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6 novembre 2015 5 06 /11 /novembre /2015 13:33

Super Sourde

Cece Bell

éditions Les Arènes

2014

 

Cece menait une vie parfaitement normale jusqu'à ses quatre ans, le jour où elle contracte une grave méningite. Emmenée à l'hôpital pour y être soignée, elle se rétablit mais devient quasiment sourde. Affublée d'un appareil auditif qu'elle supporte difficilement, Cece va devoir apprendre à surmonter ses différences et, surtout, les faire accepter à ceux qu'elle rencontre, son rêve étant surtout de briser sa solitude et de se faire des amis.

Joli roman graphique avec des dessins volontairement naïfs et des petits personnages qui ont tous des oreilles de lapin, Super sourde est un témoignage plein d'humour sur une enfant qui, du jour au lendemain, se retrouve à composer avec une situation qu'elle-même accepte à peine et qu'elle a, à plus forte raison, peine à faire accepter à ses camarades d'école : entre ceux qui parlent plus fort et ceux qui ont pitié d'elle, entre ceux qui la traitent avec trop de ménagements et ceux qui au contraire se servent d'elle, Cece aura bien du mal à faire le tri et à devra apprendre elle-même à se remettre en cause. BD drôle parce que totalement dépourvue d'auto-apitoiement, touchante et instructive, Super sourde, bien qu'ayant obtenu un prix pour la jeunesse, est à remettre entre toutes les mains malgré un graphisme un peu léger. ​ ​

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29 octobre 2015 4 29 /10 /octobre /2015 10:26

L02.jpgOlympia

Vives/ Ruppert / Mulot

Dupuis

2015

 

C'est l'histoire de trois filles spécialisées dans le cambriolage : Alex, Carole et Sam. A la suite d'une affaire, Carole est tenue pour morte. Cette dernière en profite pour mettre fin à sa carrière et tenter de mener sa vie loin des deux autres. Restées seules, Alex et Sam tentent sans entrain un cambriolage qui tournent mal et se voient contraintes par des malfrats sans pitié de dérober une série de tableaux au Petit Palais.

Je ne peux pas dire que j'ai détesté Olympia. Le point fort de cette BD ce sont ses dialogues, vraiment très drôles, et ses trois personnages principaux, surtout celui d'Alex qui m'a beaucoup fait rire. En revanche, j'ai été un peu agacée par le côté "Girls power" de la BD et, surtout, j'ai trouvé l'intrigue un peu faible. Pendant les deux tiers de l'histoire, les personnages ne font que bavasser, ressasser leurs souvenirs et élaborer des plans qui foirent une fois sur deux. Le dessin est intéressant et j'ai trouvé la composition plutôt originale : il y a notamment ces planches où les filles expliquent leur plan d'action à leur acolyte Tonio en voix off, ce qui permet à l'intrigue de sauter directement à ce passage sans transitions maladroites. La fin est en revanche à mon sens totalement ratée et convenue mais là, pour le coup, c'est un avis personnel. Olympia n'est pas une BD désagréable : mais c'est une BD qui ne me laissera pas non plus de souvenirs impérissables...

 

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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 10:08

L02.jpgUn héros de notre temps

Lermontov

1840

éditions Flammarion

 

Il est temps de retrouver un peu nos 1001 livres... si vous êtes d'accord et de retourner à la froide Russie du XIXe siècle, auprès de Lermontov qui, comme la moitié des auteurs russes de ce temps j'ai l'impression, subira l'exil et mourra dans un duel. En fait Un héros de notre temps est un récit divisé en cinq parties ; ces parties peuvent se lire indépendamment les unes des autres et ne sont liées que par un seul fil rouge, le héros de ces histoires, Petchorine, un militaire cynique qui pose sur le monde et sur l'amour un regard désenchanté. Petchorine ne croit pas à grand-chose et nous le prouve dans chacune de ses aventures : il kidnappe une jeune femme et, dès lors qu'il a réussi à la séduire, s'en désintéresse, il méprise ses anciens amis, il "vole" la femme que son compagnon d'armes aime et tue ce dernier en duel... Bref, il fait preuve d'un égoïsme forcené et prend plaisir à mettre à bas toutes les valeurs "sacrées" de la vie : l'honneur, l'amour, l'amitié.. Bien entendu, le titre du livre est ironique : si Petchorine est "un héros de notre temps", c'est parce qu'il conjugue selon Lermontov tous les travers de l'homme de son siècle : la vanité, le cynisme, la jouissance pour la jouissance, l'insensibilité, l'égoïsme. C'est le descendant direct de Valmont, le héros des Liaisons dangereuses ou, plus proche, d'Eugène Onéguine, le héros du roman éponyme de Pouchkine dont nous avions parlé sur ce blog il n'y a pas si longtemps. L'originalité du roman de Lermontov réside dans sa composition même : alors que les deux premiers récits sont menés par un narrateur extérieur, les trois suivants sont tirés directement du journal de Petchorine. Ainsi, les points de vue sur le héros se mêlent, se confondent, voir se heurtent, fascinant kaléidoscope d'un personnage plus complexe qu'il n'y paraît de prime abord.

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20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 12:58

L01.jpgSept nains

Wilfrid Lupano/ Roberto Ali

éditions Delcourt

2015

 

Et si la méchante reine de Blanche-Neige n'était qu'une épouse frustrée par l'indifférence de son mari et terrorisée à l'idée de devenir vieille ? Si la jolie princesse n'était qu'une peste à la langue acérée et les sept nains sept vicelards exilés dans la forêt à la suite d'un décret royal ? S'appropriant joyeusement le conte pour mieux le détourner, le scénariste des Vieux fourneaux nous propose une vision toute personnelle de Blanche-Neige et des sept nains avec une reine qui, pour se transformer en sorcière, se contente de se démaquiller et d'une princesse tête à claques qui doit se défendre contre les assiduités de sept vieux garçons livrés trop longtemps à eux-mêmes. Servi par des dialogues irrésistibles et un humour parfois un peu potache mais toujours efficace, Sept nains a, qui plus est, un graphisme dynamique et des couleurs sombres rouges qui donnent à la BD un ton légèrement angoissant. Les dessins sont presque caricaturaux (comme le souligne mon collègue, Blanche-Neige a de solides arguments) et donnent d'autant plus de poids à une histoire irrévérencieuse et très drôle. Du joli travail.

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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 10:56

L02.jpgL'arabe du futur 2

Une jeunesse au Moyen-Orient (1984-1985)

Riad Sattouf

Allary éditions

2015

 

Nous l'avons déjà dit : l'arabe du futur est blond avec des cheveux bouclés. Il s'appelle Riad Sattouf et est né de mère française et de père syrien. Dans ce deuxième tome, il revient sur sa jeunesse en Syrie : cette fois, plus moyen d'y échapper, il doit aller à l'école et quitter les jupons de sa mère. Et l'école là-bas, ça rigole pas : entre la maîtresse qui donne des coups de règle et des camarades qui ne lui ressemblent pas, Riad parvient cependant peu à peu à trouver ses marques dans ce pays qui est à moitié le sien. Pendant ce temps, son père est toujours persuadé qu'il va faire fortune.

Ce second tome m'a paru moins violent que le premier. Est-ce qu'on s'habitue? Le père du héros nous apparaît plus doux, l'entourage moins cruel.Ou alors, est-ce que, tout comme le garçonnet dont nous empruntons le point de vue, nous commençons à nous familiariser avec cet univers étrange? un sentiment cependant qui ne dure pas car certaines situations viennent nous perturber : ce gamin pauvre et malade avec de grands yeux qui, un jour, ne revient plus à l'école, cette tante assassinée par sa propre famille pour être tombée enceinte hors-mariage... Autant de faits mis en scène par Riad Sattof avec toujours autant d'innocence et de cruauté entre des scènes beaucoup plus légères : le père qui pour faire plaisir à sa femme s'emploie à lui trouver un lave-linge, des camarades qui jugent sévèrement les épouses qui ne portent pas le voile mais qui ne font pas le rapprochement avec la mère européenne de Riad... Qui a dit que le temps de l'enfance était un moment magique ?

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16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 18:44

L01.jpgUne braise sous la cendre

Sabaa Tahir

éditions Pocket Jeunesse

2015

 

Belle semaine pour les éditions Pocket Jeunesse qui, après Cité 19, nous offre encore une fois une très jolie nouveauté, Une braise sous la cendre. Le résumé ne semblait pourtant pas non plus, à première vue, très alléchant : une civilisation scindée entre des oppresseurs, les Martiaux, et des opprimés, les Erudits. Les uns sont des soldats qui consacrent leurs vies à se battre, les autres des anciens lettrés réduits à l'esclavage. Il y a deux héros, Laia, l'esclave, et Elias, le soldat, dont on sait d'entrée de jeu qu'ils vont tomber amoureux même si tout les oppose. A priori rien de très original dans tout ça... Mais, très vite, dès le premier chapitre, tous nos préjugés s'envolent : d'une part parce que si l'histoire n'est peut-être pas nouvelle, elle est en revanche diablement bien construite : le récit centré à tour de rôle sur Laia et Elias s'enchaîne sans temps mort et réserve de multiples rebondissements inattendus. D'autre part, parce que les personnages sont très attachants : loin d'être caricaturaux, ils sont dépeints avec beaucoup de justesse et de sensibilité. Laia apparaît ainsi comme une trouillarde qui, par amour pour son frère, va tout faire pour surmonter ses peurs. Elias lui, loin d'apparaître comme un guerrier insensible ou, à l'inverse, comme un bellâtre niais, est dépeint comme un homme plein de doutes, tiraillé entre son désir de liberté et sa peur de perdre ses proches. Ce soin dans la psychologie des personnages s'étend jusqu'aux personnages secondaires : Helene (mon protagoniste préféré pour l'instant) Cuisinière et même Marcus, le "méchant" de l'histoire. Enfin, il me faut parler de l'écriture qui est plutôt belle, très poétique et contribue à donner vie à ce monde pas si manichéen qu'il n'y parait de prime abord. Si Sabaa Tahir s'adresse à un public adolescent (encore que, à mon sens, Une braise sous la cendre peut tout à fait s'adresser à des adultes) elle se refuse aux facilités narratives, donnant à l'histoire d'amour un rôle mineur pour mieux se consacrer à des thèmes moins vendeurs : la liberté et l'obéissance, le savoir ou l'ignorance, la notion même de Bien et de Mal, autant de thèmes qu'elle traite avec extrêmement de finesse. Non, vraiment, si vous aviez (encore) des préjugés sur les romans ados, c'est le moment de revenir dessus...

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15 octobre 2015 4 15 /10 /octobre /2015 10:52

L01.jpgCité 19

t.1 Ville Noire

Stéphane Michaka

éditions Pocket

2015

 

Faustine n'a pas une adolescence des plus faciles. Sa mère a disparu lorsqu'elle avait cinq ans, la laissant seule avec son père, surveillant-chef au musée d'Orsay. Faustine elle-même souhaite être conservatrice et voue en particulier une véritable passion pour le 19e siècle. Il faut dire que le quotidien est un peu compliqué à gérer entre les épreuves du bac qui approchent et le triangle amoureux qu'elle forme avec ses amis Vikram et Morgane. Aussi, lorsqu'un corps identifié comme celui de son père est retrouvé au pied de la tour saint Jacques, Faustine, persuadée qu'il est encore en vie, se lance sur les traces d'une secte mystérieuse et, en suivant l'un de ses membres, se retrouve à Paris 150 ans plus tôt...

Je craignais le pire car je me méfie désormais des associations "musée" et "fantastique". Heureusement, ce premier tome de Cité 19 n'a rien à voir avec du Da Vinci Code ou autres daubes du genre, le musée d'Orsay ne servant que de point de départ à une intrigue résolument originale mettant en scène une héroïne plutôt intéressante. Faustine est en effet un personnage complexe, une adolescente plus ou moins rebelle qui ne se sent à l'aise que dans un passé disparu. L'écriture elle-même est très soignée et l'histoire particulièrement recherchée... J'émettrai deux bémols : l'auteur brûle ses cartouches trop tôt si j'ose dire et, en changeant de point de vue en cours de route, passant de celui de Faustine à d'autres, nous dévoile certains rebondissements que, pour ma part, j'aurais préféré ignorer. De plus, j'ai un peu peur de la suite de la série car je redoute ces histoires qui démarrent sur des chapeaux de roue pour finalement s'essouffler faute de nouvelles idées. A voir s'il s'agit (et je l'espère) d'une série pensée sur le long terme.

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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 12:31

L02.jpgQuand la comtesse de Ségur vit brûler Moscou

Lorris Murail

éditions Scrineo

2015

 

Nous avons tous été petits et nous avons tous eu un jour entre les mains les livres de la comtesse de Ségur. Nous avons tous beaucoup compati aux malheurs de Sophie et éprouvé un sentiment ambivalent en lisant le récit des Petites filles modèles : c'est que Camille était un peu plus dégourdie que Madeleine mais qu'elles étaient ennuyeuses de perfection toutes les deux ! Cela pour ma part ne m'empêchait pas de le lire et de le relire ainsi que l'intégrale de la collection d'ailleurs. Et même si aujourd'hui je crains de remettre le nez dans tout ça, même si je me souviens encore du manichéisme des histoires et de l'avalanche de bons sentiments, je ne peux tout simplement pas critiquer la comtesse de Ségur qui restera ma première découverte littéraire.

Aujourd'hui cependant nous ne parlerons pas des romans de notre célèbre comtesse, mais d'un titre issue d'une nouvelle collection pour enfants Il était un jour qui mêle histoire et fiction. Dans ce roman Quand la comtesse de Ségur vit brûler Moscou, Lorris Murail s'intéresse à l'auteur lorsqu'elle n'était encore qu'une adolescente russe, Sophie Rostopchine, fille du gouverneur, contrainte de fuir Moscou à l'approche de l'armée napoléonienne. Nous sommes en 1812 et Moscou devient bientôt un brasier : c'est que le père de Sophie n'est pas un rigolo et, plutôt que de laisser Napoléon gagner, il a préféré mettre le feu à la ville...

L'idée de la collection est bonne, et le récit de Murail en tous cas particulièrement réussi : le style est simple sans être niais, le jeune lecteur est loin d'être pris pour un imbécile et l'auteur mêle avec succès vérité historique et fable. Dans cet ouvrage, le héros n'est pas tant la future comtesse, la narratrice, que son père, un homme pétri de fierté dont la description n'est pas sans nous évoquer les héros russes du XIXe siècle. A la fin des précisions sont apportées pour les lecteurs qui souhaitent en savoir davantage. Educatif et distrayant.

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11 octobre 2015 7 11 /10 /octobre /2015 11:47

L02.jpgU4 Koridwen

Yves Grevet

éditions Syros / Nathan

2015

 

Vous avez maintenant l'habitude : un virus, le U4, qui a ravagé 90% de la population, quatre adolescents qui se rendent au même rendez-vous mystérieux à Paris, quatre récits par quatre auteurs différents... Et c'est aujourd'hui de Koridwen, le livre de Yves Grevet, dont nous allons aujourd'hui parler. Koridwen est une petite bretonne, dernière survivante d'un hameau perdu. Bercée par les histoires et les prédictions d'une grand-mère guérisseuse aux pouvoirs étranges, elle décide de se fier à son instinct et de se rendre au rendez-vous du 24 décembre à Paris, histoire de voir si elle peut remonter le temps et sauver l'humanité...

Contrairement à Florence Hinckel ou à Vincent Villeminot, Yves Grevet avait, entre guillemets, un travail plus simple car son personnage n'est que très rarement en contact avec les trois autres protagonistes de la série. C'est d'ailleurs une très bonne chose car, tout comme son coauteur masculin, il a davantage de difficultés avec les parties "communes" : usage abusif des dialogues indirects, descriptions trop rapides... Le personnage de Koridwen est assez intéressant même si j'ai un peu de mal je l'avoue avec le côté guérisseuse bretonne qui chante des comptines mystiques. En revanche, sa détermination ainsi que son lien avec son cousin Max sont très touchants. Ce qui est dommage avec Koridwen c'est le rythme un peu trop soutenu : l'histoire se déroule en accéléré, sans prendre parfois le temps de ralentir pour s'attarder un peu sur les émotions de la jeune fille. Cela finit par lasser le lecteur qui, effectivement, est très vite dans le coeur de l'action mais ne peut suivre une succession de faits (je vais à la fenêtre, je prends mon arme, je me faufile derrière un rideau, etc.) durant 400 pages sans finir par décrocher de temps à autre. Pour ma part, j'ai dévoré la première moitié du récit sans problèmes mais j'ai eu beaucoup plus de mal avec la seconde. En revanche, contrairement à Stéphane ou à Yannis, le dénouement est totalement inattendu et attise la curiosité.. De bon augure pour la suite ! En attendant, on se retrouve la semaine prochaine pour notre ultime rendez-vous à Paris avec Jules de Carole Trébor.

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6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 11:40

L02.jpgL'île de l'oubli

Melissa de La Cruz/ Walt Disney

éditions Hachette Jeunesse

2015

 

Je ne sais pas si je vous l'ai déjà dit (probable que oui), mais je n'aime pas et n'ai jamais beaucoup aimé les films de Disney. Pour moi, les princesses de contes de fées sont des personnages torturés qui, après de dures épreuves, trouvent le bonheur : ce ne sont pas des cruches qui chantent avec des souris. Peter Pan c'est ce gamin profondément égoïste qui oublie les gens dès lors qu'ils ont cessé de l'intéresser et la fée Clochette cette femme jalouse et vindicative qui est prête à tout pour éliminer ses rivales, pas ce garçon facétieux et cette mignonne petite poupée avec des ailes. Bref, à mon sens, c'est l'art de l'aseptisation des contes et des histoires.

Pourquoi je vous parle de Disney? Et bien c'est parce que le roman pour enfants dont nous allons parler aujourd'hui sort tout droit de cet univers. En effet, à la suite de leurs défaites, tous les méchants des animés Disney ont été envoyés sur une île-forteresse nommée l'île de l'Oubli et devinez quoi? Ils se sont reproduits. L'histoire de L'île de l'Oubli est donc celle de leurs descendants en particulier celle de Mal, fille de Maléfique, Evie fille de la Méchante Reine, Carlos fils de Cruella, et Jay, fils de Jaffar. Ces quatre enfants, habitués à la cruauté et à la vilenie, élevés dans la haine et le mensonge, sont-ils prédisposés à suivre les traces de leurs parents? Ou au contraire vont-ils se démarquer?

Après la diatribe que je viens de faire, je vais vous surprendre mais j'ai apprécié L'île de l'Oubli. Certes l'univers m'agace un peu ainsi que les nombreuses références aux dessins animés, mais le livre est écrit par un "vrai" auteur de jeunesse, Melissa de La Cruz, et non pas par un quelconque grouillot en manque d'argent et d'inspiration. Il en résulte un roman assez sympathique et assez drôle porté par des adolescents insupportables et prêts à tout pour susciter l'attention de leurs parents. L'île de l'Oubli est un lieu malsain, maléfique, mais cette turpitude est si familière qu'elle en devient ennuyeuse pour ses habitants et, de ce décalage, naît l'humour. Ce n'est pas le roman de l'année, loin s'en faut, mais cela reste un bon divertissement pour les enfants de 10-12 ans fans de Disney.

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