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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 13:28

L02.jpgCathy's Book

Sean Stewart/ Jordan Weisman

éditions Bayard Jeunesse

 

Entre mes mains, un livre. Mais un livre qui n'a rien de traditionnel. Il se présente en effet comme un carnet, avec à l'intérieur, dans une pochette, plein de documents annexes, lettres, dessins, coupures de journaux... Les pages sont gribouillées, annotées. Des numéros de téléphone sont inscrits ça et là. Et si vous pensiez faire une lecture tranquille, détrompez-vous.

Cathy's book est à ma connaissance le premier livre "interactif" au monde, écrit d'ailleurs par des concepteurs de jeux vidéos. L'histoire est un journal intime, celui de Cathy, jeune fille de dix-sept ans qui, larguée par son petit ami Victor, se met en tête de comprendre les raisons de cette rupture. La voilà donc menant une véritable enquête sur le mystérieux jeune homme, avec l'aide d'Emma, sa meilleure amie. Et le lecteur est également sollicité! A l'aide des documents qui lui sont fournis, il peut mener sa propre enquête, aller sur les sites que lui indique Cathy, trouver les codes pour accéder aux messageries vocales des protagonistes de l'histoire, écouter les messages... et ce afin de résoudre avec Cathy le mystère qui entoure Victor.

J'avoue que j'ai été très paresseuse sur ce coup-là: pour trouver les codes et résoudre les énigmes, je ne me suis pas fatiguée et j'ai été chercher directement sur Internet (si, je tiens à préciser que j'en ai quand même trouvé un, le plus simple je le crains) Ceci dit, j'ai beaucoup apprécié la forme du roman, dont l'originalité en fait encore aujourd'hui l'une des meilleures ventes du rayon jeunesse. L'histoire n'a rien d'extraordinaire et le mystère Victor en soi est bien vite résolu par un esprit pas trop lent mais le style est sympathique, l'héroïne plutôt drôle, le principe amusant. Je vais très probablement d'ici peu me procurer le deuxième tome de la série (car oui, il y a une suite, et le troisième est même annoncé pour ce mois-ci) et cette fois je vous le promets de le faire sérieusement, avec un crayon à la main, l'ordinateur allumé et le téléphone à côté.

Ceci dit, comment vous dire? pour moi, lire Cathy's book et bien... cela n'a pas été vraiment lire. Disons que ce n'est pas vraiment ma conception de la lecture. Ah ne commencez pas à hurler, j'ai déjà dit que le style était tout à fait convenable, que les personnages étaient attachants, le problème ne vient donc pas de l'écriture. C'est juste que, quand je lis, je n'ai pas forcément envie de me demander par quoi commencer: lire les documents, lire le journal, aller sur le site? Pour moi la lecture repose pour une bonne part sur l'imagination, or de l'imagination il n'en faut pas pour l'oeuvre de Stewart et Weisman. Tout est balisé, tout est décrit, nous avons des représentations des personnages et de leur voix, une avalanche de documents pour cerner leurs différentes personnalités... Ici, c'est la logique qui est sollicitée. Et comme je suis quelqu'un de plus imaginative que logique... Pour moi Cathy's book s'apparente à un jeu vidéo, une activité qui vous demande un esprit alerte et non pas un besoin d'évasion. C'est fatiguant car il faut rentrer quasiment dans la peau de l'héroïne et adhérer à un univers qui ne vous laisse aucune latitude. Après, avec quelques efforts on peut tout à fait se laisser porter ceci dit. Pour conclure, ce que j'ai le plus apprécié dans ce livre, c'est surtout l'idée des documents annexes qui nous rappellent que la vie d'une personne ne se résume pas à ce qu'elle écrit mais également à tous ses petits objets qui peuplent sa vie quotidienne: croquis, feuilles volantes, poèmes esquissés, lettres, faires-parts, gribouillis dans le coin d'une page... Tous ces petits riens qui font paradoxalement tout le sel d'un homme.

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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 21:36

L08.jpgCandide

Voltaire

éditions Librio

 

J'aime beaucoup les contes. Vraiment. Les vrais contes, ceux qui viennent de la tradition orale (saviez-vous par exemple qu'il existait une multitude de versions de Cendrillon dont l'une avec un héros masculin?) et qui ont été ensuite couchés sur papier par différents auteurs avec des styles et des sensiblités différentes. C'est pourquoi, dans la mesure où j'aime les contes, je ne peux pas aimer les contes philosophiques de Voltaire, et encore moins Candide qui, à mon sens est le plus ronflant de tous.

Voltaire, que tout le monde connaît, s'est servi du genre littéraire du conte (la concision, le style naïf, un héros qui fait son apprentissage) mais l'a détourné afin d'en faire un récit ironique au service de ses idées et de sa philosophie. Dans Candide ou l'optimisme, le héros éponyme, bâtard de la soeur d'un baron, vit gaiement dans le château de ce dernier avec son précepteur, Pangloss, qui lui enseigne que "tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes". Et en effet, Candide n'a pas à se plaindre dans le plus beau des châteaux jusqu'au jour où, hélas! il est chassé par le baron pour avoir embrassé sa fille, Cunégonde, dont il est amoureux. Lâché dans le vaste monde, notre héros naïf découvre peu à peu que la philosophie de son précepteur bien-aimé laisse à désirer: guerres, fanatisme religieux, cupidité... Le jeune homme manque de se faire tuer à de nombreuses reprises, assiste à des massacres insensés, retrouve sa dulcinée qui a été violée... Peu à peu il perd sa foi dans le meilleur des mondes et essaie tant bien que mal de s'adapter à ce nouvel univers...

Je ne vais pas épiloguer sur Candide. Je n'ai jamais eu d'inspiration sur ce conte, que ce soit au lycée ou aujourd'hui, lui préférant largement Zadig du même auteur, plus court et moins parodique. Candide est un récit qui détourne le conte: tout comme le héros du conte traditionnel, notre héros est amené à faire son apprentissage mais, alors que dans le conte traditionnel, cet apprentissage permet au héros de grandir, l'amenant à une fin, les expériences que vit Candide ne lui sont d'aucune utilité et ne servent qu'à lui démontrer la cruauté et l'absurdité de notre monde. A dessein, Voltaire utilise le style faussement naïf du conte et un personnage ingénu pour accentuer le contraste avec les barbaries qu'il décrit. C'est donc une perpétuelle ironie qui vise à un seul objectif: ridiculiser la philosophie de l'optimisme (dont Pangloss est la représentation) en démontrant que non, tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes. Vous trouvez que je me répète? tant mieux, parce que c'est exactement l'impression que j'éprouve en lisant Voltaire. C'est redondant, c'est exagéré. Les contes "normaux" le sont aussi, certes, mais ils ne sont jamais aussi longs. Qui plus est, il n'y a pas cette sorte d'auto-satisfaction qui suinte à chaque phrase de l'auteur: "Regardez comme je suis brillant et ironique" . Candide est pour moi une surrenchère. Au début on sourit, à la fin on s'ennuie, gavé par les malheurs de Candide et ses exclamations répétées, gavé par tous ses personnages qui se succèdent, meurent et ressuscitent,  pour nous montrer à quel point le monde est affreux:  "Qu'est-ce que l'optimisme? disait Cacambo. - Hélas! dit Candide, c'est la rage de soutenir que tout est bien quand on est mal" Je reconnais volontiers à Voltaire une plume brillante et une ironie mordante. Mais les philosophes des Lumières n'ont jamais été ma tasse de thé. Pardon à mon prof de français en seconde et pardon à tous les lycéens qui sont tombés sur cette page par hasard, en espérant trouver de quoi faire une fiche de lecture....

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 19:13

L01.jpgHistoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut

Prévost

éditions Flammarion

 

Ou l'histoire dont "le héros est un fripon et l'héroïne, une catin"... L'expression n'est pas de moi je vous rassure, je ne suis pas assez intelligente pour ressortir des phrases pareilles, surtout à cette heure-ci. Elle est de Montesquieu qui jugeait ainsi l'histoire d'amour entre Des Grieux et Manon Lescaut. Je suis assez d'accord ceci dit avec cette interprétation de l'oeuvre. Difficile de trouver sympathiques ces personnages qui paradoxalement vivent une histoire d'amour des plus touchantes, si touchantes qu'elle fait aujourd'hui partie du "top" des histoires d'amour, entre Roméo et Juliette (jamais été fan d'eux d'ailleurs, toujours préféré Ophélie et Hamlet) et Abélard et Héloïse.

Le chevalier Des Grieux est un jeune noble, cadet d'une bonne famille et promis à un grand avenir. Snob, d'un goût porté aux études et à la religion, son chemin croise un jour celui de Manon, jeune fille de basse naissance, que faute de moyens, sa famille a décidé de faire entrer au couvent.  Des Grieux tombe amoureux de la belle, prend la fuite avec elle et ils deviennent amants. Non, ne commencez pas à hausser les épaules en prenant un air entendu: la tragédie de l'histoire (car c'est un roman tragique, ne vous bercez pas d'illusions) ne repose pas sur la différence de rang entre les deux amants. La tragédie repose sur leurs personnalités qui, l'une comme l'autre, vont les mener à leur perte (enfin elle surtout). Manon aime Des Grieux, mais aime encore plus l'argent, ou plutôt tout ce qu'il peut lui apporter: confort, distractions, plaisirs... Personnage assez simple, elle prend la vie avec légèreté et trahit son chevalier plus d'une fois pour des hommes plus fortunés, au demeurant sans presque penser à mal. Pour elle, comme elle l'avoue une fois à son amant, tout ce qui compte , c'est "la fidélité du coeur". Des Grieux, amant passionné, n'a pas la même vision qu'elle: pour lui son monde se résume à sa maîtresse, à sa Manon adorée et pour elle, il va très loin: il triche aux jeux pour lui offrir une vie de luxe, lui pardonne ses trahisons, vole... il va même jusqu'au meurtre pour la retrouver alors qu'elle est emprisonnée... Tout le drame repose donc sur ce couple impossible, cette alliance entre sentiments nobles et préoccupations mondaines, ou comment l'amour amène à agir contre la société et, bien plus grave, sa propre conscience. L'ironie de la situation dans ce roman repose sur le fait que les amants se sortent de toutes les galères possible et inimaginables mais que ce n'est que lorsqu'ils s'assagissent, qu'ils veulent se marier et que Manon devient enfin aimante et fidèle, ce n'est qu'à ce moment-là que le sort s'acharne et que, contraints de fuir, Manon meurt dans le désert dans les bras de son amant, vaincue par cette ultime épreuve. C'est comme si l'auteur les jugeait digne seulement à ce moment-là d'avoir une véritable fin de tragédie après un roman qui, au fond, tient plus au niveau de l'intrigue, du vaudeville. Mais qui peut blâmer cet amour passionné, terriblement égoïste et destructeur? Ce n'est certes pas l'auteur qui oppose à Des Grieux son ami Tiberge, l'homme de religion, de vertu... et terriblement ennuyeux, prêt à farcir le personnage principal de bons conseils dont il n'a que faire.

Huum je risque d'être un peu plus longue que prévu sur cette note, mais je ne peux pas ne pas parler de la narration dans Manon Lescaut. Car ce qui fait la force du récit avant tout, c'est qu'il est narré par le chevalier Des Grieux lui-même. Or, Des Grieux est un brillant conteur: il décrit à merveille les affres de la passions, les angoisses de la séparation, les tortures de la jalousie... Mais surtout, il est le champion incontesté de la mauvaise foi: il a l'art d'enjoliver son récit, de se dépeindre sous son meilleur jour, occultant certains événements, s'étendant au contraire sur d'autres qui le mettent en valeur. Le récit n'est au fond qu'une plaidoirie, un discours qui vise à convaincre son interlocuteur (le héros d'un autre roman de Prévost) et par là-même le lecteur. D'ailleurs, durant toute la narration, Des Grieux s'en sort toujours en se trouvant des alliés qu'il rallie à sa cause par son style inimitable. Nous parlions de vaudeville; pourquoi le roman n'en est-il pas un alors qu'on y trouve des arnaqueurs, des vieux barbons ridiculisés par leur jolie maîtresse, une amante infidèle, des valets qui dupent leurs maîtres? La réponse tient au style de la narration qui fait de tout ceci une histoire d'amour malheureuse et impossible, un chant tragique à la gloire de deux amants un peu imprudents et un peu inconséquents. Parions que d'un autre point de vue, l'histoire aurait été beaucoup moins belle... Mais la faconde de Des Grieux a des limites: lorsque Manon meurt, il est incapable de décrire cet instant : "Pardonnez si j'achève en peu de mots un récit qui me tue (...) N'exigez point que je vous décrive mes sentiments, ni que je vous rapporte ses dernières expressions. Je la perdis; je reçus d'elle des marques d'amour au moment même qu'elle expirait; c'est tout ce que j'ai la force de vous apprendre, de ce fatal et déplorable événement." Faites le silence nous dit Prévost... il y a des circonstances, des moments, merveilleux ou tragiques qui ne pourront jamais être rendus à l'écrit.

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 10:11

L01.jpgQui a tué l'idiot?

Dumontheuil

éditions Casterman

 

 

Nous sommes en 1906. Lucien Lurette, acteur raté, arrive dans un petit village au bord de mer, théâtre d'événements pour le moins sordides. En six ans, le tiers des habitants a été assassiné par un mystérieux meurtrier qui tue uniquement les villageois. Qui est-ce? Le comte qui dicte ses lois, unique détenteur des mystérieux poèmes laissés sur les cadavres, le curé qui, après une tentative ratée de suicide ,se terre chez lui, le lanceur de rumeur qui dit beaucoup de vérités et quelques mensonges? Mais en fin de compte, qui est le plus inquiétant? ce meurtrier anonyme ou ces villageois pour le moins atteints; des enfants qui torturent et tuent les animaux, des vieillards qui hurlent que c'est leur faute ou ce concierge qui s'obstine à construire une église au bord de la falaise alors qu'elle sera tôt ou tard détruite? La clé du mystère se trouve cependant dans une seule question: Qui a tué l'idiot, le premier assassiné de l'histoire?

Cette bande dessinée, on me l'a fourrée d'office entre les mains. Je vous le dis tout net, j'avais pas intérêt à ne pas l'aimer, sous peine d'être pourrie par mes charmants collaborateurs. Bon ça va, j'ai beaucoup aimé. Mais c'est trash, il faut l'admettre. Les dessins sont sombres, les personnages ont des traits repoussants, des expressions affreuses et au demeurant, malheureusement, assez réalistes. L'histoire... Vous avez lu le résumé, je crois qu'il n'y a rien à ajouter. Dans un style gothique qui m'a fait penser à l'univers de Tim Burton dans Sleepy Hollow, la bande dessinée est traversée de part en part par un humour macabre plutôt réjouissant. Impossible de dire où s'arrête la part de réalité et la part de rêve, c'est une ambiance cauchemardesque; les traits se tordent, les personnages se transforment en animaux, les corps se gonflent et deviennent monstrueux... Et au milieu de tout ça, nous avons le personnage de Lucien Lurette, l'acteur, qui, bien malgré lui, s'intègre à cette farce grotesque et, presque à son corps défendant, devient l'un des protagonistes principaux de l'histoire, courant le risque de devenir habitant et donc, à son tour, de mourir... C'est la parodie d'une société où chacun a sa place et doit la tenir coûte que coûte, avec une logique poussée jusqu'à l'absurde.  C'est un peu effrayant quand même. Alors, qui a tué l'idiot? A vous de le découvrir à votre tour....

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29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 22:13

L08.jpgPeregrine Pickle

Tobias Smollett

éditions Routledge

 

 

Lire les 1001 livres... relève parfois du challenge. J'espérais en avoir fini avec les lectures en anglais mais hélas pour moi, les auteurs jugés indispensable par mon fidèle guide ne le sont pas forcément pour les traducteurs. Ainsi, pour Peregrine Pickle, le roman dont je vais vous parler aujourd'hui, il a fallu commander d'occasion le livre en Angleterre (le dernier propriétaire a soigneusement noté au crayon sur la première page son année d'acquisition: 1901) et lire près de 600 pages dans ce charmant anglais du 18e siècle avec la moitié des mots qui ne sont pas dans mon dictionnaire (et pourtant c'est pas un dictionnaire de poche, je m'insurge!) Bref, presque deux mois plus tard, Peregrine Pickle est à terre et moi, triomphante, prête à vous en parler.

Et en fait je vais pas vous en dire grand-chose parce qu'au demeurant je n'ai pas trouvé ça extraordinaire. Tout ça pour ça! L'histoire démarre pourtant plutôt bien: un frère et une soeur, tous deux célibataires sur le retour s'installent à la campagne. La soeur, déterminée à perpétuer le nom de sa famille, trouve une femme pour son vieux garçon de frère qui s'en passerait bien. De cette union naît Peregrine. La tante, ayant accompli son devoir, se met en quête à son tour d'un mari, déçue par sa belle-soeur, plutôt peste il est vrai. Elle jette son dévolu sur un ancien marin, ami de son frère, vieil excentrique mysogine qui avait juré de ne jamais s'encombrer d'une femme mais qui se retrouve presque malgré lui marié à son tour. Le couple, déçu de ne pas avoir d'enfants malgré leurs efforts, finit par adopter Peregrine, rejetté par ses propres parents et surtout par sa mère... Jusque là, tout va bien. Cette première partie est plutôt drôle et les personnages sont campés avec beaucoup de fraîcheur et d'humour. Mais après ça se gâte quand l'action se centre sur le personnage éponyme. Peregrine grandit, se révèle un enfant puis un adolescent malicieux (descriptions de ses farces sur toutes les coutures) tombe amoureux de la jolie Emilia, s'embrouille puis se réconcilie avec elle, part en France pour découvrir le monde, découvre le goût du luxe et du libertinage, noue quelques relations amoureuses, revient en Angleterre pour essayer de faire d'Emilia sa maîtresse, trop imbu de lui-même pour l'épouser, se fait rudement rembarrer, mène une vie dissipée en dépensant de l'argent qu'il n'a pas et en tentant de se faire un nom dans la politique, se fait jeter en prison puis finalement, par un heureux concours de circonstances, parvient à payer ses dettes et, repentant, épouse Emilia pour mener une vie tranquille avec elle, retiré à la campagne...

Alors oui, le ton est alerte, oui la critique est mordante: critique de la société anglaise au 18e siècle avec le règne du paraître et de l'argent, critique d'une société ou les tricheurs et les voleurs évoluent en toute sérénité dans les cercles de la noblesse. Le libertinage apparaît comme du dernier chic et les pédants se ridiculisent en évoquant à tour de bras les sages qu'ils n'ont jamais lu. Peregrine lui-même n'est ni idiot ni pédant. C'est un personnage cependant très faible, sorte de anti-héros qui, promis à un grand avenir, le détruit lui-même par son orgueil et sa suffisance, persuadé de valoir tellement mieux! En soi, il n'est pas inintéressant pas plus que la satire de Smollet, parfois burlesque, parfois plus méchante. Mais c'est tellement long!!!!!!!!!!!!!! L'auteur ne se contente pas d'énoncer des faits, il en rajoute, décrit en détail toutes les machinations politiques de Peregrine, ses multiples tours (ses farces d'étudiant ou comment il aida l'un de ses amis à monter un faux cabinet de voyance), nous fait le récit complet de la vie d'une "dame de qualité", une amie de Peregrine...  En français je pense que j'aurais déjà eu envie d'abréger alors en anglais! J'aurais peut-être été plus indulgente avec ce livre ceci dit si je n'avais pas lu avant Histoire de Tom Jones. Mais après comparaison, il est clair que si Fielding continue à être traduit et pas Smollett, et bien c'est peut-être qu'il y a une raison...

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29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 19:44

L01.jpgHiver

Mons Kallentoft

éditions le Serpent à Plumes

 

"Il y a quelque chose de plaisant à être suspendu là-haut.

La vue est splendide et mon corps gelé se balance agréablement au gré du vent (...)

Avant, le mot 'joli'' n'existait pas.

Peut-être qu'il nous est réservé, à nous les morts?

C'est bon, tellement bon d'être débarrassé de tous les soucis des vivants."

 

Un jour de janvier à Ostergötland, en Suède, un homme est retrouvé nu comme un ver, gelé, étripé et pendu à un arbre. Au coeur de cet hiver rigoureux, l'un des plus froids depuis des années, Malin Fors, jeune mère célibataire, se retrouve chargée de l'enquête avec son équipe. Qui avait intérêt à tuer Bengt le Ballon, ce gros homme placide qui vivait seul et ignoré de tous? Qu'avait fait ce malheureux qui n'intéressait personne jusqu'à sa disparition brutale? Très vite, les pistes se multiplient: des adeptes de cultes vikings, une sombre histoire de viol, une famille de gangsters, des adolescents à problèmes... Autant d'éléments qui rendent perplexes Malin et les autres policiers. Pourtant, derrière tout ceci, se cache l'assassin.

C'est assez rare qu'un roman policier se pique d'avoir un style bien à lui, une patte qui lui est propre mais incontestablement, l'auteur de Hiver, Mons Kallentoft, a une manière d'écrire pour le moins originale. Première particularité, il fait intervenir sa victime qui, tout au long du récit, s'exprime par petites touches, observateur amusé de l'enquête. Ensuite, il occulte complètement le côté gore de l'histoire pour en faire quelque chose de beaucoup plus abstrait, voire poétique. Ainsi, le corps pendu et gelé devient "un gigantesque bébé mal formé, dont on aurait aspiré la vie". Enfin, à plusieurs reprises le récit dérive vers des réflexions, des images et joue notamment beaucoup sur le titre du livre en faisant des descriptions assez saisissantes de la neige, du gel et  du froid qui paralysent policiers et civils tout au long de l'enquête.

C'est assez particulier, je le reconnais. Pour ma part j'ai vraiment apprécié, mais il est possible que pour certains le style du roman ne passe pas. Dommage car à côté de ça, nous avons une intrigue policière impeccablement menée. L'enquête s'oriente sur plusieurs pistes et le lecteur est invité à les explorer tour à tour, même si certaines se révéleront des impasses. Toute une galerie de personnages apparaît, personnages plus ou moins reliés à la victime, plus ou moins coupables. Pas à pas avec Malin, pataugeant avec elle dans les rues boueuses et dans les bois enneigés où Bengt a trouvé la mort, nous reconstituons le puzzle de l'assassinat. Et si l'héroïne n'est pas forcément parfaite (un tantinet alcoolique, un tantinet en carence affective sévère) elle est plutôt attachante, dans son refus justement de stigmatiser, de juger ou même d'analyser. Des faits rien que des faits! De façon générale, Hiver n'est pas un roman manichéen et a  même plutôt tendance à inverser les rôles: dans cette histoire ce sont à priori les plus faibles, les adolescents, les vieillards..qui sont les vrais bourreaux. Mais je vais pas tout vous dire non plus! Allez donc faire un tour sous la neige si le coeur vous en dit. Moi j'ai vu que Eté du même auteur était sorti...

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25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 15:01

L03.jpgDans la nuit brune

Agnès Desarthe

Editions de l’Olivier

 

Souvenez-vous ; nous avons déjà parlé d’Agnès Desarthe avec son roman pour la jeunesse La plus belle fille du monde. Aujourd’hui, c’est un de ses ouvrages pour adultes que nous allons aborder.

Jérôme est un homme taciturne qui vit seul avec sa fille Marina depuis le départ de son épouse Paula. Agent immobilier il parle peu et s’attarde encore moins sur ses sentiments, préférant exorciser ses soucis en allant se promener seul dans la forêt. Cette vie paisible va voler en éclats le jour où Marina perd son grand amour, Armand, mort brutalement dans un accident de moto. Confronté au chagrin de sa fille, Jérôme se retrouve à gérer des émotions qu’il ne connaissait pas et qui le renvoie à son propre passé. En effet, Jérôme est un enfant trouvé dans les bois et sa naissance demeure un mystère ainsi qu’une blessure inavouée…

Bon, sincèrement, pour l’instant je préfère Agnès Desarthe en tant qu’auteur pour enfants. Rien de son humour habituel dans Dans la nuit brune, si ce n’est dans le personnage principal de Jérôme, décalé et attachant, dont les réflexions décousues au fil des pages apportent une fraîcheur à un récit qui serait vite plombant. En effet, la thématique est loin d’être gai (la mort, la déportation, la difficulté de communiquer avec les êtres aimés…) et si le style de Desarthe est toujours aussi agréable, il tombe parfois un peu dans la répétition et un jeu d’interrogations qui, à force, devient lassant. Qui suis-je ? Que sommes-nous ? Que faisons-nous ? Quel est le sens de notre vie ? Autant de questions dont, personnellement je n’ai pas la réponse et, semble-t-il, l’auteur non plus puisqu’elle laisse la fin de son roman dans un flou artistique des plus frustrants. Supercherie littéraire ? (ah ah encore une question !) Je ne sais… Comme dans La plus belle fille du monde, Agnès Desarthe plante une situation de départ (la mort du petit ami) puis semble soudain s’en désintéresser, laissant l’intrigue partir au petit bonheur la chance. Elle s’en sort grâce à des personnages haut en couleurs (Jérôme bien évidemment mais aussi la meilleure amie de Marina, la douce Rosy, ou encore l’excentrique écossaise Vilno) et en décrivant avec brio aussi bien la petite ville de province endormie que la forêt, parvenant à faire prendre vie à la terre brune des bois ou à un orage campagnard, si bien que c’est tout un monde qui s’éveille sous sa plume. Jolies pirouettes… C’est l’art de raconter une histoire là où il n’y en a pas vraiment. Certains lecteurs aiment et je pense que beaucoup d’entre vous aimeront Dans la nuit brune. Moi, j’avoue que ça m’a un peu lassée sur la fin.

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18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 21:02

L02.jpgFlash Forward

Robert J. Sawyer

éditions Milady

 

J'ai découvert pendant mes vacances d'été, comme sans doute beaucoup d'entre vous,  la série FlashForward. Un peu déçue par son arrêt brutal (pas assez d'audience je suppose) je me suis consolée comme j'ai pu en décidant de lire le roman qui avait inspiré la dite série. Ceci dit, je préfère prévenir: si ce n'est le postulat de départ, le livre n'a absolument rien à voir avec l'adaptation télévisée.

Genève 2009: un groupe de scientifiques décide de mener une expérience visant à découvrir je ne sais quelle particule cosmique (dès que ça commence à parler physique quantique, je suis un peu larguée je l'avoue) Mais au moment précis de l'expérience, un black out se déclenche: l'ensemble de l'humanité est plongé dans un profond sommeil de deux minutes. Durant ces deux minutes, chacun a un aperçu de ce qu'il deviendra dans vingt ans. Au réveil, le monde doit faire face aux catastrophes causées par le black out (accidents de voiture, chutes, brûlures...) et surtout gérer ces étranges visions du futur. Pour deux scientifiques en particulier, cet aperçu va se révéler particulièrement douloureux: Lloyd Simcoe, fiancé à la jolie Michiko, découvre qu'il sera marié à une autre femme dans une vingtaine d'années, tandis que Theo Procopides lui n'a fait aucun rêve, ce qui ne signifie qu'une chose: il ne sera plus de ce monde d'ici là.  Le futur peut-il être changé ou, comme Lloyd le soutient avec force, tout est-il joué d'avance?

Flash Forward est ce que je qualifierais de livre efficace: le rythme est rapide, l'intrigue plutôt bien ficelée, le style direct et les descriptions vont à l'essentiel. Ce n'est pas de la grande littérature, mais c'est agréable à lire et facile, si ce n'est les digressions scientifiques propres au genre de la science-fiction (autant demander aux auteurs de fantasy de ne pas coller un elfe dans leurs bouquins) L'idée de base est sympathique: comment réagiriez-vous si, projetés brutalement dans le futur, vous découvriez que votre vie n'a pas du tout pris la direction à laquelle vous vous attendiez? Et si vous connaissiez votre futur, seriez-vous capables de le changer? Autant de questions qui posent le problème du libre-arbitre et du déterminisme. Bon, le seul problème du livre, c'est qu'il date de 1999. Du coup, à l'époque où le black out est supposé avoir lieu (l'année dernière donc), malgré les tentatives de modernisation de la traduction, et bien ça oscille entre inventions improbables (la librairie qui imprime les livres à la demande) et détails obsolètes (les cassettes vidéo, le petit frère du héros qui utilise encore des disquettes) Je pense très sincèrement que pour la science-fiction, les auteurs devraient carrément situer leur action mille ans plus tard pour qu'au moins ils ne soient plus de ce monde pour voir à quel point ils se sont plantés sur l'avenir. Mais à part ces détails, plutôt amusants d'ailleurs, Flash Forward est un livre tout à fait lisible qui, à mon sens, aurait gagné tout comme la série télévisé à s'étirer sur plusieurs volumes...

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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 19:08

L04.jpgUsbek et Rica

numéro 1

 

Une fois n'est pas coutume, c'est d'un magazine que nous allons parler. Enfin d'un magazine qui fait tout de même près de 200 pages et que vous pouvez retrouver dans toutes les librairies. Usbek et Rica, nommé ainsi en hommage à Montesquieu, a pour ambition de "raconter le présent" et  "d'explorer le futur". Vaste programme. Dans ce premier numéro, la revue aborde ainsi la géopolitique actuelle (situation du Niger, les dictateurs au pouvoir) les faits d'actualité (avancées scientifiques, Google...) mais laisse également place à des uchronies (que se serait-il passé si Bobby Kennedy n'avait pas été assassiné?) à une nouvelle, des interwiews réels ou fictifs, une bande dessinée mettant en scène les dénommés Usbek et Rica, voyageurs du futur égarés dans notre époque... Comme je vous le disais, il y a donc à boire et à manger.

Rien à dire au niveau des articles; c'est intéressant, les partis pris sont relativement objectifs et il y a un véritable travail de journaliste derrière, avec bibliographie à la clé. Les récits d'imagination sont bien écrits et les photos plutôt belles. La seule chose qui m'a moins emballée c'est la bande dessinée, mais ,dans la mesure où il s'agit du premier numéro, on peut lui laisser le bénéfice du doute. Non, franchement, au niveau du fond, il n'y a rien à dire.

Mais... (car il y a toujours un "mais" surtout avec moi) j'ai trouvé l'ensemble plus que fouillis. Contrairement à sa grande soeur, la revue XXI, Usbek et Rica n'a aucun fil rouge, aucune ligne directrice. On saute du coq à l'âne, passant d'un article sur la situation au Niger à un autre sur l'histoire du papier-toilette des origines à nos jours. Au début, ça amuse. Puis, ça agace, cette alternance entre différents genres, différents styles et même différentes mises en page. La revue est dense, ambitieuse certes, mais ne gagnerait-elle pas à plus de clarté?

Ma seconde petite critique, qui n'en est pas une d'ailleurs, est purement subjective. Le fondateur de la revue, Jérôme Ruskin, titre son édito ainsi "avec enthousiasme et optimisme". Le but de Usbek et Rica est de s'interroger sur l'actualité et d'aborder le futur avec enthousiasme donc. Alors, c'est peut-être la pluie de septembre qui semble vouloir nous noyer sous le désespoir, c'est peut-être mon propre état d'esprit qui en ce moment  s'accorde assez avec la couleur du ciel, mais j'ai eu beaucoup de mal à déceler l'optimitisme dans la revue. Après avoir appris que les dictateurs étaient nombreux dans le monde, et que de toute façon la démocratie était moribonde, j'ai pu joyeusement me saper le moral sur un dialogue entre deux amis trentenaires désabusé, lui s'interrogeant sur son incapacité à s'engager, elle se demandant si elle sera mère un jour, tous les deux évoquant le problème de la solitude. Bon à priori, j'ai pas à me soucier de maternité ou de solitude puisque les articles suivants vous expliquent que de toute façon, les utérus artificiels existeront bientôt, que la maternité sera morte, et que la solitude est et sera toujours inévitable puisque nous vivrons tous dans quelques années derrière nos ordinateurs, cloîtrés à l'abri derrière notre écran, sortes de robots que nous commençons déjà à devenir. Youpi! Ajoutez à cela quelques considérations sur la crise économique et vous êtes prêts à fuir le futur en courant pour retourner à l'époque de... Ben en fait non, il n'y a pas d'époque idéale; les guerres ont toujours existé, les gens ont toujours eu des chagrins d'amour, les famines ont toujours été là, l'égoïsme a toujours prévalu, les gens se sont toujours sentis seuls. Bonne nouvelle cependant: le dernier article, adresse au libraire, nous annonce que le livre (version papier) ne mourra pas. Merci pour cette gentille lettre qui m'évite d'aller me pendre au coin d'un bois. Si le futur me paraît bien peu à mon goût, au moins j'aurai toujours un travail et je pourrai toujours lire...

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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 13:17

L01.jpgLe Pacte de Minuit

David Whitley

éditions Gallimard Jeunesse

 

 

Agora est une ville dont notre président rêverait, l'idéal des écoles de commerce. Dans cette ville cernée de hauts murs, tout s'achète et tout se vend, du service à l'être humain. Rien n'est gratuit mais tout fonctionne selon les lois de l'offre et la demande. Ainsi Mark, propriété de son père jusqu'à ses douze ans comme tous les enfants d'Agora, a été vendu à bas prix à un médecin. Dans la tour glaciale où l'homme vit en compagnie de son grand-père, un astrologue grincheux, le jeune garçon fait la connaissance de Lily, une orpheline qui, tout comme lui,se trouve obligée de travailler pour survivre. Réunis pendant quelques mois, leur destin à tous deux va prendre par la suite un tour inattendu: Mark, dont les basses origines le condamnaient à une vie de servitude, se retrouve presque par hasard propulsé au sommet, riche et célèbre personnalité d'Agora. Lily en revanche, éprise de liberté et de justice, met son existence au service des autres et décide l'impensable: offrir des soins gratuitement pour prouver à la cité entière que la notion de don peut exister... Cependant, même s'ils l'ignorent encore, les deux adolescents sont liés par un mystérieux pacte, le Pacte de Minuit...

Il n'y a rien à dire, lire Le Pacte de Minuit après Oksa Pollock c'est comme manger un bon repas après un fast-food. Ne serait-ce qu'au niveau du style, le livre de David Whitley est infiniment mieux écrit même si l'on pourrait déplorer un démarrage un peu lent au niveau de l'action. Quant à l'intrigue... Oksa Pollock est un gentil roman sur la magie, le Bien et le Mal, le tout mâtiné d'une vague intrigue amoureuse; rien qui perturbera le sommeil de nos gentils têtes blondes. Le pacte de Minuit en revanche aborde des thèmes qui mettent beaucoup plus mal à l'aise...La grande trouvaille de l'auteur, c'est de baser toute l'économie de Agora sur le commerce; la cité est une immense machine où il n'y a plus d'hommes, mais seulement des propriétaires, des recouvreurs et des débiteurs. Tout se vend même les émotions, avec un contrat en bonne et dûe forme. Votre femme chanteuse vous trompe? Prenez-lui sa voix, elle vous a pris votre coeur! ça vous paraît un peu exagéré? Pourtant ne riez pas trop, ce monde n'est pas loin du nôtre... Ce qui est intéressant également, c'est que curieusement, ce n'est pas le plus faible qui se révolte contre ce système, Mark, mais au contraire la plus débrouillarde, Lily, qui le conteste. Une façon comme une autre de prouver que les marginaux ne sont pas ceux que l'on croit. S'ajoute à cela une intrigue plus ésotérique, mêlant prophétie et pacte d'une société secrète, moins convaincante, mais à développer puisque qu'il s'agit d'un premier tome d'une trilogie... Enfin, David Whitley campe une ambiance très sombre, décrivant une ville pleine de ruelles tortueuses, d'intrigues politiques alambiquées, de trahisons et d'alliances troubles... Les auteurs de romans fantastiques préfèrent généralement jouer sur une ambiance médiévale mais l'auteur du Pacte de Minuit lui décrit une ville dans laquelle on imaginerait plus volontiers déambuler Jack l'éventreur. Encore une originalité qui fait de ce roman pour adolescents un livre à ne pas rater au milieu des fadaises insipides sur les vampires et les magiciennes insupportables.

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