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18 septembre 2014 4 18 /09 /septembre /2014 19:27

L02.jpgComment j'ai cuisiné mon père, ma mère... et retrouvé l'amour

SG Browne

éditions Gallimard

2009

 

Andy avait une vie agréable, une femme, une petite fille... mais ça, c'était avant. Avant l'accident de voiture qui lui a coûté la vie. Car oui, Andy est un zombie et de fait il n'a plus aucun droit. Toléré uniquement par les "respirants", il n'a plus ni numéro de sécurité sociale, ni le droit d'avoir un compte en banque. Il ne peut ni monter dans un bus ni même sortir passé vingt-deux heures. Sa femme est morte dans l'accident et  il n'a plus de droit de garde sur sa fille. Du coup, Andy est contraint de vivre reclus dans la cave de ses parents, à regarder la télé en perdant des bouts de corps et  à boire beaucoup de vin dont il ne sent même plus le goût. Heureusement les zombis anonymes sont là pour l'aider à reprendre goût à la mort-vie et Andy ne tarde pas à tomber sous le charme de la jolie Rita, suicidée depuis peu. Notre héros retrouve progressivement confiance en lui, mais cette confiance ne va pas sans quelques inconvénients, notamment celui de retrouver un matin les corps de son père et de sa mère découpés dans le congélateur. Et oui, c'est ça aussi être un zombie...

Certes, ce n'est pas de la haute littérature mais Comment j'ai cuisiné mon père... fait passer un agréable moment. Ecrit du point de vue du zombie pour changer, le récit est très drôle, bourré d'humour mais également d'un certain cynisme. L'auteur prend le parti risqué de faire adhérer son lecteur à un personnage monstrueux et plutôt ridicule : Andy a eu les cordes vocales sectionnées durant l'accident et ne peut donc pas parler, il se décompose peu à peu, il boitille à cause de nombreuses fractures qui ne se répareront jamais... Difficile d'en faire un héros tragique mais, en le présentant comme le narrateur, Browne le rend plus attachant d'autant plus que Andy se tourne en dérision lui-même et se moque de ce qu'il est devenu tout en le déplorant. C'est donc à la fois léger et désespéré. Alors oui, le style est loin d'être extraordinaire, les blagues tombent parfois à plat ou se répètent, mais l'ensemble est plutôt agréable et m'a fait aimer pour une fois un livre de zombie. Une lecture d'été avant que l'automne ne s'installe définitivement parmi nous.

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14 septembre 2014 7 14 /09 /septembre /2014 12:02

L01.jpgLe purgatoire des innocents

Karine Giebel

éditions Pocket

2013

 

Cela devait être un casse facile, un vol de bijoux tout en douceur, sans blessés, sans morts. Raphaël n'avait pas envie d'effusions de sang, juste de gagner enfin de quoi se retirer et, riche, de couler des jours paisibles avec son petit frère William. Mais les choses ont dégénéré : une voiture de police qui passe à ce moment-là, des tirs, deux morts et un blessé, son propre frère... Pour Raphaël et ses complices, il faut songer à trouver une planque. La chance paraît leur sourire : ils tombent sur une vétérinaire vivant à l'écart dans une maison isolée. Elle s'appelle Sandra et son mari est absent pour deux jours. Personne ne viendra les chercher là, ce qui laissera le temps à William de se remettre de ses blessures. Bien évidemment, rien ne va se passer comme prévu et le refuge devient vite un enfer....

Inattendu, Le purgatoire des innocents est un véritable choc. Je ne connaissais pas du tout cet auteur et je me suis laissée totalement surprendre par cette histoire qui prend un tour des plus inattendus et qui peu à peu verse dans l'horreur la plus totale. Je ne pense pas être d'une nature particulièrement sensible mais j'avoue avoir ressenti un profond malaise en lisant une intrigue qui ne nous épargne aucun détail atroce et  qui explore jusqu'à plus soif les bas-fonds de l'âme humaine. Bon au niveau de l'écriture, je ne suis pas totalement convaincue : Karine Giebel est fan des phrases courtes et choc qui sonnent un peu comme des sentences et qui, à un moment donné, donne au texte un côté un peu lourd. C'est particulièrement flagrant quand elle s'emploie à décrire l'état d'âme de ses personnages. En revanche, ce défaut est contre-balancé par des descriptions très sombres et très justes et par un récit rythmé qui tient le lecteur en haleine de bout en bout et de rebondissements en rebondissements. Le purgatoire des innocents a donc été pour moi une très belle découverte, un polar lu en trois jours et qui je pense trouvera sans doute plus d'un amateur par ici.

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7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 12:07

L09.jpgMortimer

Terry Pratchett

éditions Pocket

1987

 

A dire vrai, c'est avec le premier tome La huitième couleur que j'avais commencé à lire Pratchett. Pour abandonner pour quelques temps l'auteur je l'avoue : oui, c'était drôle, oui c'était burlesque, mais il manquait quelque chose. Quelques mois plus tard, je récidivais mais cette fois avec un autre titre, plus avancé dans la série : Mortimer. Bien m'en prit car c'est cet ouvrage qui m'a donnée le goût de lire dans son intégralité Les annales du Disque-Monde.

A la foire à l'embauche, Mortimer reste seul et bien malheureux : personne ne veut l'engager. Il faut dire que c'est un garçon étrange, tout en bras et en jambes, à la logique curieuse, plein de bonne volonté mais pas franchement dégourdi. Mais, sur les coups de minuit, un employeur se présente finalement : la Mort, ni plus ni moins, qui souhaite l'engager comme apprenti et accessoirement le préparer à sa succession. C'est sans compter sur les talents de Morty pour tout gâcher...

Pourquoi faut-il lire Mortimer? D'une part parce que c'est le premier ouvrage de Pratchett où la Mort ne se contente pas de faire de la figuration mais joue un rôle à part entière et il faut dire ce qu'il est, la Mort chez Pratchett est drôle, être totalement dépourvu d'humour parlant en majuscules, aimant les chats et faire la cuisine. Les autres personnages du livre sont tout aussi drôles que ce soit l'apprenti maladroit, la princesse caractérielle ou encore Isabelle, la fille de la Mort, amatrice de lectures sentimentales et se prenant elle-même pour une héroïne éthérée de romans à l'eau de rose, ce qui serait crédible si elle pesait quarante kilos de moins. Un casting de choix pour une intrigue rondement menée, fluide, et qui, contrairement aux trois premiers ouvrages de la série ne se présente pas comme une successions de rebondissements mais réellement comme une histoire continue avec une fin pour le moins imprévue. On ne s'ennuie pas un instant et on rit beaucoup tout en ayant cependant dans Mortimer une légère mélancolie pas forcément désagréable. Soulignons enfin toutes les jolies trouvailles de l'univers de la Mort : les livres qui s'écrivent eux-même, la salle des sabliers de vie, les noeuds de l'univers... Et si avec tout ça vous n'êtes pas tentés, je ne peux plus rien pour vous !

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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 11:03

L05.jpgLa danse de l'hippocampe

Orphans 2

Claire Gratias

éditions Rageot

2013

 

Marin n'avait pas tellement mesuré ses paroles le jour où il a balancé à sa mère avant de quitter la maison qu'il préférerait être orphelin. Des mots durs qu'il est aujourd'hui amené à regretter alors qu'il vit désormais dans un monde parallèle hostile, sans parents et sans grande soeur. Qu'est-ce que le projet Orphans et a-t-il moyen de retourner dans sa vie ? Aidé de son amie Tessa, elle aussi dans la même situation, les voilà amenés à se débattre pour retrouver le chemin de la maison...

Si le premier tome était plutôt intéressant, le second tome de la série Orphans est une catastrophe. Je m'ennuie rarement quand je lis des romans jeunesse et pourtant celui-ci est parvenu à me faire regretter mon achat. La faute à bon nombre de défauts qui ne pardonnent pas : tout d'abord, loin de se contenter d'une intrigue simple, l'auteur s'empresse de multiplier les histoires. Si elle s'était contenté de rester concentrée sur les deux ados pris au piège, Claire Gratias aurait peut-être eu une chance de s'en sortir; au lieu de cela elle va se pencher sur la meilleure amie de la grande soeur, sur un secret que dissimuleraient les parents des enfants disparus, sur la seconde guerre mondiale et  sur ses complots... Non seulement le lecteur est obligé de suivre plusieurs intrigues plus ou moins tirées par les cheveux mais, de plus, il saute d'un personnage à un autre et ne s'attache à aucun. Il faut avouer que tous ces personnages sont plus tête à claques les uns que les autres entre la journaliste fouineuse, les ados et leurs hormones, la grande soeur militante écolo gentille et le méchant écolo terroriste... Ce sont des clichés sur pattes : les méchants sont de vrais méchants, le genre anciens nazis qui éclatent d'un rire gras quand ils ont fait un mauvais coup, et les gentils au contraire font tout pour sauver le monde. Manichéen au possible La danse de l'hippocampe n'est même pas secouru par une écriture faiblarde et des dialogues artificiels : dans le premier tome, le style était sauvé par l'histoire qui en gommait un peu les faiblesses mais ici cela ne suffit pas. J'ignore si Orphans est une série trop ambitieuse ou si ce second tome n'est qu'un accident de parcours, le ventre mou de la trilogie. Je crains cependant de ressentir le même ennui en lisant le dernier volume, mais qui sait, on n'est jamais à l'abri d'une agréable surprise.

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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 11:13

L02.jpgLe monde inverti

Christopher Priest

éditions Gallimard

1974

 

Dans un futur indéterminé, une ville nommée la Terre, montée sur des rails, avance progressivement vers le nord, fuyant au sud un danger aussi inconnu qu'inquiétant. Helward Mann, apprenti de la Guilde des Topographes du Futur ne savait rien du monde extérieur avant de commencer son apprentissage et il a juré sous peine de mort de ne rien révéler de ce qu'il découvrirait. Et comment y croire soi-même quand on découvre un soleil déformé, un temps qui accélère ou ralentit et des autochtones hostiles? Pourquoi la ville se déplace-t-elle sans cesse et s'arrêtera-t'elle seulement un jour ?

Il fallait rien de moins que la gentillesse de l'auteur, rencontré aux Imaginales cette année, pour me lancer de nouveau dans de la science-fiction, car c'est loin d'être mon genre préféré je le reconnais. Mais Le monde inverti a été une très agréable surprise : certes je suis toujours un peu larguée quand le récit se lance dans des explications techniques ou scientifiques, mais l'histoire est intéressante : tout comme le lecteur, le héros est amené peu à peu à découvrir un monde dont il ignore tout et se replonge plongé dans un univers mystérieux et inquiétant. Helward Mann se rend compte que ce qu'il croit savoir, ce qu'il croit connaître, n'est qu'une illusion et qu'il lui reste encore tout à apprendre. Christopher Priest a  la bonne idée de changer sa narration au cours de l'histoire : d'abord écrit à la première personne, le monde inverti bascule ensuite dans une narration traditionnelle, toujours vu à travers les yeux de Helward, rebascule ensuite à la première personne pour finalement changer totalement de point de vue et s'éloigner du héros. Cela permet au roman d'acquérir une certaine dynamique et de bousculer le lecteur, le plaçant dans la même situation inconfortable que le personnage. Roman très visuel, très riche en descriptions, Le monde inverti est à l'inverse plutôt sobre dans tout ce qui est psychologie et sentiments, ne s'étendant guère là-dessu,s ce qui permet au livre de rester centré sur l'intrigue sans s'égarer sur les relations tumultueuses de Helward et de sa femme par exemple. Bref, un bon moment de lecture qui ravira les amateurs du genre et ceux qui le sont moins.

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19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 10:46

L08.jpgLes Fiancés

Alessandro Manzoni

Folio

1827

 

On retourne au 19e siècle et dans nos 1001 livres... pour vous parler aujourd'hui du roman fleuve italien de Manzoni, Les Fiancés. L'histoire est celle de Renzo et Lucia, deux paisibles villageois qui n'aspirent qu'à se marier et à fonder une famille. Mais, par malheur, un nobliau du coin, Don Rodigue, a jeté son dévolu sur la jolie fiancée et est déterminée à contrer ce mariage et à enlever la malheureuse Lucia. Le couple connaît alors bien des vicissitudes et, forcé de se séparer, nous fait voyager à travers l'Italie du 17e siècle, une Italie en proie à la guerre civile, à la famine et à la maladie...

Vous l'avez compris, Les Fiancés est moins le récit de personnages que d'un peuple tout entier, Manzoni ayant l'ambition de brosser l'histoire de tout un pays en un temps de troubles et de changements. De fait, il prend souvent à parti le lecteur, cite des personnages plus ou moins réels et feint même de se référer à un ouvrage plus ancien pour écrire son roman. Le procédé est intéressant, j'en conviens, mais le résultat l'est moins. Il faut dire ce qu'il est : j'ai rarement trouvé un livre si ennuyeux. C'est bien simple, même la peste racontée par Manzoni parvient à être soporifique. Le rythme des Fiancés est chaotique et, si le début de l'histoire parvient plus ou moins à captiver le lecteur, le reste, réflexions pieuses ou considérations politiques l'assomment assez rapidement. A trop vouloir faire une analyse de la société de l'époque, Manzoni en oublie de donner corps à ses personnages qui ne deviennent que des formes creuses sur fond de guerre civile. Renzo et le curé du village s'en tirent plutôt bien car, ni tout à fait bons ni tout à fait méchants, ils parviennent à avoir un peu de consistance. En revanche, Lucia reste une caricature de jeune fille effarouchée, une niaise bigote incapable de prendre sa vie en main. Il en est de même pour la plupart des héros qui se contentent d'être des ombres dans un tableau au demeurant assez plat. Les Fiancés est le premier roman italien de nos 1001 livres... Très sincèrement je ne comprends pas pourquoi si ce n'est peut-être  par cette volonté d'intégrer la petite histoire à la grande et qui va devenir la marque de fabrique de la plupart des romans du 19e...

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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 10:46

L03.jpgLes ronds dans l'eau

Hervé Commère

éditions Livre de Poche

2011

 

Jacques a peur : truand à la retraite depuis bien longtemps, il vit dans l'angoisse d'être un jour retrouvé pour le vol d'une peinture commis il y a des décennies. Une bagatelle me direz-vous sauf que ses copains et lui ont volé le parrain de la Côte Est, Costano et que celui-ci a juré de retrouver les petits plaisantins qui lui ont fait le coup. Les peurs de notre malfrat se concrétisent le jour où il reçoit une photo : quelqu'un sait. Pendant ce temps, un jeune serveur dépressif, Yvan, veut empêcher son ex, participante à une émission de télé-réalité, de le ridiculiser en lisant des lettres de lui en direct et décide de les voler chez les parents de la jeune fille. Manque de chance, il se trompe de maison...

Deux personnes qui n'ont rien en commun et qui vont néanmoins se téléscoper pour une aventure  tel est le postulat de départ des Ronds dans l'eau. Idée qui, si elle n'est pas d'une folle originalité, a le mérite d'être efficace. Ainsi, toute la première partie du livre est intéressante, d'autant plus que la narration alterne entre les deux personnages. Rebondissement inattendu, interlude plutôt intriguant... et rien. Tout retombe comme un soufflé. Les ronds dans l'eau se révèlent être une illusion d'optique. Hervé Commère a un style qui n'est plutôt pas mal mais pourquoi diable s'embarquer dans une histoire pareille? L'auteur multiplie les promesses, les sous-entendus, va même jusqu'à suggérer la folie de l'un de ses héros et tout ça pour quoi? Pour un dénouement décevant, à mon sens tiré par les cheveux, et qui ne présente guère d'intérêt si ce n'est pour nous rappeler le battement d'aile du papillon et tout ça et pfou la vie c'est marrant quand même à quoi ça tient. Il y a un sérieux problème de construction dans cette oeuvre qui n'est pas totalement dénué d'intérêt mais qui faussement ambitieuse se révèle être un polar mineur pour un après-midi pluvieux.

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10 août 2014 7 10 /08 /août /2014 11:40

L02.jpgDix grandes énigmes de l'histoire passées au crible

Historia éditions

2014

 

On revient à un peu d'histoire avec un collectif publié aux éditions Historia qui se penche sur les énigmes qui jalonnent notre passé : qui était Jack l'éventreur, qui a réellement tué Kennedy, quel homme se cachait derrière le Masque de Fer, qui était impliqué dans l'affaire des poisons... Autant de mystères qui ont enflammé notre imagination et que tour à tour, un historien s'emploie à nous décortiquer.

L'histoire n'est au fond qu'une grande enquête, c'est le postulat sur lequel s'appuie Franck Ferrand dans la préface : il y a des témoins, des faits, des indices... L'historien joue donc le rôle de détective et doit reconstituer à partir de tout ça un puzzle qui parfois ne colle pas. Un brin frustrant je dirais, mais les auteurs ne sont pas méchants et reviennent à la fin de l'ouvrage à des "dossiers classés" : ainsi aujourd'hui le mystère de l'île de Pâques est plus ou moins résolu, nous savons ce qu'était la bête du Gévaudan et qui se cachait derrière le chevalier d'Eon. Pour le reste... et bien au lecteur d'adhérer à l'une ou l'autre des théories proposées sur la construction des pyramides ou à l'implication des services secrets dans la mort de JFK.

Agréable à lire, Dix grandes énigmes de l'histoire... est construit de façon méthodique et chaque énigme est étudiée par un historien différent selon sa spécialité. L'écriture varie ainsi énormément d'un chapitre à l'autre. Certains sont plus agréables à lire, d'autres plus documentés. Ce n'est pas le livre du siècle car le sujet est trop vaste pour être abordé de façon approfondie mais pour des néophytes c'est idéal. A découvrir...

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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 11:46

L01.jpgSans feu ni lieu

Fred Vargas

éditions J'ai Lu

1997

 

Louis Kehlweiler s'était juré d'en finir avec les enquêtes : ancien employé de l'Intérieur, il a raccroché sa veste et n'entend plus se mêler des affaires de la police. C'était sans compter sur Marthe, une ancienne prostituée au grand coeur et une amie proche qui lui ramène un jour son protégé Clément, un accordéoniste un peu simple d'esprit qu'elle a connu étant enfant mais qu'elle n'avait pas revu depuis vingt ans. Le problème c'est que Clément est suspecté pour le meurtre de deux jeunes femmes sur Paris et recherché activement. Après bien des hésitations, Louis accepte d'aider Marthe et cache Clément chez ses trois amis historiens un peu fêlés, le temps de mener son enquête et de découvrir si oui ou non Clément est vraiment le tueur en série que l'on redoute.

Lire du Fred Vargas me donne toujours l'impression de rendre visite à de vieux amis. C'est sans surprise certes mais on passe un agréable moment et l'on retrouve toujours ses personnages favoris. Je dois avouer que les trois "évangélistes" du récit, les historiens célibataires dans leur baraque pourrie, ne sont pas loin de supplanter dans mon coeur Adamsberg, l'autre personnage phare des romans de Vargas. Sans feu ni lieu a cependant une petite originalité par rapport aux précédents ouvrages de notre auteur : ici, il s'agit moins de trouver un coupable que de disculper un innocent, à supposer qu'il le soit. La dynamique du livre est en quelque sorte inversée. Clément a tout du coupable idéal : un peu simplet, imprévisible, inconscient de ses actes, il est victime des préjugés de Louis dès que celui-ci l'aperçoit. Délit de sale gueule ou intuition d'ancien flic? Au lecteur de le découvrir tout au long de cette enquête qui mêle encore une fois situations absurdes et personnages loufoques, histoire et poésie.

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28 juillet 2014 1 28 /07 /juillet /2014 09:47

L03.jpgLes pourquoi de l'histoire

Stéphane Bern

éditions Albin Michel

2014

 

Je l'avoue, j'ai une faiblesse : le mardi soir, l'air de rien, il m'arrive parfois de traîner devant l'émission de Stéphane Bern, Secrets d'histoire. Plus jeune pourtant je détestais les manières onctueuses de ce dernier mais, les années passant, je dois admettre que je m'y suis faite et que je l'écoute désormais parler de rois et reines avec un certain intérêt. Je dois me faire vieille.

C'est donc logiquement que j'ai franchi un cap supplémentaire en empruntant le dernier livre de notre présentateur Les pourquoi de l'histoire qui s'interroge sur toutes ces petites questions qui jalonnent le temps : pourquoi Monaco reste un état indépendant, pourquoi le français est devenu la langue officielle, pourquoi Saint-Pétersbourg a changé plusieurs fois de noms, pourquoi notre drapeau est bleu blanc rouge, pourquoi l'orange symbolise les Pays-Bas...

L'ouvrage de Stéphane Bern n'est pas inintéressant, loin s'en faut : bien que n'étant pas forcément ignare en matière d'histoire, j'ai été surprise, voire même un peu vexée de découvrir que j'ignorais la réponse à la plupart des questions. L'auteur a le mérite de ne pas revenir sur des faits débattus et rebattus, tout comme il a le mérite de garder un ton neutre dans son discours, se gardant bien de s'enflammer ou d'émettre un quelconque jugement de valeur. Personnellement, je trouve ça reposant. En revanche, je suis moins fan de la composition de l'ouvrage : Stéphane Bern ne traite pas moins de 120 questions à raison d'une page et demi par sujet. Lu bout à bout, l'ensemble devient vite indigeste et un peu lassant, d'autant plus que la façon de procéder est toujours la même : courte introduction, énoncé de la question, explications. Pour résumer, c'est comme si vous lisiez une centaine de copies d'élèves à la suite. C'est correctement écrit mais ça reste très scolaire. L'idéal je suppose est, pour le coup, de piocher dans les questions au gré de vos humeurs, ce qui vous permettra ainsi de briller en société à moindre frais. Au fait, vous saviez pourquoi l'année 1566 n'a duré que 262 jours?

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