Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 10:31

L02.jpgUne place à prendre

J.K Rowling

éditions Grasset

 

Elle était attendue au tournant: cinq ans après la sortie du dernier tome d'Harry Potter, Rowling publie un nouveau roman, à destination des adultes cette fois, et le moins que l'on puisse dire... et bien,  c'est que c'est surprenant.

Barry Fairbrother, notable de la paisible petite bourgarde de Pagford, est un quadragénaire dynamique et aisé qui milite pour les jeunes et moins jeunes du quartier défavorisé rattaché à la ville, alors que ses opposants voudraient à l'inverse voir ce quartier incomber  à la ville voisine de Yarville et faire fermer le centre de désintoxication. Le combat de Barry prend brutalement fin lorsqu'il succombe à un anévrisme sur le parking d'un restaurant. Sa place demeurée vacante au conseil paroissiale devient alors objet de convoitise, tant pour les amis du défunt que pour ses ennemis puisque la personne qui occupera ce siège pourra faire pencher la balance et décider du sort de la cité...

Ne cherchez ni gentils lutins, ni actes d'héroïsme, ni personnages attachants dans Une place à prendre. Les ados sont des obsédés boutonneux aux cheveux gras, les vieux sont des obèses réacs, les mères de familles fantasment sur les chanteurs qu'écoutent leurs filles, les vieilles distillent leurs ragots et leur venin... L'auteur met sous les projecteurs tous les travers des protagonistes et dépeint sans complaisance la mère droguée, le proviseur paranoïaque, le père violent...Pour un retour à la réalité, Rowling y va fort, mais vise au demeurant assez juste. La psychologie de ses héros est fine, ce qui était déjà le cas d'ailleurs dans Harry Potter. C'est la force principale d'un roman un peu longuet, sans doute trop, et qui peine essentiellement à se mettre en place. Une fois lancée cependant, l'intrigue tient son lecteur en haleine jusqu'à un dénouement inattendu et même choquant. L'auteur confirme indéniablement un grand talent de conteuse. Au niveau du style, je serai plus réservée: Rowling n'a pas une écriture particulièrement remarquable. Curieusement, en lisant son livre, j'ai pensé à du Stephen King: vocabulaire cru, mise en place soignée du décor mais phrases parfois brouillonnes, surrenchères de comparaisons quelquefois maladroites... et roman à rallonge! Ceci dit, j'ai envie de rester gentille avec un roman qui se lit avec plaisir et qui de plus était un véritable coup de poker de l'auteur (Rowling aurait pu rester dans la faciliter et publier un livre pour enfants, son public initial) qui, à défaut de remporter totalement la mise, n'y laisse pas ses plumes...

Partager cet article

Repost 0
Published by beux - dans Roman
commenter cet article

commentaires