, illlustration parfaite avec Paloma qui choisit d'accompagner sa meilleure amie tout le long de sa maladie ou qui décide de fuir avec son amant, Adolfo,  parfaitement consciente du chagrin que cela causera à sa mère. Je déplore seulement l'image du père, sérieusement écorné dans ce roman, puisqu'il présente Gustavo comme un homme antipathique, plus intéressé par son argent et sa carrière que par sa famille, et le père d'Adolfo comme un homme violent et caractériel. Les femmes à l'inverse apparaissent comme de braves petites choses, ce qui me paraît un peu caricatural par endroits. C'est un détail qui ne m'a pas empêchée de savourer tranquillement une histoire pleine de tendresse rappelant, en ces temps où la jalousie et la possession sont les maîtres mots, que les oiseaux ne sont pas faits pour être mis en cage...

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Published by beux - dans Roman
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