Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 09:35

L02.jpgRagdoll

Daniel Cole

éditions Robert Laffont

2017

 

Un corps est retrouvé, cousu à la manière d'une poupée de chiffon. Et pour cause : ce corps est constitué de six cadavres différents, mais lesquels ? l'inspecteur Fawkes, fraîchement réintégré à la Metropolitan Police de Londres reconnaît sans peine la tête, celle de Naguib Khalid, un tueur d'enfants qui lui avait valu sa mise à pied et même un séjour à l'asile psychiatrique. Mais à qui appartiennent les autres membres ? Le mystère s'épaissit lorsque l'assassin diffuse une liste des six prochains meurtres qu'il compte accomplir : Wolf est le dernier de la liste. Le compte à rebours est lancé.

Ragdoll est un bon roman policier qui parvient à donner corps à ses personnages principaux, les enquêteurs, sans pour autant négliger l'intrigue de base, ce qui n'est pas toujours évident. Pour une fois, même si j'avais subodoré certains éléments, je n'ai pas réussi à prédire la fin. Le récit est sombre, les descriptions dures mais ça ne tombe jamais dans le gore ou le sanguinolent alors que rien n'était plus facile. De même l'auteur parvient à éviter une ambiance trop pesante par le biais de Edmunds, le bleu de l'enquête qui découvre avec joie les aléas de la vie de flic, tiraillé entre son travail et sa vie familiale. Dire après que c'est l'oeuvre du siècle me semble un tantinet exagéré : si le style suit, l'auteur cède volontiers à quelques facilités  et le final abrupt est un peu raté. Rien d'inoubliable donc mais un polar honnête et un auteur sur qui il faut probablement garder un oeil.

Repost 0
Published by beux - dans Polar
commenter cet article
29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 18:42

L01.jpgBiographies animales

Eric Baratay

éditions du Seuil

2017

 

Un ouvrage qui entend se consacrer à des biographies animales... Quand vous entendez ça, sans doute vous imaginez-vous un de ces énièmes livres un peu gnangnans et anecdotiques sur le chien de Stéphane Bern ou le cheval de Henri IV. Il n'en est rien : l'approche de Eric Baratay, historien spécialisé dans l'histoire animale, est beaucoup plus originale. L'auteur divise son livre en plusieurs parties : dans l'une, la plus "classique", il s'intéresse à deux destins animales, celui de la première girafe importée en France sous Charles X et de Warrior, un cheval utilisé lors de la première guerre mondiale. Dans une seconde partie, il nous parle de deux autres animaux mais cette fois en adaptant sa narration au ressenti de l'individu : qu'a ressenti l'âne de Stevenson lors de son fameux voyage dans les Cévennes et quelles étaient les sensations d'un taureau lors d'une tauromachie qui coûta la vie au toréador ? La troisième partie s'interroge sur l'attrait pour certains animaux à une époque donnée en se penchant cette fois sur le cas de deux chimpanzés. Enfin, l'ultime chapitre s'emploie à démontrer l'évolution du chien à travers le portrait de quatre bêtes qui ont noué des relations bien différentes avec leurs maîtres selon les époques.

Le point de vue adopté est résolument celui de l'animal et c'est sans doute ce qui fait la force de cet essai qui par ailleurs explique en substance qu'il existe une histoire animale tout comme il existe une histoire des hommes. Croire que le chien a toujours été ce qu'il est ou que le comportement du chat est demeuré le même au fil des siècles est une grave erreur. A l'instar des humains, l'animal a été amené à évoluer et à s'adapter à un monde en perpétuelle mutation. En s'appuyant sur des individus, Eric Baratay parvient ainsi à esquisser cette évolution. Si l'idée me plaît je suis moins fan de l'écriture qui, pour représenter la perception de l'animal, joue sur les phrases courtes, hachées, les italiques et les redondances : c'est parfois un peu maladroit mais je dois admettre ceci dit que l'effet est réussi. Le lecteur se sent souvent mal à l'aise en se rendant compte à quel point les sensations d'une bête diffèrent de celles qu'on lui prête et les souffrances endurées par l'âne de Stevenson ou le taureau condamné à mort pour assouvir la soif de sang d'humains idiots sont très bien rendues par un auteur qui par ailleurs maîtrise parfaitement son sujet. Un ouvrage instructif pour tous ceux qui de près ou de loin s'intéressent à la cause animale ou plus simplement à l'histoire.

 

Repost 0
Published by beux - dans Essais
commenter cet article
26 mars 2017 7 26 /03 /mars /2017 12:02

L02.jpg
Rage

Orianne Charpentier

éditions Gallimard Jeunesse

2017

 

Son nom d'avant, personne ne le connaît plus. Désormais elle s'appelle Rage, du surnom que lui donne son amie. Rage est une jeune fille fragile, paumée, alternant crises de colères et crises de panique. Réfugiée en France, elle vient d'un pays qui n'est pas nommé, mais marqué par la violence et la guerre. Rage a perdu là-bas toute sa famille et tous ses repères : isolée elle ne fait plus confiance (et encore) qu'à sa colocataire, la gentille Artémis, elle aussi réfugiée. Jusqu'à ce soir décisif où, embarquée de force à une fête chez un inconnu, elle tombe nez-à-nez avec un chien poursuivi par des hommes. Il semble terrifié et maltraité et dans ses yeux Rage y lit sa propre souffrance : sans même en prendre conscience elle décide le prendre sous son aile et, en l'espace d'une nuit décisive, va réapprendre à aimer et à faire confiance.

Ce court roman ado n'est pas vraiment un coup de coeur. Je trouve ça un peu facile au niveau du style : des phrases très courtes, des descriptions brèves et chocs, un abus manifeste des pronoms personnels... Une écriture qu'il me semble avoir déjà vu des dizaines de fois, efficace certes mais pas franchement audacieuse. Le début m'a ennuyée. En revanche, dès le moment où Rage croise le chien, l'histoire prend un tour plus intéressant, établissant un parallèle entre ce pelé mal en point et hargneux et la jeune réfugiée. Chacun blessé à sa manière va pouvoir se guérir au contact de l'autre le temps d'une nuit où, pour sauver l'animal, Rage va être également amenée à devoir s'appuyer de nouveau sur ses semblables. C'est touchant, émouvant, s'approchant à la limite du pathos sans jamais y tomber cependant. Un petit roman ado sans originalité mais agréable qui revisite le thème de l'apprivoisement.

Repost 0
Published by beux - dans Jeunesse
commenter cet article
23 mars 2017 4 23 /03 /mars /2017 18:20

L10Moby Dick

Melville

éditions Gallimard

1851

 

Ishmaël a parfois des idées noires alors, pour changer d'air, il prend la mer : il aime à s'embarquer sur l'océan pendant quelques années et travailler sur un navire, oublieux de tout si ce n'est de cette vie aventureuse et comme entre parenthèses. Un jour, il croise Queequeg, un sauvage des îles lointaines devenu harponneur et, sympathisant rapidement avec lui, décide de s'engager avec lui sur un baleinier. Mais ce baleinier n'est pas tout à fait comme les autres : il est dirigé par le capitaine Achab, un homme obsédé par l'idée de capturer et de tuer Moby Dick, une baleine blanche dont le nom est devenu légendaire et qui, autrefois, lui a arraché la jambe. Pour assouvir sa vengeance Achab est prêt à tout, y compris à mettre son équipage en danger...

Moby Dick est un monstre de la littérature américaine et une référence pour beaucoup. J'avoue pour ma part être assez partagée sur ce roman-fleuve qui joue avec toutes les règles de la narration et maîtrise aussi bien le style comique que le tragique. Cependant à mon sens, c'est long. Les nombreuses digressions sur les baleines et leur anatomie peuvent lasser. De plus le livre est violent et cruel : ce n'est que baleines tuées, hommes et animaux qui se livrent un combat sans merci sur une mer imprévisible et sauvage. L'homme est au coeur d'un monde sans pitié qui ne pardonne pas ; dès ses premiers jours sur le Péquod, Ishmaël comprend qu'il risque sa vie en permanence, tout ça pour au final rapporter quelques tonneaux d'huile. La quête du baleinier est une quête qui paraît bien dérisoire et ne semble au fond qu'un prétexte pour se mesurer à la nature indomptée que représente la baleine. Achab pousse la logique du baleinier jusqu'au bout puisqu'il ne cherche même pas à justifier sa chasse, mais si son équipage le suit dans son délire vengeur y compris son second, le sage Starbuck, c'est bien que cet équipage comprend au fond l'obsession de son chef. Ce combat perpétuel est ce qui fait sans conteste la force du roman ; la fascination et la répugnance pour une sauvagerie que chacun traque tout en sachant pertinemment qu'elle n'est que l'exutoire à leur propre nature. Pour ma part, cela m'a mise parfois mal à l'aise et j'ai trouvé particulièrement violentes certaines descriptions : l'agonie d'une vieille baleine, le massacre des requins, le matelot qu'on laisse tomber à l'eau... Je reconnais cependant à l'ensemble un certain génie et il faut saluer la qualité d'écriture qui joue avec tous les codes de la littérature, intégrant au roman saynètes, définitions, moments franchement comiques (la rencontre entre Ishmaël et Queequeg par exemple) ou au contraire très émouvants. Le final est tout particulièrement déchirant. Que dire de plus ? Je ne reviendrai pas sur le roman perçu comme une allégorie, la quête impossible d'Achab vu comme une quête de l'éternel (la baleine blanche semble dans le roman comme immortelle et inaccessible)  d'une part parce que je pense que cela a déjà été traité et, d'autre part, parce que je ne suis pas tout à faire sûre que l'auteur aurait apprécié que son roman soit réduit à ça. Roman d'aventure par excellence, ambitieux, Moby Dick présente bien des visages : on aimera ou on n'aimera pas mais une chose est sûre, l'ouvrage ne laissera pas indifférent.

Repost 0
Published by beux - dans Classiques
commenter cet article
14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 12:47

L10

La lettre écarlate

Nathaniel Hawthorne

éditions Livre de Poche

1850

 

La lettre écarlate n'est ni une lettre d'amour, ni un courrier honteux. C'est un "A" majuscule brodé en rouge vif sur la poitrine d'une femme, Hester. A comme adultère. Nous sommes en effet en 1642 à Boston et les puritains d'antan ne rigolent pas avec ces choses-là. Aussi, lorsque Hester, nouvellement débarquée en Amérique, accouche d'une petite fille alors que son mari ne l'a jamais rejointe, elle est conduite au pilori et condamnée à porter cette lettre d'infamie durant toute sa vie, signe distinctif qui la condamne à être mise à l'écart de la société. Hester demeure stoïque cependant et refuse de livrer le nom de son amant, de quoi intriguer son mari, revenu au moment de son châtiment, et qui décide de garder le secret de son identité afin de mieux enquêter sur son offenseur.

Ce livre m'a laissée profondément perplexe. ça fait une semaine que je l'ai fini et je suis encore incapable de déterminer si j'ai aimé ou pas et quelles étaient les intentions de l'auteur quand il a écrit cet ouvrage. La première scène est saisissante car extrêmement cruelle dans sa description, celle d'une jeune femme frêle avec son enfant, livrée à la vindicte d'une foule bien-pensante. Elle fait pendant à d'autres scènes tout aussi magistrales : les tourments du jeune pasteur qui rongé par la culpabilité passe une nuit de veille sur le pilori, tourmenté par sa conscience, Pearl, la petite fille de Hester qui se promène dans les bois tel un lutin malicieux et qui est à la fois source de joie et de désespoir pour sa mère, reproche vivant de sa faute...Malheureusement ces tableaux sont gâchés par des descriptions beaucoup plus plates, trop emphatiques et qui à force d'outrance produisent l'inverse de l'effet escompté. Y-a-t'il une morale à cette histoire ? Difficile à déterminer : alors qu'Hester, officiellement une traînée se comporte comme une femme des plus vertueuses par la suite, le pasteur, considéré comme un saint homme, souffre les plus atroces souffrances d'une âme damnée.  L'un comme l'autre ont tous les deux fauté (oh ça va il n'y a pas tellement de suspens non plus) mais alors que l'une n'a eu d'autre choix que d'assumer son "crime", l'autre s'est lâchement caché. Pour l'auteur peut-être au fond est-ce là le plus grand des péchés : se faire passer pour ce qu'on n'est pas (le personnage le plus "mauvais" de l'histoire n'est ainsi rien d'autre que le mari docteur dont le seul crime de l'histoire est de taire son identité aux autres) et agir contre sa conscience qui, plus que toute considération sociale, doit seule faire office de juge. La lettre écarlate est ainsi à double tranchant : symbole de honte elle est aussi paradoxalement ce qui libère Hester et lui donne la force de se libérer d'une société étouffante. Ainsi alors que le pasteur est un être qui arpente les maisons, Hester est un être qui se réfugie dans les bois et près des rivières, ne fréquentant les autres qu'à l'heure de leur mort, peut-être pour leur rappeler que le pardon est toujours possible. La lettre écarlate est un curieux mélange, oeuvre romantique à la fois novatrice et puritaine, un récit qui s'emmêle parfois dans ses contradictions et qui mérite peut-être plusieurs lectures.

Repost 0
Published by beux - dans Classiques
commenter cet article
12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 13:24

L02.jpgNos coeurs en désaccord

Krystal Sutherland

éditions Pocket Jeunesse

2016

 

Je n'étais vraiment pas disposée à aimer ce livre. Il faut dire que le quatrième de couverture ne donnait pas du tout envie : l'histoire d'un adolescent , Henry Page, qui n'a jamais été amoureux et qui tombe sous le charme de Grace, une nouvelle venue dans sa classe. Bien évidemment, Grace n'est pas une fille comme les autres, elle n'est pas spécialement belle, pas spécialement propre, elle marche avec une canne et elle s'habille avec des vêtements de garçon trop grands pour elle. Bien évidemment, elle va se retrouver à collaborer avec Henry pour le journal du lycée. Bien évidemment elle est plutôt cynique alors que Henry est somme toute assez fleur bleue car il est persuadé que, tout comme ses parents, la première personne qu'il aimera sera la femme de sa vie. Bien évidemment il a deux meilleurs amis, Murray, un play-boy australien (si le héros avait été une fille, il aurait été gay) et Lola, une belle lesbienne (si le héros avait été une fille, elle aurait été la copine super populaire) Bien évidemment, Grace cache un lourd secret...

Mais, peu à peu, au fil de la lecture, les clichés s'estompent : notre couple phare se révèle vite bancal et l'histoire d'amour vire un peu au glauque, entachée par les secrets et les non-dits. Elle prend paradoxalement plus de profondeur et donne plus d'étoffe aux deux personnages. Si les nombreuses références à Fight Club ou Harry Potter peuvent agacer, je salue la justesse et le réalisme des dialogues. De plus, sans vouloir trop en dévoiler, l'intrigue part là où on ne l'attendait pas et réserve un final surprenant, doux-amer, dans lequel chacun des personnages va acquérir une nouvelle dimension. Un roman déroutant à la fois drôle et triste qui rappelle aux adolescents et aux autres que, contrairement à ce que l'on pourrait croire, l'amour ne suffit pas toujours.

Repost 0
Published by beux - dans Jeunesse
commenter cet article
9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 17:50

L01.jpgLa Faucheuse tome 1 : futur parfait

Neale Shusterman

éditions Robert Laffont

 

C'est un monde débarrassé des guerres et des gouvernements corrompus. Un monde dirigé par une intelligence artificielle ultime qui a vaincu la vieillesse et même la mort. Un monde parfait en somme si ce n'est que le Thunderhead (l'intelligence surpuissante) n'a pas encore réussi à trouver le moyen d'explorer l'espace pour coloniser d'autres planètes. Du coup la Terre serait en surpopulation si une caste n'avait pas été créée, celle des Faucheurs. Les Faucheurs ont pour tâche de "glaner" leurs semblables, c'est-à-dire de les tuer définitivement. Des quotas leur sont imposés mais leurs choix restent libres et ils sont en-dehors du système et n'obéissent à aucune loi à l'exception des leurs. Citra et Rowan, deux adolescents, sont choisis par maître Farraday, un faucheur taciturne, pour devenir apprentis. L'occasion pour eux de découvrir qu'une nouvelle école de faucheurs, exaltée et dangereuse, est sur le point de corrompre la caste toute entière.

C'est une très bonne dystopie pour adolescents. Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas été autant immergée dans une histoire qui mêle univers futuriste et intrigues de "cour" : la caste des Faucheurs s'apparente en effet un peu à une aristocratie, ils sont au-dessus même du Thunderhead et apparaissent quasi comme des dieux aux yeux de leurs semblables. Il est intéressant de ce fait de suivre le cheminement de Citra et Rowan qui vont se retrouver confrontés à l'attrait de ce nouveau statut. La "morale" de l'histoire me semble plus ambigüe car en faisant d'une intelligence artificielle le gardien de ce monde parfait, l'auteur semble suggérer que le salut et la paix ne peuvent pas venir de l'être humain, naturellement corruptible. C'est une idée qui me dérange un peu. Pour revenir à un aspect plus technique, si le style de La Faucheuse est fluide, certains rebondissements sont prévisibles et le monde paraît parfois un peu irréaliste sur certains détails. En revanche, l'auteur a la bonne idée de suggérer plutôt que de montrer une histoire d'amour entre nos deux héros et s'abstient d'un récit à la première personne. Rien que pour ça il a toutes mes faveurs. Ajoutez à cela un bon sens du suspens et un dénouement pour le coup inattendu, et l'on obtient un roman somme toute captivant. Il sort quand le deuxième tome ?

Repost 0
Published by beux - dans Jeunesse
commenter cet article
7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 15:36

L01.jpgFlora Banks

Emily Barr

éditions Casterman

 

Un souvenir, un seul : c'est tout ce que Flora a de la période qui s'étend de ses dix à ses dix-sept ans. En effet, une opération quand elle était petite fille a provoqué chez elle une amnésie antérograde : toutes les deux heures elle oublie ce qui vient de lui arriver et redevient une enfant perdue dont le cerveau s'est brusquement détraqué. Aussi elle chérit d'autant plus ce souvenir d'un baiser sur la plage avec un garçon, Drake, après une fête. Flora aime Drake, c'est écrit sur son bras pour ne pas qu'elle l'oublie, et est persuadée que s'il lui a donné un souvenir, il peut lui rendre la mémoire. Aussi, peu importe qu'il soit déjà le petit ami de sa copine Paige ou qu'il parte à Spitzberg, dans le Nord, Flora est prête à tout pour le retrouver. Après un échange de mails et profitant d'une absence mystérieuse de ses parents et de la découverte d'un passeport valide, elle se munit d'argent, de son carnet et part à l'aventure, écrivant sur ses bras pour se rappeler le but ultime de son voyage.

C'est un roman très étrange, avec une écriture parfaitement maîtrisée, qui met en scène une narratrice toujours perdue dans un monde inconnu. Cela donne au récit une tonalité bien particulière, basée sur la répétition et une atmosphère angoissante, quasi-étouffante, notamment dans la toute première partie du récit lorsque Flora est chez ses parents, seule. A travers les yeux de Flora, tout comme elle, nous tâtonnons à l'aveugle pour trouver un sens à ce qui lui arrive, conscients tout comme elle que quelque chose nous échappe mais quoi ? Le suspens ainsi que les péripéties de notre voyageuse atypique font de Flora Banks un roman adolescent intéressant, d'autant plus qu'il ne cède pas aux clichés du genre, une belle histoire d'amour entre une jeune fille "infirme" et un jeune homme qui va lui redonner le goût de vivre. Bien au contraire, Emily Barr s'amuse de ces clichés et les démonte dans un final aussi inattendu que rafraîchissant. Si certains détails peuvent paraître un tantinet irréaliste et que les bons sentiments sont parfois un peu trop présents, notamment sur la fin, je salue malgré tout un livre original que pour le coup je ne risque pas d'oublier.

 

Repost 0
Published by beux - dans Jeunesse
commenter cet article
28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 11:05

Pax etL04.jpg le petit soldat

Sara Pennypacker

éditions Gallimard Jeunesse

 

Et on recommence ce blog en parlant d'un livre pour les petits ! Enfin, petits, disons que c'est pour les pré-ados, dix douze ans. Il s'agit de Pax et le petit soldat. C'est l'histoire d'un petit garçon, Peter qui, après la mort de sa mère, a recueilli un renardeau qu'il a élevé et qui est totalement apprivoisé. Seulement voilà : une guerre se prépare et le père de Peter le contraint à abandonner l'animal tandis qu'il envoie vivre son fils à cinq cent kilomètres de là, chez son grand-père. Arrivé chez ce dernier cependant, Peter se rebelle et décide de s'enfuir pour retrouver son compagnon. Pendant ce temps le renard, Pax, attend son maître et fait l'expérience de la vie avec ses semblables dans une zone dévastée par une guerre absurde entre les hommes.

Il ne payait pas de mine ce roman et, à dire vrai, la couverture ne me faisait guère envie (désolée pour l'illustrateur qui, apparemment, est très réputé) mais il s'avère que le contenu est émouvant. Pax et le petit soldat tient du conte initiatique, tout comme Le Petit Prince mais en beaucoup moins gnangan (oh ça va  je vous ai déjà dit que j'aimais pas le Petit Prince) : le cadre spatio-temporel de l'histoire est flou tout comme la guerre évoquée, et les personnages sont volontairement irréalistes : le père dur et belliqueux, Vola la femme rongée par le remords, le grand-père indifférent... Il ne s'agit pas là pour le coup d'une succession de clichés mais d'une volonté de l'auteur de situer son récit dans la fable, une fable qui sanctionne la guerre, ses horreurs et ses absurdités, sauf que pour le coup, ce sont les hommes les animaux alors que les animaux au contraire, que ce soit Pax qui attend son maître ou Hérissée qui protège farouchement son petit frère, font preuve d'empathie et de tendresse.  Pax et le petit soldat est aussi et surtout une très belle histoire d'amitié et de confiance entre un garçon et son renard. Pour Pax Peter va réaliser l'impossible et sa quête pour le retrouver va lui permettre de comprendre bien des choses... Enfin, le dénouement, émouvant et déchirant, rappelle que, parfois, la plus preuve d'amour est de laisser partir.

Repost 0
Published by beux - dans Jeunesse
commenter cet article
27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 12:08

Bon, comme vous l'avez probablement remarqué, cela faisait bien longtemps que ce blog avait été laissé à l'abandon. A dire vrai, il avait vocation de disparaître. Pour des tas de raisons, personnelles, pratiques, honteuses... Un coup de tête plus ou moins réfléchi si vous préférez.

Mais voilà. Après ces quelques semaines de réflexion, le manque s'est tout de même installé. Il a une quinzaine de jours, la tentation d'y revenir a été très forte et, il y a deux trois jours, le commentaire d'un gentil lecteur a fini de me convaincre.

Le blog est donc de retour ! Avec une petite modification cependant : je ne chroniquerai plus TOUS les livres que je lis. D'une part parce que certains livres ne sont ni intéressants ni drôles à commenter. Hier par exemple j'ai terminé un ouvrage sur le zen-selling : ça n'a pas changé ma vie et ça ne changera sûrement pas la vôtre non plus. D'autre part cela va un peu ralentir le rythme de publication du blog ce qui me permettra d'écrire à côté, car l'une des raisons de son arrêt était de me consacrer davantage à l'écriture, histoire qu'un jour une fille hautaine critique sur son propre blog mon usage immodéré des points de suspension et la pauvreté de mes intrigues. Pour résumer, je ne parlerai désormais que des livres qui m'ont marquée, en bien ou en mal (parce qu'il faut rire un peu malgré tout).

 

Voilà ! Et donc avant de revenir dès demain aux choses sérieuses, un rapide balayage de mes lectures de cette fin d'année :

 

- Côté 1001 livres... la dernière des soeurs Brontë a parlé de mariages malheureux et de désillusions amoureuses dans La recluse de Windfield Hall. Un roman intéressant mais qui souffre de la comparaison avec ceux des deux autres soeurs.

Dans David Copperfield, Dickens nous livre un récit plein d'humour et une intrigue teintée de son expérience personnelle. C'est en revanche un peu long (1000 pages) et très moralisateur par endroits : les deux héroïnes, que ce soit l'imperturbable Agnès ou la femme-enfant Dora donnent envie de mettre des claques. Le héros s'en sort beaucoup mieux.

 

- Côté romans ados, il n'y a pas eu de grandes révélations. L'auteur de La sélection, Cass, nous livre sa propre version du mythe de la sirène : il y a des belles robes, du sacrifice et de l'amour. Une nouvelle trilogie de Puard Bleu Blanc Sang nous offre une version ado insupportable du Da Vinci Code : art et complot le genre de mélange qui donne envie de frapper son auteur à coup de pelle. Pas de quoi se réconforter avec The Ones de Becker qui lui nous parle d'un monde où des enfants génétiquement modifiés sont pris pour cible et discriminés au nom de l'égalité. Une réflexion qui aurait pu être intéressante si elle n'était pas noyée par les clichés et les bons sentiments. Plus convaincant, Power Club un ouvrage sur une adolescente qui bénéficie d'une technologie lui permettant de devenir une super-héroïne. et puisqu'on parle de super-héroïne, on saluera aussi Je suis un dragon de Martin Page mettant en scène une enfant qui découvre qu'elle est quasi-indestructible.

A noter également une nouvelle série Sept : une série écrite par sept auteurs différents et mettant en scène sept petit-fils qui ont été chargé par leur défunt grand-père de mener à bien une mission chacun de leur côté. Le premier volume est très bien, le second un peu moins ; comme d'habitude, tout dépend de l'auteur derrière l'histoire. Enfin on remarquera le grand retour de Lian Hearn, l'auteur du Clan des Otori qui signe une nouvelle série mêlant fantastique et Japon médiéval.

 

- En BD j'ai découvert que la BD historique c'était vraiment pas mon truc avec l'ennuyeux Médicis  de Peru et Lorusso. Phrases pompeuses, dessins figés... oui non vraiment pas mon truc. J'ai continué L'Arabe du Futur avec plaisir, émis quelques réserves devant le premier tome d'Infinity 8, une oeuvre sympathique mais bourrée de références que j'ai eu du mal à saisir. Ah et La délicatesse c'est toujours aussi gnangnan, même sous forme de bande dessinée.

- Dans les essais, si vous voulez une analyse intéressante de l'économie actuelle, plongez-vous dans le dernier livre de Jacques Généreux La déconnomie. Ignorez en revanche L'erreur de Broca, un livre sur les neurosciences qui a surtout vocation de célébrer l'ego de son auteur et qui vous apprendra une ou deux informations utiles à tout casser. Enfin faites-vous du bien avec le livre de Christophe André Imparfaits, libres et heureux qui vous apprend que nous sommes tous ridicules ou imparfaits à un moment ou à un autre et que ce n'est pas bien grave.

- Parlons enfin du très bon Notre mère qui êtes aux cieux de Morrow, un ouvrage de science-fiction drôle et irrévérencieux dans lequel vous pourrez découvrir la soeur de Jésus, et de L'anaconda de Lewis l'auteur du Moine. Au début c'est difficile de rentrer dans l'histoire car le style de Lewis est un peu ampoulé mais on se laisse vite prendre par cette grosse nouvelle mettant au coeur de son intrigue un serpent guettant sans relâche sa proie pendant des jours tandis que les amis de la victime potentielle s'échinent à trouver un moyen de le secourir.

 

C'est tout ce qui me revient de ces quelques semaines d'absence. Je pense que j'ai lu autre chose mais apparemment rien de suffisamment marquant pour m'en souvenir. A très bientôt en espérant que vous soyez encore là !

Repost 0
Published by beux - dans Humeur
commenter cet article