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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 20:29

L03.jpgLe vicaire de Wakefield

Olivier Goldsmith

éditions Corti

(1866)

 

Difficile de s'enthousiasmer pour une oeuvre plutôt plate et assez inégale, n'en déplaise à Charles Nodier, admirateur enflammé de Goldsmith et du Vicaire de Wakefield dont il assura la préface et la traduction. Le roman met un scène un pasteur ou son quelconque équivalent (je ne suis pas très au fait du clergé d'Angleterre du  18e siècle) et raconte son histoire ainsi que celle de sa famille. Le narrateur, brave homme un peu pédant et très naïf, est contraint par un revers de fortune à s'installer à Wakefield. Tout irait pour le mieux pour lui malgré sa pauvreté si sa femme et ses filles n'avaient pas des goûts de luxe, si son fils n'était pas aussi naïf que lui, si des gens mal intentionnés ne conspiraient pas à sa ruine... Vous l'avez compris: le roman n'est qu'une succession de mésaventures plus cocasses que tragiques d'ailleurs, entrecoupées de réflexions sur la vie, de morceaux de poèmes ou de ballades. C'est l'intérêt majeur d'une narration dans l'ensemble assez linéaire. Le ton est un peu pince-sans-rire: Goldsmith fait de son héros un personnage très sentencieux, plutôt stoïque, et prend un malin plaisir à lui faire affronter des situations triviales: épouse futile, fille déshonorée, escrocs... Manière peut-être pour l'auteur de railler les esprits qui se prétendent détachés des considérations matérielles. Ainsi, l'honorable vicaire de Wakefield qui ressasse son mépris pour l'argent est le premier à se défier de son ami, Mr Burchell, sous prétexte qu'il est pauvre.C'est donc la mauvaise foi du narrateur et sa vertu trop ressassée pour être véritable qui crée le comique, ainsi bien évidemment que les situations invraisemblables dans lesquelles la famille parvient à se fourrer.

Rebondissements divers et variés, considérations philosophiques plus ou moins abouties, scènes purement comiques, Le vicaire de Wakefield est un joyeux fourre-tout qui, cependant, lasse assez vite et dont la fin prévisible et forcément heureuse ne déclenche qu'un immense soupir de soulagement. Décidément, les romans du 18e siècle ne sont pas ma tasse de thé....

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Published by beux - dans Classiques
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commentaires

Elena 15/04/2011 00:20


Moi non plus, mais ça se voit dans les transports !


Elena 14/04/2011 00:42


Oui, je n'en suis pas revenue quand j'ai ouvert votre blog avant d'aller me coucher ! Quoi, mais elle a eu le courage de lire Tristam Shandy ! Bravo, car effectivement c'est un peu longuet et les
digressions légèrement pénibles, mais c'est bien de l'avoir lu.
En ce moment, je suis dans Doris Lessing, que je découvre avec retard, "Love again". Assez génial. Pour une fois l'héroïne est une femme de 60 ans. J'ai également lu une BD formdibable, tout à fait
d'actualité, le journal du séjour de 2 mois dans une île du Japon "Manabé Shima" de Florent Chavouet. Les dessins sont géniaux, les couleurs très jolies. Les portraits de ces îliens charmants et
humanistes. Un régal.Publié ces Philippe Picquier.
Elena

PS : Grâce à vous j'ai découvert le blog de Canthilde, la passionnée de Sand. J'adore ses défis de lecture. Merci !
Bonnes vacances de Pâques !


beux 14/04/2011 13:21



Merci pour les conseils de lecture! feuilleté Manabé Shima, ça m'avait bien plu. Pareil je n'ai pas lu Doris Lessing mais il faudrait que je m'y mette un jour... Bonnes vacances à vous!
(je ne suis malheureusement pas concernée par les vacances scolaires)



Elena 01/04/2011 00:21


Au fait il faut lire "Tom Jones" de Fielding, grand roman d'initiation et "The life of Tristam Shandy" de Sterne,sorte d'OVNI littéraire inclassable et étrange, écrit quelques années plus tard. Le
Vicaire est un peu ennuyeux et ne mérite pas qu'on si attarde à moins qu'on ne soit obligé de lire pour ses études (ce qui a été mon cas)!
Pour ma part j'adore la littérature anglaise des XVIIIe et XIXe. Je suis une fan de Jane Austen bien sûr qui est pompée allégrement par plein d'auteures comme Sophie Kinsella et Helen Fielding.
J'ai lu les romans écossais de Stevenson comme "Catriona" quand j'avais 16 ans, dans une vieille traduction italienne (je suis d'orgine italienne) et j'ai adoré.
George Eliot dont tout le monde connait "Le moulin sur la Floss" mais dont on oublie "Middlemarch" magistral roman sur une héroine qui fonde un hôpital en dépit de la critique sociale est une
écrivaine fascinante. Bref. Je suis une enthousiaste. Je m'arrête...
J'adore vos lapins.
Et j'ai trouvé votre blog car je luis celui de votre frère !
PS : ma tante est libraire.


beux 07/04/2011 21:07



Ah ah, pour une fois je devance les propositions de lecture! Donc Tom Jones c'est fait, vous pouvez même trouver la chronique sur ce blog (c'était cet été je crois) Je partage votre opinion c'est vraiment un livre qui m'a beaucoup plu... Je suis moins emballée
par Tristram Shandy que je viens de finir: j'ai apprécié la structure du roman, révolutionnaire je suis d'accord avec vous, mais la longueur des digressions a fini par me lasser un peu.
Ceci dit je suis curieuse de découvrir Le voyage sentimental du même auteur... Je ne suis pas ceci dit une fanatique du 18e siècle. Mon domaine, c'est plutôt le 19e mais je n'ai pas non
plus de période phare. Tant qu'un livre me plaît la période m'est bien égal! Mais j'aime beaucoup Jane Austen également


En tous cas merci pour votre enthousiasme et à bientôt!



canthilde 20/03/2011 21:09


Merci ! J'aime bien le tien aussi. J'ai souvent l'impression de nager à contre-courant, refusant systématiquement les offres de partenariat, ne participant pas aux swap, etc. mais j'ai abandonné
l'idée de me faire des amis par Internet depuis plusieurs années ! Du coup, il n'est pas très visible et ça me convient bien. Je préfère aussi les blogs qui dénotent une recherche personnelle dans
leurs lectures, et non le dernier truc à la mode.


canthilde 16/03/2011 21:21


Celui-là ne m'avait pas spécialement marquée ; je crois me souvenir que je le lisais aux toilettes et que je l'ai oublié pendant des mois, sans jamais le terminer... J'ai pu lire les chroniques de
Barchester d'Anthony Trollope sans être au point sur les ecclésiastiques protestants anglais du XIXe siècle. Je sais juste que vicar c'est vachement moins bien que archbishop, mais leur point
commun, c'est souvent la plaie des filles à marier.


beux 20/03/2011 13:10



La plaie des filles à marier semble être le point commun de tous les romans anglais, que ce soit ceux du 18e ou du 19e siècle Mais les filles du vicaire de Wakefield étaient particulièrement gratinées... J'en profite aussi pour te dire que j'aime beaucoup ton blog: je ne laisse pas de commentaires mais j'y
vais régulièrement. Je trouve ça bien écrit et c'est agréable de voir qu'il n'y a pas que moi qui fait des défis lecture...