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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 13:55

L04.jpgLes souffrances du jeune Werther

Goethe

éditions Flammarion

1774

 

 

'"Etait-il donc fatal que ce qui fait la félicité de l'homme devint en retour la source de sa détresse?

Le sentiment d'ardente plénitude que la nature vivante faisait naître en mon coeur, ce sentiment  qui m'inondait de tant de voluptés, qui transformait le monde autour de moi en un paradis,  me devient maintenant un intolérable bourreau, un génie de la persécution qui me pourchasse en tout lieu."

 

Nous avons tous entendu parler de Goethe, le symbole du romantisme allemand. Il était logique que tôt ou tard le chemin des 1001 livres... croise celui du plus exalté des romanciers du 18ème siècle.

"Les souffrances du jeune Werther" est un roman épistolaire très largement inspiré de la propre expérience de l'auteur. Le narrateur, Werther, se meurt d'amour pour la jolie Lotte. Hélas, celle-ci est déjà promise et amoureuse du très insipide Albert. Elle l'épouse mais ne peut se résigner à congédier Werther de son paysage tandis que lui de son côté ne peut se résigner à s'éloigner d'elle. C'est l'histoire de l'éternel triangle amoureux, la figure préférée de la littérature romanesque et que quelques-uns d'entre nous ont la malchance d'avoir connu ou de connaître dans leur propre vie. Werther est exalté, passionné, romantique au sens littéral: l'histoire ne pouvant connaître un dénouement que par la mort de l'un des protagonistes, il se donne la mort avec les pistolets de son rival.

Exaltation des sentiments, mépris pour la modération ou la sagesse, démesure en toute chose.... Nous sommes en plein dans la célébration du Moi et des sentiments primant sur la raison (à de nombreuses reprises, Werther exprime son mépris pour l'intelligence de l'esprit, lui préférant celle du coeur) Les souffrances du jeune Werther  a un côté "trop": style emphatique, personnage passionné, réactions excessives... Au début, j'ai éprouvé une profonde méfiance pour cette écriture un tantinet tape-à-l'oeil et par ce narrateur qui s'extasie devant le moindre brin d'herbe (le culte de la nature étant pour Goethe aussi important qu'il l'était pour Rousseau). Peu à peu cependant, je me suis laissée emporter par cette histoire d'amour impossible, tragique, et par la souffrance du jeune Werther: son aveuglement au début de son histoire avec Lotte, son désespoir à l'annonce de son mariage, sa frustration de ne pouvoir seulement toucher la femme qu'il aime... Contrairement à Julie ou la nouvelle Héloïse de Rousseau, la raison est absente tout au long du roman. Le narrateur ne peut vivre sans la femme qu'il aime et ne trouvera aucune justification à ce que beaucoup nommeraient une folie. Etre raisonnable, fi donc! Et pourquoi? Si certains verront dans Les souffrances du jeune Werther un roman lacrymal, insensé, une apologie du suicide, personnellement j'y ai vu un magnifique tableau de la souffrance et de l'amour qui m'a énormément touchée...

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Published by beux - dans Classiques
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commentaires

urgonthe 06/07/2011 19:57


Pas encore lu Werther, même si j'en suis passée très près en me consacrant à Wilhelm Meister ! Ton billet confirme mes craintes d'une débauche de sentiments, de romantisme. Mais bon, depuis, j'ai
lu Valentine de George Sand alors je pense que je suis immunisée. A ne pas lire à certaines périodes de la vie, peut-être ?


beux 09/07/2011 14:35



Je pense qu'il y a certaines périodes de la vie où il vaut mieux,effectivement éviter Goethe Je ne suis pas sûre que
pour des ados impressionnables ce soit une lecture idéal par exemple. Même pour moi je ne suis sûre que ce soit le meilleur moment, mais j'ai vraiment apprécié. Mais comme tu le soulignes, il
s'agit bien d'une débauche de romantisme et de sentiments...