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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 17:42

L01.jpgGone

t.4 L'épidémie

Michaël Grant

2011

 

 

Il était une fois une petite ville en Californie, Perdido Beach, et des enfants livrés à eux-mêmes depuis huit mois, depuis la disparition mystérieuse de tous les adultes de plus de quinze ans et la formation d'un dôme autour de ce qui est devenue "la Zone". Et dans la Zone, les choses vont de mal en pis: après la faim et les privations, les enfants, qui tentent de s'organiser tant bien que mal, doivent affronter une épidémie mortelle de grippe et des insectes tueurs, sans compter Drake, le mutant fou qui ne peut mourir et qui croupit dans l'une des maisons. Sam, autrefois leader mais destitué par ses pairs est envoyé par Albert, "l'homme d'affaires" de la ville à la recherche d'eau. Mais est-ce vraiment une bonne idée pour le garçon le plus puissant de la Zone de partir ainsi à l'aventure? D'autant plus que, non loin de Perdido Beach, sur une île paradisiaque, son frère Caine, lui aussi devenu mutant, attend tranquillement sa revanche....

C'est un peu agaçant de reprendre une série après une longue coupure, surtout lorsqu'on n'a plus les tomes précédents sous la main; ainsi, comme d'habitude, il m'a fallu quelques temps pour reprendre le fil des événements et, surtout, me souvenir de tous les personnages: Ok pour Sam notre héros, sa petite amie Astrid, le redoutable Caine et sa compagne Diana, Ok également pour Edilio, Quinn ou encore Albert. Mais j'avoue avoir eu un blanc concernant Taylor ou même Jack le crack. Bon après ça revient, le récit se remet en route, et on prend plaisir à retrouver nos héros pour de nouvelles aventures, même si l'on doit avouer que nos héros font plutôt triste figure dans ce volume. La jolie Astrid apparaît comme un glaçon psycho-rigide, le vaillant Sam comme un adolescent pleurnichard... Le pire est sans conteste Albert, l'un des personnages les plus sympathiques du premier tome qui, au fil des romans, s'est mué en capitaliste sans scrupules, publicité vivante pour une école de commerce. Ceci dit, c'est cette absence de manichéisme qui fait tout le charme de Gone ainsi que l'atmosphère très sombre qui imprégne le récit. Livrés à eux-mêmes et à la maladie, les enfants invoquent un Dieu qui reste sourd. Tous également aspirent à une rédemption qui ne vient pas: Diana essaie d'oublier qu'elle est devenue cannibale, Sam qu'il a tué des enfants, Astrid qu'elle souhaite la mort de son petit frère. Ce côté sombre est renforcé par un humour noir et un certain cynisme de l'auteur: les actes héroïques dans Gone sont certes nombreux mais les faiblesses le sont encore plus et pointé impitoyablement par Grant. Les enfants sont ingrats et ne songent qu'à manger et à se plaindre sans bouger le petit doigt, Sam, Caine ou Edilio peuvent bien prétendre au titre de chef de la ville, le seul qui la contrôle vraiment c'est Albert et ses richesses...La Zone est un endroit malade, plein de morts et d'accidents et Sam a beaucoup vouloir faire de son mieux, il n'y arrive pas. Michael Grant s'est amusé avec Gone à créer une civilisation à échelle réduite en la faisant passer par tous les stades: dictature (Caine), démocratie (Sam) pouvoir à l'armée (Edilio) société marchande (Albert) ou partage des biens... Tout échoue, rappelant au lecteur que toute société est au fond aussi contrôlable qu'un gamin qui se serait retrouvé livré à lui-même du jour au lendemain.

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 13:10

L01.jpgBetty

Arnaldur Indridason

éditions Métailié

2003

 

Betty est ce qu'on nomme une femme fatale, compagne d'un riche homme d'affaires qui la bat et avec qui elle reste pour des motifs qui semblent purement financiers. Elle jette son dévolu sur notre personnage principal, narrateur de l'histoire et le persuade dans un premier temps de travailler pour son mari. C'est également elle qui monte un plan pour éliminer ce dernier avec son amour secret... Mais le dindon de la farce n'est pas forcément celui que l'on croit...

Comme pour tout roman policier, il est difficile d'en dire trop sur Betty de peur d'en tuer tout le suspens. Je vais donc essayer de marcher sur des oeufs. C'était mon premier contact avec l'auteur nordique Indridason, et je dois avouer que ce premier contact est plutôt encourageant: un style tout à fait correct, une description soignée des personnages et de leur psychologie... Ne nous le cachons pas ceci dit: l'originalité du livre tient essentiellement à un coup de théâtre au milieu du récit qui prend le lecteur totalement au dépourvu et le force même à revenir en arrière. Sorti de ce coup de théâtre, assez spectaculaire, nous avons somme toute une histoire policière classique: une femme fatale, un mari indésirable, un faux accident et un narrateur qui se laisse prendre au piège si méticuleusement que nous pouvons presque entendre le verrou se refermer derrière lui, le tout servi par une écriture d'une grande précision. Simple mais efficace, pas trop long, un roman idéal pour l'hiver qui vient...

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 19:28

L01.jpgLe trône de fer

intégrale 4

G.R.R Martin

éditions J'ai Lu

2005

 

Je crie au scandale: l'hiver n'est pas encore arrivé et me voici déjà parvenue à la fin du cycle du Trône de fer en version française. Si je veux savoir la suite désormais il me faudra soit la lire en anglais soit patienter jusqu'en avril 2012 (et oui soit le mois même de la reprise de la série télévisée) Parfois, la vie est injuste.

Donc reprenons et retournons aux royaumes des sept couronnes car c'est d'ailleurs là que se déroulera l'intégralité du roman, laissant en suspens le destin de bon nombre de personnages. Dans ce tome nous retrouvons la reine Cersei et son frère, la chevaleresque Brienne, un ou deux enfants Stark... Le royaume a sombré dans le chaos le plus total, les alliés d'hier sont devenus des ennemis et même les liens les plus solides ( ceux de Jaime et Cersei par exemple) sont mis à mal par les intrigues... Et pendant que les Stark ont perdu l'espoir de jamais se retrouver un jour, les rumeurs de dragons et d'une reine aux cheveux d'or se propagent...

J'ai beaucoup moins aimé ce tome que les précédents, beaucoup moins travaillé à mon sens et avec quelques longueurs, ce qui en toute objectivité ne m'a pas empêchée de le dévorer en quelques jours. Il faut dire que plusieurs personnages charismatiques sont absents de ce volume: le nain Tyrion, le taciturne John Snow, l'énigmatique Daenerys... Du coup, le lecteur est un peu déçu dans son attente. Ceci dit la force du récit est d'évoquer les protagonistes absents par le biais de la rumeur et des commérages. Martin a un don non seulement pour décrire un événement mais également pour montrer à quel point cet événement peut être détourné et réinterprété. Dans le premier tome, en temps de paix, un fait était contrôlé et  relayé par les corbeaux. Dans ce quatrième volume, en temps de guerre, plus rien n'est acquis ni établi pour réel, que ce soit la mort d'un protagoniste ou l'identité d'un assassin. Plus personne n'est à l'abri des calomnies et la plupart se cachent sous une fausse identité. Personnages comme lecteurs sont déconcertés et c'est même parfois un peu frustrant. Frustrant de voir Samwell par exemple croiser Arya Stark sans la reconnaître ou encore Brienne... Mais j'en ai trop dit, je me tais! Lecteurs friands de la saga retournez-y vite et les autres, soyez soulagés: nous n'en parlerons plus dans ce blog avant un petit moment maintenant...

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 10:40

L02.jpgEux sur la photo

Hélène Gestern

éditions Arléa

2011

 

 

Hélène n'a jamais rien su de sa mère, morte alors qu'elle était encore toute petite. C'est en fouillant dans les documents de son père qu'elle découvre une photo la représentant avec deux autres hommes. Hélène se lance alors dans une véritable enquête pour découvrir ce qui est arrivé à la femme qui l'a mise au monde et établit une correspondance avec Stéphane, un homme qui a reconnu son propre père sur la photo. Des mots en russe, des clichés familiaux, des notes sur un journal... Peu à peu Stéphane et Hélène, tout en nouant des liens très forts, parviennent à reconstituer le passé de leurs parents respectifs. Un passé qui ne sera d'ailleurs pas forcément à leur goût.

La seule chose que je pourrais reprocher à ce roman, c'est sa facilité: l'auteur adopte le style épistolaire, revenu au goût du jour avec Le cercle des amateurs d'épluchures de patates ou encore Quand souffle le vent du nord. Les thèmes abordés ne sont pas forcément non plus d'une folle originalité: des histoires d'amour contrariées, une correspondance qui devient amoureuse, des secrets familiaux bien gardés... Mais après tout, quand c'est bien fait, pourquoi pas? Et là il faut reconnaître que c'est plutôt bien exécuté: Hélène Gestern avec Eux sur la photo nous livre une jolie histoire construite sous forme de puzzle, laissant son lecteur, par le biais des deux héros, mener l'enquête sur les familles d'Hélène et de Stéphane. Bon, parfois ça flirte avec le mièvre, mais jamais trop près, évitant des larmoiements inappropriés. De même, l'absence de toute morale lourdingue (l'adultère n'est pas diabolisé, l'instinct maternel n'est pas érigé en modèle tout-puissant) rend le livre bien sympathique. L'héroïne presque quadragénaire et son pendant masculin s'effacent devant l'histoire d'amour de leurs parents, ce qui est à la fois un mal et un bien car si cela permet de donner à l'intrigue un tour presque policier (qu'est-il arrivé il y a de cela trente ans?) les personnages perdent en épaisseur et prennent paradoxalement le côté figé d'une photo délavée. A noter également les interruptions du récit par des descriptions de photographies anciennes, symboles de moments à jamais perdues et pourtant fixés pour l'éternité et qui donnent au livre un ton empreint d'une jolie nostalgie... Voilà. Eux sur la photo n'est pas forcément un chef-d'oeuvre de la littérature, mais c'est un roman d'amour assez doux qui peut vous occuper quelques soirées d'hiver.

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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 12:35

L03.jpgLa Cité

t.1 La lumière blanche

Karim Ressouni-Demigneux

éditions Rue du monde

2011

 

Et oui! C'est que Noël approche à grands pas et qu'il est temps de quoi trouver à lire à tous ces charmantes petites têtes blondes... Retournons un peu du côté des romans en jeunesse si vous le voulez bien et penchons-nous sur le premier tome d'une nouvelle série La Cité, éditée par Rue du Monde.

 Le jeune Thomas, un adolescent passionné de magie (les illusions pas la magie à la Harry Potter hein) voit une publicité présentant un nouveau jeu révolutionnaire sur Internet, la Cité, un jeu virtuel plus vrai que nature où toutes les sensations semblent réelles et dont le but est une énigme. Thomas bien sûr n'a de cesse d'obtenir le jeu pour son anniversaire et se retrouve ainsi plongé dans la fameuse Cité, une ville gigantesque fréquentée par des millions de joueurs comme lui venant de toute la planète. A lui de découvrir ce qu'il doit faire, de se faire des alliés mais aussi de se méfier de ses ennemis qui ne sont pas ceux qu'il croit...

Toute la première partie du roman est réussie: présentation d'un adolescent un peu trop lisse certes mais assez intéressant, description de l'engouement que suscite le jeu, présentation de la Cité virtuelle et de ses mystères, réactions des joueurs....

Et.... Et rien.

J'ignore si l'auteur n'a pas voulu s'avancer trop avant dans son intrigue (c'est qu'il faut une suite) ou tout simplement qu'il séchait pour trouver une histoire qui tienne la route (dans ce cas, on est mal barrés pour les tomes suivants) mais toujours est-il qu'il ne se passe pas grand-chose dans toute la seconde moitié du récit. Des mystères si obscures qu'on n'y comprend goutte, des scènes de bagarre pas franchement réussies, des rivalités pas forcément très intéressantes... Si Karim Ressouni-Demigneux excelle dans les descriptions des décors, il est en revanche peu convaincant dans les scènes d'action et la création d'atmosphères si bien qu'on ne ressent pas forcément une tension dramatique dans l'histoire. Qui plus est, au lieu de piéger le narrateur dans la ville virtuelle, l'auteur lui donne le pouvoir de la quitter quand il veut. La Cité reste donc un jeu, et le lecteur a du mal à trembler pour des scènes qui  ne sont pas réelles pour son propre héros. Un début prometteur pour une fin décevante... Bien + nul ça fait bof, pas forcément un livre que je conseillerai en cette fin d'année mais dont je lirais peut-être la suite pour voir si l'auteur parvient à redresser la barre...

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 20:41

L04.jpgLe trône de fer

intégrale 3

George R.R Martin

éditions J'ai Lu

2000

 

Oui, consolez-vous: j'en ai bientôt fini avec Le Trône de fer. Encore cette note et une note sans doute dans les prochaines semaines sur le tome 4 et je vous laisse tranquille pour quelques temps, la suite de la saga n'étant pas malheureusement pas sortie en français. Bouh! Bon, depuis le temps vous avez compris le principe: que ceux qui veulent lire la série ne lisent pas cet article! Merci....

Si le tome 2 n'était pas franchement gai, le tome 3 de la série est d'une noirceur absolue. Les Stark, plus ou moins nos héros, n'en finissent pas de ne jamais se retrouver. Catelyn Stark, la mère, persuadée d'avoir perdu ses deux fils, Bran et Rickon, essaie en vain de récupérer sa fille, Sansa, toujours prisonnière des Lannister à Port-Real, et n'hésite pas pour cela à libérer un précieux otage, Jaime, le frère et l'amant de la reine. Pendant ce temps sa plus jeune fille, Arya, présumée morte elle aussi, tente de la rejoindre ainsi que son frère aîné Robb. Quant à Bran, il poursuit une quête personnelle qui le conduira bien loin dans le Nord. Le roi Joffrey, lui, tout en préparant son mariage, continue à faire la guerre à son oncle Stannis et à Robb Stark...

Dans ce troisième volet, il y a beaucoup de mariages et beaucoup de rebondissements. Et beaucoup de morts aussi. Et, à dire vrai, j'ai beaucoup pleuré également. L'auteur s'amuse à prendre à contre-pied les histoires héroïques et chevaleresques; pas d'actes de bravoure ici mais des traîtrises abominables, des faux-semblants et des objectifs que personne n'atteint. Il déstabilise son lecteur de fantasy qui, plus habitué aux histoires qui finissent bien, aux héros qui ne meurent pas  ou alors héroïquement (par exemple en sauvant une belle princesse, sur un champ de bataille ou en se sacrifiant) et aux méchants vraiment méchants, ne sait pas trop comment réagir face à ces personnages qui ont tous une part d'ombre en eux. Nous autres pauvres lecteurs, nous sommes comme la gentille et polie Sansa, égarés dans un monde impitoyable et persuadés malgré toutes les catastrophes qui se déchaînent dans le récit que tout finira par s'arranger et que tous les Stark pourront se retrouver gaiement à Winterfell pour deviser au coin du feu. Bien sûr, nous nous doutons bien au fond que rien de tel ne pourra se produire. Martin parvient également à créer une formidable tension dramatique, laissant placer insidieusement une menace de mort sur tous ces personnages, que ce soit Tyrion mis en danger par sa propre famille ou John Snow, espion chez les Sauvageons. Il alterne aussi les scènes d'horreur pures (le mariage d'Edmure, un sommet d'atrocité) avec des scènes plus légères (les réparties de Tyrion ou les dialogues entre Jaime et Brienne) et des moments plus poétiques (la construction du château de glace par Sansa, les réflexions du gentil John Snow) Tout cela produit un joli mélange que la faiblesse de la traduction ne parvient pas à atténuer  et qui a un bon goût de revenez-y. Mais il faut que je sois forte: avant de poursuivre avec le quatrième tome, il faut que je lise un peu autre chose entre-temps...

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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 12:29

L07.jpgLes souvenirs

David Foenkinos

éditions Gallimard

2011

 

Place à toute la fraîcheur et à la sensibilité du génie français avec ce roman d'une rare émotion parlant de mort, d'amour, du temps qui passe, de l'urgence de cueillir le jour qui fuit et....

Stop! Vous y avez cru hein? Et bien non je ne serais pas tendre aujourd'hui, pas après avoir lu mon premier vrai navet de la rentrée littéraire. Je n'avais déjà pas beaucoup accroché avec La délicatesse en même temps je devais bien me douter que le second roman de Foenkinos ne me plairait pas... Mais que voulez-vous je suis indécrottable.

Foenkinos s'est donc un jour penché sur son bureau et c'est dit: "hum diable sur quoi vais-je écrire, qu'est-ce qui est vendeur de nos jours? Ah tiens les vieux c'est une valeur sûre. Tout le monde aime les vieux et leur sagesse incommensurable. Et puis on va parler d'amour aussi. Tout le monde aime l'amour." Et voici donc notre vaillant écrivain racontant l'histoire d'un narrateur veilleur de nuit dans un hôtel mais brûlant du désir d'écrire (folle originalité) qui, après la mort de son grand-père prend conscience de la brièveté de la vie (cliché numéro 1: nous mourrons tous un jour ou l'autre alors il faut profiter de la vie) et se rapproche alors de sa grand-mère, que ses enfants indignes ont placé dans une maison de retraite (cliché numéro 2: les maisons de retraites c'est mal). Bien entendu la grand-mère finit par mourir mais, à cette occasion, le narrateur fait la connaissance de Louise, une institutrice, avec qui il copule fougueusement avant de l'épouser (après la drague dans la rue, Foenkinos lance la drague dans les cimetières: à votre prochain enterrement les filles, sortez vos minijupes!) Mais le mariage ne tarde pas à battre de l'aile car le narrateur ne parvient toujours pas à écrire....

La première partie de l'histoire est ennuyeuse: la mort du grand-père, le déclin de la grand-mère... ça sent le déjà-vu, les histoires de famille ressassées, les réflexions en gros sabots sur la canicule et  sur nos vieux qu'on néglige, les relations tendues père/fils, nous on s'aime mais on ne sait pas comment le dire parce qu'on est tous différents...Un moment donné le récit prend une certaine légèreté avec la fugue de la grand-mère mais ce semblant d'intrigue est vite désamorcé pour laisser place à la seconde partie de l'histoire, la romance entre le narrateur et son instit. Et là, on sombre dans le grotesque le plus total: scènes d'amour d'une mièvrerie sans nom, embrassades, roucoulades à la je t'aime moi non plus, sexe effréné dans un hôtel, visite de Paris la nuit... L'auteur accumule les clichés tout en essayant de s'en démarquer: ainsi le narrateur, embrassant sa belle sur un quai de gare, s'insurge en voyant un autre couple faire de même. Ils lui volent son cliché eux qui se sont sans doute rencontrés sur Internet! (à noter: pour Foenkinos se rencontrer sur Internet c'est trop naze, mais se rencontrer lors d'un enterrement c'est trop la classe) Le résultat: une histoire d'amour insipide et qui rend les personnages aussi têtes à claques les uns que les autres... Je ne suis pas contre l'écriture du banal et du quotidien, des souvenirs et de l'amour etc. Encore faut-il le faire bien: mais en lisant Foenkinos, j'aurais tout aussi bien pu lire n'importe quel auteur contemporain. Ce n'est pas qu'il écrit mal, non, mais c'est qu'il n'a aucun style. C'est le style bateau, celui du narrateur tourmenté et omniprésent qui multiplie les phrases courtes, les réflexions philosophiques de bas étage et les comparaisons niaises. La seule touche personnelle de l'auteur c'est l'interruption de la narration par les souvenirs d'autres protagonistes. Bon c'est lassant mais ça a le mérite d'être original...

Vous me trouvez sans doute un peu dure mais ce qui m'énerve, ce n'est pas tellement le roman: au fond libre à chacun d'écrire et de lire ce qu'il aime, aussi insipide cela puisse-t-il paraître à d'autres. Non ce qui m'énerve c'est le battage médiatique des Souvenirs qui a tout de même été sélectionné pour le Goncourt si ma mémoire est bonne. Or, je n'ai pas vu beaucoup de différence avec un Marc Levy ou un Guillaume Musso à ceci près qu'eux au moins assument ce qu'ils sont: des auteurs populaires pour un lectorat essentiellement féminin.

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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 20:42

L01.jpgLe trône de fer

intégrale t.2

George R.R Martin

éditions J'ai Lu

(1999)


 

Si le premier tome du Trône de fer était peu réjouissant, ce n'est rien comparé au second volume qui cumule meurtres, incendies, moult têtes tranchées et autres joyeusetés. Eh oui! Je vous avais prévenu: que les non amateurs de fantasy ainsi que ceux qui ont vu la série Game of thrones ou qui veulent la voir et  qui craignent les indiscrétions passent leur chemin...

Après la mort du roi Robert, le royaume a sombré dans un bain de sang: le roi Joffrey est sur un trône éjectable, cerné par les deux frères de Robert, Stannis et Renly, et par Robb Stark dont il détient toujours la soeur Sansa. .. Il dispose néanmoins de l'aide de son oncle Tyrion, dit le Lutin. Pendant ce temps, Arya Stark quitte la capitale pour tenter de rejoindre le Nord et ses frères tandis que John Snow s'apprête à patrouiller au-delà du Mur. Et, loin, très loin de l'autre côté des mers, Daenerys, la mère des Dragons, tente de trouver un moyen de rejoindre le royaume des sept couronnes...

Une fois n'est pas coutume, je vais râler un peu contre la traduction française: je ne pense pas être une puriste et, pouvu que les phrases aient un sens, je n'irai pas râler sur tel ou tel point de détail (est-ce vraiment ce que l'auteur voulait dire?) ça reste de la fantasy, ce n'est pas du Joyce non plus. Ce n'est pas ceci dit une raison pour prendre son lecteur pour un gros niais et là, la traduction semble clairement indiquer le contraire: lourdeurs évidentes dûes à une traduction mot à mot, et parfois même phrases qui ne veulent strictement rien dire. C'est un petit bémol qui m'a un peu gâchée la lecture. Après, j'ai quand même passé trois jours plongée dans ce deuxième volet de la saga, volet regorgeant de faits d'armes héroïques et de têtes coupées, de trahisons ignobles et de retournements de situations inattendues. Les Stark parviendront-ils à se retrouver un jour? Daenerys parviendra-t-elle à retourner chez elle? Autant de questions qui, vous vous en doutez ne trouveront pas de réponses de sitôt... Je comprends la frustration de ceux qui ont dû lire la série suivant le découpage français: la première partie, la bataille des rois, est en effet un peu lente et il est tentant de crier au scandale. Les deux autres parties sont beaucoup plus riches en événements. Que dire d'autre? Assurément, ce n'est pas de la grande littérature, mais c'est de la bonne fantasy, un conte de fées pour adultes (très gore le conte, je l'admets) qui nous transporte bien loin et qui, cerise sur le gâteau, va pouvoir me permettre de narguer ceux qui n'ont vu que la série: et oui, moi maintenant je connais la suite...

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 15:11

L03.jpg1Q84

(livres1 et 2)

Haruki Murakami

éditions Belfond

2009

 

 

Nous sommes au Japon, en 1984. Une jeune femme, Anomamé, engagée par une vieille dame, tue des époux violents en faisant passer leurs morts pour accidentelles. Pendant ce temps, Tengo, un modeste professeur de maths, écrivain à ses heures perdues, accepte de réécrire le roman prometteur d'une jeune fille de dix-sept ans. Tous deux ne semblent avoir rien en commun si ce n'est leur extrême solitude, pourtant ils sont liés. Leur destin les entraînent dans une direction inconnue et, tandis qu'ils glissent dans un monde parallèle, le monde de 1Q84, monde des Little People et des deux lunes, leur passé commun resurgit...

A dire vrai, 1Q84 a été une petite déception. Si Murakami a parfois flirté avec le fantastique et le merveilleux, il l'a toujours fait avec une certaine finesse et beaucoup de naturel. Or, 1Q84 est un roman lourd. Nous ne sommes plus dans la suggestion mais dans la démonstration. L'auteur s'emploie à plusieurs reprises à souligner l'insolite et le surnaturel de l'histoire et donne au récit un côté artificiel que ses précédents romans n'avaient pas. L'intrigue en elle-même n'est pas forcément des plus intéressantes, diluée dans deux tomes (le troisième sortira en France en 2012) et très orientée SF. J'ajoute à cela que je ne suis pas non plus fan des termes anglo-saxons qui émaillent le roman, lui donnant l'allure d'un mauvais film d'action américain, tout comme d'ailleurs Aomamé, figure justicière d'une féminité bafouée. Bref, à de nombreuses reprises, je me suis demandée comment diable un auteur que j'aime beaucoup d'habitude a pu se lancer dans une entreprise pareille. Bon, il faut relativiser: c'est du Murakami tout de même et le style est toujours là. De plus, 1Q84 réserve de très jolies scènes: les scènes où Aomamé contemple les deux lunes, celles où Tengo se remémore l'histoire du jeune homme et de la ville aux chats... ce sont dans ces passages clair-obscurs (description d'un jardin d'enfants au clair de lune, ville endormie, souvenirs en noir et blanc du passé des deux héros, rêves...) que l'auteur réaffirme avec force son talent pour un univers poétique et onirique dont, à mon humble avis, il ne devrait pas sortir. Reconnaissons-le: 1Q84 est une entreprise audacieuse, le désir d'un auteur de prouver qu'il peut se renouveler mais, pour ma part, en attendant de lire le dernier volet, c'est un roman en demi-teinte loin d'atteindre le niveau des précédents romans de Murakami.

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 18:54

L08.jpgAnton Reiser

Karl Philipp Moritz

éditions Fayard

(1785)

 

 

Il m'a fallu du temps pour me remettre de la lecture des 120 jours de Sodome mais ça y est, me revoilà prête à vous parler de nouveau des 1001 livres qu'il faut avoir lus dans sa vie. Passons de la sulfureuse France du 18e siècle à la passionnée Allemagne...Pas sûre qu'on y gagne au change.

Anton Reiser, oeuvre parue pour la première fois en 1785, met en scène Anton, un jeune homme de condition modeste élevé dans une piété austère. Le garçon est intelligent mais émotionnellement  instable. Promis à une situation peu enviable, il attire l'attention de riches protecteurs grâce à son esprit et peut entamer des études. Mais sa pauvreté et sa dépendance vis-à-vis des puissants empoisonnent son existence. Tiraillé entre des sentiments contradictoires, une passion du romanesque et du théâtre, sa timidité et son orgueil, Anton se bat contre tous les obstacles, réels ou imaginaires, humiliations et railleries, et échoue finalement à trouver ce qu'il cherchait: le bonheur.

Très largement inspiré par l'expérience de son auteur, le malheureux Karl Philipp Moritz, contemporain et ami de Goethe, Anton Reiser doit beaucoup à Rousseau et à ses Confessions au niveau du style et du sujet. Il s'agit pour l'auteur de présenter au mieux un héros, ses forces et ses faiblesses et de le décrire dans toute sa vérité. Anton est un personnage de ce fait qui paraît terriblement humain puisqu'il nous est présenté sans fard: prétentieux mais intelligent, sensible mais fier et surtout... très jeune. Anton rêve de liberté et d'aventures mais doit vivre de la charité des autres. Il aimerait être un grand et se retrouve sans cesse rabaissé... La psychologie du héros est très bien rendue et certains passages sont particulièrement intéressants car, tout comme ceux de Rousseau, ils mettent en situation certaines scènes et certains sentiments qui sont rendus avec une telle exactitude que l'auteur semble les avoir vécus lui-même.

Mais après... et bien c'est très inégal et c'est long. Quelques pointes de poésie ou de justesse ne peuvent racheter un roman qui se perd dans les états d'âme de son héros et qui fait traîner une intrigue... euh quelle intrigue d'ailleurs? N'est pas Rousseau ou Goethe qui veut et le pauvre Moritz, guère plus vieux que son personnage (il n'aura pas la chance de mûrir d'ailleurs puisqu'il mourra avant ses quarante ans) échoue à donner vie à un récit bâtard, hésitant entre romantisme et psychologie. Le lecteur peut être intéressé, il n'est pas touché par les mésaventures de Anton, à moitié poète et comédien, à moitié génie et à moitié homme de rien, héros inabouti qui voulait toucher les étoiles et qui s'est retrouvé à terre... 

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