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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 11:27

L02.jpgLes royaumes du Nord

t.1 et 2

Stéphane Melchior/ Clément Oubrerie / Philip Pullman

éditions Gallimard

 

Je dois être l'une des rares personnes à n'avoir pas plus adhéré que ça à la trilogie de Philip Pullman Les royaumes du Nord. J'avais apprécié l'écriture de l'auteur et aimé son univers mais suis restée beaucoup plus sceptique face à la philosophie new age et à des personnages qui m'ont paru assez caricaturaux. Mon grand frère, qui lui pour le coup a été plus enthousiaste, m'a donc offert pour mon anniversaire l'adaptation en BD en espérant que j'accroche davantage.

Pour ceux qui ne connaissent pas, Les royaumes du Nord c'est l'histoire d'une petite fille, Lyra, qui n'a jamais connu autre chose que les murs du Jordan College qu'elle arpente en compagnie de Pan, son daemon, un être qui peut prendre n'importe quelle forme animale jusqu'à l'âge adulte où il adopte une forme définitive. Le daemon et son maître sont liés pour la vie. Un jour Lyra surprend le Maître du Jordan College en train de verser un poison dans le verre de son oncle, Lord Asriel, un visionnaire qui mène des expéditions dans le Pôle afin de prouver l'existence de mondes parallèles.

Mon frère a raison : en BD ça passe mieux. J'ai beaucoup aimé les illustrations, les planches avec les paysages et des couleurs que j'ai trouvé extraordinaires. Notre héroïne est également toute mignonne. Si le graphisme me séduit, je suis cependant plus réservée sur le scénario. De manière générale je trouve ça toujours un peu casse-gueule d'adapter un roman en BD, le risque étant de tomber sur quelque chose d'assez linéaire et plat. Je ne trouve pas ça probant : il y a beaucoup de blablas (surtout dans le premier volume) d'explications à rallonge et de longueurs de façon générale. Reste qu'avec un peu de bonne volonté et de concentration on surmonte ces écueils et, qu'à défaut de me réconcilier avec Pullman, cette BD m'a fait passer un agréable moment.

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17 mai 2015 7 17 /05 /mai /2015 11:45

L01.jpgCarnets de thèse

Thiphaine Rivière

éditions Seuil

2015

 

Jeanne Dargan, prof de collège, rêve de soutenir une thèse de littérature. Et ça tombe bien, elle a trouvé un directeur de recherche qui accepte de la guider sur son sujet sur Kafka. Bon, le problème c'est que Jeanne n'est pas financée et devra se débrouiller par elle-même pour gagner sa vie durant ce temps-là. Mais notre héroïne est enthousiaste : elle laisse tomber son emploi, s'empresse de rencontrer son directeur... Elle s'est fixée un objectif : faire sa thèse en trois ans. Et le pire, c'est qu'elle y croit vraiment...

Tout dans cette BD, de l'éditeur au style de dessin, me faisait craindre le pire : un BD bobo avec des réflexions philosophiques sur la recherche, l'administration, la littérature en général. Le genre de BD assommante et prétentieuse qui vous donne envie de vous replonger dans vos Pif poche en vitesse. A ma grande surprise, ça n'a pas été le cas : Carnets de thèse est vraiment très drôle. Il nous fait plonger dans le quotidien de cette jeune prof qui, devenue chercheuse, se sent soudain très importante et qui se rend compte petit à petit avec stupeur que rien ne change : sa famille s'interroge sur l'utilité de sa thèse, son fiancé en a marre qu'elle lui rabâche toujours la même chose, son directeur de recherche l'évite... Et ce, sans compter les problèmes d'argent et le monde particulier de l'administration universitaire... Jeanne elle-même en prend plein pour son grade, se mettant en scène dans des situations cocasses (j'ai beaucoup ri lorsqu'elle donne pour la première fois un cours en fac sur un sujet qu'elle maîtrise mal ou encore lorsqu'elle donne une conférence sur Kafka) et ne minimisant pas son égocentrisme et son sentiment d'être un parfait imposteur. Reste que le lecteur s'identifie facilement à cette jeune fille qui, pendant toutes ces années, cumule les angoisses et les doutes et met sa vie entre parenthèses, émergeant de temps en temps de sa recherche pour découvrir avec stupeur que les autres se marient ou ont des enfants alors qu'elle demeure une perpétuelle étudiante, sans cesse rabrouée par ses parents. Si le dessin n'est pas extraordinaire, j'ai pour ma part beaucoup apprécié les délires personnels qui s'y glissent : les étudiants qui deviennent tigres ou chatons selon les circonstances, Jeanne qui se transforme en plante verte, la thèse qui prend l'allure d'une gigantesque cathédrale... Paradoxalement, ça vous donnerait presque envie à la fin de la lecture de vous lancer dans une recherche vous aussi.

 

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