Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 11:22

L01.jpg1Q84

livre 3

Haruki Murakami

éditions Belfond

 

 

1Q84, c'est un nouveau monde, un monde avec deux lunes, celui dans lequel Aomamé et Tengo ont basculé. Dans ce monde fantastique, les Littles People font entendre leur voix par l'intermédiaire d'une secte, les Précurseurs. A la mort de leur leader, assassiné par Aomamé, les Précurseurs partent à la recherche de cette dernière et font pour cela appel à Ushikawa, un ancien avocat véreux spécialisé dans ce type de recherches. Aomamé ignore tout cela: cloîtrée dans un appartement, elle guette par la fenêtre le retour de Tengo, aperçu une fois dans un square. Tengo, lui, veille sur son père malade et tente à la fois de concilier un passé douloureux et un avenir plus qu'incertain... Plus que tout il tente lui aussi de retrouver la petite fille d'autrefois, Aomamé car il sent également que leurs destins sont liés.

J'ai entamé sans enthousiasme ce troisième volume car j'avais été tout de même un peu déçue par les deux premiers volets. La persévérance a du bon. Dans ce tome, j'ai retrouvé Murakami et son style. Plus besoin de justifier l'univers parallèle déjà présenté dans les livres précédents, plus besoin de patauger dans les explications vaseuses, l'auteur revient à ce qu'il fait de mieux, créer tout un décor de songes et de poésie. L'action est moindre que dans les précédents romans mais, j'ai envie de dire, c'est pas plus mal. Aomamé et Tengo, chacun obligés de vivre plus ou moins retranchés (l'une contrainte de se cacher, l'autre de veiller sur son père) se retrouvent seuls face à leurs sentiments et à leurs émotions. Ils regardent les deux lunes, conscients que dans ce monde ils se sont enfin retrouvés malgré tout et que leur solitude est terminée. Au milieu des deux voix des personnages principaux s'intercale la voix d'Ushikawa, le "détective" qui lui au contraire est pris au piège de ce monde, plus seul que jamais. C'est un protagoniste émouvant. Ajoutez à cela une narration fluide, la fantôme d'un père énigmatique qui revient sans cesse frapper à la porte, une réflexion sur la mort et le temps... C'est léger, à l'image de la chrysalide tissée par les Little People. Tout est flou également, la frontière entre les bons les méchants semblent bien minces et rien n'est vraiment sûr: les personnages parviendront-ils à échapper au monde de 1Q84? Les Précurseurs retrouveront-ils Aomamé? Tengo découvrira-t-il qui est son père en fin de compte? Beaucoup de questions demeurent sans réponse mais il y a une seule certitude dans ce roman, oh combien réconfortante; d'une manière ou d'une autre, Tengo et Aomamé se retrouveront et ne seront plus jamais seuls. Et en fin de compte, c'est bien le plus important...

Partager cet article

Repost 0
Published by beux - dans Roman
commenter cet article

commentaires

Dwuth 13/04/2012 09:21

Mais il n'y a pas de quoi. Vous auriez probablement fini par le lire, étant donné la couverture de laquelle il jouit en France.

Pour en revenir brièvement à la traduction, il faut savoir que l'oeuvre de Murakami est semée de références en japonais, qui sont impossibles à traduire en français. Pour moi, le plus simple est
bien sûr de ne tout simplement rien traduire, mais le texte devient très vite illisible à cause des notes de bas de page.

L'avantage de la traduction anglaise est que le texte est bien équilibré, il ne perd pas de son rythme et prend une dimension différente, ça n'est plus juste la traduction d'un roman mais une
oeuvre à part entière. C'est l'avantage de la langue anglaise, qui si elle n'est à mon avis pas spécialement belle, a l'avantage immense d'avoir du punch et une manière de traiter l'immatériel très
difficile à percevoir en français.

Il faut enfin savoir que Murakami vis aux États-Unis depuis des années, et que par conséquent sa langue a changé, ce qui est une conséquence normale d'utiliser une langue étrangère au quotidien. Ce
n'est donc plus l'anglais qui est bien adapté à la traduction, mais son japonais qui naturellement tend vers une manière d'écrire anglo-saxonne.

Pour être totalement honnête avec vous, j'ai la chance de parler japonais -ma femme est japonaise- mais le niveau de langage de Murakami est trop élevé pour moi, même en essayant avec une
traduction à côté, car je n'ai pas la patience pour regarder chaque mot. Je vous fais signe dès que je progresse assez pour apprécier le texte dans sa forme originale -qui à mon avis devrait être
la seule, mais je m'égare un peu-.

Florian 07/04/2012 09:35

Bonjour. Je vous laisse un commentaire qui n'en est pas vraiment un, juste pour vous poser une question qui pourrait sembler stupide mais qui me préoccupe beaucoup.
Quand on regarde à quelle vitesse ce site se développe, enchaînant les fiches de lecture avec une régularité soutenue, je ne peux pas m'empêcher de me demander : Nom d'une pipe en bois, mais
comment lit-elle aussi vite ? Y a-t-il une méthode particulière ?
Sur ce, je vous souhaite bonne continuation vers de bonnes lectures !

beux 12/04/2012 21:51



Ah ah, euh non pas de méthode particulière. Je lis assez vite je le reconnais, mais je n'utilise pas la méthode de lecture rapide (il paraît que c'est efficace pour les études et autres, mais ça
me rebute un peu j'aurais l'impression de tricher)


A dire vrai, ma seule recette est que je lis un peu partout. Pas au travail évidemment, mais le matin si j'ai un peu de temps libre, dans le train si je voyage, le soir avant de dormir... Après
je vous rassure, je ne fais pas que lire, mais par contre il est très rare que je ne lise pas au moins un moment dans la journée. Quand un livre ne me passionne pas, je me donne des objectifs
(tant de pages dans la journée par exemple) pour le finir le plus rapidement possible et ne pas rester "bloquée". Quant à ceux qui me passionnent, et bien c'est le contraire, il faut parfois que
je me freine!


Tout ça pour dire ben qu'en fait je sais pas vraiment. Je suppose que c'est une question d'habitude Et puis quand on
aime, on ne compte pas!


En tous cas merci pour la question (qui ne me semble pas stupide!)



Farah 02/04/2012 19:36

Bonjour !
Je ne savais pas trop où caser ce commentaire donc je le met dans ton dernier article.
Étant libraire tu as certainement dû lire les aventures de Jane Eyre de Charlotte Brontë du roman au titre éponyme mais comme tu n'en fais pas la critique dans ce blogue je me dis, sais-t-on
jamais, peut-être ne l'as tu pas lu. Dans ce cas je te le conseille vivement.
Ce très beau roman raconte l'histoire d'amour de deux êtres laids qui n'ont rien pour être enviés. On s'attache malgré tout aux personnages et on se demande comment l'auteur réussi à nous emporter
complètement dans l'aventure de son antihéroïne. Pour moi ça a été un plaisir de lire cette belle écriture soutenue et j'ai savouré savoure chaque mot. Excepté quelques passages traitants de
religion qui m'ont un peu pris le choux c'est un livre magnifique !
J'espère que tu auras l'occasion de le lire si ce n'est déjà fait et que tu nous feras partager ta critique !

beux 12/04/2012 21:42



Merci pour le conseil! A dire vrai j'ai déjà lu "Jane Eyre", bien longtemps avant de commencer ce blog, mais j'en ferais sans doute une critique car je serais probablement amenée à le relire dans
le cadre des '1001 livres..." Je suis de ton avis. J'ai beaucoup aimé ce roman (bien plus que les Hauts de Hurlevent d'ailleurs) et je garde notamment un souvenir d'une héroïne comme tu le dis
pas très belle mais débrouillarde et combattive...



Dwuth 28/03/2012 12:51

Je doute que vous vous souvenez de moi, mais je suis celui qui à l'époque vous avait recommandé Murakami.

Je ne suis pas entièrement d'accord avec vous, j'ai trouvé au contraire le troisième tome plus plat que les deux précédents. L'un dans l'autre, ce n'est certainement pas un mauvais roman, mais très
loin de la qualité habituelle de Murakami Haruki.

Je tiens cependant à préciser -pour l'avoir lu en japonais en partie- que la traduction est effroyable. Je ne mets pas spécialement en cause la traductrice, d'ailleurs, qui fait ce qu'elle peut,
mais le japonais ne fonctionne tout simplement pas en français.

La traduction anglaise, corrigée par l'auteur, est toujours meilleure, à mon avis.

beux 12/04/2012 21:32



Bien sûr que si que je me souviens de vous! Je ne vous remercierai jamais assez de m'avoir fait découvrir Murakami... Effectivement je pense que le japonais doit être très difficle à traduire.
Malheureusement je ne suis pas assez douée en anglais je pense pour apprécier à sa juste valeur la traduction corrigée par Murakami


Pour en revenir à 1Q84 j'avoue avoir préféré le troisième volume par rapport aux deux premiers qui m'avaient paru vraiment fades. Après, je suis d'accord avec vous pour dire que l'oeuvre dans sa
totalité est loin d'être une réussite. 1Q84 ressemble à une expérience ratée de l'auteur, même si à mon sens un livre de  Murakami ne peut jamais être totalement mauvais...