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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 18:41
L05.jpgLe premier amour
Véronique Olmi
éditions Grasset



Dans la lignée des Anna Gavalda et des lectures sentimentales mais pas trop pour jeunes femmes branchées ou quinquagénaires dynamiques, Le premier amour s'impose là. Une femme sur le point de fêter ses vingt-cinq ans de mariage tombe par hasard en déballant une bouteille de vin sur une petite annonce de son premier amour qui l'invite à le rejoindre en Italie. Aussitôt, la voilà qui plaque tout et qui, voiture et cheveux au vent court rejoindre celui qui au fond fut son unique amour, laissant en même temps ses souvenirs d'adolescente refaire surface...
Je ne sais pas pourquoi tout le monde sauf moi semble avoir un premier amour italien. Est-ce pour cela que toutes les mères appellent leur fils Enzo, en souvenir de leurs flirts disparus??? Quoi qu'il en soit, pour en revenir au Premier amour, je ne peux pas franchement dire que j'ai aimé. N'était-ce même ma collègue qui a adoré, j'en dirais beaucoup plus de mal mais, puisqu'elle a aimé, c'est qu'il doit bien y avoir quelque chose... Le personnage d'Emilie Beaulieu, la quinquagénaire qui se rend compte qu'elle n'a rien compris à la vie, n'est pas inintéressant. Mais sinon, que de clichés! Nous avons les parents catholiques, donc forcément intégristes et qui considèrent bien évidemment leur autre fille, trisomique, comme un monstre. A l'inverse,  nous avons la tante libre dans sa tête avec plusieurs amants, mais qui aime donc c'est ça le plus important; le beau Dario, l'Italien insipide, l'amour perdu de l'héroïne; le gentil mari chauffeur de taxi qui ne fait pas de politique ça non monsieur mais qui pareil a une fois viré le bras droit de Le Pen de son taxi (je ne suis pas d'extrême-droite, dieu merci, ne me faites pas dire des horreurs pareils, mais je n'ai pu m'empêcher de trouver ce passage un brin démagogique) . Qui plus est, Véronique Olmi semble avoir une vision assez effrayante de l'amour. En gros, l'amour n'est pas viable sur le long terme car l'amour se doit d'être parfait alors que la vie ne l'est pas. La sagesse consiste alors à s'accommoder d'un vague ersatz sécuritaire. Ainsi, si l'héroïne n'aime pas son mari (c'est dit très clairement) elle aime sa familiarité rassurante et surtout, voit en lui le père de ses filles. Je ne sais pas vous, mais moi, ça me fait un peu peur...
Mais ce n'est pas tout! Si encore l'auteur s'était contentée d'un roman sur une quinquagénaire qui s'interroge sur son couple et sur l'amour, bon je ne suis pas forcément d'accord avec sa vision, mais pourquoi pas? Seulement Véronique Olmi, à la fin du récit,  part dans un dénouement rocambolesque en totale rupture avec le reste de l'histoire (et ça, même ma collègue le reconnait)
Mais, une fois n'est pas coutume, finissons par une note positive; le style de l'auteur est fluide, passe bien et, surtout, nous avons le portrait très réussi de la soeur de l'héroïne, Christine, 'la petite grande soeur" trisomique qui chante du Mike Brant devant son miroir et qui, à l'inverse de la plupart des personnages, est décrite avec beaucoup de finesse. Nous avons ausi quelques très jolies scènes: la scène où Emile surprend sa mère dans un supermarché hésitant à acheter des collants couleur chair, la confrontation entre l'héroïne et sa fille aînée, le karakoé d'Emilie et Christine sur Mike Brant... ça ne suffit certes pas à me faire aimer le livre mais ça m'évite de le jeter dans la liste des romans à oublier..

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Published by beux - dans Roman
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commentaires

Diane 19/02/2010 17:05


Ce sont les pères qui baptisent leur fils Enzo: c'est le prénom du fils de Zidane.
Ca, c'est du commentaire!


beux 19/02/2010 23:17


Oui j'ai appris ça il y a quelque jours par un collègue! Enfin un mystère résolu...


Julie 10/02/2010 19:13


Coucou,
Je lis tes articles sans rien dire habituellement... mais là... je suis d'accord avec toi, j'ai lu ce livre très très (trop ?) facilement, me suis ennuyée mais j'ai été au bout en attendant le
déclic que je n'ai pas eu !!! Mauvais donc... Encore plus quand on se souvient des premiers livres de cet auteur "Bord de mer" et "Numéro 6" qui étaient très très bien écrits. Les as-tu lus ?


beux 10/02/2010 20:00


Non mais le nom de l'auteur me disait vaguement quelque chose. Ou alors j'ai oublié. Mais ces titres là ne me disent rien. Je tenterais peut-être le coup du coup, vu que niveau écriture c'était pas
trop mal. C'est juste que sur celui-là, comme toi je n'ai vraiment pas eu le déclic non plus...