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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 20:16

L03.jpgMort aux cons

Carl Aderhold

éditions Livre de Poche

2007

 

 

Tout commence une chaude soirée d'été quand le narrateur, agacé par la médiocrité des programmes télé et le chat de sa voisine, balance ce dernier par la fenêtre. Loin d'éprouver du remords, il se sent aussitôt le désir d'éliminer les animaux de compagnie, persuadé que la mort de ces derniers permettront à leurs propriétaires de se rapprocher. Mais, devant un premier échec, force lui est de constater que le problème ne vient pas des animaux mais des humains. Le voilà donc lancé dans une série de meurtres au petit bonheur, tuant tous ceux qui l'énervent sans en comprendre vraiment la fin jusqu'au jour où sa raison lui souffle qu'il lui suffit d'éliminer... tous les cons. Mais qu'est-ce qu'un con? Entre le bricoleur paternaliste et le chauffard, le fonctionnaire tyrannique ou l'épouse étouffante, notre héros ne sait bientôt plus où donner de la tête...

Ce livre me laisse je l'avoue profondément perplexe. Certains passages sont très drôles (je pense notamment au moment où le narrateur se débarrasse d'un ami bricoleur pesant ou encore d'un homme politique bavard) mais je n'ai pas vraiment accroché à l'idée. Déjà parce qu'il me semble que la thématique du "con" est loin d'être originale: il est devenu d'usage de s'en moquer à toutes les sauces (Travailler avec des cons, Vivre avec des cons, Les nouveaux cons) et, d'autre part, parce que je peux être moi-même des fois, excusez l'expression, assez conne et que je pense que la majorité d'entre nous l'est également tôt ou tard. L'humour noir me plaît mais pas ce genre d'humour qui consiste à se moquer des autres en ayant le sentiment bien confortable qu'on vaut beaucoup mieux. ça passe pour un court texte, un article, mais par pour un roman. Ainsi Mort aux cons s'enlise assez rapidement, tourne en rond, rythmé uniquement par des portraits de cons plus ou moins réussis et par un catalogue de meurtres plus ou moins imaginatifs. Carl Aderhold a cependant la bonne idée de jouer sur la surrenchère et, par l'exagération volontaire, parvient à nous faire sourire (les DRH qui se succèdent, victimes tour à tour de leur employé) Son ton reste léger et prend beaucoup de distances par rapport à un narrateur qui,  il faut le reconnaître, en tient une sacrée couche et est lui-même peut-être un peu con? Ceci dit il n'en demeure pas moins que certains personnages, très caricaturaux, m'ont mis plutôt mal à l'aise (les cruelles aides-soignantes qui infantilisent la courageuse petite vieille, le contrôleur raciste, les bobos de province...) sans provoquer en moi l'effet exutoire voulu. Pas clair ce que je raconte? Bon, en bref, Mort aux cons est un peu l'équivalent d'un jeu de fléchettes avec pour cible vos ennemis (ici les cons): c'est amusant, ça a pour vocation de défouler et ça lasse au bout d'un moment. Moi ça m'a lassée assez vite.

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Published by beux - dans Roman
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commentaires

Orchéon 13/01/2012 00:10

l'idée et le petit délire m'aurais bien plus à lire,
mais tout un livre sur ce thème, ce dois être un peu long,
surtout si il tape sur un peut tout le monde sauf lui,
comme effectivement le Mr ci dessus, l'a bien fait remarqué avant moi, c'est certain que l'on est tous le con d'un autre
ça m’intrigue et en même temps vus ce que vous dites,
je vais peut être voir à le trouver et en lire un passage pour me décider.
Oh, et merci de vos petits résumés.
Persso, je viens de commencer un triller de « Franck Thilliez »,
qui je dois l'avouer me tiens en haleine !

julie 03/11/2011 16:00


tu mas trop donné envie de le lire. jadore lhumoir noir con! merci a toi


beux 05/11/2011 15:32



Tu accrocheras peut-être plus que moi! Ceci dit, Mort aux cons étaient sympa quand même et se lit vite qui plus est... Bonne lecture!



Hypnagogique 14/09/2011 11:54


Ce que j'ai trouvé intéressant dans ce livre, c'est justement lorsqu'il commence à appliquer sa méthode pour éliminer les "cons".. et qu'il finit par tomber dans ses paradoxes, et se retrouve à
devoir tuer des gens proches de lui.


beux 15/09/2011 17:29



Oui, c'est à ce moment-là qu'on perçoit la faille du narrateur; il veut rationnaliser ses envies de meurtres mais on sent qu'au fond il suit une logique qui lui est propre et qui n'obéit qu'à ses
humeurs. En gros c'est un psychopathe qui cherche à se justifier et la narration est intéressante en ce sens que le protagoniste y fait preuve d'une mauvaise foi totale, dont il ne prend
conscience qu'à la fin...



Pascal Yukka 31/08/2011 10:31


Bonjour Beux,
Je reprends la lecture de ton blog avec un plaisir renouvelé ! Plein d'articles non lus, des nouvelles idées de livres en perspectives ! Bon, peut être pas Mort aux Cons... Cette histoire de
meurtrier de cons me fait penser à un tome du manga "Monster" de Naoki Urasawa : sans rentrer dans le sinopsis, un des personnages de la série a le même profil que ton tueur, il est chauffeur de
taxi et tue "les cons" : ceux qui crachent par terre, qui sont vulgaires, qui frappent leurs animaux... De petites choses comparées à son déni de la vie, et ce qui rappelle que la connerie est
subjective et que l'on est tous le con de quelqu'un. Qui, de François Pignon ou de Pierre Brochant, est le plus con ?