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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 19:15
L02.jpgLe paysan parvenu
Marivaux
éditions Flammarion



Je n'aime pas les romans inachevés. ça me laisse sur ma faim et je trouve ça désagréable au possible. C'est comme cette fois où j'ai veillé très tard pour connaître la fin d'un téléfim au demeurant complètement stupide. Manque de chance, à la publicité, il y a eu un bug et le téléfilm est revenu à sa première partie. C'était très frustrant.
Bon, il y a des exceptions pourtant, et je dois reconnaître que Le paysan parvenu ne fait pas partie de ces oeuvres dont vous ne pouvez pas prédire la fin, avec suspens insoutenabie et intrigue étourdissante. En même temps nous sommes au 18ème siècle (et oui! Aujourd'hui c'est "classiques" mes enfants)
Nous connaissons tous ce brave Marivaux pour ces pièces de théâtre: Le jeu de l'amour et du hasard ou encore L'île des esclaves. Il fait même partie des ces auteurs dont le nom a donné lieu à la création d'un substantif; "marivaudage" qui signifie en gros un flirt un peu affecté mais raffiné. Marivaux en effet dans ces pièces de théâtre adorait employer un langage précieux, spirituel et que certains (mais qui? Impossible de m'en souvenir) considéraient comme artificiel, voyant dans le style de Marivaux une écriture en toile d'araignée propre à embrouiller le lecteur et spectateur.
Mais, surprise! Marivaux a écrit des romans, dont les deux plus célèbres, La vie de Marianne et Le paysan parvenu sont inachevés. C'est du second dont nous aller parler aujourd'hui.
Le paysan parvenu est un roman réaliste écrit à la première personne du singulier, narrant les aventures de Jacob, un fils de paysans qui, descendu à Paris, parvient à gravir les échelons des classes sociales pour finalement devenir noble grâce à une succession d'événements dont il parvient à tirer avantage et grâce aussi à son physique avenant et à son esprit qui lui permettent de conquérir le coeur de toutes ces dames. Nous n'assisterons pas à son triomphe final mais nous le voyons faire un mariage avantageux avec une vieille fille dévote qui en fait un bourgeois, nous le voyons faire la cour à de riches veuves et sauver un jeune noble...Autant de mésaventures qui l'éloignent davantage de son statut de fils de paysan.
L'édition du livre s'efforce de respecter au maximum la transcription originale du roman, ce qui fait que Le paysan parvenu est parfois difficile à suivre, mêlant allègrement la narration au discours direct sans aucune respiration. Au demeurant, réaliste, le récit est particulièrement drôle lorsqu'il brosse le portrait des différents personnages; les vieilles filles dévotes qui, malgré leur air dégoûté, mangent comme quatre, la veuve aux moeurs légères qui se cache sous un masque de vertu, la brave commère qui promet de garder un secret et qui le révèle accidentellement à la moitié de la ville, le directeur de conscience hypocrite... Tout cela est fait avec beaucoup de finesse et avec une distance qui rend l'écriture ironique sans être virulente, drôle sans être méchante... Mais, si Marivaux brille à mon sens dans l'art du portrait, il se montre parfois un peu redondant, revenant souvent sur des détails ou s'attardant sur des situations qui, peut-être ne méritaient pas tant d'attention. Ainsi, le roman compte cinq parties et, si les quatre premières se lisent avec plaisir, j'ai commencé à la cinquième à éprouver un certain sentiment de lassitude en suivant les aventures de celui qui ne se nommait plus Jacob. Le personnage, attachant au début, l'est de moins en moins; il devient plus calculateur, plus séducteur, joue mieux de ses charmes pour obtenir ce qu'il désire... Seul Marivaux sait ce qu'il serait devenu à la fin du roman: un noble oui, mais à quel prix? Voilà une chose que nous ne saurons jamais...
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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 19:18
L02.jpgLes enfants d'ailleurs
t.4: L'appel

Bannister/ Nykko
éditions Dupuis


Neuf mois se sont écoulés depuis le retour des enfants du pays des Ombres. La jeune Rebecca et tombée gravement malade et les médecins ne donnent plus aucun espoir à sa famille. Pourtant, une nuit, Rébecca, hospitalisée, voit un "fantôme" qui lui fait signe de le suivre. La jeune fille auprès de l'ombre retrouve toute sa force et obéit à son mystérieux bienfaiteur qui l'emmène à Perrec, là où tout a commencé. Pour l'enfant, c'est alors une évidence: si elle veut guérir, il lui faut retourner dans le monde des ombres...
Début du second cycle de la série Les enfants d'ailleurs, ce tome 4 est tout aussi joli visuellement que ses prédécesseurs. J'aime beaucoup les couleurs orangés du monde des ombres, en contraste avec le monde "réel" (désolée pour cette phrase un peu naïve mais, je le répète, je ne suis pas une spécialiste es BD) et je trouve qu'il y a une certaine poésie dans le scénario. Le personnage de Rébecca est particulièrement émouvant. Certes, certains détails m'ont un peu agacée (le jeune Maxime qui est devenu selon ses copains un voyou parce qu'il fume et écoute du hard-rock) mais, dans l'ensemble, j'ai été prise au jeu et je suis curieuse de savoir si le fantôme de Rébecca est vraiment là pour l'aider ou s'il s'agit d'un piège destiné à faire retourner nos héros dans l'ombre... Encore une fois affaire à suivre mais, pour le coup, il faudra être patiente; le tome 4 vient juste de sortir et le tome 5 n'est pas annoncé dans les prochains mois....
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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 19:33
L02.jpgSeuls t.2: Le maître des couteaux
Gazzoti/ Vehlmann
éditions Dupuis


Depuis la disparition des adultes, la vie de nos cinq héros s'organise tant bien que mal. Dodji et Leila essaie de trouver un moyen de quitter la ville à la recherche d'autres "survivants" tandis que les trois autres, installés à l'hôtel Le Majestic s'occuppent comme ils le peuvent. Tous goûtent les joies et les aléas d'une vie où soudain tout devient permis et oublient peu à peu ce qu'était leur vie avant... Jusqu'au jour où par hasard, Dodji (le seul enfant un peu près responsable) tombe sur un inconnu masqué et armé de couteaux qui semble déterminé à les tuer tous...
Suite de la série Seuls (voir la note du 4 février) qui se révèle ni meilleur ni pire que le premier tome. Si l'effet de surprise si j'ose dire est passé, il n'en demeure pas moins que la vie des enfants livrés à eux-même est assez réjouissante: le plus jeune, Terry, qui vole et entrepose des jouets dans une bonne partie des chambres de l'hôtel, Camille qui adopte un poney, Yvan qui découvre les joies et les aléas de l'alcool... Ces enfants-là n'ont rien d'angélique et c'est tant mieux. Nous n'apprendrons pas grand-chose de plus sur la disparition des adultes dans ce volet qui introduit un nouveau personnage pour le moins énigmatique. Le ton est léger, relativement enfantin. Restent ces dessins d'une ville désertée, livrée aux bêtes: le mystère demeure entier... 
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13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 20:08
L02.jpgTobie Lolness t.1
Timothée de Fombelle
éditions Gallimard Jeunesse


Les préjugés sont tenaces. Il y a quelques années, j'ai lu un roman pour la jeunesse, La guerre des fées de Brennan. Même si je n'avais pas détesté, j'avais trouvé cette histoire de fées de la taille d'un pouce assez niaise. Quelques mois plus tard, j'essayais de lire Arthur et les Minimoys de Luc Besson. Jamais style ne fut plus mauvais et j'avoue avoir été prodigieusement agacée par cette publicité autour d'un roman qui, s'il avait été écrit par un autre, n'aurait même pas été accepté par l'éditeur... Toujours est-il que de ces deux lectures, j'ai gardé un certain a priori sur les héros de quelques millimètres qui, en dépit de leur taille ont un coeur "grand comme ça". Mais, aujourd'hui la lecture de Tobie Lolness me réconcilie avec cette vision un brin caricatural.
Tobie est un petit garçon de un millimètre de haut vivant comme les siens sur un arbre. Son père est un inventeur de génie mais, pour avoir refusé de dévoiler le secret d'une invention qui mettrait en péril tout l'écosystème de l'arbre, il est banni des cimes puis traqué avec sa femme et son fils. Seul Tobie parvient à s'enfuir. Trahi par ceux qu'il pensait être ses amis, séparé de ses parents, pourchassé par les pires brutes, le petit garçon parviendra-t-il à se sortir de ce cauchemar?
Il n'y a rien de niais dans cet ouvrage qui, sur un style relativement enfantin et très simple à lire, aborde avec légèreté des thèmes très durs; violence, trahison, souffrance physique et morale... Tobie, bien qu'enfant, n'est pas à l'abri des violences et, ce qui est le plus triste à mon sens (mais aussi le plus réaliste) c'est que cette violence n'est pas le fait de créatures étranges ou monstrueuses mais de ses pairs. L'ennemi est son propre peuple et c'est au contraire les "autres" (les Pelés) qui se révèleront amicaux bien que méfiants. Le roman se double également d'une réflexion écologique qui, sans être trop pesante, est plutôt salutaire. Un brin d'humour, une très légère lichette d'amour et beaucoup d'action et nous voilà donc avec un très honorable livre pour la jeunesse. "Ah c'est comme Arthur'", m'a dit une cliente quand je lui ai présentée le roman, "Ah non lui ai-je dit, c'est beaucoup mieux écrit..." A bon entendeur...
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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 18:41
L05.jpgLe premier amour
Véronique Olmi
éditions Grasset



Dans la lignée des Anna Gavalda et des lectures sentimentales mais pas trop pour jeunes femmes branchées ou quinquagénaires dynamiques, Le premier amour s'impose là. Une femme sur le point de fêter ses vingt-cinq ans de mariage tombe par hasard en déballant une bouteille de vin sur une petite annonce de son premier amour qui l'invite à le rejoindre en Italie. Aussitôt, la voilà qui plaque tout et qui, voiture et cheveux au vent court rejoindre celui qui au fond fut son unique amour, laissant en même temps ses souvenirs d'adolescente refaire surface...
Je ne sais pas pourquoi tout le monde sauf moi semble avoir un premier amour italien. Est-ce pour cela que toutes les mères appellent leur fils Enzo, en souvenir de leurs flirts disparus??? Quoi qu'il en soit, pour en revenir au Premier amour, je ne peux pas franchement dire que j'ai aimé. N'était-ce même ma collègue qui a adoré, j'en dirais beaucoup plus de mal mais, puisqu'elle a aimé, c'est qu'il doit bien y avoir quelque chose... Le personnage d'Emilie Beaulieu, la quinquagénaire qui se rend compte qu'elle n'a rien compris à la vie, n'est pas inintéressant. Mais sinon, que de clichés! Nous avons les parents catholiques, donc forcément intégristes et qui considèrent bien évidemment leur autre fille, trisomique, comme un monstre. A l'inverse,  nous avons la tante libre dans sa tête avec plusieurs amants, mais qui aime donc c'est ça le plus important; le beau Dario, l'Italien insipide, l'amour perdu de l'héroïne; le gentil mari chauffeur de taxi qui ne fait pas de politique ça non monsieur mais qui pareil a une fois viré le bras droit de Le Pen de son taxi (je ne suis pas d'extrême-droite, dieu merci, ne me faites pas dire des horreurs pareils, mais je n'ai pu m'empêcher de trouver ce passage un brin démagogique) . Qui plus est, Véronique Olmi semble avoir une vision assez effrayante de l'amour. En gros, l'amour n'est pas viable sur le long terme car l'amour se doit d'être parfait alors que la vie ne l'est pas. La sagesse consiste alors à s'accommoder d'un vague ersatz sécuritaire. Ainsi, si l'héroïne n'aime pas son mari (c'est dit très clairement) elle aime sa familiarité rassurante et surtout, voit en lui le père de ses filles. Je ne sais pas vous, mais moi, ça me fait un peu peur...
Mais ce n'est pas tout! Si encore l'auteur s'était contentée d'un roman sur une quinquagénaire qui s'interroge sur son couple et sur l'amour, bon je ne suis pas forcément d'accord avec sa vision, mais pourquoi pas? Seulement Véronique Olmi, à la fin du récit,  part dans un dénouement rocambolesque en totale rupture avec le reste de l'histoire (et ça, même ma collègue le reconnait)
Mais, une fois n'est pas coutume, finissons par une note positive; le style de l'auteur est fluide, passe bien et, surtout, nous avons le portrait très réussi de la soeur de l'héroïne, Christine, 'la petite grande soeur" trisomique qui chante du Mike Brant devant son miroir et qui, à l'inverse de la plupart des personnages, est décrite avec beaucoup de finesse. Nous avons ausi quelques très jolies scènes: la scène où Emile surprend sa mère dans un supermarché hésitant à acheter des collants couleur chair, la confrontation entre l'héroïne et sa fille aînée, le karakoé d'Emilie et Christine sur Mike Brant... ça ne suffit certes pas à me faire aimer le livre mais ça m'évite de le jeter dans la liste des romans à oublier..
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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 20:14
L01.jpgModeste proposition pour empêcher les enfants des pauvres d'être à la charge de leurs parents ou de leur pays et pour les rendre utiles au public suivi de Proposition d'attribution d'insignes aux mendiants de toutes les paroisses de Dublin
Jonathan Swift
éditions Mille et une nuits



Modeste proposition... n'est pas un roman. Il s'agit d'un pamphlet écrit par Swift, l'un de ses derniers textes et, au demeurant sans doute le plus féroce.
Rappelez-vous: si Swift, lui-même irlandais, est loin d'apprécier un pays majoritairement catholique (lui-même est protestant) il n'en demeure pas moins un homme profondément touché par la misère de ses compatriotes, errant dans la rue et mendiant. L'Angleterre en effet impose un joug sévère à l'Irlande, la considérant comme une colonie et taxant lourdement ses habitants. Quelques riches possèdent les terres, le reste n'a quasiment aucun droit et meurt de faim...
Modeste proposition... est un court libelle (à peine plus de trente pages) mais c'est un texte qui, bien que concis, se révèle plein d'humour noir et d'un cynisme au demeurant assez effrayant. Swift y explique avec le plus grand sérieux que, puisque les pauvres sont devenus un tel fléau en Irlande, il est temps d'y remédier en se débarrassant des enfants. Ainsi, il propose d'en garder une partie pour la reproduction (comme le bétail) et de vendre les autres à partir de un an (âge où il commence à coûter de l'argent) afin d'en faire une viande choix pour les plus riches: "Si l'on reçoit, on pourra faire deux plats d'un enfant et si l'on dîne en famille, on pourra se contenter d'un quartier épaule ou gigot, qui, assaisonné d'un peu de sel et de poivre, sera excellent cuit au pot le quatrième jour, particulièrement en hiver." Swift développe son idée en établissant calculs savants (le prix de revient d'un nourrisson, le coût économisé sur le bétail) et en s'interrogeant sur l'utilité ou non d'appliquer le même traitement aux garçonnets (non, viande trop coriace) ou aux vieillards (pas la peine, ils ne coûteront bientôt plus rien) Bref, il va jusqu'au bout de son raisonnement, en profitant pour glisser l'air de rien quelques remarques assassines sur les riches propriétaires et l'Angleterre: "(...) nous ne courrons pas le moindre risque de mécontenter l'Angleterre. Car ce type de produits ne peut être exporté, la viande d'enfant étant trop tendre pour supporter un long séjour dans le sel, encore que je pourrais nommer un pays qui se ferait un plaisir de dévorer notre nation même sans sel" Les passages soulignés (en italique dans le texte) sont ainsi mis en valeur par l'auteur pour nous révéler sa véritable pensée. C'est un procédé qu'il emploie dans le texte lorsqu'il expose notamment d'autres théories permettant de réduire la pauvreté en Irlande. Ecartées d'emblée sur un ton ironique: "Qu'on ne vienne pas me parler d'autres expédients", ces théories sont à l'inverse de sa modeste proposition pleines de bon sens.
Le texte suivant: Proposition d'attribution d'insignes aux mendiants de toutes les paroisses de Dublin se situe grosso modo dans le même registre. Là encore, il s'agit de "régulariser" cette pauvreté désordonnée. Swift propose ainsi d'attribuer des insignes aux mendiants de la paroisse de Dublin afin d'éviter l'afflux des mendiants étrangers. En gros: chacun s'occupe de ses pauvres, il faut pas pousser. Là encore, il s'appuie sur des chiffres et des statistiques pour démontrer le bien-fondé de sa théorie. Soyons rationnels nous dit-il, poussons la logique jusqu'à l'absurde sans tenir compte d'idées aussi triviales que la dignité humaine. Le rendement économique doit être la seule motivation, et puisque nous sommes arrivés à un tel degré dans l'avilissement, allons jusqu'au bout. C'est noir et ce pamphlet résonne de façon sinistre à nos oreilles. Voltaire admirait l'Angleterre et son système libéral;  avec ironie, Swift en livre l'envers de la médaille...
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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 15:03
L02.jpgLes enfants d'ailleurs
Premier cycle: L'autre Monde.
Bannister et Nyko
éditions Dupuis

Toujours et encore dans la BD... Mais on reste chez Dupuis si vous le voulez bien...

 

Trois garçons un rien désoeuvrés, Noé, Théo et Maxime, assistent à l'enterrement du père Gab, un vieux monsieur énigmatique au passé mystérieux... Ils se lient d'amitié avec Rebecca, sa petite fille adoptive et ensemble décident d'explorer la maison du défunt, que beaucoup considèrent comme hantés. Involontairelent, ils ouvrent une porte donnant sur un autre monde et se retrouvent piégés. L'ennui c'est que ce nouveau monde est loin d'être idyllique. Des ombres rôdent, prêtes à tuer quiconque s'aventure dans le noir, et les habitants vivent dans la terreur. Pris au piège, les enfants vont devoir cependant traverser cette contrée hostile pour retrouver un passage jusqu'à chez eux, ,aidés par la jolie Ilvanna et par une mystérieuse jeune fille à dos de dragon...

 

Je m'aperçois que ce n'est pas si évident que ça de lire de la bande dessinée. Je ne parle pas de séries du type Les Blondes ou Le guide de (complètez au choix par du jeune père, du trentenaire, du retraité, etc.) Ce type de BD demande effectivement un neurone et demi pour la lecture (pour tourner les pages) En revanche, une bande dessinée avec un scénario un peu plus fouillé réclame un minimum de concentration et c'est très déroutant quand on ne lit quasiment que des romans. Pourquoi me direz-vous? Et bien, quand vous lisez un roman, votre esprit peut se permettre de s'égarer un peu, de sauter un détail et ce sans gêner trop la lecture. Mais, omettez une case, sautez un dialogue dans une BD et vous êtes fichus. C'est trop dense pour se permettre ce genre d'errance mentale.

Les Enfants d'Ailleurs est intéressant, visuellement très joli mais sa lecture s'est donc révélée relativement épuisante. Le dessin est "complexe" (je ne sais pas si ça se dit mais tant pis), le scénario ambitieux et pour couronner le tout, j'ai eu entre les mains l'intégrale regroupant les trois premiers volumes de la saga,,autrement dit près de 150 pages pour  m'immerger dans un monde qui ne m'est pas familier. Reste que j'ai aimé l'ambiance très "narnienne" de la série et le décalage entre les deux mondes. Dans la "réalité", les enfants sont un peu considérés comme des voyous; ils sèchent, fuguent, traînent dans la rue... Dans le monde des ombres, loin du regard critique de leurs proches, ils ont toute latitude pour s'affirmer.  Certaines scènes sont assez dures et, comme je l'ai déjà dit, il faut un minimum de concentration mais globalement, la série vaut le coup d'oeil, et la suite fait d'ores et déjà partie de mes prochaines lectures...

 


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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 12:07
L02.jpgSeuls
t.1 La disparition

Gazzoti/Vehlmann
éditions Dupuis



Dans la série "rattrapons un peu notre retard dans les rubriques délaissées", parlons aujourd'hui de BD tiens. ça fera de mal à personne.
Sur les conseils de lecteurs, j'ai donc commencé la série Seuls de Gazzoti et Vehlmann. Un beau matin, cinq enfants de quartiers divers se réveillent seuls chez eux dans une ville désertée. Il y a Yvan, le geek précoce, amateur de jeux vidéos et de télévision, il y a Leila, la bricoleuse, Camille, la bonne élève un peu coincée, Terry, le plus petit, un gamin capricieux mais attachant et, enfin, Dodji, l'orphelin qui vit dans un centre. Livrés à eux-mêmes dans une ville soudain en proie à des animaux effrayants, les enfants décident de rester ensemble et de se mettre à l'abri...
C'est une série de toute évidence à l'usage des plus jeunes, évidemment pas pour les plus petits car il y a quelques scènes pas forcément agréables. De plus, l'histoire en soi est assez effrayante. Mais, le dessin est sobre et "facile à lire" si j'ose dire. J'avoue que j'apprécie assez mais, n'étant pas une spécialiste, je n'ose pas trop m'attarder sur le sujet, ayant peur de me faire décapiter par les professionnels. Les héros sont ici les enfants; il semble que les adultes ne présentent aucun intérêt puisqu'il n'apparaissent que dans le préambule (à noter d'ailleurs que déjà à ce moment-là ils sont présentés au mieux comme transparents, au pire comme importuns). Comme le dit Dodji "On ne peut jamais compter sur eux". Lecteurs, vous voilà prévenus... L'histoire est plutôt sympa (on a hâte de savoir ce qui s'est passé cette nuit-là) et la situation des enfants livrés à eux-même donne lieu à des scènes cocasses: Camille et Yvan qui, jugeant qu'un verre de riz par personne ne suffit pas mettent tout le paquet dans la casserole (rigolez pas, ça vous est jamais arrivé vous?) ou encore les enfants qui, au moment de se coucher, se mettent tous à pleurer en songeant à leurs parents disparus...Je suis pas fan des deux personnages qui semblent amenés à devenir les héros principaux, Leila et Dodji, trop débrouillards pour être vraiment amusants, mais ils restent quand même attachants. Affaire à suivre donc...
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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 19:47
L03.jpgL'odyssée du temps
t.1: l'oeil du temps

Arthur C.Clarke/ Stephen Baxter
éditions Bragelonne



En consultant les rubriques de ce blog, je me suis aperçue, oh horreur! qu'il y avait de très nets déséquilibres. Si les romans, la jeunesse et les classiques tiennent le haut du pavé, les autres genres sont quelque peu délaissés. Dans un souci de justice, je me suis donc empressée de lire un peu de science-fiction (oui, je sais, c'est très bizarre comme raisonnement)
Arthur C.Clarke, auteur de la série 2001, L'Odyssée de l'espace et Stephen Baxter ont écrit ensemble un ouvrage récemment traduit, L'Odyssée du temps, qui s'annonce également comme le premier tome d'une série. Ce qui m'étonne un peu, c'est qu'Arthur C.Clarke est mort l'année dernière. La suite est-elle déjà sortie en Angleterre? Possible mais j'ai la flemme de me pencher sur la question. Bref, là n'est pas le sujet.
Le sujet, c'est qu'en 2037, 1885, à l'époque préhistorique, à l'époque antique, des sphères étranges apparaissent dans les cieux. Le monde se transforme, morcelé soudain en plusieurs "bouts" d'époques. Ainsi, le journaliste Kipling en reportage au fort de Jamroud voit débarquer un hélicoptère de casques bleus de 2037... Quelques kilomètres plus loin, la troupe macédonienne dirigée par Alexandre se demande bien ce qui lui arrive, tandis que des cosmonautes russes et américains, de retour sur Terre, se font capturer par Gengis Khan. Que s'est-il passé? Quand? Et pourquoi? Autant de questions sans réponses... Bisea, qui vient de 2037 (la dernière date qui semble représentée) est curieuse d'en savoir plus et de rétablir la situation, notamment pour retrouver sa fille Myra, égarée désormais dans un des puzzles du futur. Malheureusement pour elle, Alexandre le Grand et Gengis Khan, chacun de leur côté, semblent plus soucieux de dominer ce nouveau monde, baptisé Mir, et notamment de prendre le pouvoir sur Babylone, la seule cité d'importance dont proviennent encore des signaux radios...
Je ne suis pas assez calée en science pour vous dire si, oui ou non, les théories avancées dans le roman sont vraisemblables ou non. Probable que oui, les auteurs de SF ne rigolent pas avec ça. L'aspect "quantique" si j'ose dire en tous cas est intéressant mais la dimension psychologique des personnages est beaucoup moins crédible. Imaginez: vous vous retrouvez face à un mammouth ou à un australopithèque, ça vous perturberait peut-être quand même un peu non? Là, ça ne semble déranger personne, pas plus que le fait de fréquenter un Macédonien ou un chef mongol. A noter aussi que tout le monde communique parfaitement car, bien entendu, il y a forcément quelqu'un dans le lot pour pour parler mongol ou en grec ancien (moi qui me demandait l'intérêt de la méthode audio Le grec ancien sans peine j'ai désormais ma réponse) L'explication: le temps s'est emmêlé, on vient tous d'époques différentes, semble convenir à tout le monde. Admettons. Idem, je ne suis pas assez spécialisée en histoire pour juger, mais je doute très sérieusement que ce livre puisse servir un jour de matière à un exposé sur Alexandre le Grand ou Gengis Khan...
Je suis sévère. Le livre est loin d'être mauvais et se lit bien, assez détaillé tout en évitant l'habituel charabia pseudo-scientifique propre au genre. Là où ça me gêne un peu, c'est quand le récit part en considérations métaphysiques vaseuses: Pourquoi? Qui sommes-nous? Où allons-nous? Réponse: On s'en fout! Dites-nous plutôt ce qui s'est passé en 2037  puisque 2037 semble être la date butoir... De même, comme je le soulignais, la psychologie n'est pas le point fort des auteurs. Du coup, les personnages sont plutôt sommaires, manichéens, et leur sort nous indiffère au plus haut point (ah mince, celui-ci s'est fait décapiter c'est dommage) Mais bon... Disons pour conclure que L'oeil du temps n'est pas le chef-d'oeuvre de l'année: en revanche, ne serait-ce que par simple curiosité, je lirai très probablement la suite...
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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 19:45
L04.jpgSukkwan Island
David Vann
éditions Gallmeister


Imaginez une île perdue au sud de l'Alaska, coupée de toute civilisation. Une cabane dépourvue de tout confort avec pour seule distraction un paysage magnifique et une végétation luxuriante et avec pour seule compagnie les ours... C'est dans cette île que Jim, homme au caractère instable, propose à son fils Roy (treize ans) de passer l'année tous les deux. Au programme: chasse, pêche, construction d'un abri à bois... C'est une aventure supposée les rapprocher tous les deux et pour Jim, l'occasion de mieux connaître Roy et vice-versa. Le problème, c'est que Jim vit un divorce difficile avec une seconde épouse et qu'il est naturellement perturbé. L'isolement et les conditions de vie difficiles ne vont rien arranger. La belle aventure tourne vite au cauchemar et précipite père et fils dans une situation que sans doute ni l'un ni l'autre (et pas davantage le lecteur) n'avaient prévue...
Me voilà un peu ennuyée. J'avance en effet en terrain mouvant car il m'est impossible de vous parler librement de Sukkwan Island sans trop vous en dire. Or, le suspens est l'un des élément-clés de cet ouvrage. Ne vous leurrez pas: le lecteur sait dès le début que l'histoire se terminera mal. Comment pourrait-il en être autrement? L'isolement, le caractère imprévisible de Jim... On se croirait dans Shining, l'aspect fantastique en moins. Seulement, le récit prend un tour inattendu auquel personne n'avait songé et la descente aux Enfers n'en est que plus terrifiante...
Si l'on veut parler du style de l'auteur, sachez que David Vann ne nous épargne rien, avec un souci du détail qui, dans la seconde partie du roman, se révèle assez glaçant. C'est bien la première fois que j'ai eu envie de me cacher les yeux en lisant un livre! Du coup, nous sommes plongés au coeur de l'île avec le père et le fils et, tout comme Roy, bien que nous ayons nous aussi envie de fuir, nous sommes pris au piège de Sukkwan Island. L'absence de respiration dans les phrases (le discours direct est pris au milieu du récit, sans guillemets) accentue cette sensation d'étouffement.
Au niveau des personnages, il y aurait beaucoup à dire mais, pareil, c'est un peu délicat ... Disons tout simplement que l'auteur nous offre un magnifique face-à-face et le portrait poignant de deux personnages que tout semble opposer: à gauche, le père geignard, qui s'apitoie volontiers sur lui-même, volubile et volage; à gauche, le fils taciturne, réservé, débrouillard et qui n'a qu'une crainte, celle de ressembler un jour à son père justement. Roy et Jim ont un point commun cependant: ils s'aiment et ne se comprennent pas. C'est d'ailleurs ce qui fait basculer le roman dans le tragique.
Voilà tout ce que je peux en dire sans trop dévoiler l'intrigue. Sukkwan Island est un livre fort et ignoble diraient certains, ignoble dans le sens où l'amour n'arrange rien et où ce sont les personnages eux-mêmes qui creusent leurs tombes, chacun se renvoyant à l'autre une image qu'il est incapable de supporter. David Vann nous livre ainsi une leçon simple mais efficace: que ce sont ceux que nous aimons le plus qui nous font toujours le plus de mal...
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