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10 juin 2015 3 10 /06 /juin /2015 18:01

L02.jpgEmbrouilles familiales de l'Histoire de France

Clémentine Portier-Kaltenbach

éditions JC Lattès

2015

 

Parce qu'il n'y a rien de tel à l'approche de l'été qu'un livre sans prétention mais un tantinet éducatif tout de même, nous allons aujourd'hui parler des Embrouilles familiales de l'Histoire de France, un essai très léger qui aborde l'histoire de notre pays à travers les querelles familiales de ceux qui l'ont fait : des relations tendues entre Louis XIII et son frère Gaston, de la possessivité maladive de Blanche de Castille ou encore de la famille cachée d'Emile Zola, Clémentine Portier-Kaltenbach s'intéresse à toutes ces petits démêlés familiaux qui à leur manière ont contribué à façonner notre pays.

Je l'ai déjà dit : ce n'est pas un ouvrage historique des plus sérieux, c'est avant tout de la vulgarisation, mais de la vulgarisation que pour ma part j'apprécie. Le ton est plein d'humour, le style de l'auteur est plutôt agréable et, mine de rien, il y a tout de même pas mal de références et de documentation. Portier-Kaltenbach a également la bonne idée de ne pas nous proposer un récit chronologique mais divise son essai en plusieurs segmentations (mères abusives, tontons flingueurs, frères ennemis, etc.) ce qui fait qu'on saute d'une époque à une autre, évitant de ce fait la lassitude. Non franchement c'était une lecture plaisante qui a le mérite qui plus est de vous apprendre deux trois trucs sur l'histoire.

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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 15:05

L02.jpgComment pourrir la vie de son patron

Les Vengeurs Masqués avec Philippe Dylewski

éditions Fayard

2015

 

Votre patron vous mène la vie dure ? Il vous refuse une augmentation, vous hurle dessus sans cesse, vous harcèle jour et nuit ? Dans ce livre, le collectif anonyme "Les Vengeurs Masqués" vous donne toutes les clés pour lui mener la vie dure à votre tour : pourrir son moral, saboter ses réunions, le ou la brouiller avec son épouse ou son époux, lui faire perdre des clients, le mettre mal à l'aise...

Pas de panique hein : Comment pourrir la vie de son patron est surtout un livre défouloir, tout du moins c'est ce qu'il me semble. Les auteurs se montrent très prudents sur ce sujet, bannissant d'ailleurs par précaution toute vengeance violente ou physique et usant d'un ton qui nous fait clairement comprendre que les idées proposées sont surtout de l'ordre du fantasme. Il s'agit de montrer que n'importe quel employé peut se libérer de l'emprise d'un patron tyrannique (comme en attestent les nombreux témoignage du livre) et que le rire peut être un excellent moyen pour le lecteur de dédiaboliser un monde du travail parfois étouffant. L'ouvrage a également le mérite, malgré son titre, de ne pas tout mettre sur le dos des chefs, pointant aussi le talent de certains employés pour l'absentéisme ou de se sentir harcelés pour un oui ou un non. En résumé, Comment pourrir la vie de son patron est plein de bonne humeur, maniant à la fois humour et réflexion plus sérieuse et invite ses lecteurs à quitter le rôle de victime pour apprendre à s'affirmer.

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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 19:52

L03.jpgL'homme à l'envers

Fred Vargas

éditions Magnard

1999

 

Cela fait quelques temps que Camille, jeune femme atteint de bougeotte, apprécie de demeurer un peu dans le Mercantour, entourée de gens qu'elle a appris à aimer et tout particulièrement de Lawrence, un grand Canadien bourru venu là pour étudier les loups. Mais la tranquillité du village est menacée par des attaques violentes contre des troupeaux de brebis. Le coupable serait un loup d'une taille exceptionnelle, certains chuchoteraient même qu'il s'agit d'un loup-garou. La situation se complique lorsque une habitante du village est victime à son tour de la bête. Camille décide de faire appel à son ancien amant, l'extravagant commissaire Adamsberg.

J'avais déjà lu L'homme à l'envers par le passé et cette seconde lecture me conforte dans mon opinion : c'est très probablement l'un des ouvrages de Vargas que j'aime le moins. Certes on y retrouve tout ce qui fait le charme de l'auteur, les personnages décalés, le style pince-sans-rire, l'intrigue faussement teintée de surnaturel, mais c'est lent, beaucoup trop lent à mon goût. L'action tarde à se mettre en place, notre bien-aimé Adamsberg n'arrive pas tout de suite dans l'histoire et les autres protagonistes paraissent un peu falots, y compris la mystérieuse Camille qui se révèle être au centre du récit. Mais bon ça reste du Vargas hein. On se laisse tout de même happer, comme toujours la fin nous surprend (c'est assez étonnant mais j'oublie comment se terminent les romans de Vargas car, au fond, contrairement à beaucoup d'autres policiers, les dénouements n'importent pas tant que ça) et, malgré quelques pointes d'agacement devant les dialogues un tantinet artificiel, on arrive tant bien que mal au bout de cette histoire qui mêle légende et enquête policière d'une façon que seule l'auteur sait faire.

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5 juin 2015 5 05 /06 /juin /2015 19:58

L08.jpgLa pyramide des besoins humains

Caroline Solé

éditions Ecole des Loisirs

2015

 

Christopher vit dans la rue à Londres. Son lit c'est un carton depuis qu'un jour il a décidé de fuir de chez lui, quittant un père qui le battait. Un jour, en surfant sur Internet dans la boutique informatique d'à côté, il tombe sur le nouveau concept d'un jeu télévisé intitulé La pyramide des besoins humains. Le principe ? Les candidats, en s'inspirant de la théorie de Maslow, doivent prouver que leur vie répond aux cinq besoins de l'être humain : besoins physiologiques, sécurité, amour, reconnaissance et réalisation. Les internautes votent pour leurs participants préférés. Christopher se pique au jeu et décide de prouver que sa vie en apparence misérable répond parfaitement aux critères. Mais sa participation à l'émission prend bien vite un tour inattendu.

Mouais. Pas franchement convaincue par un livre qui avait un résumé prometteur et qui au final ne démarre jamais. La pyramide des besoins humains c'est l'histoire d'un ado qui a fugué et qui raconte sa vie dans la rue. L'amorce promise par le jeu de télé-réalité n'arrive jamais et le récit tourne autour des déboires de notre Gavroche des temps modernes. Si encore le récit était crédible ! Mais pas un instant on ne croit à ce narrateur SDF et à son discours de gros dur larmoyant. On n'accroche pas plus à l'intrigue trop rapide; qui ne s'intéresse jamais aux autres candidats du jeu et qui se concentre essentiellement sur un héros il faut le dire, pas franchement intéressant. En bref, j'ai attendu durant les 125 pages de ce livre qu'il se passe quelque chose pour un final tout aussi ennuyeux que le reste du récit. Si Christopher avait été réellement un candidat de télé-réalité, il n'aurait quant à moi jamais franchi le premier palier.

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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 18:15

L02.jpgL'année solitaire

Alice Oseman

éditions Nathan

2014

 

Tori est une ado cynique, misanthrope et un peu dépressive sur les bords. Vous connaissez la série Daria ? Et bien elle ressemble à l'héroïne, l'humour noir en moins. Le lycée pour elle est une prison dans laquelle il ne se passe jamais rien. Elle fréquente une bande de filles avec qui elle ne s'entend guère et qu'elle juge plutôt sévèrement, à l'exception de sa meilleure amie Becky, encore que... A la maison elle déverse son mal-être sur son blog tout en se querellant avec ses parents et en se faisant du souci pour son petit frère Charlie, atteint de troubles alimentaires sévères. En bref, rien ne va. Mais, en janvier, les choses changent : deux nouveaux venus arrivent au lycée. Il y a Lucas, son ancien meilleur ami d'enfance, et Michael, un farfelu de premier ordre. Dans le même temps, un blog anonyme baptisé "Le Solitaire" pirate le réseau de l'école et, presque malgré elle, Tori voit son existence prendre un tour différent.

L'année solitaire est un roman très étrange, écrit par une toute jeune fille, encore lycéenne à l'époque, ce qui donne du coup au livre un aspect assez réaliste. On est loin de l'héroïne idéale : Tori il faut le dire est une tête à claques, une adolescente dans toute sa splendeur qui rejette tout dans son intégralité, qui n'aime quasiment personne et qui geint que rien ne change tout en évitant soigneusement de faire quoi que ce soit pour. Cependant, l'écriture à la première personne fait que, bien malgré nous, nous adhérons à sa vision pessimiste du monde et à ses états d'âme plus ou moins sérieux. L'intrigue de plus est continuellement relancée par des questions plus ou moins sous-entendus : de quoi souffre exactement Charlie, qui est ce mystérieux groupe "Le Solitaire", que veut Michael, pourquoi Thomas est-il si distant avec Tori ? De la sorte, L'année solitaire évite l'écueil du roman journal intime, un genre qui commence sérieusement à s'essouffler et se rapproche davantage du roman à suspens. J'ai un seul bémol : la fin est, contrairement au reste du livre, très convenue et, du coup, un peu décevante : soudain on retrouve tous les ressorts de l'intrigue classique avec un série de rebondissements plus ou moins heureux et un happy end un peu facile. Cela cependant reste un ouvrage de bonne facture sur les tourments de l'âge ingrat.

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3 juin 2015 3 03 /06 /juin /2015 18:50

L02.jpgVive ? l'entreprise

Gérard Filoche

éditions Hugo Doc

2015

 

Il est remis en cause, dénigré, raillé... Le code du travail est aujourd'hui en danger comme nous l'explique Gérard Filoche, ancien inspecteur du travail et militant syndicaliste. L'auteur pointe du doigt une politique influencée par un patronat qui souhaiterait plus de "souplesse" dans ses relations avec ses salariés : par là il faut comprendre licenciements facilités, horaires de travail alourdis, suppression des 35h, de la médecine du travail ou des prud'hommes. Filoche dénonce le culte de l'entreprise qui fait de ses dirigeants des héros (il s'est fait lui-même reprendre par Valls parce qu'il avait osé, oh scandale, s'en prendre à Christophe de Margerie le patron de Total) et diabolise un système judiciaire nécessaire pourtant à son sens au bien-être du salarié.

Bon, il faut le dire, Gérard Filoche est un peu extrême et je ne peux pas dire que j'adhère totalement à cette charge virulente contre le patronat. Néanmoins, je dois dire qu'à l'heure de la loi Macron, à l'heure des discours rétrogrades d'économistes aussi puants qu'Agnès Verdier-Molinié ou Lenglet, j'ai ressenti beaucoup de sympathie pour un personnage qui ose affirmer que non, ce n'est pas en rognant sur les droits des salariés que l'on va réduire le chômage, non les dirigeants y compris de PME ne sont pas de malheureuses petites choses étranglées par la loi et les syndicats, non ce n'est pas au MEDEF de décider ce qui est le mieux pour le pays, et ce n'est pas au salarié, sous la menace du chômage, à s'adapter à l'entreprise mais bien à l'entreprise de s'adapter à ses salariés. Pour ma part je suis plus que lasse de ces discours énergiques sur la France pays d'assistés et de fainéants. Gérard Filoche, malgré son côté extrême a le mérite de replacer l'humain au coeur de l'entreprise et de rappeler qu'un patron n'est rien sans ses employés. Qui a dit que le socialisme était mort ?

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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 12:10

L02.jpgMon année Made in France

Benjamin Carle

éditions Plon

2015

 

C'est une bien étrange expérience que s'est imposé Benjamin Carle, jeune journaliste de vingt-cinq ans : pendant un an, il s'est employé à vivre 100% français. Facile me direz-vous ? C'est ce que lui aussi croyait jusqu'à ce qu'il découvre que seulement 5% de son ameublement était Made in France. Exit télé et réfrigérateur, le pays n'en fabrique plus, adieux jeans... bonjour marinières et espadrilles, t.shirts à trente euros... Vive les produits frais locaux par contre il faut oublier le café et son Iphone, oublier les séries américaines et David Bowie.

Mon année Made in France, sous ses dehors légers, est une réflexion assez sérieuse sur la désindustrialisation de notre pays et sur la mondialisation en général. L'auteur s'interroge : faut-il s'entêter à faire vivre des entreprises locales en payant plus cher et en favorisant un protectionnisme qui peut sembler rétrograde ? Ou, à l'inverse, consommer à tout va sans se soucier de la provenance de ce qu'on achète ? La réponse est loin d'être évidente et, tout au long du livre Benjamin Carle fait de nombreuses rencontres qui ont sur ce débat des conceptions radicalement opposées. De l'ancien ministre Arnaud de Montebourg à l'ancien directeur de l'OMC, des ex salariés de Reynolds à l'économiste Philippe Manière, personne ne pense pareil et notre journaliste lui-même a bien du mal à se faire une opinion, prenant tantôt un parti, tantôt l'autre et incapable de déterminer ce qu'il vaut mieux faire ou pas, soucieux de consommer responsable tout en pestant devant son bol de chicorée dans sa cuisine vide. Mon année Made in France est donc un livre ambivalent, au demeurant bien documenté, et qui, sans prôner telle ou telle attitude, met le lecteur/ consommateur devant la situation en leur disant : "Maintenant vous savez". Libre ensuite à chacun de faire ses propres choix en son âme et conscience. Pour ma part, sans vouloir réitérer l'expérience de Benjamine Carle, je pense que je ferai désormais un peu plus attention aux étiquettes...

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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 14:41

L01.jpgLa croix du Sud

Claude Carré

éditions Auzou

2015

 

Greg a quatorze ans et traverse une crise d'adolescence particulièrement difficile : il ne fait rien en cours et passe son temps devant l'ordinateur ou à traîner avec sa petite amie et ses potes. Plus grave, il s'est fait récemment arrêter par la police pour avoir forcé une supérette en pleine nuit. Aussi, pendant les vacances de Pâques, sa mère décide-t-elle de l'envoyer auprès de son père en Afrique, à la demande de ce dernier. Mais les retrouvailles prennent un tour inattendu...

La Croix du Sud a été une très bonne surprise. D'une part parce que le narrateur, l'adolescent, est, oh merveille, à peu près crédible : il emploie un langage adapté, n'est ni franchement désinvolte ni trop mélodramatique, et le récit, de ce fait, garde un ton juste, tantôt plein d'humour, tantôt plus grave. D'autre part, le livre n'est pas moralisateur : il ne s'agit pas pour l'auteur d'opposer à la vanité de notre civilisation l'authenticité du désert. Ainsi, si Greg vit une expérience qui va le marquer à jamais et être confronté à des situations qui vont le forcer à grandir, il n'en demeure pas moins un ado désireux de retrouver son téléphone et son ipod. Enfin, Claude Carré nous fait découvrir tout un monde, le silence du Sahara, la pauvreté du Niger, la beauté du désert, à travers le récit de ce garçon un peu tire-au-flanc, un peu égoïste, mais qui se révèle au fil des pages un être attachant, plein de pudeur, et qui ne sait pas trop comment dire à son père qu'il tient à lui malgré tout. Un très joli moment de lecture.

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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 12:17

L02.jpgLe Nez

Gogol

éditions Folio

1836

 

"C'est un roc ! C'est un pic... c'est un cap ! Que dis-je c'est un cap ? ... C'est une péninsule !" Si Cyrano de Bergerac souffrait de son nez trop grand, Kovaliov lui aimerait bien retrouver le sien, car voilà qu'un matin, en se réveillant, il se retrouve sans cet appendice indispensable. Que va-t-il faire lui le brillant fonctionnaire pour occuper ses fonctions habituelles sans se couvrir de ridicule ? Qui a fait le coup ? Est-ce le fait d'Alexandrine Podtotchine, vexée qu'il se refuse à épouser sa fille? Est-ce le fait du barbier Ivan Yakovlevitch qui a parfois la main un peu maladroite? Kovaliov s'affole, interroge, porte plainte... et retrouve son nez sous les traits d'un autre fonctionnaire. Son nez le repousse : ils ne sont pas du même niveau hiérarchique...

Alors que "Les 1001 livres..." nous ont habitué à des romans fleuves, on ne peut qu'être déconcerté par ce court texte (à peine une quarantaine de pages) qui détonne entre Oliver Twist et La chartreuse de Parme. Le récit lui-même est d'une délicieuse absurdité, récit des mésaventures d'un petit chef privé de nez et qui se rend compte avec embarras que toutes ses relations ne lui servent pas à grand-chose dans ce cas précis. Valsant entre le trivial et le comique de situation (le barbier qui retrouve le nez dans son pain, Koliakov qui se résigne à lancer un avis de recherche), le franchement absurde (le nez devenu un fonctionnaire haut gradé qui se refuse à adresser la parole à son propriétaire) et le un peu moins absurde, Gogol avec Le Nez nous livre une drôle de narration qui, pour ma part, me séduit assez.

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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 19:02

L03.jpgRuines

Partials tome 3

Dan Wells

éditions Albin Michel

2014

 

Après Partials et Fragments, Dan Wells conclut sa trilogie futuriste avec Ruines, l'ultime tome des aventures de Kira. Souvenez-vous : après avoir découvert qu'elle était elle-même une Partial hybride, notre héroïne accepte de se soumettre aux expériences de ces derniers. Son objectif ? trouver le remède contre le RM, le virus qui empêche les bébés de survivre, et sauver les Partials de leur extinction programmée. En bref, Kira espère sauver les deux espèces et les réconcilier par la même occasion. Un programme ambitieux lorsqu'on sait la haine que se vouent mutuellement les deux races...

J'avoue avoir eu beaucoup de mal à entrer dans l'histoire. J'avais déjà trouvé beaucoup de longueurs à Fragments et l'action de Ruines met énormément de temps à se mettre en place également. Le nombre de personnages nuit à la compréhension et au rythme de l'intrigue. Quant à Kira ce n'est pas une héroïne antipathique, loin de là, mais ses perpétuelles interrogations : "Suis-je plus plus Partial qu'humaine ? Qui dois-je choisir entre Samm et Marcus ? Comment je vais bien pouvoir sauver le monde ?" sont un peu usantes. Enfin, je suis plus que perplexe devant un final un peu trop vite expédié à mon goût, surtout après un un début aussi laborieux. Ceci dit, beaucoup d'éléments sauvent Ruines : une fois lancée (après près de la moitié de l'ouvrage tout de même) l'action tient toutes ses promesses. Les personnages ne sont pas manichéens. Enfin et surtout Dan Wells nous offre une réflexion très intéressante sur les relations humaines, montrant à quel point les conflits (ici entre races) peuvent se révéler destructeurs et être le fait d'êtres pas forcément méchants par ailleurs. La haine gomme tout esprit logique (Partials et humains ne peuvent survivre les uns sans les autres mais persistent pourtant à se battre entre eux) et pousse au pire. L'auteur a également le mérite de ne pas faire de Kira une héroïne miracle : bien au contraire, pendant tout le roman, la jeune fille pense être faite pour sauver le monde, se croit investie d'une mission, d'un destin, avant de réaliser tout bêtement que ce n'est pas ainsi que ça fonctionne. Pas de prophétie, pas de destinée, juste une série de choix qu'elle est libre de faire ou non. Ainsi, le réalisme psychologique, l'absence de happy end et la sobriété d'écriture de Dan Wells (pas de grands moments larmoyants ou sentimentaux) à défaut d'en faire un chef-d'oeuvre font de Ruines un ouvrage qui conclut honorablement une dystopie plus qu'originale.

 

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