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17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 13:41

L04.jpgLe garçon au sommet de la montagne

John Boyne

éditions Gallimard Jeunesse

2015

 

Pierrot est un gentil garçon qui, à la veille de la seconde guerre mondiale, vit seul à Paris avec sa mère depuis que son père, ancien soldat, les a quittés avant de mourir. Mais voilà que sa mère meurt à son tour, le laissant orphelin et contraint d'abandonner sa vie en France, son ami Anshel et son chien D'Artagnan, pour aller habiter avec sa tante, gouvernante, dans une maison en haut d'une montagne, résidence secondaire d'un certain Hitler.

Comme je l'ai déjà dit, Pierrot est un gentil mais c'est un enfant petit, un enfant seul et un orphelin qui a besoin de retrouver une famille. Le garçon au sommet de la montagne c'est l'histoire d'une corruption, d'un garçon qui se laisse fasciner par une idéologie et happer peu à peu par une personnalité forte au point d'oublier tout ce qu'il est. Le livre dérange, met très mal à l'aise car on l'aime bien ce petit Pierrot, enfin au début. De plus, la narration est toute entière de son point de vue ce qui fait qu'on se retrouve "contraint" de se mettre à sa place. Aussi, lorsque les pensées puis les actes deviennent de plus en plus sombres, le lecteur se débat et s'indigne, allant même jusqu'à ressentir de la haine pour ce héros qui était pourtant si attachant. C'est un témoignage utile et original sur la seconde guerre mondiale qui, fait rare en jeunesse, adopte le point de vue du bourreau et non de la victime. Il ne s'agit pas d'un bourreau actif : Pierrot n'est qu'un adolescent en 1945, cependant il a du sang sur les mains, versé qui plus est en toute bonne foi. Et c'est peut-être ça le pire.

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15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 12:01

L02.jpgDis-moi si tu souris

Eric Lindstrom

éditions Nathan

2015

 

Parker est une adolescente de seize ans qui a une petite particularité : elle est aveugle depuis ses sept ans, depuis l'accident de voiture qui a également coûté la vie à sa mère. Voilà que son père vient de mourir à son tour (suicide ou accident, nul ne le sait) et que Parker se retrouve à partager sa maison avec son oncle, sa tante et leurs deux enfants. C'est dans ce contexte que la jeune fille fait sa rentrée scolaire et retrouve son meilleur ami et petit copain Scott à qui elle n'a pas parlé depuis trois ans, depuis que ce dernier l'a trahie...

Elle n'est pas franchement sympathique Parker : sûre d'elle, un peu égocentrique, caractérielle, grande gueule... Pour ma part j'ai eu beaucoup de mal à m'attacher à ce personnage et ce n'est que lorsque la façade se fissure et que l'orpheline un peu perdue apparaît que j'ai commencé à être plus réceptive. Si histoire d'amour il y a, Dis-moi si tu souris est avant tout l'histoire d'un deuil : Parker peu à peu accepte l'idée d'avoir perdu son père et de le pleurer. Inutile donc de vous le cacher, c'est très larmoyant : Parker passe son temps à s'effondrer dans les bras de ses amis et, quand ce n'est pas elle, c'est sa copine Sarah ou sa cousine Sheila. Bref, il y a beaucoup de pleurs et de grandes déclarations d'amour ou d'amitié, ce que mon coeur de pierre a fini par trouver assez lourd et ennuyeux. J'ai été plus intéressée par l'écriture. Parker étant aveugle, il n'y a aucune réelle description dans le récit et les personnages prennent une dimension toute particulière : ce sont des voix au téléphone, des êtres qui ne se révèlent qu'au détour de dialogues : Sarah porte souvent des pantalons de joggings, Molly est métisse et plutôt enrobée... Tout cela donne paradoxalement au roman un côté très vivant et très original. Bon, après il faut aimer les histoires d'amour entre adolescents, les trahisons, les fous rires et les tours de stade et, pour le coup, je crois que j'ai passé l'âge.

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11 août 2016 4 11 /08 /août /2016 13:30

L03.jpgMon ami Arnie

Jeremy Behm

éditions Syros

2016

 

A Ithaca l'ambiance est un peu tendue depuis qu'un tueur en série sévit en laissant des jeunes femmes mortes un peu partout. Mais le jeune Fox (nommé ainsi en hommage à X-Files) n'en a pas vraiment cure. Il est amoureux de la belle Mia et désire lui offrir la bague de ses rêves. Manque de chance, il se fait voler par les brutes de son lycée et se retrouve à court d''argent. Aussi accepte-t-il l'offre inattendue d'Arnie, un camarade de classe : cambrioler la propriété du père de ce dernier. Mais pourquoi Arnie veut-il faire du tort à son géniteur ?

Oui, vous le constaterez par vous-même, ce livre est franchement barré et, à dire vrai, assez amoral, ce qui est reposant. L'histoire est étrange et le ton résolument cynique, l'auteur pratiquant un humour des plus noirs. ça aurait pu être un véritable coup de coeur si l'intrigue n'était pas gâchée par un style médiocre, peinant entre différents registres, et des dialogues ratés. Je n'adhère pas non plus au choix que fait l'auteur d'alterner le récit entre les différents personnages. Cette pratique très à la mode nuit à mon sens à l'histoire dans ce cas précis. Ainsi je suis sortie perplexe de cette lecture, me demandant si l'originalité pouvait compenser les défauts d'écriture de l'ensemble. A vous de vous faire votre opinion.

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10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 18:37

L03.jpgLa prochaine fois ce sera toi

La brigade de l'ombre tome 1

Vincent Villeminot

éditions Casterman

2016

 

Après U4, Vincent Villeminot fait de nouveau cavalier seul avec une nouvelle série, La brigade de l'ombre. Dans cette brigade un peu particulière, Léon Markowicz et son équipe de bras cassés, flics au rencart et scientifiques douteux, enquêtent sur les goules, des êtres humains qui, à l'image des loups-garous, se transforment en créatures ignobles et assoiffés de sang. L'histoire se complique lorsqu'un jour Léon tombe sur un cadavre qui semble attaqué par une goule, attaque qui se révèle une mise en scène pour attirer l'attention du commissaire. Ce dernier ne tarde pas à se rendre compte que sa famille, son ex-femme et ses deux filles, est particulièrement menacée.

Il y a du bon et du moins bon dans cet ouvrage. Déjà, rendons grâce au Ciel, Vincent Villeminot a retrouvé sa patte d'écrivain qu'à mon sens il avait perdu avec Stéphane, oeuvre de commande, et nous propose un récit solide, une intrigue sans temps mort et un style fluide. Cette nouvelle série a également un atout de taille, celui de nous proposer une incursion dans le roman noir, ce qui est rare dans une littérature destinée aux adolescents. Mais cette originalité est également ce qui fait la faiblesse de La prochaine fois ce sera toi : Vincent Villeminot s'efforce de créer un univers entre Fred Vargas et Adler-Olser tout en l'adaptant à un public ado. Or, pour ma part je ne trouve pas le résultat probant puisqu'en parallèle de l'enquête de Markowicz, le lecteur suit les amourettes insignifiantes de sa fille Fleur, ce qui fait osciller le récit entre deux registres peu compatibles. Enfin, je ne suis pas non plus convaincue par les personnages : à vouloir à tout prix en faire des êtres à part (la petite soeur étrange, la policière prompte à la gâchette, le commissaire alcoolique) l'auteur tombe dans la surenchère et la caricature. Cependant, ces quelques imperfections sont compensées par un final inattendu. Aussi, sans être débordante d'enthousiasme, j'accorde à cette nouvelle série le bénéfice du doute, histoire de voir si Villeminot arrive à se débarrasser de ses références littéraires pour nous proposer quelque chose de vraiment unique.

 

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8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 20:45

L01.jpgMoi et les Aquaboys

Nat Luurstema

éditions Gallimard Jeunesse

2016

 

L'été de ses quinze ans, Louise voit ses rêves exploser en vol lorsqu'elle rate l'épreuve de natation aux sélections pour les Jeux Olympiques. Elle qui ne vivait que pour la nage se retrouve soudain avec énormément de temps libre et fait sa rentrée seule au lycée puisque son amie de toujours Hannah, elle, a été sélectionnée. La voilà à la recherche de nouveaux amis mais ce n'est pas gagné car, hors de l'eau, Louise brille surtout par sa maladresse et sa timidité. Un jour elle retourne à la piscine et tombe sur trois garçons de son lycée qui l'embauchent pour une mission un peu spéciale : les entraîner en vue d'une émission de téléréalité.

Ecrit à la première personne du singulier, Moi et les Aquaboys est encore une fois la preuve qu'un roman adolescent peut être drôle sans être lourd. Louise est un personnage très attachant, grande fille gauche qui est en perpétuel décalage avec les autres. Autour d'elle gravitent des protagonistes tout aussi intéressants : le couple de parents divorcé mais qui vit toujours ensemble, la grande soeur à la pointe de la mode, l'amie obsédée par la compétition et par son poids... Les situations s'enchaînent, hilarantes, centrées essentiellement sur Louise et son trio de beaux gosses, formant à eux quatre un groupe improbable. Il faut ajouter à cela une "morale" assez positive puisque l'auteur, sans la dénigrer totalement, met en garde ses lecteurs contre une compétition excessive : ainsi Louise sortie des courses de natation découvre que sa vie ne peut se résumer à ça tandis qu'Hannah, entraînée et surmenée est tellement poussée par ses parents qu'elle manque en perdre la tête. Pour Nat Luurstema; gagner ou perdre n'a au fond pas vraiment d'importance : Louise a le sentiment d'être une perdante, son père, au chômage depuis un certain temps, également. Ce n'est pas grave nous dit l'auteur : l'essentiel c'est de se relever et de poursuivre son petit bonhomme de chemin, peu importe où il mène. Cette vision optimiste et bienveillante de la vie ainsi que le ton léger du récit font de Moi et les Aquaboys l'un de mes coups de coeur des romans jeunesse de l'été.

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7 août 2016 7 07 /08 /août /2016 12:08

L02.jpgLes Âmes mortes

Gogol

éditions Gallimard

1842

 

Tout commence par Pouchkine qui "donne" à son ami Gogol une idée d'histoire : celle d'un opportuniste peu scrupuleux qui parcourrait le pays à la recherche d'âmes mortes. Les âmes mortes dans la Russie du 19e siècle, ce sont ces serfs qui sont morts entre deux recensements et qui, de fait, continuent de vivre de façon administrative. Gogol adopte avec enthousiasme le projet et se lance dans la rédaction des Âmes mortes : Tchitchikov, un homme affable, courtois et énigmatique se lie avec différents propriétaires plus ou moins riches et leur fait une demande curieuse : il leur demande de lui céder leurs serfs décédés et se constitue donc ainsi, petit à petit, un curieux héritage. Mais dans quel but ? Le lecteur ne saura jamais exactement le comment du pourquoi car Les Âmes mortes rendit Gogol fou : après des années d'écriture, il jeta la quasi-totalité de la seconde partie du roman au feu et mourut une semaine après. J'ai envie de dire que c'est plutôt dommage car la première partie du texte est vraiment très réussie : Gogol décrit avec beaucoup d'humour et d'ironie une société russe sclérosée, étouffant sous le poids de la paperasse et de propriétaires sans scrupules. La caricature y est plaisante et on rit volontiers, que ce soit devant le tapageur Nozdriov, roublard qui jouerait sa vie aux dés, ou devant l'éthéré Manilov et sa femme dont la candeur et l'inconsistance sont cruellement soulignés par un auteur en verve. Bien évidemment, le personnage le plus intéressant de l'histoire reste Tchitchikov, ce héros doucereux aux intentions confuses qui adapte son langage en fonction de son interlocuteur et qui a la flexibilité du roseau.

Tout se gâte dans la seconde partie qui n'est d'ailleurs composée que de fragments. Outre que le ton de Gogol se fait plus didactique et plus moralisateur, le récit perd son unité : à peine avez-vous commencé à vous immerger dans une nouvelle situation que la narration s'interrompt brutalement et que vous passez de but en blanc à un autre fragment. Le résultat est inévitable : le lecteur décroche petit à petit jusqu'à perdre tout intérêt pour l'histoire. Dommage. Jamais la notion d'oeuvre inachevée n'a pris autant de sens.

 

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4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 15:39

L06.jpgLa fête est finie

Olivier Maulin

éditions Denoël

2016

 

Picot et Victor sont deux copains un peu paumés dans la vie : tandis que Victor, plutôt simple d'esprit, passe ses journées vautré sur le canapé à écouter Bach, Picot s'efforce de dégotter un travail. Il finit par dénicher pour son pote et lui un boulot de vigiles de nuit dans un parc de campings-cars. Ils sont tellement doués qu'ils s'endorment dans l'un des véhicules dès la première nuit et se le font voler par des roumains. Après quelques pérégrinations, ils atterrissent en Alsace où ils décident de s'installer dans un camping isolé. Là y vivent Rirette et son père, deux survivalistes convaincus que le monde court à sa perte et qu'il faut se préparer au pire.

Mouais. C'est supposé être drôle mais, franchement, je n'ai pas plus adhéré que ça. Le style est plus que léger avec ma bête noire, des points d'exclamation à toutes les sauces, histoire je suppose de rendre le récit plus vivant. L'erreur était de mener le récit à la première personne (c'est Picot qui raconte l'histoire) ce qui fait que toute distanciation est impossible. Surtout, ce qui m'a le plus gênée dans La fête est finie, c'est l'idéologie que j'ai trouvé assez malsaine. Si l'auteur pose un constat lucide sur l'écologie et la croissance, il le défend par l'intermédiaire de personnages alcooliques, de demeurés, de ploucs alsaciens et d'un nain espagnol à moitié fou qui à tous leurs problèmes ont une seule solution : le fusil. Maulin a beau y faire, j'ai eu du mal à m'attacher à cette clique qui fleure bon un populisme malsain sous un humour lourdingue (les situations amusantes sont tellement forcées qu'elles en perdent tout leur sel) et une ironie maladroite (le roumain qui explique que s'il est accusé de vol, il ira se plaindre à une association). Difficile de dire si l'auteur est sérieux et s'il adhère réellement aux propos de son narrateur et de sa bande, regrettant le Moyen-âge et adepte du braconnage et de la vie dans les bois. Je suppose qu'il faut faire le tri entre le bon grain et l'ivraie mais, pour ma part, j'ai très vite décroché de cette histoire profondément déprimante au fin fond d'une Alsace chauvine même si le personnage de Totor et quelques situations ça et là m'ont fait sourire. Pas suffisant pour  encenser un livre prétentieux et pas franchement bien écrit.

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2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 09:10

L03.jpgVisages pâles

Claude Carré

éditions Auzou

2016

 

Après La croix du Sud dont nous avons déjà parlé dans ce blog, Claude Carré revient avec un second roman pour pré-ados qui nous emmène cette fois dans l'Ouest des Etats-Unis. Jane, treize ans et Davy,vingt-un ans, nés d'une mère française et d'un père américain, sont sans nouvelles de ce dernier, disparus sept ans auparavant. Ils décident de partir en Amérique à sa recherche dans une voiture de location avec pour seul point de départ une adresse, celle d'une université. C'est le début d'un road-trip à travers les grands espaces, marqué par des joies et des découvertes.

La thématique de Visages pâles est assez proche de celle de La croix du Sud. Là encore, il s'agit à la fois de découvrir un pays mais également la figure d'un père absent et énigmatique. En revanche, j'ai trouvé ce nouveau roman moins abouti : d'une part parce que l'histoire de ce couple de frère et soeur partant en vadrouille retrouver leur géniteur me paraît un peu tiré par les cheveux et, d'autre part, parce que les retrouvailles sont plus qu'improbables. Les personnages sont de plus peu attachants et les descriptions maladroites. Si le récit fourmille de bonnes idées (les non-dits autour du père, la maladie du frère), l'ensemble est gâché par une intrigue qui avance trop rapidement : quelques développements auraient rendu l'épopée du frère et de la soeur plus crédible et ajouté davantage d'intensité aux retrouvailles. Dommage.

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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 14:44

L02.jpgElia, la passeuse d'âmes

Marie Vareille

éditions Pocket Jeunesse

2016

 

Dans un monde réparti en système de castes, Elia, seize ans, est née du bon côté de la barrière. Kornésienne (la classe dirigeante) elle est également passeuse d'âmes et se doit donc d'éliminer les membres inutiles de la communauté ainsi que les opposants au régime... Seulement Elia n'est pas comme les autres passeurs d'âmes : elle est capable d'empathie, préfère soigner que guérir aussi, lorsqu'un jour un rebelle lui est amené, un Nosoba (la caste des esclaves) elle le laisse partir. Un acte qui lui vaut à son tour des ennuis et qui la force à s'enfuir dans la région la plus pauvre du pays pour ne pas être recherchée par les siens. Mais est-elle réellement une Kornésienne ?

Le titre est débile et la couverture n'est franchement pas terrible : c'est bien dommage parce que tout le reste est une réussite. Le monde créé par Marie Vareille, bien que vu et revu, est intéressant, un peu caricatural par endroits mais compensé par des personnages attachants et une écriture fluide et agréable. L'intrigue est menée avec beaucoup de dextérité (le suspens est maintenu jusqu'au bout) avec des descriptions très réussies. On s'attache à Elia et on s'interroge sur ses mystérieuses origines. De fait, la fin est frustrante car elle nous laisse en plan, avide de découvrir la suite mais quand ? Bien que française, l'auteur a un univers très anglo-saxon : il y a des maîtres et des esclaves, des très riches et des très pauvres, des rebelles et des prophéties, un triangle amoureux qui se profile, des combats et des traîtrises... C'est efficace, rien à dire et, sous ses dehors qui ne paient pas de mine, Elia la passeuse d'âmes, à défaut d'être follement originale, s'annonce comme une série prometteuse dont j'attends en tous cas avec impatience la suite.

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 14:08

L05.jpgDid I Mention I love you ?

Estelle Maskame

éditions Pocket Jeunesse

2015

 

Eden, seize ans, est en froid avec son père depuis que ce dernier l'a quittée avec sa mère sans une explication. Aussi est-elle passablement surprise lorsqu'il l'invite à venir passer son été à San Monica avec lui, sa nouvelle femme et sa famille. Mais bon, San Monica c'est L.A, la plage et le strass, aussi Eden accepte-t-elle. Arrivée là-bas elle se lie rapidement avec d'autres adolescents et enchaînent les soirées où l'alcool coule à flots. Elle tombe également sous le charme de Tyler, le bad boy du coin qui boit et se drogue pour oublier les blessures secrètes de son âme. Le souci c'est que non seulement Tyler est le copain d'une de ses amies mais, surtout, qu'il est le fils de sa nouvelle belle-mère... son demi-frère (oooooooooh)

Bon, on n'est pas dans Game of Thrones non plus et je ne vois pas en quoi c'est particulièrement sulfureux de faire tomber amoureuse une adolescente lambda d'un gars avec qui elle n'a pas été élevée et avec qui elle n'a strictement aucun lien de parenté. Mais bon, ce sont les Etats-Unis hein : ça s'offusque de ce genre de choses et, à côté de ça, ça nous raconte en toute sérénité des soirées où tout le monde finit beurré comme des petits Lus et où les copines de Eden passent leur temps dans les chambres à faire des fellations à qui est open. Pas Eden hein je vous rassure elle elle supporte mal l'alcool (c'est mal), elle ne touche pas à la drogue (mal) elle ne couche pas avec n'importe qui (mal) mais elle est amoureuse de son demi-frère oh mon Dieu tabou suprême ! Bref, je suis un peu dubitative sur ce roman pour ados qui brode une énième fois sur le thème de l'amour "interdit", l'oie blanche avec le bad boy, le demi-frère avec la demi-soeur et qui, en terme d'originalité frise le néant absolu. Si l'on saluera le réalisme de la description des soirées d'ados (parents, je vous déconseille ces passages) je suis beaucoup plus réservée sur une écriture sans intérêt et des personnages caricaturaux au possible : que ce soit le père indigne, l'adolescent qui se drogue pour oublier qu'il a été maltraité, la copine jalouse et possessive et l'héroïne canon mais complexée par son physique, faites votre choix dans les clichés qui abondent dans ce récit sans aucun intérêt mais qui, été oblige, fait actuellement un carton.

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