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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 10:52

L05.jpgLa délicatesse

David Foenkinos

éditions Gallimard

2009

 

 

Nathalie rencontre François un jour par hasard dans la rue. François, troublé, l'accoste et l'invite à boire un verre. Nathalie accepte. Ils tombent amoureux l'un de l'autre, s'installent ensemble et finissent par se marier. Un bonheur sans nuages troublé sept ans plus tard par la mort brutale de François, écrasé alors qu'il faisait son jogging. Restée seule, Nathalie s'enfonce dans sa mélancolie, repousse les avances de Charles et des hommes en général jusqu'au jour où, prise d'une impulsion subite, elle embrasse Markus son collègue...

Me voilà bien ennuyée car je n'ai pas grand-chose à vous dire sur ce livre, couronné comme l'annonce pompeusement la couverture de "dix prix littéraires". Pour dire les choses franchement, je n'ai vu dans La délicatesse qu'une bluette sans grand intérêt. L'écriture est tout à fait convenable et j'ai trouvé plutôt original cette façon de décrire sans y toucher, avec la plus grand délicatesse justement, des situations qui n'ont pour moi absolument rien de délicates: l'amour, la mort, la jalousie... Le narrateur prend une extrême distance avec ses personnages qui restent dès lors très éthérés. Il est difficile de ressentir la moindre empathie pour eux: la mort de François ne suscite aucune émotion tout comme le chagrin de Nathalie. Tout reste très virtuel et c'est là qu'est le hic. Personnellement j'ai trouvé le personnage de Nathalie insupportable, sorte d'être irréel source de fascination pour les hommes mais sans la moindre profondeur, un être qui se laisse porter par le courant sans le moindre sursaut ni la moindre rébellion. Tout ce qu'elle fait c'est se laisser séduire tout au long du récit par l'un ou l'autre de ses prétendants. Markus et Charles (je ne parle pas de François qui, pour moi n'a d'autre intérêt que d'être un élément déclencheur) sont plus intéressants dans la mesure où ils savent se rebeller contre un destin qui ne leur convient pas, que ce soit peine perdue (Charles) ou au contraire couronnée de succès (Markus). A part ça, La délicatesse reste un roman poli, conventionnel, qui loin de déranger le lecteur, l'installe dans un séduisant matelas d'ouate où tout est aseptisé, même les sentiments les plus violents, un roman où l'amour coupable et démesuré est vite remis à sa place (le pauvre Charles, pour n'avoir pas su plaire à Nathalie, est exclu de la délicatesse) et où les amoureux courent nus à l'aube dans un jardin (bon j'exagère un peu, mais grosso modo c'est sur cette scène ridicule que s'achève La délicatesse) C'est gentillet, c'est sucré. Et à coup sûr, dans six mois j'aurais tout oublié d'un roman sentimental qui pour moi vaut à peine mieux que celui d'un Marc Levy.

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Published by beux - dans Roman
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commentaires

liliplum 09/03/2012 20:48

Ha ha ! C'est bien vrai ! Pourtant je suis super bon public pour les trucs qui font pleurer... La dernière bande dessinée de Michel Rabagliati ("Paul au parc") m'a laissée dans un état épouvantable
pendant trois jours et même "ensemble c'est tout" m'a fait vider des paquets de mouchoirs...la loose ! Mais celui-là, vraiment, non. Même pas une larmichette quand le monsieur se fait écraser.
Lamentable ! ^^'

liliplum 06/03/2012 22:24

Ah ben ça me rassure! Je l'ai eu à Noël, je l'ai commencé et impossible de m'y remettre...je culpabilisais de rester de marbre face à un chef d'œuvre dont tout le monde s'émouvait!
Hop, au placard! Et sans rancune! :)

beux 09/03/2012 20:34



Oooh merci, quelqu'un de mon avis! Globalement je me sens toujours un peu coupable quand je n'ai pas aimé un livre dont tout le monde m'a chanté les louanges. ça m'a fait ça pour Marc
Levy! Le problème c'est dès qu'un livre est un peu larmoyant et qu'on n'aime pas ça, on passe tout de suite pour un
monstre sans coeur..



Anis 26/02/2012 20:11

Je n'ai vraiment pas aimé du tout. Même s'il m'a fait sourire de temps en temps car il n'est pas dénué d'humour.

Anis 26/02/2012 20:11

Je n'ai vraiment pas aimé du tout.

Marie 09/10/2011 13:39


J'aime beaucoup ton analyse de ce roman. Du coup j'arrive à mettre un mot sur ce qui m'a plu justement dans ce roman, et que je recherche de temps en temps dans mes lectures : des romans
confortables. Un livre qui me serve un peu d'oreiller moelleux dans les transports en commun. En revanche, il y a une chose qui m'a agacé dans le style de foenkinos et qui m’empêche de lire
d'autres livres de lui, c'est justement ces petites digressions, amusantes au départ, et relativement lourdes et inutiles finalement.


beux 17/10/2011 10:12



Oui, moi aussi les digressions m'ont un peu gonflée sur la fin. Je comprends également la lecture "moelleuse". Chacun a ses petites faiblesses Dans la mesure où je peux lire de la bit lit pour ados ou de la fantasy bas de gamme, je suis mal placée pour juger...