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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 14:38

La mémoire de Babel

La Passe-Miroir tome 3

Christelle Dabos

éditions Gallimard Jeunesse

2017

 

Le voilà ! Après tout ce temps j'ai enfin la suite de La Passe-Miroir entre les mains ! Pour tous ceux qui ne connaissent pas encore la saga fantastique adolescente la plus aboutie depuis longtemps, passez votre chemin (et allez vite vous acheter le premier et le deuxième tome non mais!) Les autres découvrons ensemble la suite des aventures de notre Animiste préférée.

Voilà plus de deux ans que Thorn a disparu et que Ophélie, de retour sur son arche natale, se morfond dans l'attente de ses nouvelles. Une situation qui est loin de lui convenir d'autant plus qu'elle sent le regard des Doyennes qui ne la lâchent pas. Aussi, lorsqu'elle a l'opportunité de filer en douce elle n'hésite pas une seconde. Sa prochaine destination ? L'arche de Babel, l'endroit qui conserve toutes les archives de l'origine du monde. Ophélie s'infiltre au coeur du Mémorial sous une fausse identité, bien déterminée à découvrir la vérité sur Dieu et, surtout, à retrouver Thorn parti lui-même  à la recherche de cette vérité.

Je regrette un peu de n'avoir pas pu relire les deux premiers volumes de la saga, actuellement en transit, car du coup il m'a fallu un peu de temps pour me replonger dans l'univers de la série. Heureusement, la qualité de l'écriture et des personnages est telle qu'on se remet bien vite dans le bain. Changement de décor cette fois puisque nous découvrons une nouvelle arche et un nouveau pan du monde créé par Christelle Dabos : place à Babel et à ses mystères, à ses automates et à ses archives énigmatiques. Cependant la mise en place de ce nouveau décor se fait de façon si naturelle que nous y adhérons encore une fois pleinement : c'est rare qu'un ouvrage fantastique parvienne à happer ainsi son lecteur sans le perdre dans des noms compliqués ou des personnages improbables. Encore plus rare de parvenir à rendre attachante et extraordinaire un petit bout de femme un peu dodue et pas excessivement jolie, une héroïne qui est tout sauf stéréotypée mais qui de ce fait est crédible et dont la détermination et le courage n'en deviennent que plus émouvants. J'avoue avoir été aussi assez heureuse de retrouver dans ce livre Archibald, mon petit chouchou de la saga, le temps de quelques parenthèses dans le récit. Encore un très bon moment de lecture, ne reste plus qu'à attendre la suite avec hélas un petit pincement au coeur puisqu'il s'agira du dernier tome...

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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 13:20

La séparation

Christopher Priest

éditions Folio

2002

 

Bon, comme vous le savez déjà, la science-fiction et moi c'est pas franchement ça. Disons qu'à petite dose ça va mais le plus souvent je suis vite larguée par les termes techniques et les mondes futuristes plus ou moins fantaisistes. Ceci dit, le livre dont je vais vous parler aujourd'hui est un livre de science-fiction particulier puisqu'il mêle l'uchronie au roman historique.

En 1936, Jack et Joe Sawyer, jumeaux et champions olympiques d'aviron, participent aux jeux de Berlin et font deux rencontres déterminantes : leur chemin croise celui de la jolie Birgit, une allemande juive de dix-sept ans à qui ses parents veulent faire quitter l'Allemagne au plus tôt, et Rudolf Hess, personnalité majeure du troisième Reich. Cinq ans plus tard, les deux frères se sont éloignés : Joe a épousé Birgit et est devenu un pacifiste convaincu alors que Jack a rejoint l'armée de l'air britannique. Dans la nuit du 10 au 11 mai 1941, son avion s'écrase, cette fameuse nuit où Hess se serait envolé d'Allemagne pour soi-disant négocier un traité de paix séparé avec l'Angleterre...

J'ai essayé de résumer au mieux un roman qui, à dire vrai, échappe à toute classification. Le point de départ est un événement historique vérifié, celui de l'arrestation de Hess qui aurait voulu proposer un traité de paix. A partir de là, l'auteur fait intervenir deux personnages, Jack et Joe Sawyer dont les voix se mêlent alternativement lors d'une narration disloquée et tout sauf linéaire, et d'un historien, Stuart Gratton, qui tente de démêler l'écheveau emmêlé à partir de témoignages parfois contradictoires. L'uchronie est si légère et si habile qu'on pourrait presque croire à un "vrai" ouvrage historique si les faits soudain ne paraissaient pas comme déformés. Il s'agit d'une légère torsion de la réalité, d'un très bon exercice de style qui plonge le lecteur dans la plus grande confusion (qu'est-ce qui est réel, qu'est-ce qui ne l'est pas) et d'un récit qui, à coup sûr n'a pas volé les prix qui lui ont été décernés...

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6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 14:02

L02.jpgLa mort du temps

Aurélie Wellenstein

éditions Scrineo

2017

 

Callista n'est pas une adolescente très heureuse : en fait elle projette même de s'enfuir avec sa meilleure amie (et plus si affinités) Emma histoire d'échapper à une atmosphère familiale pesante et aux querelles perpétuelles de ses parents. Mais soudain il y a un éclair aveuglant suivi d'un séisme et la vie de la jeune fille bascule. Quand elle se réveille à l'hôpital, le monde a changé : différentes époques se sont mélangées et les survivants à l'onde de choc ont fusionné entre eux ou avec leur environnement. Callista fuit, talonnée par "Flash" une secousse mortelle qui corrige de façon définitive les anomalies spatio-temporelles. Son objectif ? Fuir Paris et retrouver Emma dans les Vosges.. En chemin elle va bientôt faire de nouvelles rencontres...

A dire vrai, au début, j'étais pas emballée. C'était pas mal écrit mais le livre avait un air de déjà-vu : apocalypse, adolescente en cavale, belles rencontres et amitiés... Vu et revu non ? Cependant, de petits détails me titillaient : dans cette histoire somme toute conventionnelle, quelque chose clochait. Un rebondissement au milieu du récit m'a confortée dans mon pressentiment. Il s'avère que le livre de Wellenstein est remarquablement construit et que tout ce qui pouvait paraître étrange s'explique après coup. L'intrigue en elle-même nous réserve son lot de surprises et rien ne se déroule comme le lecteur aurait pu le croire. C'est bien fichu, l'univers est très sombre, oppressant, et le fait que le livre ne soit pas le début d'une série lui permet du coup d'avoir un impact plus important. En bref, un très bon roman qui parvient à jouer avec le temps sans se brûler les ailes.

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31 mai 2017 3 31 /05 /mai /2017 10:59

L01.jpgDans une coque de noix

Ian McEwan

éditions Gallimard

2016

 

C'est un témoin capital : il sait qu'un meurtre va avoir lieu. Sa mère Trudy et son oncle Claude, l'amant de cette dernière, projette d'empoisonner son père John, un éditeur et poète fauché mais talentueux. Il sait quand et comment le meurtre va avoir lieu mais le problème c'est qu'il ne peut rien faire: notre héros est en effet un enfant à naître, bloqué dans le ventre de cette mère à la fois détestée et adorée. A l'étroit dans un corps dont il dépend totalement, victime consentante de l'alcool que Trudy ingurgite, oublié de tous dans les projets d'avenir, notre Hamlet miniature médite sur la vie, sur le monde dont il va bientôt faire partie et essaie en vain d'empêcher le crime qui pourrait par ricochet lui coûter cher également.

Ce roman plein d'humour nous rejoue une tragédie shakespearienne en version contemporaine. Il y a du poison et de l'amour, des histoires de famille sordides, des poèmes et un innocent assassiné. L'originalité du récit réside bien évidemment dans ce narrateur à la fois faible et tout puissant qui sait tout mais qui paradoxalement ne peut rien faire, ce bébé raisonnant comme un vieux sage et qui entretient avec sa mère une relation passionnée, oscillant entre amour et haine. Face à Trudy il y a Claude (dont le nom n'est pas sans évoquer pour le coup l'époque romaine, fertile également en poison et en trahisons) l'oncle honni, rival du père bien-aimé mais aussi du narrateur lui-même. Les personnages peu nombreux, la position insolite du héros lui-même font du roman un huis-clos troublant, drôle mais non dénué de réflexion et qui réserve son lot de péripéties jusqu'à un final, comme toute tragédie digne de ce nom, inévitable...

 

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25 mai 2017 4 25 /05 /mai /2017 10:01

L01.jpgL'île aux mensonges

Frances Hardinge

éditions Gallimard Jeunesse

2015

 

Faith a quatorze ans et se passionne pour les sciences. Elle rêve de devenir naturaliste tout comme son père, un pasteur reconnu dans ce domaine. Mais sous l'époque victorienne tout ce qu'on attend d'une jeune fille c'est qu'elle se taise et trouve un bon mari. Aussi notre héroïne ronge-t-elle son frein. Tout change le jour où le révérend se retrouve accusé d'avoir trompé la communauté scientifique et contraint de rejoindre une île isolée au large des côtes anglaises pour échapper au scandale, embarquant avec lui toute sa famille. Il ne parvient cependant pas à empêcher les ragots de parvenir jusqu'à sa nouvelle demeure et se retrouve bientôt mis au ban de toute la population. Un jour, il est retrouvé mort. Suicide, assassinat ? Faith qui idolâtrait son père décide de mener l'enquête et de jeter un oeil sur les mystérieuses recherches  qui ont vraisemblablement causé sa perte.

Ce que j'ai apprécié dans ce roman, c'est que s'il y a une réelle réflexion féministe derrière, notamment grâce à des personnages féminins forts (Faith, sa mère Myrtle, miss Hunter, Agatha Lambent) cela ne prend jamais le pas sur l'intrigue et cela ne tourne jamais à la morale pesante. L'auteur nous évite également une histoire d'amour gnangnan pour se focaliser sur la relation ambigüe qu'entretient l'héroïne avec ses parents: Faith est en admiration devant un père qui la traite au mieux avec indifférence, au pire avec mépris tandis qu'elle s'oppose à une mère en apparence frivole mais qui se révèle au fil des pages beaucoup plus complexe que ce l'on pourrait penser. Ajoutez à cela des descriptions particulièrement réussies d'une île austère, battue par les vents et la pluie, une mort mystérieuse, des accidents inexpliqués et vous obtenez un livre pour adolescents d'une grande qualité littéraire pour une fois et qui surfe avec audace sur des thèmes inhabituels tout en gardant le sens du suspens.

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23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 14:56

L02.jpgLes sorcières du clan du Nord

Le sortilège de minuit

Irena Brignull

éditions Gallimard Jeunesse

2016

 

Crécerelle aime énormément sa soeur Charlock même si celle-ci est un peu simplette. Pourtant elle réagit violemment lorsqu'elle apprend que cette dernière est enceinte d'une fille. Pourquoi ? Parce que Crécerelle et Charlock sont des sorcières et qu'une prophétie a prédit que l'une des deux soeurs accoucherait d'une reine. Oui mais laquelle ? Pour protéger sa fille Surelle qu'elle veut voir à la tête du clan, Crécerelle lance un sort à la nouvelle-née et l'intervertit à la naissance avec une enfant tout ce qu'il y a de plus ordinaire, née le même jour qu'elle. Les années passent : Clarée grandit au milieu de la communauté des sorcières, malheureuse et incapable de pratiquer le moindre enchantement tandis que Poppy se fait renvoyer de tous les lycées qu'elle fréquente, rejetée par tous y compris par sa propre mère. Un jour les jeunes filles se croisent par hasard et deviennent amies...

Sans être la révélation de l'année, Le sortilège de minuit est un très bon roman ado fantastique qui revisite à sa sauce le thème des sorcières et lui apporte une touche d'originalité : on est loin des sorcières un brin sulfureuses, ici elles s'apparentent plus à des garçons manqués qui dissèquent des animaux morts ou vivants et se soucient peu des apparences au grand dam de Clarée, l'humaine qui apparait comme une marginale car elle aime se laver les cheveux. La force du livre tient cependant à ses personnages et notamment aux deux héroïnes qui s'opposent en tout mais qui deviennent néanmoins les meilleures amies du monde, unies par leur profonde solitude. L'intrigue est bien menée et ce premier tome sans réelle surprise mais pas désagréable semble de bon augure pour la suite.

 

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14 mai 2017 7 14 /05 /mai /2017 14:15

L01.jpgEnnemis

Charlie Higson

éditions Pocket

 

J'aime pas les zombis.

Non c'est vrai j'aime pas ça. Je suis traumatisée depuis que j'ai joué à Resident Evil sur ma Playstation 1 et que ces horribles créatures me tombaient dessus par surprise, me faisant perdre systématiquement. Depuis je joue aux Sims c'est moins usant pour les nerfs.

Toujours est-il qu'on va parler de zombis aujourd'hui malgré tout en abordant une série pour ados qui réservera quelques cauchemars aux âmes sensibles. Il s'agit de Ennemis de Charlie Higson. Nous sommes à Londres, une ville devenue cauchemardesque à la suite d'une maladie mystérieuse qui plus d'un an auparavant a tué les adultes ou les a transformé en zombis terrifiants. Un groupe d'enfants mené par Arran vit reclus à Waitrose, un centre commercial reconverti en bunker. Ils se sont organisés, ont appris à se battre et écument le quartier de temps à autre pour trouver des vivres, vivant dans la peur des adultes qui les attaquent en permanence. Un jour, un garçon nommé Jester débarque : il leur propose de rejoindre son propre groupe, basé à Buckingham Palace. Là-bas, il y a peu d'adultes, ils mangent à leur faim et ils disposent de tout le confort nécessaire. Arran et les siens décident de le suivre...

Il faut avoir le coeur bien accroché pour suivre cette histoire qui tue joyeusement ses personnages au fil des pages et qui réserve quelques descriptions bien gores. La tension ne se relâche jamais et le lecteur se prend plus d'une fois à sursauter. La bonne idée de l'auteur c'est de nous plonger directement dans le vif du sujet : pas d'entrée en matière, pas de présentation de ce monde apocalyptique, nous ne comprendrons qu'à travers quelques rares réminiscences ce qu'il est advenu de la Terre. L'autre bonne idée c'est d'éviter toute romance adolescente inutile ainsi que tout larmoiement. Les enfants héros de cette histoire ont déjà vécu un an dans la terreur et vu leurs familles décimées, ils ont appris à se battre et à tuer : ils n'ont donc plus aucun sentimentalisme et c'est tant mieux. Les personnages sont plutôt attachants mais ne vous attachez pas trop quand même : en terme d'espérance de vie ils sont aussi bien lotis que des personnages de George RR.Martin. Bref, un premier tome plutôt intéressant, un peu anxiogène mais qui donne envie d'aller lire la suite.

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 19:03

L04.jpgRègne animal

Jean-Baptiste Del Amo

éditions Gallimard

2016

 

Quand on part en vacances comme je l'ai fait la semaine dernière, il est bon de prendre un livre léger, court et divertissant. Tout ce que je n'ai pas fait en emmenant avec moi Règne animal de Del Amo.

L'histoire est celle d'une famille d'exploitants, du début à la fin du XXe siècle, "spécialisée" dans l'élevage porcin. Eléonore, enfant au début du récit, matriarche à la fin, est le fil conducteur de ce roman que j'aurai bien du mal à décrire. Un seul mot me vient à l'esprit : glauque. Huis-clos glauque que cette ferme où aussi bien humains qu'animaux sont maltraités, instrumentalisés et réduits à leur fonction reproductrice ou à leur "utilité" : les animaux sont élevés pour leur viande, les hommes travaillent jusqu'à en crever. Et tout ça pour quoi ? C'est peut-être ça le plus terrifiant : rien dans le récit ne semble justifier ce massacre morne ni l'adoucir. La famille ne semble pas tirer fierté de sa propriété ni même cultiver des relations saines. De la mère bigote d'Eléonore au petit-fils qui voue une passion incestueuse à sa soeur, les sentiments sont dévoyés, malsains. Les descriptions sont atroces, d'une efficacité clinique. Bref, c'est glauque. Bien évidemment que c'est pas mal : c'est bien écrit, le récit est mené avec talent et l'auteur, en choisissant à dessein de passer sous silence des éléments de son histoire, crée en parallèle de son intrigue une sous-intrigue, tue par des personnages qui sont de toute manière avare en paroles (les dialogues sont quasi-inexistants dans Règne Animal) C'est donc une réussite littéraire, soyons d'accord. Après, je n'arrive toujours pas à déterminer une semaine après sa lecture si j'ai bien aimé ou non ce roman que je vous déconseille si vous voulez vous remonter le moral.

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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 12:06

L01.jpgLa Maison aux sept pignons

Nathaniel Hawthorne

éditions Flammarion

1851

 

Retour aux 1001 Livres et à Nathaniel Hawthorne, l'auteur de La lettre écarlate qui revient avec un roman tout aussi déconcertant que son premier ouvrage. L'histoire se déroule dans une petite ville de la Nouvelle-Angleterre. Bien des années auparavant, pour s'approprier le terrain de Matthew Maule, un humble villageois, le colonel Pyncheon fit accuser ce dernier de sorcellerie et le fit exécuter. Sur le terrain ainsi volé, il construisit une grande demeure, la Maison aux sept pignons, une maison destinée à abriter sa nombreuse descendance. Mais il s'était attiré la malédiction du Ciel : non seulement le colonel mourut le jour même de l'inauguration de sa propriété mais sa famille ne connut jamais le bonheur, cumulant ruines et désillusions. Deux siècles plus tard, il ne reste plus dans la maison que Hepzibah Pyncheon, une vieille fille déjà âgée qui, pour sauver son frère fraîchement libéré de prison et pour échapper à son machiavélique cousin, un juge renommé, se décide à ouvrir une boutique dans la demeure. Mais le destin lui envoie alors la jeune Phoebé, nièce dont le sourire et la gentillesse vont peut-être enfin faire lever le noir destin qui pèse sur la famille.

Hawthorne renoue ici avec ses thèmes favoris, culpabilité et rédemption, mais l'aborde sous un angle différent puisque qu'ici la culpabilité n'est pas le fait des personnages principaux mais celle d'un lointain ancêtre, un péché héréditaire qui rejaillit sur la descendance entière. Oui, je sais, c'est un peu glauque et il y faut y voir là l'éducation puritaine de Hawthorne dont il n'a jamais pu tout à fait se défaire. Cependant le roman est fascinant car, mine de rien, il brosse le portrait d'une famille entière, du colonel véreux au commerçant avisé, de la jeune vierge sacrifiée à la vieille fille recluse tout en évitant une mise en scène chronologique et linéaire. L'humour et le fantastique s'invitent également dans un ouvrage qui prône son mépris pour une société avide de richesses et de gloire. Au juge ambitieux et matérialiste, l'auteur oppose le gentil vieux qu'on croit à tort simple d'esprit, à la maison maudite il oppose le jardin où Phoebe converse avec Holgrave, le photographe énigmatique, à la vie mondaine du cousin, vide et vaine, il compare l'existence douce et simple des autres Pyncheon... Récit tout en ombres et en lumière, avec une touche de suspens, La maison aux sept pignons possède une grande force poétique et se lit beaucoup mieux que La lettre écarlate qui, à mon sens, avait beaucoup trop de longueurs. Une jolie découverte. 

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 10:32

L02.jpgLe sommeil des géants

Les dossiers Thémis 1

Sylvain Neuvel

éditions Le livre de Poche

2016

 

Rose Franklin n'a que onze ans lorsqu'elle fait une chute à vélo et se réveille au fond d'un trou immense, au creux d'une main géante. D'où vient cette main, que fait-elle là ? Des années plus tard, physicienne reconnue, Rose est approchée pour percer le mystère de cette main qui demeure une énigme tant dans sa composition que dans son origine. Avec l'aide d'un mystérieux inconnu vraisemblablement à l'origine du projet, Rose se retrouve à la tête d'une équipe composée de deux pilotes, d'un linguiste et d'une généticienne et s'emploie à retrouver les morceaux disparus de ce qui semble être une statue d'origine extraterrestre.

Assez originale dans sa composition, à l'instar de Illuminae dont nous avons déjà parlé, Le sommeil des géants est constitué de séries d'entretiens entre les différents personnages et un protagoniste anonyme dont nous ignorons tout. Le roman est donc essentiellement une vaste série de dialogues plus ou moins bien menées qui retrace l'histoire d'une expérience scientifique doublée de manoeuvres politiques car il apparaît très vite que la statue peut être une arme. J'avoue que les histoires d'extraterrestres me laissent assez froide en temps ordinaire, mais j'ai été plutôt séduite par l'intrigue et surtout par la relation des personnages entre eux. Si les descriptions ne sont pas toujours à la hauteur, l'ensemble du roman demeure agréable et le twist de la fin donne envie de découvrir la suite de cet ouvrage inégal mais intriguant.

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