Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
23 juillet 2010 5 23 /07 /juillet /2010 18:46

L02.jpgLe temps des lézards est venu

Charlie Price

éditions Thierry Magnier

 

 

La folie est une chose curieuse.  Elle fascine tout autant qu'elle fait peur. Bipolarité, schizophrénie, psychoses... Si nous sommes tous névrosés, peu d'entre nous savent ce qu'est la  véritable folie. Et sans doute très peu d'entre nous imaginent ce que c'est que de la vivre au quotidien... C'était donc un pari osé d'en parler  dans un roman, encore plus dans un roman pour adolescents...

Ben, dix-sept ans,  vit seul avec sa mère depuis que son père les a quittés. Il faut dire que sa mère souffre d'"un trouble schizo affectif" aggravé depuis le départ de son époux. En clair, elle perd les pédales et est persuadée que les lézards ont envahi le monde, Les médecins lui prescrivent des médicaments qu'elle ne prend pas et son fils vit sa vie en pointillé, ratant ses cours et négligeant ses loisirs, dans l'attente d'une prochaine crise, d'autant plus angoissé qu'il sait ce genre de troubles héréditaire... Un jour, il croise Marco dans la salle d'attente de l'hôpital. Ce dernier a une mère bipolaire et lui révèle qu'il a découvert dans son jardin un passage menant à l'an 4000. Dans ce monde futuriste, les maladies mentales n'existent plus et Marco propose à Ben d'y retourner pour trouver de quoi guérir leurs mères respectives...

C'est un récit vraiment très étrange, qui colle assez bien avec son thème d'ailleurs: le temps des lézards est-il un roman de science-fiction, un roman fantastique, un récit ordinaire? J'ai passé tout le temps de ma lecture à essayer de le déterminer, pour finalement déclarer forfait. C'est avant tout un livre bizarre qui est loin d'être exceptionnel certes mais qui suscite la plus vive curiosité. Sa force? Un héros qui est loin d'être irréprochable et qui agit comme un adolescent lambda: il se meurt d'amour pour la grande soeur gothique de son meilleur ami, picole quand sa mère fait des crises pour oublier ses problèmes... La narration, écrite la plupart du temps à la première personne, joue beaucoup sur l'auto-dérision et sur un humour noir qui passe bien. Sa faiblesse? Un style pas toujours très clair lorsqu'il s'agit de l'histoire de Marco et un monde futuriste qui reste flou et pas vraiment attirant. Dans l'ensemble le livre est parfois confus et plus d'une fois je me suis surprise à vérifier si une page ne manquait pas: les transitions sont brutales, l'intrigue parfois elliptique... Mais en même temps, pour parler de la folie, quoi de mieux qu'un livre un tantinet embrouillé? Au final, malgré une fin un peu frustrante, Le temps des lézards reste un ouvrage audacieux qui tranche agréablement avec une production plus lisse...

Repost 0
Published by beux - dans Jeunesse
commenter cet article
21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 20:16

L02.jpgBlanco t.1

La poursuite

Jirô Taniguchi

éditions Casterman

 

ça faisait bien longtemps que nous n'avions pas parlé mangas non? Que les allergiques ne râlent pas trop car nous allons parler d'un auteur qui généralement fait l'unanimité: il s'agit de Taniguchi. Vous connaissez? Il s'agit du créateur de Quartier lointain ou encore du Journal de mon père. C'est ce que je qualifierais  (pardonnez-moi l'expression) de mangas de bobos: c'est un manga (côté rebelle et jeune tout ça tout ça), et en même temps c'est extrêmement bien dessiné avec des histoires qui tiennent la route et ce n'est donc pas honteux d'aimer Taniguchi. Que personne ne se vexe: car si j'aime beaucoup les mangas moins élitistes avec des combats, des jeux de mots pas toujours très fins et des situations équivoques, j'avoue également avoir adoré Quartier Lointain et beacucoup apprécié le premier tome de Blanco.

Blanco raconte l'histoire d'un chien blanc doté d'une force prodigieuse qui tue le gibier d'un seul coup de croc et attaque sans pitié les braconniers qui ose le traquer. Une légende inuit prétend qu'il s'agit d'un animal né de l'âme de toutes les proies tuées par les chasseurs. La réalité est beaucoup plus complexe: Blanco, le chien blanc, serait en réalité le fruit d'une expérience militaire qui aurait mal tourné. Quoi qu'il en soit, bientôt tout le monde veut sa tête: la CIA, des braconniers désireux de venger leurs compagnons tués... Au milieu de tous ses ennemis le chien blanc, qui fait route vers les Etats-Unis en passant par l'Alaska, trouvera-t-il des alliés?

Au début, j'ai eu beaucoup de mal à entrer dans l'histoire: il y pas mal de personnages en peu de temps et l'intrigue est un peu décousue. Mais passé le premier cap... Peut-être ne serez-vous pas comme moi mais personnellement, ma préférence va au chien blanc et non aux braconniers qui le pourchassent. Blanco est magnifiquement dessiné par Taniguchi et c'est assez surprenant qu'une simple image d'animal parvienne à susciter autant d'émotion. Le chien est saisissant de réalisme, et de ce fait très touchant. A l'inverse, les humains paraissent plus fades: si Taniguchi voulait susciter l'intérêt pour Shiba, le braconnier qui pourchasse Blanco pour venger ses camarades, c'est raté pour ma part. Son histoire ne m'intéresse que modérément pour l'instant. A vrai dire, ce qui capte le plus dans ce manga, ce sont les dessins, les paysages blancs qui s'étendent à l'infini avec ce chien qui court au milieu. Le scénario est assez basique et ne se résume au fond qu'à une chose: Blanco parviendra-t-il à échapper à ses assaillants et à atteindre son but, quel qu'il soit? Bien entendu, je pense que le récit doit être amené à s'étoffer dans les prochains volumes : ceci dit peu m'importe qu'il le soit, pourvu qu'à la fin, le chien soit sauvé...

Repost 0
Published by beux - dans B.D.
commenter cet article
13 juillet 2010 2 13 /07 /juillet /2010 13:54

L09.jpgHistoire de Tom Jones

Fielding

Editions Gallimard

 

 

Certes, se conformer au 1001 livres…de façon systématique en prenant les livres un par un sans jamais s’autoriser d’écart a un côté psychorigide je le reconnais volontiers (on me l’a assez reproché) mais cette méthode permet parfois de belles découvertes : ainsi je doute m’être volontairement arrêté sur l’histoire de Tom Jones, ce en quoi j’aurais eu tort, encore une fois.

Fielding, auteur anglais du 18ème siècle, avait déjà toute ma sympathie avant même la lecture de son ouvrage : ce brave homme avait en effet parodié Pamela de Richardson avec son Shamela, ridiculisant de la sorte un livre qui à son sens n’était que de la littérature pour « midinettes » (dixit la préface) Lui-même, homme de théâtre, en se lançant dans l’écriture de Tom Jones, avait pour ambition de se lancer dans un genre, le roman, dont la souplesse et l’absence de règles lui permettaient une liberté totale : pas de contraintes de temps ni d’espace, pas de langage imposé… Fielding d’ailleurs semble s’émerveiller lui-même de cette liberté, n’hésitant pas à intervenir dans le récit au début de chaque partie, spectateur de sa propre histoire…

Cette histoire, c’est celle de Tom Jones, un jeune garçon trouvé par le squire (un homme de loi) Allworthy qui, pris de pitié pour le bébé décide de le garder et de l’élever comme son fils. Tom Jones grandit, d’un naturel aimable mais un tantinet désinvolte et libertin : il multiplie frasques et impairs tandis qu’à ses côtés le neveu d’Allworthy, Blifil, élevé avec lui, prend plaisir à le dénigrer, dissimulant une méchanceté pour le coup réelle sous un masque de vertu. L’hypocrisie a gain de cause : Tom se fait chasser du domaine du squire, laissant derrière lui l’amour de sa vie, Sophie Western, la fille d’un voisin à laquelle son statut de bâtard lui interdit de prétendre. Mais Sophie, bien que d’une grande sagesse (d’où son nom) est loin d’être une héroïne soumise et, lorsque son père prétend la marier de force à Blifil, elle s’enfuit, partant à son tour sur les routes où qui sait ? Le destin pourrait bien l’amener à retrouver Tom Jones…

L’histoire de Tom Jones fait plus de mille pages. Roman fleuve, il mêle le genre picaresque (le personnage de Partridge, serviteur de Jones fait furieusement penser à celui Sancho Panza dans Don Quichotte) le roman d’apprentissage et le roman comique à la manière d’un Rabelais, il joue avec tous les registres de langues, depuis le style épique (Fielding s’en sert notamment avec humour pour décrire avec emphase… un combat de rue) jusqu’au langage familier. Bref, l’auteur se sert de tous les moyens disponibles pour un récit qui mêle destin individuel (l’histoire de Tom et Sophie) à destin collectif (le portrait de l’Angleterre du 18ème siècle à travers sa campagne, ses auberges et ses villes) On appréciera l’humour de Fielding qui pointe gentiment les travers de son objet d’étude, la nature humaine, qui, avec lui, contrairement à Richardson, n’est jamais ou totalement sublime ou totalement odieuse. En effet sorti du personnage de Sophie (parfaite) et de Blifil (abject) les autres protagonistes se situent dans un entre-deux beaucoup plus réaliste qui de ce fait les rendent presque tous sympathiques. Tom Jones, notre héros en est l’illustration parfaite car, malgré sa bonté naturelle, il multiplie les erreurs et les faux pas, nous donnant parfois envie de le secouer par les épaules. Mais ce que j’ai le plus apprécié dans l’Histoire de Tom Jones, ce sont les petits détails : Sophie qui, après avoir prétendu que Jones lui faisait horreur, s’habille avec beaucoup de soin pour le recevoir ou qui rate un rendez-vous avec son soupirant parce qu’elle ne savait pas quel ruban choisir pour le voir…J’ai aimé aussi les personnages franchement comiques, le père de Sophie presque toujours ivre et qui multiplie tour à tour malédictions et promesses à sa fille bien-aimée, Partridge le barbier aux talents multiples… Enfin, pour résumer, j’ai apprécié une histoire, tout simplement, un roman avec coups de théâtre, rebondissements, scènes de vaudeville et scènes plus tragiques… L’histoire de Tom Jones n’est pas seulement un livre qui mérite le détour pour le style ou pour telle ou telle référence de l’époque. C’est tout simplement un grand roman d’aventures, l’histoire d’un amour entre deux êtres qui semblent destinés à rester séparés à jamais. Mais, comme nous sommes tous un jour ou l’autre des lecteurs basiques, nous avons besoin de croire à un dénouement heureux…

Repost 0
Published by beux - dans Classiques
commenter cet article
3 juillet 2010 6 03 /07 /juillet /2010 10:31

L02.jpgDésaccords

Bernard Friot

édition Milan

 

 

Les Schallenberg sont tous musiciens. Florian, le père, est chanteur d'opéra, Carine, la mère, dirige des chanteurs, le fils aîné Martin, seize ans, joue de la batterie dans un groupe amateur, et le petit frère Simon, sept ans, excelle au piano. Que savons-nous d'autre sur la famille Schallenberg? A vrai dire, pas grand chose. Florian est allemand, Carine est suisse. Sont-ils séparés? Sans doute que non mais on le croirait: Carine est en tournée et sa seule présence dans la vie de sa famille, ce sont des coups de téléphone et des mails à son fils aîné qui ne répond jamais. Martin est mal dans sa peau entre une mère absente avec qui le dialogue est rompu, et un père qui, de son point de vue, le traite encore comme un bébé. Ce conflit latent ne s'arrange pas lorsque Florian invite un jour à déjeuner une collègue, Julia, à qui il donne des cours de chant. Martin tombe aussitôt amoureux de cette femme de huit ans son aînée qui, de surcroît, entretient une relation pour le moins trouble avec le père de l'adolescent...

On ne peut certes accuser Bernard Friot de faire dans la démesure avec ce court roman pour adolescents qui excelle dans l'art du silence et du non-dit. Dans Désaccords, tout passe par la musique: les personnages chantent, écoutent, jouent d'un instrument ou, à défaut, se taisent. Le seul protagoniste qui échappe à la règle, c'est le petit frère Simon, à qui d'ailleurs revient le mot de la fin. A partir de là, parvenir à raconter une histoire d'amour sans faire intervenir la parole ni l'expression des sentiments relève du défi. Bernard Friot s'y emploie en multipliant descriptions corporelles et échanges de regards entre deux notes et deux vers. Le résultat ne se fait pas sans quelques couacs. L'auteur tombe souvent dans la fausse note et, malgré tous ses efforts, rend le personnage de Martin peu sympathique, adolescent semblant plus tourmenté par ses hormones qu'autre chose. Reste quand même que ce silence qui peut parfois donner envie de hurler au lecteur, de le frustrer, voire même de le gêner dans la compréhension de l'intrigue (relations exactes des parents, sentiments de Julia vis-à-vis de Florian...) paradoxalement fait la force d'un récit on ne peut plus banal que résume le chant entonné par Martin à la fin du roman:

"Ein Jünglich liebt ein Mâdchen

Die hat einem andern erwählt (...)

Dem bricht das Herz entzwei."

Suis-je gentille? Non, aujourd'hui je fais comme Friot et je reste dans les non-dits. A vous de trouver la traduction tout seul...

Repost 0
Published by beux - dans Jeunesse
commenter cet article
30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 10:57

L04.jpgMort d’un commis voyageur

Arthur Miller

Editions Robert Laffont


 

Je dois vous avouer que je suis restée assez perplexe quand, dans la pile de services de presse, j’ai pioché au hasard Mort d’un commis voyageur d’Arthur Miller. Ce n’est pas rare qu’un éditeur réédite des classiques je suppose, mais qu’il prenne la peine de les envoyer à des libraires qui, logiquement devraient déjà connaître Miller, c’est plus curieux. Ceci dit pour moi ça tombe plutôt bien.

Jusqu’à ce jour, mes connaissances sur Arthur Miller étaient plutôt limitées ; je pouvais tout juste lui associer quelques mots : littérature, Marylin Monroe et tropique du Cancer. Après vérification d’ailleurs, je me suis aperçue que tropique du Cancer n’avait rien à voir avec lui mais avec Henry Miller. Merci Larousse et Wikipédia, j’ai évité une humiliation ; deux à vrai dire car Arthur Miller est dramaturge. Par contre, il a effectivement épousé Marylin. C’est quand même honteux de n’avoir retenu que ça.

Mort d’un commis voyageur est une pièce de théâtre en deux actes, publiée (jouée ?) en 1949 et qui a connu un succès retentissant. Elle met en scène un représentant de commerce, Willy Loman, qui, à plus de soixante ans, est encore sur les routes et a du mal au subvenir aux besoins de sa femme, Linda. Payé à la commission, déconsidéré, usé, il est trop fier pour admettre qu’il a plus ou moins raté sa vie et, surtout, que ses fils, Happy et Biff, sont loin d’être les enfants dont il rêvait. Happy est un coureur de jupons, Biff un voleur compulsif. Tous deux vivent encore plus ou moins chez leurs parents et n’ont absolument aucun avenir. Pourtant, Willy est dévoré d’ambition pour eux, persuadé qu’ils se feront un nom, ce que lui-même n’a jamais réussi à  se faire…

Les dessous du rêve américain… c’est en résumé la thématique de Mort d’un commis voyageur. A première vue en effet, Willy incarne ce rêve : une maison presque payée, une femme docile, une maîtresse complaisante, deux fils sportifs qui plaisent aux femmes… C’est un « battant » qui veut toujours être le premier et qui méprise ceux qui ne partagent pas ses ambitions : le fils malingre des voisins, Bernard, qui est tellement effacé par rapport à Biff et Andy, le voisin Charley et même sa femme, la gentille Linda qui aspire seulement à la tranquillité. Mais, à l’approche de la vieillesse, les certitudes de Willy se fissurent et il se retrouve face à une réalité qu’il ne peut accepter : qu’il est trop vieux pour continuer à courir les routes, que ses fils ne sont pas aussi formidables qu’il le prétend et que lui-même malgré tous ses efforts est loin d’être LE Loman, celui qui a changé la face du monde mais uniquement un vague commis qui a mené une vie pour le moins médiocre… C’est un constat terrible que fait Miller, celui des désillusions, employant pour cela une mise en scène quasi en continu : la pièce ne fait que deux actes d’un seul bloc, les scènes se succédant sans rupture et l’histoire se décalant d’un personnage à l’autre uniquement par des jeux de lumières. Je serais curieuse de savoir ce que donne Mort d’un commis voyageur joué « en vrai » mais je pense que ça doit être assez coton à réaliser, car non seulement Miller joue avec l’espace (il fait alterner différents lieux) mais il joue également avec le temps, faisant fréquemment revenir ses personnages dans le passé, ce qui aide le lecteur/spectateur à comprendre pourquoi cette famille en est arrivée là. En tous cas d’un point de vue narratif, cette mise en scène produit une sensation d’asphyxie qui colle bien au personnage de Willy et à sa vie de banlieue (Willy se plaint à plusieurs reprises dans la pièce d’être cerné par ses voisins et de ne plus pouvoir avoir de jardin) Constat d’une vie dominée par des questions matérielles : l’hypothèque de la maison, la réparation du frigidaire, la commission de la semaine (existence qui s’oppose à la vie aventureuse qu’a mené le frère de Willy, Ben, le fantôme de la pièce et celle que rêve de mener Biff) Mort d’un commis voyageur s’interroge de façon plus générale sur le rêve capitaliste (à noter qu’Arthur Miller fut soupçonné un temps de sympathie communiste) et met en avant la question que tout adulte vieillissant est amené un jour à se poser : et moi, qu’est-ce que j’ai fait de ma vie ?

Repost 0
Published by beux - dans Classiques
commenter cet article
28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 14:22

L04.jpgLettres anglaises ou histoire de Miss Clarisse Harlove

Samuel Richardson

Editions PUL

Il faut vous résigner : au 18ème siècle, nous allons beaucoup parler de vertu. C’est la mode en littérature, surtout lorsqu’il s’agit d’un auteur comme Richardson, l’auteur de Pamela, qui,  quelques années après, décide de récidiver avec le portrait d’une nouvelle jeune fille, Clarisse. Celle-ci aura ceci dit nettement moins de chance que la précédente.

Clarisse Harlove est une jeune fille bien sous tous rapports, issue d’une famille fortunée qui peut bientôt prétendre à la noblesse. Elle se fait remarquer par le séduisant Lovelace, jeune homme de bonne famille également, mais libertin. Lovelace éconduit la sœur de l’héroïne, Arabella qui, dépitée, se ligue avec son frère James. James provoque Lovelace en duel, duel qu’il perd. Sa haine n’a plus de limites et ce personnage ambitieux, persuadée que Clarisse fait front commun avec son ennemi, décide de la punir en persuadant parents et famille de la marier avec Solmes, un nouveau riche répugnant. Ce mariage arrangé servirait les ambitions de James et d’Arabella tout en donnant une leçon au libertin. Clarisse, persécutée par les siens, sommée d’épouser un homme qu’elle déteste, est contrainte de fuir avec Lovelace. Mais Lovelace, tout amoureux qu’il est, n’en est pas moins un libertin sans scrupules, désireux de se venger de la famille Harlove. Il invente mille ruses pour garder captive la belle et finit par la violer, provoquant sa ruine. Clarisse, déshonorée, prisonnière, se laissera finalement mourir, au grand désespoir de son amant.

Deux petites choses avant de parler du roman. Je dois confesser que je n’ai pas lu la version intégrale ; le livre que je tiens entre les mains est un choix de lettres (car, tout comme Pamela, Clarisse est un roman épistolaire) La version intégrale d’après ce que j’ai compris fait deux volumes de 800 pages et n’existe plus en français. Je suppose qu’il est encore possible de se procurer le roman en anglais mais après ma dernière expérience avec Richardson, j’avoue que je ne suis pas pressée de me replonger dans la langue de Shakespeare. Le deuxième point porte justement sur la traduction qui est ici de l’abbé Prévost. L’abbé Prévost comme vous le savez a une vision très libre de la traduction. Ainsi il n’hésite pas à raccourcir, à adapter à sa sauce et à la sauce française les situations évoquées dans le roman, à rester dans un registre de langage noble là où Richardson n’hésite pas à niveler, bref il réécrit plus ou moins Clarisse, au grand dam d’ailleurs de l’auteur.

Clarisse, c’est plus ou moins l’histoire de Pamela si cette dernière avait « succombé » à monsieur B. à quelques détails près : Clarisse est une jeune fille riche, les contraintes sociales et familiales ne sont pas les mêmes ; Clarisse est beaucoup moins naïve que Paméla et de ce fait, plus intéressante. Richardson il faut le reconnaître, excelle à peindre des jeunes filles en détresse en proie à la malignité des hommes. Face à une famille impitoyable et à un amant cruel, l’héroïne se dresse en véritable figure de tragédie, servie d’ailleurs par le langage de Prévost largement emprunté au théâtre racinien et cornélien. Il y a une véritable noblesse qui se dégage de ce personnage tout de blanc vêtu qui, en dépit du déshonneur et de la réclusion, conserve toute sa dignité face à ses bourreaux. On notera particulièrement ce passage où Lovelace, usant d’un subterfuge pour justifier ses actes et simulant une colère indignée, se fait clouer le bec par Clarisse qui le ridiculise littéralement devant ses acolytes. On retrouve encore une fois le pouvoir des mots, ce même pouvoir qui permit à Paméla de s’échapper des griffes de monsieur B., l’un des thèmes favoris de Richardson qui fait de l’écriture un moyen de libération. Ce même Richardson, qui n’hésitait pas à dénigrer les romans dans son précédent ouvrage, se sert abondamment de tous les éléments clés du roman populaire dans Clarisse : enlèvement, séquestration, drogue pour viol, clés subtilisés, lettres trafiquées… L’auteur, qui paradoxalement était terrifié à l’idée qu’on puisse apprécier Lovelace, ne parvient pas de même à faire du libertin un personnage foncièrement mauvais et ce par un procédé narratif extrêmement simple : il lui laisse la parole. Lovelace en effet écrit lui-même d’abondantes lettres à son ami Belfort. Or laisser la parole à un personnage c’est donner au lecteur l’opportunité d’adopter son point de vue et, même si Lovelace est foncièrement mauvais (ses ruses ceci dit forcent l’admiration)  il se justifie plus ou moins par l’amour et parvient de ce fait à atténuer très largement le mépris qu’on peut être amené à lui porter. Personnage complexe, il paraît en tous cas moins « méchant » (alors qu’il ne faut pas oublier qu’il viole et séquestre Clarisse) que la famille de l’héroïne qui intervient très rarement dans les différentes correspondances du roman. Mais, encore une fois, cela est dû justement à la façon de s’approprier le récit pour le tourner à son avantage (procédé que Prévost lui-même emploie dans Manon Lescaut)

Ce qu’il faut retenir pour conclure cette longue note (mille excuses !) c’est que Clarisse m’a paru infiniment supérieure à Paméla tant au niveau du contenu que des personnages, beaucoup moins manichéens. Et, même si on ne fait pas comme Richardson qui, paraît-il, pleurait à chaudes larmes en écrivant la mort de son héroïne (un grand sensible cet homme-là) on ne peut s’empêcher à la fin de s’attendrir sur le sort de la malheureuse Clarisse, victime d’une famille tyrannique et d’un libertin sans scrupules…

Repost 0
Published by beux - dans Classiques
commenter cet article
24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 14:59

L06.jpgPamela volume 2

Samuel Richardson

Everymans Library

Pamela est vertueuse, Pamela est sage. Pamela est une épouse modèle qui prend soin de son époux bien-aimé, s’excuse auprès de lui quand celui-ci est tenté d’aller voir ailleurs, et veille sur sa maisonnée. Pamela écrit à ses amis des lettres qui font leurs délices et émerveille ses hôtes par son organisation redoutable. Ses serviteurs chantent ses louanges, ses enfants l’adorent, tout le monde pleure d’émotion quand elle parle et elle-même verse d’abondantes larmes en songeant à son bonheur avec son tendre mari, monsieur B., l’homme qui a daigné abaisser les yeux sur elle. Rien n’affecte Pamela, rien ne la trouble. Du haut de ses certitudes, ô combien confortables, elle assène vérités et conseils, blâme les jeunes écervelées qui se laissent emporter par leurs passions et les détournent d’amours néfastes pour leur faire épouser des jeunes hommes bien sous tous rapports, des gendres idéaux qui feront d’elles de parfaites maîtresses de maison. Pamela c’est le bon sens incarné, le manuel vivant d’éducation pour jeunes filles bien rangées. Elle ne se révolte pas, même quand son mari manque la cocufier, ne doute jamais de ce qui est bien ou mal. Ses principales préoccupations se portent sur la conversion de son mari et sur l’éducation de ses enfants. Jamais la passion ne l’aveugle, jamais l’ennui ne la guette. Elle se méfie des romans comme de la peste (l’imagination quelle horreur !) et leur préfère des petites fables morales de son cru qu’elle raconte à sa fille pour l’édifier. Ai-je besoin de vous le dire ? Pamela est (excusez-moi de la grossièreté) profondément chiante.

Je ne peux pas dire que j’avais été emballée plus que ça par la première partie des aventures épistolaires de Pamela. Ceci dit j’avais trouvé un certain panache au personnage pris dans la tourmente, essayant désespérément de conserver son honneur face à un maître (son futur époux) tout puissant et bien décidé à faire d’elle sa maîtresse. Le rapport de force était intéressant et Pamela avait une certaine verve. Où donc est passée cette fameuse verve ? Elle reparaît ça et là de temps en temps (je pense à ce passage où dans un courrier à son ami miss Darnford, Pamela demande à cette dernière comment se déroule une cour traditionnelle à une jeune fille, elle-même n’ayant eu droit qu’à des menaces) mais sinon… tout l’intérêt de l’héroïne a disparu et ses courriers n’apparaissent plus que comme des pensums pesants. Pamela est devenue une épouse soumise, intégrée à une société dont elle ne remet jamais en cause les valeurs. Elle est fade et s’accorde parfaitement en ce sens à Monsieur B. son époux qui arrive à être encore plus antipathique en mari comblé qu’il ne l’était en amoureux violent. Autour de ces deux personnages gravitent des personnages secondaires plus intéressants, parce que, si j’ose dire, plus humains : miss Darnford, dont les courriers moins lisses que sa correspondantes et plus critiques sont également plus amusants, et Lady Davers, la belle-sœur de Pamela. Ça ne sauve en rien un livre dont Pamela est le centre. Et quand Pamela parle… et bien à la fin on a envie de la faire taire….

On ne peut pas qualifier un livre du 18ème siècle de rétrograde. Ce serait aussi stupide que de qualifier les romans de chevalerie d’anti-musulmans. Autres temps autres mœurs… Ceci dit, on peut juste reposer Pamela en se réjouissant de ne pas être née à une époque où les femmes se devaient d’être soumises et angéliques. La vertu est sans doute une bonne chose, mais la vertu sans faiblesses n’a absolument aucun intérêt…  

Repost 0
Published by beux - dans Classiques
commenter cet article
21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 12:40

L01.jpgHunger Games

L’embrasement

Suzanne Collins

Editions Pocket Jeunesse

Souvenez-vous ; il y a à peu près six mois, je vous parlais du premier tome de la série de Suzanne Collins, Hunger Games. Aujourd’hui, place à une suite tout aussi palpitante.

Katniss a survécu aux Hunger Games et sa vie ainsi que celle de sa famille s’est grandement améliorée. Néanmoins, une menace plane toujours sur sa tête. Lors de sa participation en effet, elle a osé défier le Capitole, la capitale toute puissante qui règne sur les Districts. Devenue un symbole pour le peuple tout entier, sa tête est mise à prix si elle ne persuade pas le président Snow que son geste de révolte était un geste d’amour pour son compagnon d’infortune, Peeta. De sa capacité à ramener le calme au sein des Districts lors de la fameuse Tournée de la victoire, dépend le salut de la jeune fille mais également de tous ceux qu’elle aime…

A priori mêmes ficelles que pour le premier tome avec une intrigue assez similaire et, ne soyez pas surpris, de nouveaux jeux à la clé. L’astuce cependant réside dans la capacité de l’auteur à employer le même scénario à dessein mais en y ajoutant ça et là des éléments qui détonnent et brouillent le lecteur ; une histoire d’amour feinte qui pourtant au fil des pages semble devenir de plus en plus réelle, une héroïne totalement dépassée, des ennemis qui se révèlent des amis et vice-versa et des Jeux qui prennent un tour pour le moins inattendu. A la manière du geai moqueur, le fil rouge du récit, Suzanne Collins nous invite à aller au-delà des apparences pour découvrir les dessous d’une histoire qui est loin d’être aussi simpliste qu’elle le paraît.

Bien évidemment, il y a des petits reproches à faire à ce roman. Le style encore une fois est loin d’être exceptionnel et la narration est parfois organisée de façon assez particulière, l’auteur s’attardant sur certains détails pour expédier ensuite en quelques lignes plusieurs semaines. Le début est lent, très lent (les deux premiers chapitres n’ont pas vraiment d’intérêt) mais une fois que l’action est lancée… c’est fini, on ne peut plus s’arrêter de lire ! Suzanne Collins maîtrise l’art du récit et parvient à entretenir un suspens tout au long des pages. Les personnages sont plus qu’attachants ; Katniss, l’héroïne, est une jeune fille déterminée, courageuse mais impulsive, confrontée bien malgré elle à des sentiments qu’elle préférerait éviter. Une écorchée vive qui ne tombe ni dans la caricature ni dans la fadeur. Face à elle, son admirateur inconditionnel Peeta ne démérite pas. L’amoureux transi prêt à tout sacrifier pour Katniss est extrêmement  bien décrit ; il est difficile de créer un « gentil » personnage sans en faire un niais, pourtant Suzanne Collins parvient à donner à Peeta la même dimension dramatique que Katniss et nous le rend très sympathique (en ce qui me concerne, c’est mon personnage préféré). Ajoutez à cela d’autres personnages secondaires également très intéressants (l’alcoolique Haymitch, le séducteur Finnick, la désinvolte Johanna) et une touche d’humour qui allège un ensemble qui pourrait paraître un peu pesant. C’est parti pour près de quatre cent pages qui passent comme un éclair (en deux soirées très exactement) et qui laissent avec un extrême sentiment de frustration : la suite et fin de la série n’est prévue qu’en 2011.

Repost 0
Published by beux - dans Jeunesse
commenter cet article
17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 16:46

L03.jpgMa Dolto

Sophie Chérer

éditions Ecole des Loisirs

 

 

Désolée, c'est encore un livre en jeunesse. Je n'achète plus rien tant que je n'ai pas fini Paméla et comme mes vacances se rapprochent à vitesse grand V, je ne peux plus rien emprunter non plus...Du coup, c'est une occasion pour écluser la PAL (Pile A Lire) et cette PAL se compose quasiment uniquement de livres en jeunesse. Mais rassurez-vous, j'approche de la conclusion de Paméla...

Sophie Chérer, auteur de romans pour enfants, aime Dolto. Françoise Dolto vous connaissez? De nom sûrement, tout comme moi, tout comme vous savez sûrement que cette brave psychanalyste, mère de Carlos (et oui!) se passionnait pour les enfants et les bébés: "neuropsychiatre et psychanalyste française, connue pour ses études sur l'enfant [...]; elle a contribué à vulgariser les notions de psychanalyse le concernant." Voilà, petit rappel encyclopédique. Mais pour Sophie Chérer, cette définition est loin d'être satisfaisante. La voilà donc décidée à donner sa propre définition d'un personnage haut en couleurs qu'elle admire énormément dans son ouvrage intitulé Ma Dolto parce que, précise-t-elle, "ce n'est pas la seule, ce n'est pas la vraie, c'est juste la mienne."

Nous voilà donc face à une biographie pour le moins personnelle, qui mêle histoire de Dolto, histoire de ses patients et histoire de l'auteur. ça fait beaucoup pour un seul livre mais il faut reconnaître une certaine originalité à l'ensemble. Après, à la lecture, je suis passée par plusieurs stades, selon l'heure de la journée: le matin, c'était avec beaucoup de bienveillance que je lisais ces pages au style plus qu'enfantin, pleines de bon sentiments et présentant une héroïne volant au secours d'enfants en détresse; l'après-midi, le regard était plus critique, s'interrogeant sur l'objectivité de Sophie Chérer qui, en dépit de ses dires, ne présente jamais Françoise Dolto sous un jour défavorable; quoi qu'il arrive, ses méthodes d'éducation sont merveilleuses, sa psychanalyse est sans failles et elle sait parler aux petits (tout comme l'auteur apparemment). Le soir, saturation. Tant de sucre, de miel et de citations cuculs ont eu raison de ma patience. Je n'ai qu'une envie c'est de balancer le bouquin par la fenêtre et de revenir aux bonnes vieilles méthodes éducatives barbares. Mais je me ravise, sachant que le lendemain matin, je trouverai au contraire l'ouvrage plein de fraîcheur.

Je suppose que le livre  involontairement fait le même effet que Françoise Dolto. Il y a un côté tête à claques assortie d'une réelle réflexion sur l'enfance. Bon j'avoue qu'au final, c'est le côté tête à claques que je retiendrai de Ma Dolto. Mais Chérer aura atteint au moins son but, celui de faire découvrir son idole car, après lecture, on ne peut qu'être curieux d'en savoir plus sur une femme qui parlait à son ange gardien et qui a eu le mérite d'apprendre à ses contemporains qu'un bébé n'était pas uniquement un tube digestif...


Repost 0
Published by beux - dans Jeunesse
commenter cet article
12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 19:36

L02.jpgLe royaume de Tobin

Lynn Flewelling

éditions Pygmalion

(6 tomes en français)

 

 

Un jour, je finirais de lire Pamela, promis. En attendant, retour à la fantasy. Aujourd'hui, je vais vous parler d'une série que j'ai commencé il y a bien longtemps et que je viens de terminer. Allergiques au genre, je vous autorise à quitter le blog pour l'heure.

Skala est un royaume qui traditionnellement est  gouverné par des reines. Ainsi en ont décidé les Dieux protecteurs et leur oracle. Mais la dernière reine est devenue une folle meurtrière, si bien que lorsqu'elle meurt et que son fils Erius prend le pouvoir au détriment de sa jeune soeur Ariani, personne ne proteste vraiment. Les dieux sont en colère cependant et épidémies, famines et attaques d'ennemis se multiplient. Les murmures de malédiction se font plus forts et Erius prend peur. Il élimine toute prétendante potentielle au trône hormis sa soeur qu'il aime profondément. Une erreur pour lui car de cette soeur naît des jumeaux, un garçon et une fille. Deux mages et une sorcière décide de sauver la fillette en lui faisant prendre l'apparence de son frère et en sacrifiant ce dernier. Tobin, la fillette prend ainsi le corps de son jumeau et élevé(e) comme un garçon, ignore tout de sa véritable nature ainsi que de la destinée qui l'attend. A ses côtés, son frère mort transformé en démon hante ses pas et son esprit peuplé d'ombres...

C'est de la fantasy pure et dure, ni plus ni moins. Six tomes (dans la version originale je crois qu'il s'agit d'une trilogie) sans véritable surprise avec tous les ingrédients du genre: l'écuyer fidèle ami d'enfance de Tobin qui finira par tomber amoureux lorsque celui-ci  se transformera en femme, la sorcière incomprise, le magicien perfide, le roi fou, le prince faible... je vous rajoute une petite touche de magie, un peuple nommé les Aurënfaïes qui ressemblent diablement à des elfes (ils vivent longtemps, et ce sont des archers très beaux), quelques bonnes scènes de combat, une bonne louche d'honneur et de fidélité, une prophétie et deux trois histoires d'amour et hop! Le tour est joué!

Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit;  j'ai bien aimé la série. Pour une initiation à de la fantasy, je la recommanderais d'ailleurs car Flewelling à l'instar de sa compatriote Robin Hobb, ne tombe pas dans les écueils habituels et évite de créer un univers trop compliqué, privilégiant psychologie des personnages à descriptions interminables ou généalogies enflammées. Le style n'est pas extraordinaire mais passe bien. A vrai dire, j'avoue avoir été plus emballée par les quatres premiers tomes de la saga que par les deux derniers, lorsque Tobin devient Tamir et  se lance dans la bataille pour son accession au trône. En effet, le début de la série est plus nuancée alors que la fin tombe dans des travers qui sont par ailleurs souvent reprochés aux auteurs de fantasy: manichéisme et bons  sentiments.

Mais, ce que je retiendrais le plus volontiers de la série et qui la distingue parmi toutes les autres, c'est sa dimension fantastique. Le personnage de Frère, le jumeau sacrifié qui hante les pas de sa soeur, est une incontestable réussite, donnant à l'ensemble un ton très noir, surtout dans les premiers tomes. Le lien qui l'unit d'ailleurs à Tobin est de loin le plus intéressant de l'histoire, curieux mélange de haine et d'entre-aide. Il y a aussi une thématique de la dualité dans Le Royaume de Tobin qui fait du récit une oeuvre quelque peu schizophrène avec un mélange des genres (fille/garçon) des sentiments (amour/haine) ou même des aspirations (création/destruction) et gomme de ce fait l'aspect un peu trop lisse de l'ensemble. ça n'en fait pas un chef-d'oeuvre certes mais une lecture sympathique pour les soirées pluvieuses...

Repost 0