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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 13:53

L03.jpgLa mort dans l'âme

Le prince des ténèbres t.1

Jeaniene Frost

éditions Milady

2012

 

C'est un vampire solitaire et ténébreux, c'est une humaine que d'étranges pouvoirs ont également condamné à la solitude... Ils se rencontrent, ils s'aiment mais se déchirent... Non, nous ne sommes pas dans Twilight ni dans True Blood mais La mort dans l'âme est également de la bit-lit et, comme vous allez vite vous en rendre compte, tous les ouvrages de bit-lit se ressemblent...

Notre héroïne s'appelle Bella, pardon Leïla. Comme son illustre consoeur c'est une jeune fille renfermée et solitaire et pour cause... Depuis un tragique accident qui a aussi coûté la vie à sa mère, elle a la capacité de percer les secrets les plus sombres des gens et, accessoirement, de leur envoyer des décharges électriques dans la tronche. C'est donc une âme tourmentée, ce qui serait davantage crédible si elle ne travaillait pas dans un cirque et ne se promenait pas toute la journée dans un justaucorps fluo. C'est d'ailleurs en pleine répétition qu'elle se fait enlever par des créatures de la nuit qui la forcent à entrer en contact avec Vlad (on ne rit pas s'il vous plaît), un célèbre vampire à tendance pyromane. Vlad, intrigué par Leïla, tue ses ravisseurs et l'enlève à son tour. Il l'emmène dans son immense château et lui donne de nouveaux habits parce que le justaucorps ça va cinq minutes. Paf, ils tombent amoureux évidemment et vous savez quoi? ça tombe bien, Vlad est ignifugé et ne craint donc pas les décharges de la jeune fille, ce qui leur permet de faire moult galipettes sous la douche et dans le lit, une chance pour Leïla qui se voyait déjà condamnée à finir vieille fille. Bon, elle s'interroge bien un peu sur les tendances ultra-possessives de Vlad et son goût prononcé pour la torture mais oh hein il ressemble à Aragorn dans le film du Seigneur des Anneaux et il a une super baraque donc faisons comme si de rien n'était. Qui plus est, les ennuis se profilent car c'est pas tout ça mais il faut quand même retrouver celui qui en veut à Vlad et qui a juré de le détruire...

A la suite de ce résumé qui, je n'en doute pas, vous a mis l'eau à la bouche, il est possible je pense de tirer quelques enseignements généraux que nous retrouverons dans beaucoup d'ouvrages de bit-lit et, accessoirement de mauvais romans comme 50 nuances de Grey.

La bit-lit est un genre pour filles. C'est la descendante inavouée des romans à l'eau de rose de l'ancien temps, Barbara Cartland et Harlequin, sauf qu'on remplace princes et industriels richissimes par des vampires ou des loups-garous. L'action se déroule de ce fait du point de vue de l'héroïne qui est d'ailleurs même le plus souvent la narratrice. C'est un genre du fantasme : l'héroïne est en apparence une femme comme les autres, telle cette malheureuse lectrice incomprise, mais, en réalité c'est un être exceptionnel et unique qui se fait immédiatement remarquer par un beau vampire (à remplacer selon les romans par la créature surnaturelle de votre choix), vampire qui est lui-même doté de qualités non négligeables : il est riche et peut apporter à l'héroïne tout ce qu'elle souhaite; il lui assure sa protection ("Rien de mal ne t'arrivera avec moi bébé"); il est remarquablement membré et c'est un amant extraordinaire qui fait découvrir à sa maîtresse tous les plaisirs sensuels au lieu de se jeter sur elle bestialement après quelques dizaines d'années d'abstinence sexuelle (oui, le vampire est sélectif). Enfin, qualité non négligeable, il n'a aucun besoin naturel à part celui de l'accouplement: il ne se nourrit pas et ne met donc pas sa dulcinée derrière les fourneaux le coït achevé, il ne boit rien d'autre que du sang, ce qui lui évite de roter sa bière devant la télé, et il ne pète pas au lit. En contrepartie, il se montre violent dans la passion et très possessif, ce qui séduira d'autant plus une lectrice en mal d'affection et/ou délaissée.

Que penser de la bit-lit et de La mort dans l'âme en particulier? Honnêtement, pas grand-chose. L'écriture est navrante et les ficelles de l'intrigue si grosses qu'il faut être vraiment naïve pour se laisser happer par une action quasi-inexistante. La lectrice lit l'ouvrage uniquement pour deux choses: l'histoire d'amour et les scènes érotiques. Ce premier tome de Janiene Frost, comme dans 50 nuances de Grey d'ailleurs, a certes une conception assez malsaine du couple puisqu'il met en scène un homme macho et violent et une femme somme toute assez soumise malgré quelques éclairs de lucidité qui fondent devant son propre désir... Personnellement, je ne suis pas fan de ce genre de romances (je suis toujours indignée qu'aucune héroïne ne craque jamais pour Jérémy, le comptable au lunettes d'écaille qui rougit et parle trop fort quand il est perturbé) mais bon... je suis aujourd'hui d'humeur conciliante et je veux bien admettre que le roman de Frost n'a aucune valeur littéraire mais remplit juste une fonction précise, celui de faire croire à une lectrice de plus en plus désabusée que les belles histoires d'amour existent encore...

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Published by beux - dans Fantastique
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commentaires

Paula_bey_crazy 23/04/2017 15:20

J'ai trouvé ton article intéressant, je n'ai pas lu la série prince des ténèbres, je ne peu donc pas me prononcer, mais j'ai lu chasseuse de nuit de la même auteure, qui j'ai aimé sans pour autant tomber " amoureuse " de la série. Le bit-lit fait partie de la catégorie fantaisie urbaine, et même si malheureusement les maison d'édition ont tendance à nommer tout et n'importe quoi du bit-lit, il y a certaines séries qui sont très bonnes. Je te conseille la série Mercy Thompson de Patricia Briggs, pour contre-balancer ton opinion, car ce serait dommage de se faire une opinion au sujet de la bit-lit que sur un exemple déplorable.

Justine 26/09/2013 16:01

La bit-lit est un genre assez fermé où les éditeurs fourrent tout ce qui pourrait réchauffer le "coeur" des jeunes adolescente, un peu comme ce qu'on trouve avec la chick-lit pour les femmes plus
âgées (rien que le nom d'ailleurs est dévalorisant mais bon. Il FAUT qu'il y ait une histoire d'amour entre une fille et un garçon, en général, la fille et l'héroine (même si dans sublime créatures
c'est le garçon). Mais comme le dit Beux, si on fouille un peu le genre on a des découvertes sympathiques. On pourrait parler aussi de ce nouveau genre qui voit le jour avec Hunger games, Starters,
Glitch... Avec la aussi un schéma super strict : un monde futuriste pas cool avec des dirigeants méchants et un(e) gentil(le) héros/héroine. Ce sont des filons qu'on exploite à chaque fois à fond
et qui finissent par dévaloriser un genre. Pourtant, certains auteurs s'en sortent bien et tout en reprenant le schéma tirent leur épingle du jeu. J'en profite pour citer Divergente de Veronica
Roth qui m'a agréablement surprise (au cas où un jour il y ait un petit trou dans la pile de livre de certains). C'est en plein dans le courant de Hunger Games et autre avec l'histoire d'amour et
tout et tout mais j'ai bien apprécié.

Voilà, désolée pour le pavé. C'était histoire de défendre un peu la littérature pour ado.

beux 01/10/2013 11:16



Pas de soucis pour le pavé! Ceci dit pour ma part, la bit-lit ne relève pas du genre pour ados même si beaucoup d'ados peuvent en lire. La bit-lit est un dérivé de la chick-lit effectivement sauf
qu'il y a le côté surnaturel. Certains romans "ados" peuvent s'y intégrer (Twilight, Journal d'un Vampire) mais la plupart sont pour adultes (True Blood par exemple). Donc rassure-toi je ne
critique pas le roman ado (j'en lis énormément) je critique juste un genre et un schéma qui, quand il est mal mené, peut devenir caricatural.



Isa 22/09/2013 21:37

Je me demandais si je manquais quelque chose à n'avoir pas encore essayé la bit-lit... il semblerait que non ! Mais cette critique m'a bien fait rire.

beux 24/09/2013 11:03



Ah mais il faut essayer voyons! Bon, je suis méchante: il en est de la bit-lit comme de la fantasy. Soit vous suivez strictement les schémas du genre et ça donne des ouvrages plein de clichés et
drôles à force d'être caricaturaux, soit vous essayez de détourner un peu les codes. Ainsi, "Sans âme" de Carriger par exemple est aussi de la bit-lit mais pour le coup est beaucoup plus subtil
et plus intéressant...



Nénène 22/09/2013 20:23

Quoi???? Tu veux dire que tous les livres de bit-lit se ressemblent??? Comme je suis déçue ^^

Nénène 22/09/2013 16:19

J'ai ri...mais j'ai ri, en lisant ton post! C'est pas du tout cliché ces trucs...Celui-ci m'a l'air particulièrement drôle, tu me le prêtes?? :D

beux 22/09/2013 20:10



Ah ah désolée Nénène mais celui-là je l'ai emprunté! T'inquiète ceci dit, si ça peut te faire plaisir je t'en trouverais un tout pareil pour Noël...^^