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25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 15:01

L03.jpgDans la nuit brune

Agnès Desarthe

Editions de l’Olivier

 

Souvenez-vous ; nous avons déjà parlé d’Agnès Desarthe avec son roman pour la jeunesse La plus belle fille du monde. Aujourd’hui, c’est un de ses ouvrages pour adultes que nous allons aborder.

Jérôme est un homme taciturne qui vit seul avec sa fille Marina depuis le départ de son épouse Paula. Agent immobilier il parle peu et s’attarde encore moins sur ses sentiments, préférant exorciser ses soucis en allant se promener seul dans la forêt. Cette vie paisible va voler en éclats le jour où Marina perd son grand amour, Armand, mort brutalement dans un accident de moto. Confronté au chagrin de sa fille, Jérôme se retrouve à gérer des émotions qu’il ne connaissait pas et qui le renvoie à son propre passé. En effet, Jérôme est un enfant trouvé dans les bois et sa naissance demeure un mystère ainsi qu’une blessure inavouée…

Bon, sincèrement, pour l’instant je préfère Agnès Desarthe en tant qu’auteur pour enfants. Rien de son humour habituel dans Dans la nuit brune, si ce n’est dans le personnage principal de Jérôme, décalé et attachant, dont les réflexions décousues au fil des pages apportent une fraîcheur à un récit qui serait vite plombant. En effet, la thématique est loin d’être gai (la mort, la déportation, la difficulté de communiquer avec les êtres aimés…) et si le style de Desarthe est toujours aussi agréable, il tombe parfois un peu dans la répétition et un jeu d’interrogations qui, à force, devient lassant. Qui suis-je ? Que sommes-nous ? Que faisons-nous ? Quel est le sens de notre vie ? Autant de questions dont, personnellement je n’ai pas la réponse et, semble-t-il, l’auteur non plus puisqu’elle laisse la fin de son roman dans un flou artistique des plus frustrants. Supercherie littéraire ? (ah ah encore une question !) Je ne sais… Comme dans La plus belle fille du monde, Agnès Desarthe plante une situation de départ (la mort du petit ami) puis semble soudain s’en désintéresser, laissant l’intrigue partir au petit bonheur la chance. Elle s’en sort grâce à des personnages haut en couleurs (Jérôme bien évidemment mais aussi la meilleure amie de Marina, la douce Rosy, ou encore l’excentrique écossaise Vilno) et en décrivant avec brio aussi bien la petite ville de province endormie que la forêt, parvenant à faire prendre vie à la terre brune des bois ou à un orage campagnard, si bien que c’est tout un monde qui s’éveille sous sa plume. Jolies pirouettes… C’est l’art de raconter une histoire là où il n’y en a pas vraiment. Certains lecteurs aiment et je pense que beaucoup d’entre vous aimeront Dans la nuit brune. Moi, j’avoue que ça m’a un peu lassée sur la fin.

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Published by beux - dans Roman
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commentaires

Orlof 29/09/2010 20:11


OOPS : "la disparition de Paris et sa RENAISSANCE en Afrique"... Désolé pour la faute. En roman français, le seul indispensable du moment est "L'homme qui arrêta d'écrire" de Nabe. Et oui pour les
1001 livres : j'attends toujours tes notes sur Sade ;)


beux 29/09/2010 20:48



Nabe! Soyons sérieux. Mais le titre "La disparition de Paris..." m'intrigue. Quant à Sade, tu vas devoir faire preuve de patience: j'ai encore trois Rousseau et beaucoup d'autres titres avant
d'attaquer les 120 jours de Sodome et Gomorrhe...



Orlof 29/09/2010 10:14


Je suis assez d'accord avec toi : ça part un peu dans tous les sens et ça vaut surtout pour les personnages "secondaires". En revanche, j'aime assez l'ambiguïté finale et les zones d'ombre que
laisse l'auteur (j'en ai discuté avec quelques personnes et nous n'avons pas la même interprétation de la fin).
Il reste quand même, selon moi, un côté "littérature jeunesse" dans ce livre en ce sens qu'il faut absolument embrasser de "grands thèmes" (la vie, la mort, le couple, l'Histoire) et les traiter de
façon "psychologique"). A mon avis, Desarthe aurait du plus se diriger du côté de la fable (elle le fait un peu) comme Martin Page dans son dernier roman ("la disparition de Paris et sa
réapparition en Afrique").


beux 29/09/2010 19:42



Hummm c'est quoi cette idée de "littérature jeunesse" avec les grands thèmes? Tous les romans pour la jeunesse ne sont pas traités de cette façon! Mais je suis d'accord avec toi: l'idée de la
fable était peut-être plus judicieuse... Les passages d'ailleurs où Desarthe semble se diriger de ce côté sont les plus réussis... Quant à la fin... Et ben il faudra qu'on en reparle parce que je
pense qu'effectivement certains ont pu en avoir une vision différente!


En fait, je crois que j'ai du mal avec les romanciers français en ce moment... Mes collègues m'ont interdit d'emprunter le dernier Olivier Adam, elles ont peur que je ne l'aime pas et ont juré de
pourrir mon blog si je le critiquais. Du coup, je vais avancer un peu dans les 1001 livres je crois...