Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 17:42

L01.jpgGone

t.4 L'épidémie

Michaël Grant

2011

 

 

Il était une fois une petite ville en Californie, Perdido Beach, et des enfants livrés à eux-mêmes depuis huit mois, depuis la disparition mystérieuse de tous les adultes de plus de quinze ans et la formation d'un dôme autour de ce qui est devenue "la Zone". Et dans la Zone, les choses vont de mal en pis: après la faim et les privations, les enfants, qui tentent de s'organiser tant bien que mal, doivent affronter une épidémie mortelle de grippe et des insectes tueurs, sans compter Drake, le mutant fou qui ne peut mourir et qui croupit dans l'une des maisons. Sam, autrefois leader mais destitué par ses pairs est envoyé par Albert, "l'homme d'affaires" de la ville à la recherche d'eau. Mais est-ce vraiment une bonne idée pour le garçon le plus puissant de la Zone de partir ainsi à l'aventure? D'autant plus que, non loin de Perdido Beach, sur une île paradisiaque, son frère Caine, lui aussi devenu mutant, attend tranquillement sa revanche....

C'est un peu agaçant de reprendre une série après une longue coupure, surtout lorsqu'on n'a plus les tomes précédents sous la main; ainsi, comme d'habitude, il m'a fallu quelques temps pour reprendre le fil des événements et, surtout, me souvenir de tous les personnages: Ok pour Sam notre héros, sa petite amie Astrid, le redoutable Caine et sa compagne Diana, Ok également pour Edilio, Quinn ou encore Albert. Mais j'avoue avoir eu un blanc concernant Taylor ou même Jack le crack. Bon après ça revient, le récit se remet en route, et on prend plaisir à retrouver nos héros pour de nouvelles aventures, même si l'on doit avouer que nos héros font plutôt triste figure dans ce volume. La jolie Astrid apparaît comme un glaçon psycho-rigide, le vaillant Sam comme un adolescent pleurnichard... Le pire est sans conteste Albert, l'un des personnages les plus sympathiques du premier tome qui, au fil des romans, s'est mué en capitaliste sans scrupules, publicité vivante pour une école de commerce. Ceci dit, c'est cette absence de manichéisme qui fait tout le charme de Gone ainsi que l'atmosphère très sombre qui imprégne le récit. Livrés à eux-mêmes et à la maladie, les enfants invoquent un Dieu qui reste sourd. Tous également aspirent à une rédemption qui ne vient pas: Diana essaie d'oublier qu'elle est devenue cannibale, Sam qu'il a tué des enfants, Astrid qu'elle souhaite la mort de son petit frère. Ce côté sombre est renforcé par un humour noir et un certain cynisme de l'auteur: les actes héroïques dans Gone sont certes nombreux mais les faiblesses le sont encore plus et pointé impitoyablement par Grant. Les enfants sont ingrats et ne songent qu'à manger et à se plaindre sans bouger le petit doigt, Sam, Caine ou Edilio peuvent bien prétendre au titre de chef de la ville, le seul qui la contrôle vraiment c'est Albert et ses richesses...La Zone est un endroit malade, plein de morts et d'accidents et Sam a beaucoup vouloir faire de son mieux, il n'y arrive pas. Michael Grant s'est amusé avec Gone à créer une civilisation à échelle réduite en la faisant passer par tous les stades: dictature (Caine), démocratie (Sam) pouvoir à l'armée (Edilio) société marchande (Albert) ou partage des biens... Tout échoue, rappelant au lecteur que toute société est au fond aussi contrôlable qu'un gamin qui se serait retrouvé livré à lui-même du jour au lendemain.

Partager cet article

Repost 0
Published by beux - dans Jeunesse
commenter cet article

commentaires

Misccold 14/01/2012 16:38

Merci pour vos conseils toujours avises, je decouvre pas mal de perles grace a vous. Je viens de finir les Hunger Games, est-ce que "Gone" est aussi prenant? Je me rends compte que j'aime la
litterature jeunesse (moins de sexe, de sentiments et de longueurs) mais j'en ai un peu honte! Qu'en pensez-vous?

beux 17/01/2012 14:21



"Gone" n'est pas tout à fait du même style que "Hunger Games" mais dans son genre est tout aussi prenant! Si vous avez l'occasion d'essayer le premier tome n'hésitez pas...


Je ne pense pas qu'il y ait de honte à avoir de lire des romans jeunesse (effectivement les gens parfois me regardent d'un air bizarre quand je sors mon livre pour enfants dans le train!) Ce
n'est pas parce qu'un roman est pour enfants qu'il est forcément sans intérêt  et qu'à l'inverse un roman pour adultes est "sérieux": d'un simple point de vue littéraire il vaut mieux lire
du Roald Dahl ("Mathilda" "Charlie ou la chocolaterie") que du Marc Levy ou du Philippe Sollers. En clair, peu importe le "genre" du livre tant que c'est bien écrit et qu'on prend du plaisir à le
lire...  De toute façon la distinction parfois est faible: des titres comme "Marina" de Ruiz Zafon sont édités à la fois dans des collections pour adultes et pour enfants et certains titres
comme "Bilbo le Hobbit" sont classés en adultes alors qu'il était destiné avant tout à un public pour enfants...


Pour en revenir à ce que vous disiez, je pense surtout que la distinction entre littérature jeunesse et adulte tient surtout aux auteurs jeunesse qui se prennent peut-être moins au sérieux. Un
auteur pour enfants cherche souvent à plaire à son public: un auteur de littérature pour adultes (surtout les français) se regarde souvent le nombril, ne craignant pas d'écrire une histoire
pleine d'introspection et d'ennui, en espérant qu'on crie au chef-d'oeuvre. Bien entendu ce n'est que mon opinion..


Tout ça pour dire que vous n'avez pas à avoir honte d'aimer la littérature jeunesse! La plupart des gros lecteurs que je connais en lisent également... Le tout c'est de diversifier un peu.



Jacques C 15/12/2011 23:33

Je découvre cette série par ce billet sur son 4e tome, mais il me vient immédiatement à l'esprit Sa majesté des mouches.

Cette série ne délaie-t-elle pas finalement ce qui est condensé et percutant dans le chef-d’œuvre de William Golding ?

beux 24/12/2011 00:11



Ouh là j'ai lu si je me souviens bien "Sa majesté des mouches" de Golding mais il y a fort longtemps...Oui, les thèmes abordés sont sensiblement les mêmes si ma mémoire est bonne (des enfants
"piégés" qui se retrouvent livrés à eux-mêmes et dont les caractères se révèlent au fur et à mesure des difficultés) mais moins bien écrit je le reconnais, avec cependant la petite touche
contemporaine et également le côté surnaturel...