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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 10:07

L03.jpgForget Tomorrow

Pintip Dunn

éditions Lumen

2015

 

Je sais que vous les adorez ceux-là, ces romans ados qui commencent par..."Dans un monde..." Dans celui-ci, le postulat de départ est le suivant : toutes vos actions sont déterminées par un souvenir futur que vous recevez à votre adolescence. En gros, votre futur moi vous montre un aperçu de votre avenir, histoire que vous puissiez commencer à y travailler sérieusement. Notre héroïne Callie a dix-sept ans et attend comme toutes ses petites camarades son "souvenir" avec impatience. Elle, elle espère bien devenir cuisinière mais c'est un tout autre avenir que son moi futur lui envoie, un futur où elle se voit tuer sa petite soeur chérie, Jessa. Cet événement la conduit tout droit dans les Limbes, une prison réservée à ceux qui vont commettre un crime. Callie parviendra-t-elle à se dégager de ce mauvais pas et à changer sa destinée ?

Forget Tomorrow m'a laissée une impression plus que mitigée. Bon, je suis pas fan à la base de l'idée de destinée et tout mais pour le coup je veux bien adhérer à l'idée le temps d'un roman d'autant plus que l'auteur développe une réflexion intéressante sur la notion de fatalité. Ce qui me gêne le plus dans ce roman, c'est sa composition. Dès le début de l'histoire on se laisse facilement prendre : l'héroïne est attachante avec sa passion du soleil et de la cuisine et tout comme elle le lecteur attend avec impatience son souvenir futur. Tout le premier tiers du livre se déroule sans temps mort, le souvenir, l'arrestation de Callie, sa fuite avec Logan un camarade de classe... Et puis soudai,n c'est le drame. Callie et Logan parviennent à rejoindre un groupe qui, tout comme notre héroïne, ont fui leurs souvenirs futures. Entre deux dépeçages de biches, Callie roucoule avec Logan, se pâme au moindre frôlement tout en pleurnichant sur le cruel destin qui les forcera bientôt à se séparer... Pas assez tôt à mon goût. Jamais le ventre mou d'un livre n'a aussi bien porté son nom. Ce passage est long, ennuyeux et d'une mièvrerie achevée. J'ai même failli arrêter ma lecture. Heureusement, le dernier tiers de l'ouvrage se révèle beaucoup plus dynamique et la fin réserve son lot de surprises avec une ultime scène qui donne envie de savoir la suite. Le bilan est donc globalement positif même s'il faut faire abstraction d'une écriture un peu faible, d'incohérences et surtout de cette histoire d'amour soporifique qui ne présente absolument intérêt. En revanche, Forget Tomorrow me conforte dans mon idée qu'il faut lire un roman jusqu'au bout avant de le condamner.

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14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 11:51

L03.jpgRevival

Stephen King

éditions Albin Michel

2014

 

Ah ce brave Stephen King... Rien de plus inégal que son oeuvre, capable aussi bien du meilleur que du pire. Qui oserait comparer Shining à Docteur Sleep, Le Fléau à Cellulaire ? Ce qui est bien quand on lit son dernier roman du coup, c'est qu'on ne sait absolument pas à quoi s'attendre...

Direction Marlow dans la petite ville du Maine où le jeune Jamie, petit dernier d'une fratrie nombreuse, coule des jours paisibles jusqu'à l'arrivée d'un jeune et charismatique révérend, Charles Jacobs. Passionné par l'électricité, ce dernier initie Jamie à sa passion. Trente ans plus tard, alors que Jamie est devenu un guitariste rongé par l'alcool et la drogue, leurs chemins se croisent de nouveau...

Une fois encore, Stephen King renoue avec ses thèmes de prédilection : l'enfance, la religion, l'addiction sous toutes ses formes. Il y rajoute des références inspirées directement de l'oeuvre de Mary Shelley, Frankenstein, faisant de son révérend un scientifique consumé par le désir de braver la mort. La mort d'ailleurs occupe une place centrale dans l'ouvrage (rien de surprenant d'ailleurs chez King) et s'accompagne également d'une réflexion sur la vieillesse, assez positive cependant : Jamie accepte facilement son âge et s'il est plein de mélancolie, il s'accommode bien de sa situation. Le personnage de ce fait est  touchant car on sent l'auteur derrière ce portrait d'un homme qui a dû se battre contre la drogue et l'alcool à un moment de sa vie et affronter des deuils douloureux.

Mais... car il y a toujours un "mais" avec moi, vous devriez le savoir, je n'ai pas pour autant été convaincu par Revival. L'écueil majeur à mon sens tient dans la structure du récit qui s'étale sur plus de cinquante ans. L'horreur se dilue dans des actions trop espacées pour inspirer vraiment la terreur ou même l'inquiétude. Pour ma part je trouve que King s'en sort mieux dans les huis-clos (Shining, Salem, Misery) ou tout du moins dans des histoires plus ramassées dans le temps. Là, on n'arrive pas vraiment à se sentir mal à l'aise en lisant cette histoire qui joue essentiellement sur deux personnages qui ne font que se croiser, jusqu'à un final assez inattendu pour le coup et plutôt réussi, bien que très sombre. On ne peut cependant se contenter d'une fin glaçante et de quelques cauchemars au fil des pages pour ressentir cette angoisse si délicieuse propre au genre. Semblerait-il que sur ce coup-là le maître de l'horreur a manqué son coup.

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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 18:05

L05.jpgTout pour plaire

Ingrid Desjours

éditions Pocket

2014

 

Bon. Bon bon bon. Vous espériez un roman policier sympa pour vos vacances d'hiver ? Oubliez celui-là.

Déborah est une femme soumise, en adoration devant son mari David, un ancien rondouillard bègue devenu coach en développement personnel et trop souriant de l'avis de la voisine pour être parfaitement honnête. Ce couple parfait ne cacherait-il pas un sombre secret ? Cela semble se confirmer avec l'arrivée du frère de David, Nicolas, un homme séduisant et mystérieux dont la femme a disparu du jour au lendemain....

"Un thriller superbement construit et efficace" dixit Yann Plougastel du Monde sur le bandeau. Je pense que ce brave homme doit prendre de la coke pour trouver efficace un roman dont la trame est prévisible dès le début de l'ouvrage. Tout n'est pas à jeter : le personnage du commandant Mendel est assez intéressant car il est vraiment mauvais. Pas un faux méchant du genre bourru au grand coeur mais un être rongé par la colère, haïssant sa femme et le monde en général. C'est le seul intérêt d'un polar très mal écrit, avec des dialogues artificiels au possible (sérieux, il faudrait donner des cours de dialogues aux auteurs, là c'est affreux) et une intrigue alambiquée certes mais attendue et sans aucune surprise. Dès le début du livre, je savais qui était le méchant; à la moitié j'avais déjà le pourquoi du comment du coup toutes les "révélations" finales sont tombées complètement à plat. Le tout est saupoudré de références à la psychologie criminelle, l'auteur étant psychologue à la base. Tout pour plaire c'est du roman de gare et du genre mauvais, du roman avec tous les ingrédients "qui marchent" : du sexe, de la violence, un passé trouble, un inspecteur tourmenté... A lire et à oublier. Pour ma part, c'est déjà fait.

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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 11:11

L04.jpgIllusions perdues

Honoré de Balzac

éditions Flammarion

1843

 

Si vous aussi vous vous sentez un peu déprimés cette semaine, vous êtes en parfaite condition pour aborder notre prochain livre sur la liste des 1001 livres... Illusions perdues de Balzac, oeuvre que l'auteur lui-même considérait comme l'un de ses romans phares.

L'histoire est celle David et Lucien, deux amis qui se sont connus durant leurs études. David Séchard est un garçon rêveur et honnête à qui son père a revendu l'imprimerie familiale à Angoulême. Inventeur, il rêve de découvrir un secret de fabrication qui rendrait le papier bon marché. Son ami, Lucien Chardon, est d'une toute autre étoffe : poète, il rêve de richesse et surtout de gloire. Ses ambitions lui font croiser la route de madame de Bargeton, femme mal mariée qui s'éprend de sa très grande beauté et de ses talents. Après avoir en vain essayé de le faire admettre dans la noblesse provinciale, elle prend des mesures désespérées et décide de quitter avec lui Angoulême pour Paris, désireuse d'échapper à la mesquinerie provinciale. Lucien s'engage enthousiaste dans l'aventure, laissant derrière lui David devenu son beau-frère, ignorant que ses ambitions vont être fatales à toute sa famille.

Pauvre David ! Là où la plupart des lecteurs ne jurent que par Lucien, j'avoue que toute ma sympathie va à l'inventeur et à sa femme Eve, la soeur du poète : en effet, Lucien seul est l'artisan de son malheur tandis que le jeune couple n'est victime que du trop grand amour qu'ils éprouvent pour l'enfant prodigue. L'action du livre s'articule autour de deux lieux : Angoulême, la ville de province dans toute sa mesquinerie, avec ses fonctionnaires rusés et malhonnêtes, sa noblesse étroite d'esprit qui se refuse à admettre que le monde a changé, ses commerçants avides, et Paris, la capitale des plaisirs et des idées avec ses journalistes corrompus, ses libraires avares, ses actrices entretenues... A Paris, tout est comédie et seul le cynisme peut permettre de percer rapidement : aussi Lucien, peu désireux d'attendre des années avant que son talent soit reconnu, décide de délaisser l'écriture au profit du journalisme, carrière plus lucrative mais qui lui fait vendre très vite son âme au diable. Or, moins habile qu'il ne le pensait à ce jeu, il va très vite se retrouver ruiné et entraîner dans sa chute David et Eve, eux-mêmes déjà pris à la gorge par des imprimeurs concurrents rusés... Illusions perdues cristallise tous les thèmes majeurs de l'oeuvre de Balzac : l'ambition un peu naïve du provincial, l'hypocrisie sociale, un monde gangrené par l'argent et le pouvoir... Roman d'apprentissage par excellence, le ton est très sombre, la fin peu encourageante et le récit lui-même témoigne de l'expérience d'un auteur qui a longtemps été journaliste. Comme dans tout Balzac on retrouve les descriptions à rallonge et certaines longueurs qui font cependant le charme d'un livre avec son lot de personnages touchants (la jolie actrice Coralie, l'amante de Lucien, victime collatérale, la courageuse Eve, le gentil David, le travailleur d'Arthez) mais surtout détestables (le père de David, les Cointet, Châtelet) et qui illustre à merveille la théories de Balzac et du roman du 19e siècle en général : on ne peut apprendre sans souffrir. Vous voilà prévenus.

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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 10:20

L03.jpgComme un livre ouvert

Liz Kessler

Hugo Roman

2015

 

Le mois dernier, ma représentante Pocket est passée avec toute une pile d'épreuves non corrigées des dernières nouveautés. Pendant que je regardais toute contente les livres fantastiques (nous en reparlerons courant de ce mois n'ayez crainte, ils ne sont pas encore sortis), elle me tend un autre ouvrage :

"Alors ça c'est autre chose. C'est un livre des éditions Hugo..."

- Ah (enthousiasme qui baisse d'un cran)

- Et qui parle d'une lycéenne amoureuse...

- Ah (enthousiasme encore un cran au-dessous)

- de sa prof d'anglais."

(enthousiasme à son plus bas niveau)

Bon soyons honnête, malgré tous mes préjugés, c'était pas si mal. Comme un livre ouvert c'est l'histoire de Ashleigh, une lycéenne dissipée dont les faibles performances laissent présager un bien médiocre avenir. Tout ce qui l'intéresse c'est de traîner avec sa meilleure amie Cat et de fricoter avec son petit ami Dylan. Il faut dire qu'à la maison c'est pas la fête : ses parents ne se parlent plus et l'ambiance est plus que tendue. C'est dans ce contexte qu'elle découvre sa nouvelle prof de littérature, Miss Murray, qui va lui apprendre non seulement à aimer les livres des soeurs Brontë mais aussi lui faire éprouver des sensations qu'elle est loin de ressentir avec le malheureux Dylan.

Au niveau du style, rien à dire c'est plutôt bien écrit et la première partie est franchement marrante : l'héroïne a un côté déjanté qui est assez agréable. Après ça se gâte dans la seconde partie lorsque Ashleigh doit face au divorce de ses parents et découvre parallèlement son homosexualité tout en craignant d'être enceinte de son petit ami : pour le coup ça fait un peu beaucoup pour une seule personne et l'auteur n'amène pas tout ça avec une subtilité déconcertante. Je pense en particulier à cette scène d'un ridicule achevé où Ashley se confie à sa prof sur ses parents et sur Dylan et est émerveillée de découvrir que celle-ci la comprend parfaitement : "Mais ce que je sais en revanche, c'est que ça ne doit pas être facile pour toi, de te retrouver au milieu, avec la sensation d'être tiraillée entre eux deux" Exact ! C'est dingue comme elle me comprend bien !" Outre l'usage du mot "dingue" qui devrait d'office être banni dans tout ouvrage digne de ce nom, je suis restée perplexe devant un dialogue tiré tout droit de "Femina" (j'apprends à déculpabiliser mon ado sur la séparation parentale). La troisième partie est tout aussi inégale, entre du bon (les amis de Ashleigh qui apprennent plus ou moins bien son homosexualité, la réaction de miss Murray devant la déclaration de son élève) et du moins bon (l'héroïne transportée de bonheur parce qu'elle va dans un bar gay, le coming out final mêlant bons sentiments et révélations poignantes) Sur le fond, le livre est intéressant mais brasse trop d'idées sans vraiment en faire aboutir aucune (on y parle de divorce, d'homosexualité, il y a même pour le coup un plaidoyer intéressant sur la peine de mort) se contentant de les noyer dans une action survoltée. Plus grave, Comme un livre ouvert se flatte de pourfendre les préjugés mais en amène insidieusement d'autres : je retiendrais surtout le personnage d'Elaine, la nouvelle compagne du père, présentée comme ridicule et intolérante mais dont le véritable péché être d'être seulement "l'autre", la remplaçante de la mère et que, de ce fait, l'auteur ne voulait pas présenter sous un jour favorable. J'ai aussi moyennement apprécié la réflexion sur les études et les métiers, Liz Kessler expliquant à travers ses personnages que bon, si vous faites pas la fac, vous êtes foutus et vous ferez un métier ridicule, du style "servir des clients". On va dire que c'est la conception anglo-saxonne dans toute sa splendeur... Vous l'avez compris, il y a à boire et à manger dans cet ouvrage qui est cependant une "niche" et qui n'intéressera guère qu'un lectorat bien spécifique.

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31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 12:01

L01.jpgLes enfants du duc

Anthony Trollope

éditions Points

1880

 

Plantagenet Palliser, duc d'Omnium, a le coeur lourd : sa femme vient de mourir brutalement et ses enfants lui causent bien des soucis. Son fils aîné, après s'être fait renvoyer de l'université par deux fois, a opté pour une carrière politique mais du côté des conservateurs alors que son père a toujours été libéral. De plus, il participe à des courses de chevaux et prend plus plaisir à chasser et à fréquenter son club qu'à s'investir au Parlement. Le frère cadet, Gerald, suit le même chemin. Quant à la petite dernière, Lady Mary, elle commet une faute encore plus grave aux yeux de son père en s'éprenant d'un jeune homme bien sous tous rapports mais qui, oh scandale, n'a ni titre ni fortune. Une alliance que ne peut tolérer le duc, bien déterminé à mettre fin à cette idylle.

Vous l'avez compris, Les enfants du duc se situe quelque part entre du Jane Austen et du Downton Abbey. Si le livre fait partie d'une vaste fresque familiale, il est en revanche possible de le lire indépendamment des autres ouvrages. C'est un genre un peu particulier que ce roman victorien rempli de nobles qui fument leurs cigares en parlant politique tandis que les femmes se confient sur leurs soupirants. Pour ma part, j'adore même si j'ai trouvé quelques longueurs ça et là. Malgré les propres convictions de l'auteur, pas franchement pour les droits de la femme, l'ouvrage reste étonnamment moderne : en effet, Trollope nous montre les différences de condition entre les fils du duc, libres d'agir à leur guise et d'accumuler dettes et erreurs tandis que lady Mary, coupable uniquement d'être tombée amoureuse d'un homme sans le sou, est cloîtrée et surveillée de près. Que dire aussi de lady Mabel, sans fortune qui est forcée de renoncer à l'amour de sa vie pour rechercher un mariage d'argent ? Ces deux portraits de femmes fortes tranchent avec le caractère plus faible du fils aîné du duc, versatile et amoureux inconstant, attachant malgré tout car conscient de ses imperfections et même son ami plus posé, Frank Treagar, trop peu présent dans le livre pour vraiment s'imposer. Cependant, le vrai héros des Enfants du duc reste le duc lui-même, patriarche dépassé par un monde changeant, qui aime mais ne comprend absolument pas ses enfants ni même le monde dans lequel il vit. Alors que ses agissements sont finalement très peu décrits, son ombre sévère plane tout le long du roman comme un dieu capable d'influer sur le destin de ses enfants. Ce n'est évidemment qu'une illusion : il apparaît vite que le pauvre duc est avant tout un père aimant, capable de faire contre mauvaise fortune bon coeur et de se résigner à ce qu'il ne peut combattre, ce qui rend son personnage d'autant plus intéressant, mélange de froideur et de tendresse, de hauteur et de naïveté. L'ouvrage navigue également avec aisance entre étude de moeurs et satire discrète (les passages "politiques", notamment celui où Frank Treagar doit faire du porte à porte pour son élection, sont particulièrement drôles) et m'a fait découvrir un nouvel aspect de la littérature anglaise. Une bien belle découverte ma foi.

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28 janvier 2016 4 28 /01 /janvier /2016 10:50

L03.jpgRock War 1

Robert Muchamore

éditions Casterman

2014

 

J'avoue que c'est sans entrain que je me suis lancée dans la lecture de ce roman ado dont le synopsis ne fait pas franchement envie :"Trois rebelles qui vont se livrer bataille pour accomplir leur destinée." Rassurez-vous, on parle de bataille musicale là puisque nos trois "rebelles" sont des passionnés de musique chacun à leur manière. Rien que le titre Rock War me donnait envie de partir en courant. Mais c'est Muchamore hein. Muchamore c'est un auteur que je n'avais jamais lu mais qui me rend service à la période de Noël quand arrive l'éternel adulte qui doit faire un cadeau pour un garçon de treize ans mais qui ne connaît pas du tout ses goûts, s'il aime lire ou pas et oh non pas du fantastique hein : allez hop un Cherub ! Je me suis donc dit que je devais bien à ce bon vieux Muchamore de lire tout de même un de ses livres un jour.

C'est donc parti pour l'histoire de Jay, Summer et Dylan, trois incompris chacun à leur manière et qui, chacun dans leur coin, s'adonnent à leur passion, la musique. Et, dès le départ, c'est pénible. Je ne parle pas du style de Muchamore qui n'est pas désagréable en soi, mais le rythme de l'intrigue est survolté et les personnages hystériques. Et que dire de ces bons gros poncifs que Muchamore nous balance avec tant de finesse : ah le fils pourri gâté et sa riche mère cruche qui ne voit pas que son rejeton est un musicien plus médiocre, ah le gamin courageux qui se dépatouille au milieu d'un univers violent, ah l'adolescente responsable qui s'occupe toute seule de sa grand-mère malade et qui ramène du papier toilettes du lycée parce que c'est trop cher pour leur budget, ah la musicienne qui se scarifie, le chanteur volage... Ce qui sauve l'histoire, c'est quand Muchamore arrête de nous bassiner avec des situations tirées de "Tellement vrai" pour parler de musique. Pour le coup, cela sonne juste et c'est avec intérêt que l'on suit le parcours de trois groupes différents qui s'essaient à la composition. J'attendais même avec plutôt d'intérêt le moment où ces groupes allaient s'affronter dans une première compétition. Las ! Là encore l'auteur s'empresse d'en faire des tonnes et complique tout ça avec une panne de voiture, des arrestations dans le train, des actes de vandalisme, des inondations... Cette surenchère fatigue profondément et noie tout l'intérêt d'un roman pas désagréable en soi mais bruyant et écrit si manifestement pour plaire à un certain type de lectorat qu'il ne peut guère toucher passé quinze ans.

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27 janvier 2016 3 27 /01 /janvier /2016 18:26

L01.jpgPromesse

Jussi Adler Olsen

éditions Albin Michel

2014

 

Après son plutôt décevant Effet papillon, Adler Olsen reprend du service avec une nouvelle enquête du département V. A la fin des années 90, dans une petite île danoise, le corps d'une jeune fille est retrouvée accroché à un arbre, visiblement percuté par un chauffard. La police locale, débordée, conclut vite à un accident mais un inspecteur n'y croit pas : pendant des années, Habersaat va enquêter sur cette affaire, développant une obsession, jusqu'au jour où, près de vingt ans plus tard, il se tire une balle dans la tête non sans avoir au préalable confié son enquête à Morck et à son équipe de bras cassés.

C'est une bonne surprise que ce dernier opus. Je craignais en effet un essoufflement de la série mais l'auteur nous prouve aujourd'hui qu'il sait rebondir : Adler Olsen daigne enfin avancer un peu sur l'enquête qui a failli coûter la vie à Morck et qui l'a fait atterrir aux affaires classées et, sans les occulter, il met un peu à l'arrière-plan ses personnages principaux qui avaient de plus en plus tendance ces derniers temps à prendre plus d'importance que les enquêtes elles-mêmes pour se concentrer sur une intrigue digne de ce nom avec un dénouement que, pour une fois, on ne sent pas venir. De plus il soigne davantage ses personnages secondaires et évite les "méchants" trop lisses. Ajoutez à cela un huis-clos au début du récit assez réjouissant, lorsque Carl, Assad et Rose se retrouvent à enquêter sur l'île, ainsi que l'humour décalé d'un auteur qui parvient à nous faire rire malgré des situations abominables. Il ne me reste plus qu'à conclure en disant que Promesse porte bien son nom et tient toutes ses promesses (même si j'essaie encore de saisir le rapport avec le contenu du roman pour le coup). Vivement la suite !

 

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22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 19:39

L02.jpgLes derniers jours des reines

sous la direction de Jean-Christophe Buisson et Jean Sevillia

éditions Perrin

2015

 

Oui je sais, ce n'est pas logique : je viens de descendre en flammes Le fin mot de l'histoire et j'enchaîne avec un livre qui traite grosso modo du même sujet. Il faut que j'arrête avec les histoires d'agonies c'est un peu morbide. Ici cependant il s'agit d'agonies très chics puisqu'on parle des derniers jours des reines, depuis la très renommée Cléopâtre jusqu'à la reine belge Astrid, décédée dans un accident de voiture en 1935.

A dire vrai je craignais le pire en lisant la préface, pompeuse à souhait et fleurant bon le regret du temps ancien quand la monarchie régnait sur la France. Heureusement, le point fort de ce livre est pour le coup qu'il a été écrit par plusieurs auteurs et non pas par un seul. Du coup, si le style varie d'un récit à l'autre, tout du moins n'a-t-on pas cette impression désagréable que certains chapitres ont été bâclés, l'historien maîtrisant moins certains sujets que d'autres. De façon générale, Les derniers jours des reines se lit sans déplaisir, tous ses contributeurs ayant plutôt une jolie plume. Quant au contenu, si certaines reines sont plus "intéressantes" que d'autres, j'avoue pour ma part avoir été séduite par le portrait de reines un peu moins connues : Charlotte de Belgique, brève impératrice du Mexique et consumée par la folie pour avoir trop souhaité le pouvoir, ou encore Draga Obernovic, la reine de Serbie, haïe de son peuple et qui finira fusillée, éventrée et défenestrée lors d'un coup d'Etat. Et si certains portraits sont un peu trop lisses à mon goût, j'ai apprécié des analyses plus fines comme celle que fait Pascal Dayez-Burgeon sur la mort de la reine Astrid : sans mépriser son sujet, il prend un peu de hauteur pour s'interroger sur les raisons qui ont fait de cette jeune reine un symbole pour le monde entier.

Amis des histoires à la Stéphane Bern et des anecdotes sur les souverains, ce livre est pour vous. Les autres... et bien on parlera du dernier livre de Adler-Olsen la prochaine fois, promis.

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18 janvier 2016 1 18 /01 /janvier /2016 19:44

L05.jpgLe fin mot de l'histoire

Thomas Snégarof

éditions Tallandier

2015

 

Pour le coup on va faire court sur ce livre car il n'y a pas grand-chose à en dire. Le fin mot de l'histoire est un ouvrage qui recense les derniers mots qui auraient été dits par des célébrités : Maria Callas, Marie Curie, Hitler, Jean Jaurès... Outre que ce genre de littérature pseudo-historique fleurit dans les librairies depuis quelques années et commence sérieusement à m'agacer, je suis aussi un peu soûlée par ces d'auteurs qui sont avant tout des journalistes et se contentent de compiler leurs chroniques matinales en se foulant tout au plus d'une préface. C'est l'histoire paresseuse pour gens pressés, ça n'apprend rien et le style est sans intérêt. La thématique est également à oublier car les derniers mots des célébrités n'ont pas franchement lieu d'être gravés dans le marbre, à l'exception peut-être de l'émouvante déclaration de l'archiduc François Ferdinand ou de deux trois autres répliques dont je ne me souviens plus. Mon dernier mot avant de refermer ce livre sera donc : "Oubliez-le".

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