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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 17:17

L01.jpgOrages d'été

Barbara Hall

éditions Thierry Magnier


 

Dutch, quatorze ans,  vit dans une ferme avec son père, sa tante, son frère Flood et son neveu Bodean. Sa mère est morte à sa naissance et sa belle-soeur est partie en laissant sa famille. Dutch, plus âgée de cinq ans que Bodean s'occupe de lui comme une petite mère. Jeune fille sage, elle essaie tant bien que mal de composer avec les adultes, préoccupés par la sécheresse qui menace la récolte de tabac, et rêve en secret du gentil Ethan. Un jour, son père lui annonce l'arrivée de sa cousine Norma. Pour Dutch, c'est l'occasion d'avoir enfin une interlocutrice de son âge. Et quelle interlocutrice! Norma sait tout sur tout: sur l'amour et la famille, sur la solitude et la beauté... Mais cette jolie cousine va très vite éveiller un profond sentiment de malaise chez notre héroïne, révélant les différentes personnalités qui composent une famille plus complexe qu'il n'y paraît...

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, il ne s'agit pas d'une énième version de l'intrigue: "jeune fille un peu cruche qui grâce à la cousine libérée trouve la force de s'affranchir de son carcan et commence enfin à découvrir la vraie vie". Au contraire, dans ce roman au ton légèrement vieillot (impossible de déterminer exactement en quelle année se situe l'action mais je dirais bien fin des années 50) le personnage de Dutch, loin de devenir une autre, s'affirme en opposition à celui d'une cousine qui, sous ses airs blasés, est aussi perdue qu'elle. Exigeante envers elle-même et envers ses proches, l'héroïne apprend peu à peu à  accepter ses défauts et ceux des autres: une cousine qu'elle descend bien vite de son piédestal, un neveu qui la fait tourner en bourrique, un grand frère tyrannique, un père tout aussi exigeant qu'elle... Avec une économie de mots surprenante et un style qui privilégie le dialogue à la description ou à l'introspection, Barbara Hall brosse le portrait de personnages attachants qui s'aiment énormément, mais qui s'étouffent mutuellement sans même s'en rendre compte. A la fois grave et optimiste, orages d'été parle de désillusions, met à mal le mythe de l'amour éternel et nous apprend qu'on ne peut lutter contre la vie Parfois, il faut juste se laisser porter par le courant et prier pour que ce dernier nous amène à bon port...

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Published by beux - dans Jeunesse
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