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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 11:39

L01.jpgDôme

(première partie)

Stephen King

éditions Albin Michel

2009 (traduction en 2011)

 

 

ça faisait très longtemps que je n'avais pas lu du Stephen King. Fan de ses premiers romans (Le Fléau, ça, Salem...) je m'étais très gentiment ennuyée avec Dreamcatcher et l'histoire de Lisey pour déclarer forfait avec Cellulaire. Mais comme on ne se défait jamais tout à fait de vieilles habitudes et étant donné que Dôme son dernier ouvrage bénéficiait d'une bonne critique... c'est reparti pour un petit tour!

Chester's Mill est une petite ville du Maine sans histoires, avec son lot de conseillers véreux (Jim Rennie alias Big Jim) de pasteurs exaltés (Lester Coggins) et d'adolescents à problèmes (Junior Rennie), une petite ville un peu paumée et un peu arriérée que Dale Barbara (alias Barbie), suite à une bagarre, décide de quitter. Dommage pour lui, c'est à ce moment-là qu'un mystérieux dôme invisible surgit autour de Chester's Mill et emprisonne tous ses habitants. Inutile de vous dire ce que devient une ville livrée à elle-même, privée d'électricité et dirigée par un petit chef assoiffé de pouvoir...

Bon, mon lapin parle de lui-même non? C'est bien! C'est bien parce qu'on retrouve tous les thèmes chers à Stephen King: le huis-clos angoissant, la galerie de personnages plus ou moins recommandables, le fantastique inséré subtilement au milieu de tout ça... En effet, rappelons-le: le propre du roman fantastique c'est de toujours faire douter le lecteur sur l'existence ou non du surnaturel, pas de balancer trois vampires au milieu d'un lycée pour faire plus vrai. Ainsi, dans Dôme, nous ne savons pas exactement si le dôme est le fait d'un événement surnaturel (extraterrestres ou dieu sait quoi encore) ou "naturel" (expérience gouvernementale qui aurait mal tourné). Le mystère demeure, renforcé par d'autres éléments troublants: épilepsie des enfants, comportements étranges des chiens, impossibilité de détruire l'obstacle... De plus, dans ce premier tome, Stephen King joue sur la psychologie des différents personnages et leur façon à chacun de gérer les événements, façon qui prend parfois un tour des plus inattendus. Certes, c'est du Stephen King avec un style qui n'a rien d'exceptionnel et toujours les mêmes bonnes vieilles ficelles; des enfants médiums, des personnages un peu manichéens (même si à y regarder de plus près, le seul "vrai" méchant de l'histoire est Big Jim) et le coup du "Je décris soigneusement un personnage, regardez bien comme il a l'air sympathique car il va mourir la page d'après" mais c'est du bon Stephen King, celui qui m'a fait découvrir le roman d'horreur quand j'étais adolescente. Inutile de vous dire que je me réjouis que Dôme soit en deux parties: il me reste encore un gros bouquin à lire...

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Published by beux - dans Fantastique
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commentaires

Boulet 07/05/2011 11:42


Oui c'est un truc que j'aime assez aussi: sur le thème de l'enfermement, il ne joue pas sur le côté "pénurie" comme l'auteur dans Gone... J'ai trouvé que l'enfermement était une bonne excuse à lui
tout seul !


Boulet 06/05/2011 19:00


Ah et ne me spoile pas la suite, je ne l'ai pas encore lue ! :D


Boulet 06/05/2011 18:59


Ça y est j'ai lu le tome un !
La vache, c'est comme rouvrir une BD de son enfance, on retrouve tout Stephen King !
C'est d'ailleurs un peu ça que je lui reproche, personnellement... Honnêtement j'ai eu l'impression qu'il se parodiait un peu lui-même: ses personnages sont un peu tout le temps les mêmes ! Les
braves types lucides qui luttent contre les illuminés, les ados bravaches et sympathiques, les enfants médiums...
Les ficelles "Kingiennes" sont énormes: les dialogues intérieurs des méchants, les phrases prophétiques en italique
"les citrouilles arrivent, elles brûlent, oh mon Dieu elles brûlent !"
Les morts annoncées, les changements de narration, tout ça, ce sont les bonnes vieilles recettes qui marchent ! "Il embrassa sa femme tendrement sur le front et monta dans le pick-up. C'était la
dernière fois qu'elle devait le voir en vie."

MAIS BON.

Le suspens fonctionne, le huis clos est prenant, et voir les gentils débrouillards coincés avec les méchants sadiques a un côté réjouissant, on se demande toujours où va mener ce rapport de force
qui parvient à rester à peu près équitable !

En termes de cohérence je le trouve toutefois un peu exagéré, les évènements se précipitent en quelques heures, et il règne un climat de guerre civile en même pas une semaine, ce qui me parait tout
de même un peu rapide.

Je suis un peu étonné par ta formule "big Jim est le seul vrai méchant" toutefois... Entre son fils psychopathe et son groupe de jeunesses hitlériennes plein de violeurs, le mystérieux fou-furieux
de la radio, je trouve au contraire qu'il a chargé la mule, côté méchants !

Un point positif qui m'a plu: on le sent beaucoup plus acerbe dans sa critique sociale, toutes les allusions à l'hystérie religieuse et aux red-necks demeurés qui ont la bible dans une main et le
colt dans l'autre, cette représentation violente de l'amérique profonde pétrie de prière, de sexisme et de racisme et beaucoup plus directe que dans ses autres livres, il affiche plus volontiers
ses dégoûts !

Si je devais résumer, je dirais que c'est un Stephen King parfait si on en a jamais lu, si on connait son univers pour en avoir bouffé plein durant son adolescence comme moi, on a l'impression de
relire un livre tant tous ses tics sont omniprésents !


beux 07/05/2011 09:02



Eh c'est quoi ce commentaire presque aussi long que ma note?!


Bien sûr que c'est du Stephen King dans toute sa splendeur: mais pour avoir lu ses derniers, je peux t'assurer que justement c'est ce qu'il fait de mieux et que lorsqu'il s'essaie à un nouveau
style c'est pas forcément une réussite. Nous savons bien que King n'est pas un grand écrivain (lui-même le reconnaît et est le premier à dire que ses romans sont "des romans de gare") mais ça
demeure pour ma part qu'en fantastique il fait partie du sommet. Comme je l'ai déjà dit, et comme tu l'as souligné également, les ficelles qu'il emploie sont très grosses, mais comme tu le dis
aussi: ça marche.


Au niveau des personnages ce que je voulais dire, c'est que Big Jim est le seul vrai méchant à mon sens car c'est le seul personnage à ne montrer aucune faiblesse: son fils est certe un tueur
psychopathe, mais il a l'excuse de la tumeur non diagnostiquée et il se montre super gentil avec les dômorphelins. Pareil pour ses copains ados. Le fou de la radio est drogué... En gros ce sont
des méchants certes, mais qui ont des excuses: jeunesse, drogue, maladie... Big Jim est le seul à n'avoir absolument aucune excuse...


Et c'est vrai que l'action est rapide: une semaine à peu près pour que ça dégénère à ce point, c'est peut-être un peu exagéré; ça m'a surtout fait rire en comparant à l'action à rallonge de Gone
par exemple... Mais pas si irréaliste que ça: des habitants tous en cage sans contacts avec l'extérieur avec des meneurs pourris. C'était prévisible non?


Et je ne spoilerai pas si tu m'as rajouté mes liens...