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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 11:32

L01.jpgProfanation

Jussi Adler Olsen

éditions Albin Michel

 

 

Carl Morck a plutôt de quoi être heureux pour son retour de vacances; grâce à son succès dans la résolution de l'affaire Merete Lyyngaard (cf la note sur Miséricorde), le département V créé dans le but de reprendre de vieilles affaires non classées a le vent en poupe et la faveur de ses supérieurs. Seulement, Carl s'en moque éperdument: il n'a pas envie de retourner travailler et de faire front à l'enjoué Assad, son mystérieux assistant syrien pas toujours très subtil dans ses méthodes d'interrogatoire, pas plus qu'il n'a envie de se coltiner une nouvelle secrétaire, la terrible Rose. Cependant, bientôt, le devoir le rattrape: sur son bureau, Carl découvre un dossier théoriquement classé sur le meurtre de deux jeunes gens dans la demeure familiale. Si le coupable s'est dénoncé, notre inspecteur ne tarde pas à se rendre compte que des zones d'ombre demeurent dans cet assassinat particulièrement violent et qu'il met en cause des personnalités influentes du pays, autrefois gosses de riches dans une école privée. A ses dépens, Carl ne tarde pas à se rendre compte qu'il avance sur un terrain miné: sa quête de la vérité pourrait lui faire de puissants ennemis et lui coûter sa carrière...

C'est un peu une enquête à la Columbo: nous connaissons déjà plus ou moins les coupables et l'intérêt du roman va essentiellement être de voir comment Carl et son équipe vont pouvoir les coincer. Les personnages sont toujours aussi aussi remarquablement traités, que ce soit l'inspecteur bougon, sa secrétaire déjantée ou l'assistant survolté. Les "méchants" sont également bien mis en scène, l'auteur s'intéressant plus particulièrement à Kimmie, une ancienne membre du groupe qui, suite à un événement douloureux, a décidé d'exterminer ses anciens alliés. Et quels alliés! Que dire de ces hommes dont la seule passion est de tuer par plaisir et qui conçoivent le meurtre comme une gigantesque partie de chasse? Les descriptions des violences gratuites font parfois froid dans le dos, confirmant le talent de Jussi Adler Olsen pour alterner registre sombre et registre plus léger. Contrairement à Miséricorde, pourtant de très bonne facture également, l'intrigue est beaucoup plus soignée, sans doute parce que l'auteur ne se soucie pas d'un quelconque effet de surprise, préférant jouer sur une confontration finale particulièrement réussie. Je ne suis pas, loin s'en faut, une adepte des polars scandinaves, mais j'avoue que Jussi Adler Olsen et son personnage de Carl Morck ne sont pas loin de rivaliser dans mon coeur avec Fred Vargas et son Adamsberg...

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Published by beux - dans Polar
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Olivier Pierre AUGUSTE 28/06/2012 14:18

Tu vas finir par me donner envie de lire des polars scandinaves... et ça c'est un exploit.
Bravo pour ton commentaire.