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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 09:39

L01.jpgFragments

Dan Wells

éditions Albin Michel

2013

 

Nous avions déjà parlé il y a quelques temps de Partials, début d'une série prometteuse à la Hunger Games. Et bien la suite est sortie ! Vous connaissez désormais le principe : que ceux qui veulent découvrir la saga et qui n'ont pas encore lu le premier tome s'abstiennent de lire cette note...

Après avoir découvert qu'elle était une Partial et, qui plus est, une Partial pas comme les autres, Kira n'a plus qu'une idée en tête : remonter à ses origines et retrouver le siège de ParaGen, la société biotechnologique qui a fabriqué les siens. Abandonnant ses amis et son fiancé, la voilà lancée dans une quête au coeur d'une Amérique dévastée : Manhattan est peuplé de bêtes sauvages, le Mississipi est empoisonné, la région centrale des Etats-Unis est devenue un désert toxique à cause d'une raffinerie de pétrole à Houston... Dans sa quête Kira est accompagnée de Samm et d'Heron. Tous trois n'ont qu'une idée en tête : percer les secrets de ParaGen et ainsi sauver à la fois les humains qui n'arrivent toujours pas à mettre au monde des enfants viables et les Partials, condamnés à l'extinction au bout de vingt ans d'existence.

Ce second tome est à la hauteur du premier, avec quelques petits défauts et quelques grandes qualités. Commençons par les défauts : il y a beaucoup de longueurs et de répétitions. Une fois que Kira a dit qu'il fallait sauver les humains et les Partials parce que c'est important de se soutenir, une fois qu'elle a rappelé la date de péremption des Partials, et la maladie qui tue les bébés humains, est-ce que ça vaut le coup d'y revenir encore et encore? Manifestement oui mais ces rappels tendent à ralentir l'action de même que les atermoiements réguliers de notre héroïne partagée entre ses origines (Partials) et son éducation (humaine). De même je ne suis pas fanatique de l'inévitable trio amoureux qui se met en place, même si je dois reconnaître que cette part du roman reste très discrète (ça se voit que l'auteur est un homme) et ne gêne guère le déroulement du récit. Ceci dit, à mon sens, la plus belle réussite de Fragments réside dans des descriptions très convaincantes d'un monde post-apocalyptique : pluie acide, vents meurtriers, immeubles en ruine... Dan Wells qui pêche dans les dialogues excelle en revanche dans ce genre d'exercice. De même, il soigne son intrigue et prend le soin de ne pas faire de son héroïne un être infaillible qui prend toujours les bonnes décisions: ainsi, lors d'un passage presque comique, Kira se terre pendant une dizaine de pages dans le noir, persuadée d'être encerclée alors que personne ne la poursuit. Elle fait également beaucoup d'erreurs dans ce second tome. Enfin, l'action se déplace, faisant la part belle aux personnages secondaires: Marcus, le petit ami médecin resté à Long Island et qui se retrouve bientôt encerclé par les Partials, Ariel, la soeur adoptive de Kira... Si ce choix peut paraître parfois discutable (quand on est au coeur d'une situation dramatique avec un personnage, il est difficile dans le chapitre suivant de le lâcher pour aller voir ce qui se passe ailleurs) il a l'avantage de donner vie à des protagonistes moins importants. En fait, pour le coup, Dan Wells fait exactement le contraire de ce que faisait Suzanne Collins dans Hunger Games: cette dernière racontait l'histoire de tout un monde uniquement à travers les yeux de son héroïne, tandis que notre auteur prend le parti d'en faire un kaléidoscope. Deux partis pris différents mais pour un résultat identique : pour ma part, j'attends le troisième tome de Partials avec impatience.

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Published by beux - dans Jeunesse
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