Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 09:59

L02.jpgLe labyrinthe

L'épreuve tome 1

James Dashner

éditions Pocket Jeunesse

2009

 

Quand Thomas se réveille, il ne se rappelle plus de rien sauf de son prénom. Autour de lui des ados qui lui sont tous inconnus et un étrange endroit cerné par un labyrinthe... A la nuit tombée, il ne fait pas bon traîner dans ce labyrinthe car les Griffeurs, des machines meurtrières en acier, sont de sortie pour tuer quiconque s'y aventurerait dans l'espoir de chercher une issue. Cependant, Thomas ne tarde pas à prendre ses marques et se porte bientôt volontaire pour explorer l'endroit : en effet ce lieu lui semble familier et il sent qu'il a un rôle capitale à jouer dans leur future évasion.

Tout droit dans la lignée des Hunger games, Le labyrinthe met en scène un univers du même genre, avec des ados vieillis trop vite qui doivent se dépatouiller dans un monde devenu hostile et côtoient la mort et la souffrance au quotidien. De ce fait, nous ne sommes pas à l'abri des clichés du genre : le futur leader charismatique, l'acolyte marrant et attachant, le baroudeur bourru, le méchant paranoïaque...Il y a des fois ceci dit où l'engrenage fonctionne parfaitement : tout le début du récit est vraiment une réussite avec la mise en place du  décor, le Bloc gris cerné par de hauts murs, le labyrinthe sans cesse en mouvement, l'ombre inquiétante des Griffeurs...Et puis, ça se dégrade un peu : le récit s'accélère trop, les descriptions se font plus rares au profit de dialogues creux et redondants, les incohérences se multiplient et les personnages principaux, Thomas et Thérésa, sont de franches têtes à claques pour qui il est difficile d'éprouver de la sympathie. Quelques rebondissements rythment cependant un récit en dent-de-scie, tantôt prenant, tantôt ennuyeux. Ainsi, sans trop en dévoiler, le final est bâclé, déjà vu, mais l'épilogue nous fait miroiter une suite alléchante. Assez en tous cas pour me convaincre de tenter le deuxième volume la semaine prochaine...

Repost 0
Published by beux - dans Jeunesse
commenter cet article
3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 10:24

L01.jpgL'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage

Haruki Murakami

éditions Belfond

2013

 

Au lycée, ils étaient inséparables, comme les cinq doigts de la main. Ils faisaient tout ensemble et partageaient tout. Deux filles et trois garçons. Presque tous avait une couleur dans leur nom : il y avait les filles, Blanche et Noire, les garçons Bleu et Rouge. Et il y avait Tsukuru, l'incolore. Tsukuru c'est également le seul à être parti de Nagoya pour aller faire ses études à Tokyo, le seul à s'être éloigné du groupe, même s'il revenait les voir lors des vacances scolaires. Jusqu'au jour où ses amis l'ont rejeté sans la moindre explication. Une séparation qui l'a anéanti. Pendant des mois, Tsukuru est devenu un fantôme et a côtoyé les portes de la mort, privé des êtres qui lui étaient les plus chers au monde. Seize ans plus tard, la blessure est toujours vive, aussi lorsque la pétillante Sara entre dans sa vie, elle le presse de retrouver ses amis pour avoir enfin des réponses à ses questions. La quête de Tsukuru peut commencer...

Après le décevant 1Q84, Murakami renoue avec le style qui lui est propre, ce mélange de poésie, de musique et d'introspection ponctuée d'une touche de fantastique. D'entrée de jeu le lecteur est porté par cette histoire curieuse, celle d'une amitié forte qui, du jour au lendemain, a pris fin sans qu'on sache pourquoi. Murakami met en scène un héros peu conventionnel : Tsukuru est un être silencieux comme une ombre, un homme qui se sent vide, incolore, et qui ne trouve de joie que dans la construction de gares. Sa vie se résume à regarder passer des trains, jolie symbolique d'une vie vécue en spectateur. Il est difficile de ne pas s'y attacher, tout comme il est difficile de ne pas s'interroger sur les motifs qui ont poussé ses amis à l'exclure. De fait, le livre se présente un peu comme une intrigue policière, une suite de rencontres fortes qui conduisent tout doucement notre héros à une vérité plus ou moins étrange. En revanche, c'est du Murakami, aussi, comme bon nombre de ses livres, l'intrigue s'achève plus ou moins en queue de poisson, laissant bien des zones dans l'ombre et bien des interrogations dont quelques-unes à mon avis auraient quand même mérité d'être résolues... L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage reste néanmoins, malgré quelques dialogues un peu artificiels, une très belle réflexion sur l'amitié et l'amour et l'ombre et la lumière qui est en chacun de nous. Il laisse à la fin de la lecture un sentiment doux-amer et dans la tête la très jolie musique du Mal du pays de Liszt qui nous rappelle qu'au fond, nous sommes tous d'une façon ou d'une autre des déracinés...

Repost 0
Published by beux - dans Roman
commenter cet article
2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 12:00

L02.jpgBridget Jones, Folle de lui

Helen Fielding

éditions Albin Michel

2014

 

On a souvent une conception erronée de Bridget Jones, n'y voyant qu'une légère comédie romantique à l'image de son adaptation cinématographique. C'est un peu injuste : Fielding a en effet créé un genre et mis en scène une héroïne moderne en réinterprétant (très librement) le célèbre Orgueuil et préjugés. Tout comme Elizabeth, Bridget est une célibataire en quête de l'âme soeur; tout comme l'héroïne de Austen, elle a une mère envahissante qui lui fait honte. Enfin, tout comme elle, elle est face à deux prétendants : le séduisant mais dévergondé Daniel Cleaver et le froid, guindé mais respectable Mark Darcy. Le problème c'est que Bridget, malgré ses nombreux visionnages de l'adaptation BBC de Orgueil et préjugés et sa multitudes de bouquins de développement personnel est loin d'être l'héroïne qu'elle voudrait être : maladroite, immature, légèrement enrobée, frivole, elle boit et fume trop et prend toutes les mauvaises décisions concernant sa vie professionnelle et sentimentale. Mais, comme chez Jane Austen, la fin est heureuse : Bridget trouve l'amour avec le prétendant respectable. L'originalité du livre tient aussi dans la forme narrative, celle du journal intime qui confère au récit un ton de confidence propre à charmer la lectrice potentielle. Quand Bridget Jones est sorti de ce fait, le succès a été très vite au rendez-vous. Une suite est parue quelques temps après : Bridget Jones, l'âge de raison. L'effet de surprise était passée, ça sentait un peu le réchauffé mais on avait plaisir à retrouver notre trentenaire dans les affres d'une relation longue durée. Et puis, plus rien... Bridget Jones a disparu des librairies pendant près de quinze ans avant de revenir cette année pour une troisième (et dernière?) aventure : Bridget Jones folle de lui. Cette fois, plus de trentenaire célibattante : Bridget a plus de cinquante ans, deux enfants en bas âge, et se retrouve veuve à la suite du décès prématuré de Mark Darcy. Quatre ans après ce tragique événement, notre héroïne essaie de faire face et de se reconstruire. Mais, entre les réunions parents/profs, les sites de rencontres plus ou moins douteux et le monde magique de Twitter, cela reste malgré tout compliqué de trouver l'amour et de ne pas se sentir larguée.

La bonne idée de l'auteur, même si j'ai encore du mal à le digérer, c'est d'avoir tué Mark Darcy. Les gens heureux n'ont pas d'histoire comme a dit je ne sais plus qui : laisser le héros en vie était difficile pour un nouveau tome et cela permet de donner à Bridget une profondeur qu'elle n'avait pas dans les deux premiers volumes, celle d'une femme qui a vécu des épreuves difficiles et y a plus ou moins fait face. De plus, on a plaisir à retrouver notre héroïne préférée face au monde d'aujourd'hui, toujours incapable de se servir d'une télécommande, s'indignant parce qu'elle n' a pas de followers sur Twitter, tentant tant bien que mal de trouver l'amour sur Cupid.com ou Parentsolo.com et sortant avec un jeunot qui pourrait être son fils. Le fait d'en faire une mère permet également d'ajouter une nouvelle dimension au personnage en la mettant aux prises avec un quotidien bien peu glamour. Ceci dit, il faut se résigner : Bridget Jones folle de lui garde le même style, le même ton que les deux premiers ouvrages et l'effet de surprise est passé depuis longtemps. Pour le coup, le livre est une comédie romantique un peu pâlichonne, assez conventionnelle, avec une morale plutôt facile (Bridget ne peut espérer trouver une vie de couple harmonieuse avec un homme de vingt ans plus jeune qu'elle) et une fin beaucoup trop sucre d'orge, même pour les amateurs. Ce n'est pas mauvais, c'est souvent drôle et parfois émouvant mais, loin d'avoir le mordant et l'originalité du premier volet, ce livre n'en est plus qu'un lointain écho qui, pour le coup, ne laissera pas de souvenirs indélébiles.

Repost 0
Published by beux - dans Roman
commenter cet article
1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 09:30

L02.jpgLa vie par sept

Holly Goldberg Sloan

éditions Gallimard Jeunesse

2014

 

La jeune Willow Chance a toujours été une enfant un peu étrange. Adoptée, c'est une surdouée qui ne jure que par le chiffre sept et par la médecine et le jardinage. C'est aussi une solitaire, au grand désespoir de ses parents aimants mais un peu dépassés par leur petit génie. Pour ne pas aggraver leur anxiété, Willow leur cache qu'elle voit un éducateur mandaté par l'école et qui bien vite se passionne pour son cas. C'est également chez lui qu'elle fait la connaissance de deux adolescents d'origine vietnamienne, un frère et une soeur avec qui elle lie une vague relation. Cette relation va cependant prendre un tournant décisif le jour où Willow rentre chez elle et découvre que ses parents sont morts brutalement dans un accident de voiture.

J'avoue qu'au début j'ai eu du mal avec cette narration centrée autour d'un personnage tête à claques, la surdouée incomprise seule dans un monde de brutes. En effet, malgré ses nombreux talents, Willow est un personnage froid et peu attachant et, jusqu'à la mort de ses parents, elle reste un protagoniste sans envergure, une madame je sais tout pénible et pas franchement intéressante. Après le rebondissement en revanche, elle gagne un peu d'épaisseur et acquiert plus d'importance, paradoxalement lorsqu'elle découvre que tout ce qu'elle sait n'a au fond que bien peu d'importance face à la mort des deux seuls êtres qui l'aiment. Autour d'elle se déploient divers protagonistes assez amusants : l'éducateur bordélique et maladroit, l'adolescent renfermé, la mère de famille tyrannique... Tout ce groupe finit par former une cohésion et nous entraîne dans une histoire avec certes plein de bons sentiments (l'important c'est d'aimer, les gens ne peuvent pas être rangés dans des cases,la persévérance finit toujours par payer...) mais dénuée de mièvrerie et assez drôle par endroits. Mon seul bémol serait sur l'écriture : je suis loin d'être fanatique des phrases courtes de l'auteur donnant au récit un style hâché et à la narration un ton pédant et lourd. A part ça je n'ai pas grand chose à reprocher à ce roman adolescent plutôt sympa à lire et plein d'espoir.

Repost 0
Published by beux - dans Jeunesse
commenter cet article
16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 10:08

L01.jpgBlood song

tome 1 - La voix du sang

Anthony Ryan

éditions Bragelonne

2011

 

Un scribe à la solde d'un empire puissant accompagne un prisonnier de guerre à la réputation légendaire : Vaelin Al Sorna, dit le Tueur d'Espoir, est craint et haï par ses ennemis depuis qu'il a tué nombre des leurs y compris l'héritier présomptif du trône. Intrigué cependant par cet homme qui paraît bien moins féroce que ce qu'on prétend, notre héros le pousse à raconter son histoire, une histoire pleine de zone d'ombres qui révèle un personnage plus complexe qu'il n'y paraît.

C'est un petit miracle : pour une fois, j'ai bien aimé un ouvrage des éditions Bragelonne. Certes, c'est de la bonne grosse fantasy et, de ce fait, on retrouve tous les ingrédients qui en font la composition : un héros prophétique, des fanatiques religieux, des animaux au service de l'élu, des noms à coucher dehors et des batailles à n'en plus finir. Si Anthony Ryan se réclame carrément de Gemmell, certaines des particularités de son récit ne sont pas non plus sans faire songer à Martin : Vaelin adhère à un Ordre exigant qui rend tous ses membres frères, les contraint à ne pas prendre femme et les met au service de la Foi avant d'être au service d'un royaume. ça ne vous rappelle rien? D'un point de vue technique, je suis un peu déçue par la composition de l'ouvrage qui pourrait être plus aboutie : en effet, le récit s'articule entre la narration du scribe et l'histoire de Al Sorna. Or, Al Sorna est loin de dire tout au scribe et lui cache bon nombre d'éléments qu'on retrouve quand même dans le texte. Il aurait peut-être été intéressant de mettre en avant ces incohérences et de comparer la version "officielle" à la version "officieuse", celle que le lecteur connaît. Ceci dit, passé ces quelques points de détail, Blood song remplit parfaitement sa part du contrat : l'histoire est prenante, le monde parfaitement bien décrit et on repère ça et là quelques originalités dans le texte; le fait par exemple que la Foi soit une religion qui, paradoxalement ne reconnaît aucun dieu, des personnages qui ont chacun une part de mystère, la construction du texte qui nous épargne un faux suspens (d'entrée de jeu on sait que le héros survit), l'inversion des valeurs et une critique sans fard de la guerre, présentée tout au long du roman comme une vaste boucherie inutile au service d'intérêts personnels et divergents. Al Sorna ne se bat pas pour la justice : il se bat pour un envahisseur qui a besoin de saphirs. Cette morale est loin d'être manichéenne et me rend d'autant plus agréable un livre qui, en dépit des clichés, parvient à s'en extraire pour un résultat plutôt satisfaisant.

Repost 0
10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 09:50

L01.jpgLe royaume

Emmanuel Carrère

éditions P.O.L

2014

 

C'est l'histoire d'un homme qui un jour est devenu catholique; un homme pas tout à fait bien dans sa peau et qui s'est tourné vers la religion comme on se tourne vers la psychanalyse ou le développement personnel. Comme tout nouveau converti, il s'est emballé, il s'est émerveillé : tout nouveau, tout beau. Et puis le doute est revenu. Trois ans plus tard, il est redevenu athée, ou plutôt agnostique. Mais, bien des années plus tard, il revient sur cette conversion et choisit en parallèle de raconter l'histoire des premiers chrétiens : le bouillant Paul, le sage Luc, le mystérieux Jean... menant cette histoire en enquêteur, s'appuyant sur des documents mais laissant aussi libre cours à son imagination.

Le royaume, un livre qui a fait couler beaucoup d'encre ces derniers temps et qui restera l'un des événements littéraires de cette rentrée, n'est rien de moins que le récit d'une quête spirituelle, celle d'un auteur, Emmanuel Carrère, qui cherche à comprendre comment un marginal a pu donner naissance à une communauté qui dure encore aujourd'hui. Paul, Luc, Marc, Jacques... tous ces hommes, notre romancier se les approprie comme personnages et tente de les comprendre, de les analyser tout en faisant de nombreuses digressions sur lui-même et sur ses sentiments vis-à-vis de tout ça.

En tant que catholique, j'apprécie la bonne foi (c'est le cas de le dire) de Emmanuel Carrère qui ne tombe pas dans le cliché et la caricature et nous évite le traditionnel couplet d'une Eglise intolérante, intégriste, pas à l'écoute... sans pour autant verser dans un angélisme tout aussi déplacé. La religion catholique est pleine de contradictions et l'auteur s'aventure sur ce chemin sans chercher à les minimiser ou à les ignorer, se contentant de jouer un rôle d'observateur plus ou moins critique ou enthousiaste selon les pages et selon ses humeurs. En tant que lectrice, je suis assez déconcertée par la composition de l'ouvrage, un pavé de plus de six cent pages où le narrateur/auteur joue un rôle déterminant. C'est d'habitude un aspect de la littérature française que je trouve très déplaisant, cette manie de l'auteur de se mettre en avant, ce nombrilisme du "je" omniprésent qui ne laisse aucune latitude au lecteur et qui lui donne le sentiment que le livre a été écrit uniquement pour satisfaire l'ego malmené de son créateur. Je ne nierais pas ainsi que certains passages m'ont profondément agacée et m'ont donnée le sentiment  de jouer le rôle du psy, essentiellement quand Emmanuel Carrère se perd dans des digressions qui n'ont rien à voir avec la choucroute. Ceci dit, là où réside le talent de l'auteur c'est que, contrairement à beaucoup d'autres, il prend le risque d'une narration qui n'est pas maîtrisée là où d'autres se mettent en scène uniquement pour se faire valoir. Le "je" de Carrère est un "je" plein d'abandon qui affirme une chose puis se rétracte à la page suivante, s'agace et s'adoucit, s'emmêle les pinceaux, prend le parti de tel ou tel personnage... Bon mal gré le lecteur suit son cheminement et s'attache à ce narrateur capricieux ainsi qu'aux héros qu'il met en scène : ce Paul mal embouché, ce Luc qui paraît bien sage, ce Pierre qui cherche à ménager la chèvre et le chou... L'histoire et la fiction se mêlent étroitement, à dessein, et l'ensemble apparaît, un Royaume qui est loin d'être parfait et même par endroits carrément bancal mais qui frappe par sa sincérité et sa clarté. Bonne pioche pour la rentrée littéraire.

Repost 0
Published by beux - dans Roman
commenter cet article
5 octobre 2014 7 05 /10 /octobre /2014 10:02

L05.jpgSkin trade

George R.R. Martin

éditions J'ai Lu

1989

 

Et non, n'ayez pas de faux espoirs : aujourd'hui nous allons bien parler de George R.R Martin, l'auteur de Game of Thrones, mais pas de la suite de sa célèbre série qui, à ce jour, n'est toujours pas annoncée. Place en revanche à l'un de ses romans de "jeunesse", Skin Trade, paru il y a plus de vingt ans déjà mais traduit tout récemment.

Depuis l'assassinat de son père, Randi Wade, détective privée, ne cesse de s'interroger sur les circonstances de la mort de ce dernier : Frank Wade semble en effet avoir été dévoré par une bête sauvage, et ce alors qu'il enquêtait sur des disparitions suspectes de jeunes filles. Aussi, lorsqu'une vague de meurtres étranges frappe de nouveau la ville et que son ami Willie vient quémander son aide, Randie y voit l'opportunité de rouvrir la dossier même si les nouvelles victimes ne sont pas dévorées... mais écorchées.

Bon, disons-le tout net, Skin trade est bien loin d'être le roman du siècle. Très court (trop peut-être?), l'histoire est un peu confuse et l'intrigue va trop vite : les personnages ne sont qu'esquissés, le suspens laisse à désirer et la fin est plus qu'expédiée. L'auteur met en place tout un monde qu'il n'a pas le temps de développer ce qui fait que le lecteur se retrouve un peu perdu dans cet univers bâclé mettant en sène loups-garous et flics corrompus, familles au sang pur et héroïne déterminée à venger la mort de son père. Trop d'informations en si peu de temps découragent le lecteur. Dans ce livre ni tout à fait polar, ni tout à fait fantastique, on retiendra surtout le personnage de Willie, le loup-garou hyponcondriaque à la réplique cinglante et qui n'est pas tout à fait sans nous rappeler Tyrion dans Game of Thrones, et quelques scènes à glacer le sang... Pour le reste... et bien, je suis contente pour ma part que Martin se soit tourné par la suite vers la fantasy : à mon humble avis, notre époque ne lui convient pas vraiment.

Repost 0
Published by beux - dans Fantastique
commenter cet article
30 septembre 2014 2 30 /09 /septembre /2014 14:21

L05.jpgDeep Winter

Samuel W.Gailey

éditions Gallmeister

2014

 

A la suite d'un accident qui a coûté la vie à ses parents, Danny est devenu simple d'esprit et n'a jamais quitté la petite ville de Pensylvanie de son enfance où il est méprisé et évité par la plupart des habitants. Sa seule amie c'est Mindy avec qui il partage le même jour d'anniversaire et qui s'est toujours montrée gentille avec lui. Mais Mindy se fait assassiner par son petit ami, l'adjoint du shérif et, manque de chance, c'est Danny qu'on retrouve au-dessus de son cadavre. Commence alors une longue nuit : poursuivi par le shérif et le meurtrier, par les frères de la victime  et par un policier de la ville, Danny est contraint de fuir pour un crime qu'il n'a pas commis. La chasse a commencé.

Ce livre est une belle déception. Un résumé alléchant, des critiques élogieuse... "Magnifiquement écrit et incroyablement dérangeant" dixit le New-York Times. Sur l'écriture je suis plutôt d'accord, même si le "magnifique" est peut-être un peu excessif : pour un premier roman cependant, Gailey ne se débrouille pas trop mal et a une jolie plume. Le style est fluide et la lecture agréable. En revanche, rien de moins dérangeant que cet ouvrage : certes, on part sur un postulat intéressant, celui d'un gentil benêt qui, du fait de sa différence, se retrouve accusé d'un meurtre qu'il n'a pas commis. Mais là où je m'attendais à un déferlement de haine, à une description de l'Amérique profonde dans toute sa splendeur, et bien nous n'avons qu'une intrigue banale et un portrait très lisse d'une communauté un peu bourrue mais au fond pas méchante. Le seul "méchant" de l'histoire, c'est l'adjoint du shérif, c'est celui qui boit, se drogue, tue les gens  et les biches sans remords. C'est lui qui fait accuser Danny, c'est lui qui commet pas mal d'atrocités et qui éclate d'un rire diabolique à la moindre occasion... J'avais rarement vu autant de manichéisme dans un livre mais là c'est fait : pire, cette phrase de Danny qui justifie ainsi la pensée de l'auteur : "Certaines personnes sont idiotes. D'autres sont intelligentes. Certaines sont gentilles, et d'autres sont méchantes. On est comme on est." Voilà voilà. Amis de la subtilité passez votre chemin. Le monde de Gailey est un monde de testostérone, de flics bourrus et d'épouses résignées. Vous vous attendiez à un portrait au vitriol, vous n'avez qu'une banale course-poursuite sans intérêt, ponctuée ça et là de quelques éléments surnaturels, de références religieuses bancales et d'un happy end d'un politiquement correct et d'une mièvrerie à faire pleurer. Dieu bénisse l'Amérique...

Repost 0
Published by beux - dans Polar
commenter cet article
25 septembre 2014 4 25 /09 /septembre /2014 10:07

L02.jpgL'homme au masque de brouillard

Eric Sanvoisin

éditions Auzou

2014

 

Oyonnick est un jeune magicien  qui sillonne RocheFlamme pour venir en aide à ceux qui ont besoin de lui. C'est un homme joyeux et insouciant. Mais, un jour, il est convoqué par le Conseil des Neuf Sages en urgence. En effet, depuis quelque temps, le conseil est attaqué : ses membres tombent mystérieusement malades un à un et leurs âmes sont soufflées. Oyonnick est chargé d'enquêter là-dessus d'autant plus que son oncle d'adoption est victime du même phénomène. Une enquête qui va le mener au coeur du Continent Flou à la poursuite d'un homme mystérieux au masque de brouillard.

Livre pour les 11-13 ans, L'homme au masque de brouillard n'est pas LE chef-d'oeuvre de l'année. L'intrigue est un peu brouillonne et trop rapide et  les personnages sont vite expédiés. En revanche, Eric Sanvoisin a une très jolie écriture, assez poétique et met en scène un univers intéressant jouant entre ombre et lumière, brouillard et clarté. J'ai apprécié aussi les relations entre les différents personnnages, en particulier entre Oyonnick et Réséda que l'auteur résume avec cette cruauté désarmante et assez rare dans un livre d'enfants : "Elle l'aimait encore. Lui, non." De même j'ai trouvé que c'était une bonne idée de ne pas faire d'Oyonnick le seul héros de l'histoire : certes, il joue une part importante mais il est sauvé plus d'une fois et n'aurait pas pu s'en sortir tout seul sans l'aide d'autres protagonistes que Sanvoisin prend le temps d'étudier et de décrire. Vous l'avez compris : L'homme au masque de brouillard n'est guère adapté à un public adulte et ennuiera je pense de grands adolescent. En revanche, il me semble plutôt bien adapté pour un public plus jeune, amateurs en herbe de fantasy...

Repost 0
Published by beux - dans Jeunesse
commenter cet article
21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 09:57

L05.jpgHouellebecq économiste

Bernard Maris

éditions Flammarion

2014

 

J'avais promis de parler un peu de l'actualité littéraire, et c'est avec un livre sur Houellebecq que nous allons démarrer... écrit par un économiste. Bernard Maris, chroniqueur à Charlie Hebdo, est  l'auteur notamment de l'Antimanuel d'économie. Avec Houellebecq économiste, c'est véritablement une déclaration d'amour qu'il adresse à l'auteur des particules élémentaires puisqu'il le considère comme un économiste hors pair, qui par le biais de l'écriture, parvient à parler du capitalisme, de la loi de l'offre et de la demande, de la consommation, etc. Pour cela, Bernard Maris nous invite à travers chaque chapitre à lire Houellebecq par le biais de grands économistes comme Marx, Keynes et, surtout, Schumpeter et à constater par nous-même que ses livres ont su résumer l'essence même des grandes théories économiques. C'est à ce moment-là que vous êtes supposés avoir les yeux mouillés d'émotion.

Que ce soit clair, je n'ai lu aucun ouvrage de Houellebecq et je n'envisage pas de le faire dans un avenir proche, d'une part parce que le personnage public m'est insupportable et, d'autre part, parce que rien ne m'a convaincue dans les extraits que Maris cite dans son propre livre : j'ai du mal de façon général avec les auteurs tellement mégalos qu'ils se sentent obligés de se mettre en scène, même si ce n'est que de nom. Peut-être que je rate quelque chose mais inutile de me faire la leçon : je pense avoir des auteurs bien plus intéressants à découvir avant ce dernier. De fait, l'ouvrage de Bernard Maris ne m'a que très moyennement inspirée. En soi, je trouve l'idée amusante, décrypter un livre pour en faire une analyse économique et c'est d'ailleurs cette démarche qui m'a poussée à lire Houellebecq économiste. Après, j'ai fait des études de lettres et je sais que rien n'est plus facile que de faire dire à un texte tout et son contraire : je suppose qu'il est même possible de trouver une analyse philosophique à Si c'était vrai. Accordons donc le bénéfice du doute à Maris et admettons que Houellebecq soit le visionnaire de l'économie qu'il prétend. Je serais en revanche moins indulgente sur l'écriture de notre essayiste : qui dit essai suppose une certaine objectivité, pas cette admiration béate qui dégouline tout le long du livre. De même je ne suis pas du tout convaincue par l'idéologie que défend Houellebecq selon Maris : journalistes et publicitaires sont des parasites (je pense que ceux qui ont fait la promo de son essai vont être ravis) les artistans à l'inverse sont le sel de la terre (faites-moi penser à lui en présenter quelques-uns) et les femmes sont l'avenir de l'économie. Je crois qu'il n'y a rien de plus qui me hérisse le poil que ces discours soi-disant féministes qui présentent la femme comme une sorte d'ange terrestre, l'avenir de l'humanité. Non non je vous rassure, elles sont pareilles que les hommes, avec leurs grandeurs et leurs faiblesses. Bref, beaucoup de platitudes et de clichés faciles supposés faire de Houellebecq un grand penseur, un homme qui a tout compris au monde et à ses rouages. Mauvaise interprétation de Maris ? Mauvaise lecture de ma part ? Admettons mais une chose est sûre : si Houellebecq économiste fera sans doute très plaisir à tous ces admirateurs, je doute qu'il pousse les autres à le lire.

Repost 0
Published by beux - dans Essais
commenter cet article