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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 16:27

L05.jpgRetour à Killybegs

Sorj Chalandon

éditions Grasset

2011

 

Tyrone Meehan a toujours été un fervent républicain irlandais, prêt à tout comme son père avant lui pour libérer son pays des anglais, y compris à adhérer à L'IRA. Pourtant, devenu vieux et alors que l'Irlande a retrouvé la paix, il est devenu traître aux siens et poursuivis par ceux qui furent autrefois ses amis. Que s'est-il passé? Pourquoi Tyrone s'est-il rallié aux anglais et dans quelles circonstances? C'est ce qu'il entreprend de raconter dans ce récit qui, mêlant souvenirs passés et présents, retrace l'histoire d'un homme complexe qui n'a jamais vécu que pour se battre... Mais pour quoi?

Encore un roman couronné d'un prix littéraire (celui de l'académie française) et encore un choix qui me laisse un peu perplexe. Entendons-nous bien; le livre de Sorj Chalandon n'est pas mauvais, mais c'est loin d'être une révélation littéraire. On saluera le choix du sujet (l'Irlande, un sujet de toute évidence parfaitement maîtrisé et traité) ainsi qu'une volonté d'éviter tout manichéisme; les irlandais ne sont pas tous forcément des gentils pas plus que les anglais ne sont tous des méchants. L'IRA n'est pas considéré comme une armée terroriste ce qui n'empêche pas l'auteur de démontrer l'horreur d'une guerre qui a empoisonné des générations. Cependant, tout ceci ne m'a pas empêchée de m'ennuyer un peu le long de la narration tortueuse qui, voulant éviter la chronologie linéaire, mélange allégrement tous les moments forts de la vie du héros (enfance, prison, combat dans l'IRA, exil après la trahison, etc.) pour les ressortir au petit bonheur la chance. Ce genre de narration, bien menée, peut effectivement être intéressante. Ici, c'est plutôt mal fait; les moments forts sont dilués dans d'autres souvenirs anodins et les personnages se mélangent, perdant leur impact. C'est bien simple: à part le narrateur, aucun protagoniste ne parvient à s'imposer, que ce soit la femme falote de Tyrone ou son ami français. De ce fait, le récit est confus, parsemé de noms et de dates et n'apporte aucune émotion réelle. Tout ça reste très froid et il n'y a guère que la toute fin de Retour à Killybegs pour insufler un peu d'âme à un roman plein de bonne volonté mais qui part dans toutes les directions pour, au final, arriver nulle part.

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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 11:36

L01.jpgCe qu'ils n'ont pas pu nous prendre

Ruta Sepetys

éditions Gallimard Jeunesse

2011

 

Et pour commencer l'année 2012 en fanfare, je vous propose un joli roman en jeunesse, pas forcément très gai mais plein d'espérance, qui nous rappelle que même dans les instants les plus noirs la vie est toujours présente (oh ça va c'est la nouvelle année, j'ai le droit d'être un peu mièvre pour une fois)

Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre raconte l'histoire d'une famille lituanienne dont la vie bascule du jour au lendemain. Lina la narratrice a quinze ans en 1941, le jour où l'armée soviétique vient les chercher, elle, sa mère et son frère. Son père, un universitaire et donc de ce fait louche pour le régime communiste, a disparu, probablement embarqué lui aussi. Lina et sa famille sont déportés en Sibérie, de camp de travail en camp de travail et dans des conditions épouvantables. Lina, envahie par la haine, parvient à s'en délivrer par le dessin, puisant dans son talent et dans des petits messages qu'elle tente de faire parvenir à son père, un espoir et un désir puissant de vivre...

Non, c'est pas super joyeux effectivement, mais ce livre, destiné aux adolescents, évite admirablement l'écueil du sentimentalisme et du larmoiement intempestif, parvenant à montrer toute l'horreur de la situation (un nouveau-né qui meurt au bout de quelques jours, une femme qui se fait fusiller...) tout en restant dans un registre économe en débordements. L'héroïne est touchante, adolescente qui commet des impairs, qui se révolte mais qui se bat aussi avec l'énergie du désespoir et un entêtement que je ne peux qu'applaudir. L'auteur alterne également avec des moments plus légers (l'amour de Lina pour Andrius, une fête entre déportés à Noël, les souvenirs de la vie d'avant) qui non seulement évite de plomber la lecture mais donne au récit une bonne dynamique. Enfin, le sujet est original puisqu'il traite d'un aspect de l'histoire que nous ne connaissons pas forcément; il nous est facile en lisant un livre sur des déportés du régime nazi de nous dire "Bon encore quelques années et ils vont être sauvés", mais qui peut dire combien de temps les déporté du régime stalinien ont-ils dû souffrir? (je connais maintenant la réponse et, croyez-moi, je n'aurais pas aimé la connaître). Bref, un roman noir mais pas désespéré, pas non plus si manichéen qu'il n'y paraît et qui rappelle avant tout qu'il y a toujours une lumière au bout du tunnel...

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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 18:29

L06.jpgJustine ou les malheurs de la vertu

Marquis de Sade

éditions Livre de Poche

1791

 

Bon ben désolée pour tous ceux qui liront cette note demain et qui du coup auront leur début d'année bien plombée, mais je me refuse à commencer l'année avec Sade. En revanche, terminer 2011 par lui me semble plutôt approprié. C'est parti!

Il s'agit ici de la seconde version du roman Justine: l'auteur y reviendra trois fois en tout, apportant à chaque fois des modifications plus ou moins importantes. Le roman met en scène une jeune ingénue, Justine, qui, de bonne naissance mais réduite à la misère à la mort de ses parents, se voit embarquée dans une série de mésaventures déplorables et tombe entre des mains de moins en moins recommandables. Justine est douce, vertueuse et aime son prochain: pour toute récompense elle se fait violer de toutes les façons possibles, subit tous les sévices sexuels imaginables, se fait trahir par des gens respectables, voit mourir sous ses yeux les gens qu'elle veut protéger, manque se faire assassiner elle-même à de nombreuses reprises et, comble de l'ironie, se fait poursuivre par la justice alors que ses bourreaux trouvent gloire et richesse. Le message de l'auteur est clair: dans ce monde, seul le vice est payant.

Plus intéressant à mon sens que Les 120 journées..., Justine n'échappe pas aux travers de Sade: son goût pour la répétition qui vire à la monomanie lors de certains passages (l'emprisonnement de Justine chez les moines par exemple qui est prétexte, encore une fois, à la description de l'organisation de toutes les journées et des orgies qui s'y succèdent) et les longs discours "moralistes" (même s'il s'agit ici d'une anti-morale) qu'il fait tenir à ses personnages et qui coupe l'action. Après, soyons honnête et saluons un style romanesque assez intéressant, naviguant entre le conte philosophique (Justine est un pendant plus trash de Candide, un personnage de conte immatériel qui subit tous les outrages possibles et se régénère presque miraculeusement, un être qui restera tout au long du récit curieusement éthéré) et le roman noir (je songe en particulier au moment où elle tombe sur un adepte de la saignée). Autant dans Les 120 jours... je n'avais vu que l'oeuvre d'un homme profondément dérangé, autant dans Justine j'ai pu apprécier l'oeuvre d'un écrivain, aussi perturbant soit-il, qui joue beaucoup sur la parodie du roman tel qu'il existait au 18ème siècle et qui semble pour la première fois conscient qu'il y a un public pour le lire.

Après est-ce que j'ai aimé? Bien sûr que non! Tout d'abord, je ne peux adhérer à la "philosophie" de Sade qui prône le vice comme seul moyen de s'en sortir et qui se base sur la loi du plus fort ou sur la nécessité de briser le tabou pour justifier inceste, meurtre, pédophilie, nécrophilie. Pour l'auteur, la vertu n'est qu'affaire de convenances et de mentalités. Mouais, même si la loi du plus fort fait des adeptes parmi les participants de la télé-réalité et les étudiants en école de commerce, je préfère encore garder ma fichue conscience et rester humaine. De plus, je ne peux bien évidemment adhérer aux propos anti-féministes du narrateur qui à plusieurs reprises comparent fort aimablement la femme à un objet soumis au plaisir de l'homme et qui de ce fait peut tout endurer. Dois-je me justifier pour ça? J'ai plutôt en horreur le féminisme moderne mais en lisant Sade j'ai éprouvé une grande compassion pour toutes ces femmes du XVIIIème réduite à de simples fantaisies pour libertins vieillissants. Enfin, d'un simple point de vue littéraire.... quelle cruche cette Justine! Jamais personnage aussi malheureux ne m'a laissée aussi froide. Comment peut-on être aussi gourde, tomber toujours dans le même panneau, aller secourir le premier inconnu qui passe alors qu'après s'être fait violer une première fois, on devient un peu plus méfiante non? Mais non notre héroïne pleure beaucoup, ne se défend jamais, n'argumente guère.... Facile pour Sade de prôner le vice quand en face il ne met qu'une vertu niaise, passive, incapable d'agir. Justine ne connaît-elle pas la maxime "Aide-toi le ciel t'aidera"? Un être bon doit-il être forcément bête? Inutile de vous dire que je ne suis pas d'accord.

Voilà donc toutes mes réflexions sur Justine et sur Sade puisque j'ai pour le coup bien l'intention de ne pas revenir sur un auteur trop résolu à voir le pire dans la nature humaine. C'est une idée très à la mode mais qui ne me satisfait pas. Et, en attendant de revenir vers vous avec des notes plus optimistes je l'espère, je vous souhaite un très joyeux réveillon ou une soirée tranquille (ce que vous préférez) et vous dis à l'année prochaine!

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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 19:48

L02.jpgVathek

William Beckford

éditions Corti

1786

 

 

Oui, je sais, ça fait bien longtemps. J'ai eu beaucoup de travail ces derniers temps. Mais comme je ne suis pas cruelle, je vous offre quand même une note avant le 24 décembre. Ne me remerciez pas, c'est tout naturel. Je sais que vous désiriez de toutes vos forces avoir une critique d'un roman obscur du 18e siècle.

Vathek est un livre qui a la particularité d'avoir été écrit en français par un auteur anglais et dont l'action se déroule au Moyen-Orient. Il met en scène le personnage éponyme, Vathek, un puissant sultan qui, avide de pouvoir, se laisse corrompre par un faux dieu et , enchaînant atrocités et actes vils, se retrouve en Enfer. Là, il fait la connaissance d'autres infortunés qui, dans l'attente de leurs jugements tout comme lui, lui font tour à tour le récit de leurs vies et de leurs fautes...

Il y a beaucoup des 1001 nuits dans ce récit qui se présente au niveau du style comme un conte oriental (touche exotique, éléments merveilleux, morale finale) avec cependant un côté gothique qui ressort tout particulièrement lors des scènes "infernales" ou dans certaines descriptions. Vathek est également considéré comme un classique de la littérature romantique noire: passions exacerbés, morts violentes, amants maudits... D'un point de vue littéraire, c'est une mine d'or.  En revanche le style est un peu lassant; l'univers du conte est assez particulier en soi et l'histoire principale, celle de Vathek, est beaucoup trop longue pour ne pas susciter sur la fin un léger ennui, d'autant plus que les éditions Corti alourdissent le texte par un appareil critique qui gâche le plaisir de la lecture. Les histoires imbriquées dans celle du héros sont beaucoup plus intéressantes: plus courtes, elles sont de ce fait plus marquantes. L'ensemble évoque un bric-à-brac mal ficelé: le rythme du récit est parfois cassé, certaines histoires sont expédiées tandis que d'autres sont plus longues que celles de Vathek, et la fin même du roman est plutôt abrupt. Vous l'avez compris: Vathek est plus une curiosité littéraire qu'autre chose, un livre dans lequel il est difficile de rentrer mais qui par la suite se lit plutôt bien. Ce qui me frappe surtout dans ce roman, c'est l'absence de l'auteur: Beckford s'efface complètement derrière son texte. C'est un sentiment assez curieux...

Sur ces bonnes paroles, je vous souhaite à tous un très joyeux Noël et à bientôt!

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 17:42

L01.jpgGone

t.4 L'épidémie

Michaël Grant

2011

 

 

Il était une fois une petite ville en Californie, Perdido Beach, et des enfants livrés à eux-mêmes depuis huit mois, depuis la disparition mystérieuse de tous les adultes de plus de quinze ans et la formation d'un dôme autour de ce qui est devenue "la Zone". Et dans la Zone, les choses vont de mal en pis: après la faim et les privations, les enfants, qui tentent de s'organiser tant bien que mal, doivent affronter une épidémie mortelle de grippe et des insectes tueurs, sans compter Drake, le mutant fou qui ne peut mourir et qui croupit dans l'une des maisons. Sam, autrefois leader mais destitué par ses pairs est envoyé par Albert, "l'homme d'affaires" de la ville à la recherche d'eau. Mais est-ce vraiment une bonne idée pour le garçon le plus puissant de la Zone de partir ainsi à l'aventure? D'autant plus que, non loin de Perdido Beach, sur une île paradisiaque, son frère Caine, lui aussi devenu mutant, attend tranquillement sa revanche....

C'est un peu agaçant de reprendre une série après une longue coupure, surtout lorsqu'on n'a plus les tomes précédents sous la main; ainsi, comme d'habitude, il m'a fallu quelques temps pour reprendre le fil des événements et, surtout, me souvenir de tous les personnages: Ok pour Sam notre héros, sa petite amie Astrid, le redoutable Caine et sa compagne Diana, Ok également pour Edilio, Quinn ou encore Albert. Mais j'avoue avoir eu un blanc concernant Taylor ou même Jack le crack. Bon après ça revient, le récit se remet en route, et on prend plaisir à retrouver nos héros pour de nouvelles aventures, même si l'on doit avouer que nos héros font plutôt triste figure dans ce volume. La jolie Astrid apparaît comme un glaçon psycho-rigide, le vaillant Sam comme un adolescent pleurnichard... Le pire est sans conteste Albert, l'un des personnages les plus sympathiques du premier tome qui, au fil des romans, s'est mué en capitaliste sans scrupules, publicité vivante pour une école de commerce. Ceci dit, c'est cette absence de manichéisme qui fait tout le charme de Gone ainsi que l'atmosphère très sombre qui imprégne le récit. Livrés à eux-mêmes et à la maladie, les enfants invoquent un Dieu qui reste sourd. Tous également aspirent à une rédemption qui ne vient pas: Diana essaie d'oublier qu'elle est devenue cannibale, Sam qu'il a tué des enfants, Astrid qu'elle souhaite la mort de son petit frère. Ce côté sombre est renforcé par un humour noir et un certain cynisme de l'auteur: les actes héroïques dans Gone sont certes nombreux mais les faiblesses le sont encore plus et pointé impitoyablement par Grant. Les enfants sont ingrats et ne songent qu'à manger et à se plaindre sans bouger le petit doigt, Sam, Caine ou Edilio peuvent bien prétendre au titre de chef de la ville, le seul qui la contrôle vraiment c'est Albert et ses richesses...La Zone est un endroit malade, plein de morts et d'accidents et Sam a beaucoup vouloir faire de son mieux, il n'y arrive pas. Michael Grant s'est amusé avec Gone à créer une civilisation à échelle réduite en la faisant passer par tous les stades: dictature (Caine), démocratie (Sam) pouvoir à l'armée (Edilio) société marchande (Albert) ou partage des biens... Tout échoue, rappelant au lecteur que toute société est au fond aussi contrôlable qu'un gamin qui se serait retrouvé livré à lui-même du jour au lendemain.

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 13:10

L01.jpgBetty

Arnaldur Indridason

éditions Métailié

2003

 

Betty est ce qu'on nomme une femme fatale, compagne d'un riche homme d'affaires qui la bat et avec qui elle reste pour des motifs qui semblent purement financiers. Elle jette son dévolu sur notre personnage principal, narrateur de l'histoire et le persuade dans un premier temps de travailler pour son mari. C'est également elle qui monte un plan pour éliminer ce dernier avec son amour secret... Mais le dindon de la farce n'est pas forcément celui que l'on croit...

Comme pour tout roman policier, il est difficile d'en dire trop sur Betty de peur d'en tuer tout le suspens. Je vais donc essayer de marcher sur des oeufs. C'était mon premier contact avec l'auteur nordique Indridason, et je dois avouer que ce premier contact est plutôt encourageant: un style tout à fait correct, une description soignée des personnages et de leur psychologie... Ne nous le cachons pas ceci dit: l'originalité du livre tient essentiellement à un coup de théâtre au milieu du récit qui prend le lecteur totalement au dépourvu et le force même à revenir en arrière. Sorti de ce coup de théâtre, assez spectaculaire, nous avons somme toute une histoire policière classique: une femme fatale, un mari indésirable, un faux accident et un narrateur qui se laisse prendre au piège si méticuleusement que nous pouvons presque entendre le verrou se refermer derrière lui, le tout servi par une écriture d'une grande précision. Simple mais efficace, pas trop long, un roman idéal pour l'hiver qui vient...

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 19:28

L01.jpgLe trône de fer

intégrale 4

G.R.R Martin

éditions J'ai Lu

2005

 

Je crie au scandale: l'hiver n'est pas encore arrivé et me voici déjà parvenue à la fin du cycle du Trône de fer en version française. Si je veux savoir la suite désormais il me faudra soit la lire en anglais soit patienter jusqu'en avril 2012 (et oui soit le mois même de la reprise de la série télévisée) Parfois, la vie est injuste.

Donc reprenons et retournons aux royaumes des sept couronnes car c'est d'ailleurs là que se déroulera l'intégralité du roman, laissant en suspens le destin de bon nombre de personnages. Dans ce tome nous retrouvons la reine Cersei et son frère, la chevaleresque Brienne, un ou deux enfants Stark... Le royaume a sombré dans le chaos le plus total, les alliés d'hier sont devenus des ennemis et même les liens les plus solides ( ceux de Jaime et Cersei par exemple) sont mis à mal par les intrigues... Et pendant que les Stark ont perdu l'espoir de jamais se retrouver un jour, les rumeurs de dragons et d'une reine aux cheveux d'or se propagent...

J'ai beaucoup moins aimé ce tome que les précédents, beaucoup moins travaillé à mon sens et avec quelques longueurs, ce qui en toute objectivité ne m'a pas empêchée de le dévorer en quelques jours. Il faut dire que plusieurs personnages charismatiques sont absents de ce volume: le nain Tyrion, le taciturne John Snow, l'énigmatique Daenerys... Du coup, le lecteur est un peu déçu dans son attente. Ceci dit la force du récit est d'évoquer les protagonistes absents par le biais de la rumeur et des commérages. Martin a un don non seulement pour décrire un événement mais également pour montrer à quel point cet événement peut être détourné et réinterprété. Dans le premier tome, en temps de paix, un fait était contrôlé et  relayé par les corbeaux. Dans ce quatrième volume, en temps de guerre, plus rien n'est acquis ni établi pour réel, que ce soit la mort d'un protagoniste ou l'identité d'un assassin. Plus personne n'est à l'abri des calomnies et la plupart se cachent sous une fausse identité. Personnages comme lecteurs sont déconcertés et c'est même parfois un peu frustrant. Frustrant de voir Samwell par exemple croiser Arya Stark sans la reconnaître ou encore Brienne... Mais j'en ai trop dit, je me tais! Lecteurs friands de la saga retournez-y vite et les autres, soyez soulagés: nous n'en parlerons plus dans ce blog avant un petit moment maintenant...

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 10:40

L02.jpgEux sur la photo

Hélène Gestern

éditions Arléa

2011

 

 

Hélène n'a jamais rien su de sa mère, morte alors qu'elle était encore toute petite. C'est en fouillant dans les documents de son père qu'elle découvre une photo la représentant avec deux autres hommes. Hélène se lance alors dans une véritable enquête pour découvrir ce qui est arrivé à la femme qui l'a mise au monde et établit une correspondance avec Stéphane, un homme qui a reconnu son propre père sur la photo. Des mots en russe, des clichés familiaux, des notes sur un journal... Peu à peu Stéphane et Hélène, tout en nouant des liens très forts, parviennent à reconstituer le passé de leurs parents respectifs. Un passé qui ne sera d'ailleurs pas forcément à leur goût.

La seule chose que je pourrais reprocher à ce roman, c'est sa facilité: l'auteur adopte le style épistolaire, revenu au goût du jour avec Le cercle des amateurs d'épluchures de patates ou encore Quand souffle le vent du nord. Les thèmes abordés ne sont pas forcément non plus d'une folle originalité: des histoires d'amour contrariées, une correspondance qui devient amoureuse, des secrets familiaux bien gardés... Mais après tout, quand c'est bien fait, pourquoi pas? Et là il faut reconnaître que c'est plutôt bien exécuté: Hélène Gestern avec Eux sur la photo nous livre une jolie histoire construite sous forme de puzzle, laissant son lecteur, par le biais des deux héros, mener l'enquête sur les familles d'Hélène et de Stéphane. Bon, parfois ça flirte avec le mièvre, mais jamais trop près, évitant des larmoiements inappropriés. De même, l'absence de toute morale lourdingue (l'adultère n'est pas diabolisé, l'instinct maternel n'est pas érigé en modèle tout-puissant) rend le livre bien sympathique. L'héroïne presque quadragénaire et son pendant masculin s'effacent devant l'histoire d'amour de leurs parents, ce qui est à la fois un mal et un bien car si cela permet de donner à l'intrigue un tour presque policier (qu'est-il arrivé il y a de cela trente ans?) les personnages perdent en épaisseur et prennent paradoxalement le côté figé d'une photo délavée. A noter également les interruptions du récit par des descriptions de photographies anciennes, symboles de moments à jamais perdues et pourtant fixés pour l'éternité et qui donnent au livre un ton empreint d'une jolie nostalgie... Voilà. Eux sur la photo n'est pas forcément un chef-d'oeuvre de la littérature, mais c'est un roman d'amour assez doux qui peut vous occuper quelques soirées d'hiver.

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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 12:35

L03.jpgLa Cité

t.1 La lumière blanche

Karim Ressouni-Demigneux

éditions Rue du monde

2011

 

Et oui! C'est que Noël approche à grands pas et qu'il est temps de quoi trouver à lire à tous ces charmantes petites têtes blondes... Retournons un peu du côté des romans en jeunesse si vous le voulez bien et penchons-nous sur le premier tome d'une nouvelle série La Cité, éditée par Rue du Monde.

 Le jeune Thomas, un adolescent passionné de magie (les illusions pas la magie à la Harry Potter hein) voit une publicité présentant un nouveau jeu révolutionnaire sur Internet, la Cité, un jeu virtuel plus vrai que nature où toutes les sensations semblent réelles et dont le but est une énigme. Thomas bien sûr n'a de cesse d'obtenir le jeu pour son anniversaire et se retrouve ainsi plongé dans la fameuse Cité, une ville gigantesque fréquentée par des millions de joueurs comme lui venant de toute la planète. A lui de découvrir ce qu'il doit faire, de se faire des alliés mais aussi de se méfier de ses ennemis qui ne sont pas ceux qu'il croit...

Toute la première partie du roman est réussie: présentation d'un adolescent un peu trop lisse certes mais assez intéressant, description de l'engouement que suscite le jeu, présentation de la Cité virtuelle et de ses mystères, réactions des joueurs....

Et.... Et rien.

J'ignore si l'auteur n'a pas voulu s'avancer trop avant dans son intrigue (c'est qu'il faut une suite) ou tout simplement qu'il séchait pour trouver une histoire qui tienne la route (dans ce cas, on est mal barrés pour les tomes suivants) mais toujours est-il qu'il ne se passe pas grand-chose dans toute la seconde moitié du récit. Des mystères si obscures qu'on n'y comprend goutte, des scènes de bagarre pas franchement réussies, des rivalités pas forcément très intéressantes... Si Karim Ressouni-Demigneux excelle dans les descriptions des décors, il est en revanche peu convaincant dans les scènes d'action et la création d'atmosphères si bien qu'on ne ressent pas forcément une tension dramatique dans l'histoire. Qui plus est, au lieu de piéger le narrateur dans la ville virtuelle, l'auteur lui donne le pouvoir de la quitter quand il veut. La Cité reste donc un jeu, et le lecteur a du mal à trembler pour des scènes qui  ne sont pas réelles pour son propre héros. Un début prometteur pour une fin décevante... Bien + nul ça fait bof, pas forcément un livre que je conseillerai en cette fin d'année mais dont je lirais peut-être la suite pour voir si l'auteur parvient à redresser la barre...

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 20:41

L04.jpgLe trône de fer

intégrale 3

George R.R Martin

éditions J'ai Lu

2000

 

Oui, consolez-vous: j'en ai bientôt fini avec Le Trône de fer. Encore cette note et une note sans doute dans les prochaines semaines sur le tome 4 et je vous laisse tranquille pour quelques temps, la suite de la saga n'étant pas malheureusement pas sortie en français. Bouh! Bon, depuis le temps vous avez compris le principe: que ceux qui veulent lire la série ne lisent pas cet article! Merci....

Si le tome 2 n'était pas franchement gai, le tome 3 de la série est d'une noirceur absolue. Les Stark, plus ou moins nos héros, n'en finissent pas de ne jamais se retrouver. Catelyn Stark, la mère, persuadée d'avoir perdu ses deux fils, Bran et Rickon, essaie en vain de récupérer sa fille, Sansa, toujours prisonnière des Lannister à Port-Real, et n'hésite pas pour cela à libérer un précieux otage, Jaime, le frère et l'amant de la reine. Pendant ce temps sa plus jeune fille, Arya, présumée morte elle aussi, tente de la rejoindre ainsi que son frère aîné Robb. Quant à Bran, il poursuit une quête personnelle qui le conduira bien loin dans le Nord. Le roi Joffrey, lui, tout en préparant son mariage, continue à faire la guerre à son oncle Stannis et à Robb Stark...

Dans ce troisième volet, il y a beaucoup de mariages et beaucoup de rebondissements. Et beaucoup de morts aussi. Et, à dire vrai, j'ai beaucoup pleuré également. L'auteur s'amuse à prendre à contre-pied les histoires héroïques et chevaleresques; pas d'actes de bravoure ici mais des traîtrises abominables, des faux-semblants et des objectifs que personne n'atteint. Il déstabilise son lecteur de fantasy qui, plus habitué aux histoires qui finissent bien, aux héros qui ne meurent pas  ou alors héroïquement (par exemple en sauvant une belle princesse, sur un champ de bataille ou en se sacrifiant) et aux méchants vraiment méchants, ne sait pas trop comment réagir face à ces personnages qui ont tous une part d'ombre en eux. Nous autres pauvres lecteurs, nous sommes comme la gentille et polie Sansa, égarés dans un monde impitoyable et persuadés malgré toutes les catastrophes qui se déchaînent dans le récit que tout finira par s'arranger et que tous les Stark pourront se retrouver gaiement à Winterfell pour deviser au coin du feu. Bien sûr, nous nous doutons bien au fond que rien de tel ne pourra se produire. Martin parvient également à créer une formidable tension dramatique, laissant placer insidieusement une menace de mort sur tous ces personnages, que ce soit Tyrion mis en danger par sa propre famille ou John Snow, espion chez les Sauvageons. Il alterne aussi les scènes d'horreur pures (le mariage d'Edmure, un sommet d'atrocité) avec des scènes plus légères (les réparties de Tyrion ou les dialogues entre Jaime et Brienne) et des moments plus poétiques (la construction du château de glace par Sansa, les réflexions du gentil John Snow) Tout cela produit un joli mélange que la faiblesse de la traduction ne parvient pas à atténuer  et qui a un bon goût de revenez-y. Mais il faut que je sois forte: avant de poursuivre avec le quatrième tome, il faut que je lise un peu autre chose entre-temps...

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