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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 15:05

L02.jpgComment pourrir la vie de son patron

Les Vengeurs Masqués avec Philippe Dylewski

éditions Fayard

2015

 

Votre patron vous mène la vie dure ? Il vous refuse une augmentation, vous hurle dessus sans cesse, vous harcèle jour et nuit ? Dans ce livre, le collectif anonyme "Les Vengeurs Masqués" vous donne toutes les clés pour lui mener la vie dure à votre tour : pourrir son moral, saboter ses réunions, le ou la brouiller avec son épouse ou son époux, lui faire perdre des clients, le mettre mal à l'aise...

Pas de panique hein : Comment pourrir la vie de son patron est surtout un livre défouloir, tout du moins c'est ce qu'il me semble. Les auteurs se montrent très prudents sur ce sujet, bannissant d'ailleurs par précaution toute vengeance violente ou physique et usant d'un ton qui nous fait clairement comprendre que les idées proposées sont surtout de l'ordre du fantasme. Il s'agit de montrer que n'importe quel employé peut se libérer de l'emprise d'un patron tyrannique (comme en attestent les nombreux témoignage du livre) et que le rire peut être un excellent moyen pour le lecteur de dédiaboliser un monde du travail parfois étouffant. L'ouvrage a également le mérite, malgré son titre, de ne pas tout mettre sur le dos des chefs, pointant aussi le talent de certains employés pour l'absentéisme ou de se sentir harcelés pour un oui ou un non. En résumé, Comment pourrir la vie de son patron est plein de bonne humeur, maniant à la fois humour et réflexion plus sérieuse et invite ses lecteurs à quitter le rôle de victime pour apprendre à s'affirmer.

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3 juin 2015 3 03 /06 /juin /2015 18:50

L02.jpgVive ? l'entreprise

Gérard Filoche

éditions Hugo Doc

2015

 

Il est remis en cause, dénigré, raillé... Le code du travail est aujourd'hui en danger comme nous l'explique Gérard Filoche, ancien inspecteur du travail et militant syndicaliste. L'auteur pointe du doigt une politique influencée par un patronat qui souhaiterait plus de "souplesse" dans ses relations avec ses salariés : par là il faut comprendre licenciements facilités, horaires de travail alourdis, suppression des 35h, de la médecine du travail ou des prud'hommes. Filoche dénonce le culte de l'entreprise qui fait de ses dirigeants des héros (il s'est fait lui-même reprendre par Valls parce qu'il avait osé, oh scandale, s'en prendre à Christophe de Margerie le patron de Total) et diabolise un système judiciaire nécessaire pourtant à son sens au bien-être du salarié.

Bon, il faut le dire, Gérard Filoche est un peu extrême et je ne peux pas dire que j'adhère totalement à cette charge virulente contre le patronat. Néanmoins, je dois dire qu'à l'heure de la loi Macron, à l'heure des discours rétrogrades d'économistes aussi puants qu'Agnès Verdier-Molinié ou Lenglet, j'ai ressenti beaucoup de sympathie pour un personnage qui ose affirmer que non, ce n'est pas en rognant sur les droits des salariés que l'on va réduire le chômage, non les dirigeants y compris de PME ne sont pas de malheureuses petites choses étranglées par la loi et les syndicats, non ce n'est pas au MEDEF de décider ce qui est le mieux pour le pays, et ce n'est pas au salarié, sous la menace du chômage, à s'adapter à l'entreprise mais bien à l'entreprise de s'adapter à ses salariés. Pour ma part je suis plus que lasse de ces discours énergiques sur la France pays d'assistés et de fainéants. Gérard Filoche, malgré son côté extrême a le mérite de replacer l'humain au coeur de l'entreprise et de rappeler qu'un patron n'est rien sans ses employés. Qui a dit que le socialisme était mort ?

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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 12:43

L05.jpgQuand l'amour emprisonne

Béatrice Copper-Royer/ Marie Guyot

éditions Albin Michel

2015

 

Le titre était racoleur, je me suis laissée tenter par cet ouvrage de psychologie bon marché qui vous révèle (oh scoop) que l'amour dans tous les domaines (parents, frères et soeurs, amis, collègues, conjoints ou amants) peut être destructeur et source de souffrance. Démonstration facile mais qui pouvait être intéressante si elle avait été correctement réalisée. Or, dès les premières pages, il faut se rendre à l'évidence : le livre, écrit par une psychothérapeute et une journaliste que je soupçonne fort d'être journaliste spécialisée dans les courriers du coeur, a la consistance d'une revue de développement personnel. Aucune analyse si ce n'est au début du livre une courte présentation mêlant en vrac les pires poncifs freudiens, suivie de témoignages (constituant les trois quarts de l'ouvrage) dignes du courrier de Femina. Et encore si les témoignages en question étaient pertinents ! Ainsi, si l'on comprend la femme qui devient anorexique à cause de sa mère, on ne voit pas trop ce que l'amour a à voir avec l'histoire de cette femme qui se fait harceler par sa patronne ou de cet homme qui vit mal la retraite parce qu'il est hyperactif. Je soupçonne donc une tentative maladroite de regrouper des histoires vécues un soir de cuite ("Eh Béa si on écrivait un livre ensemble?") , le tout assaisonné de ce bon vieux blabla de psy qui fait la gloire des magazines féminins. A éviter définitivement.

 

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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 16:34

L05.jpgBienvenue dans la vraie vie

Lauren Berger

Marabout

2014

 

Jeunes salariés, rassurez-vous : quelqu'un a compris vos problèmes. Vous vous révélez pitoyable dans votre travail? Vos collègues vous jettent des cailloux ? Votre patron vous hait ? Vous vous réveillez chaque matin dans votre vomi au milieu d'impayés ? Pas de panique, Lauren Berger est passée par là et va vous aider à gérer vos difficultés professionnelles, vos finances et même vos relations amoureuses. Cette sémillante trentenaire qui aime à rappeler qu'elle fait partie de la génération Y (comment dire gentiment qu'on s'en fout ?) a connu bien des déboires en entrant dans la vie active et, de fait, a décidé de faire profiter de son savoir-faire.

Bon, déjà là j'avoue que j'étais un peu perplexe car, tout bon roman d'apprentissage vous le dira, il me semble justement que l'intérêt de rentrer dans la vraie vie c'est justement d'apprendre, de commettre des erreurs et d'en tirer des leçons pour la suite, pas d'avoir derrière soi un coach qui vous explique que non, là, il faut que tu dises non à cette soirée parce que demain tu te lèves tôt pour aller travailler, sinon l'intérêt d'être parti de chez papa/ maman me semble minime. D'ailleurs je suis toujours perplexe devant ce métier de coach, un gars payé à vous dire comment mener votre vie comme s'il existait un mode d'emploi universel. Lauren Berger, elle, y croit : elle croit à sa mission d'aider les jeunes en début de carrière si fort qu'elle a créé une entreprise rien que pour ça, qu'elle est overbookée mais qu'elle y arrive parce qu'elle applique ses propres conseils, même si elle nous confesse que, parfois, elle envie les barmen qui, eux, une fois achevée leur journée, sont libres jusqu'au prochain service. Oui, enfin excuse-moi mais eux ils font un vrai métier hein, à courir partout, ils ne passent pas leurs journées à consulter Facebook, à se créér un réseau par téléphone et à donner des conseils foireux à de jeunes diplômés. L'écueil le plus important de cet ouvrage cependant, c'est que c'est écrit par une américaine et que le monde du travail anglo-saxon n'a pas grand-chose à voir avec le nôtre. Ainsi, quand l'auteur conseille d'aller à son bureau un dimanche pour tout ranger, je demande à voir en France les employés qui, pouf, comme ça, peuvent aller travailler le week-end sans trouver portes closes. De même, l'auteur nous raconte le cas où sa chef l'avait appelée au milieu de la nuit : cette dernière était en vacances en Italie et avait oublié du savon dans le restaurant où elle était allée  dîner. En Italie donc. Et comme elle ne se souvenait plus où elle avait dîné, elle demandait donc à son assistante de retrouver son savon à sa place. Assistante qui était, je le rappelle aux Etats-Unis. Voilà, et ça c'était pour illustrer le propos : "Débrouillez-vous pour toujours trouver une solution" et non pas : "Cette radasse m'a réveillée au milieu de la nuit pour une mission dont je doute qu'elle fasse partie de mes attributions. Je l'ai envoyée paître car il est important de garder une vie privée." Tout ça pour dire que beaucoup de conseils de Lauren Berger ne sont pas applicables et c'est tant mieux : pour ma part, je ne comptais pas m'inscrire à des associations pour inonder des malheureux de mes cartes de visite ou pour envoyer un mail au PDG de Pampers histoire de le féliciter de la naissance de son petit dernier parce que j'ai pris soin de lancer des alertes mail quand on parle de lui. Et encore je n'évoque même pas la partie finances ou déclarations d'impôts qui, pour le coup a été je pense entièrement adaptée par le traducteur.

Ne soyons pas trop méchante (comment ça trop tard?) tous les conseils de Lauren Berger ne sont pas mauvais mais il n'y a là rien de révolutionnaire : des trucs tirés de bouquins de développement personnel, des basiques comme faire du sport ou aller chez le dentiste et des mots choc comme "organiser", "prioriser" ou "maximiser". Merci madame, que ferais-je sans vous, vous qui jugez que Kim Kardashian est la femme la plus occupée au monde ? Pour ma part je pense surtout que vous pouvez faire comme Lauren Berger : si vous n'êtes pas bon dans votre travail, quittez-le pour créer un site expliquant aux autres comment mener leur vie. ça fait fureur en ce moment.

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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 18:15

L02.jpgLa fabrique de l'ennemi

Georges Lewi

éditions Vuibert

2014

 

Vous en rêviez : aujourd'hui nous allons parler du storytelling. Oh oui ok je sais mais je rappelle pour ceux qui auraient oublié que je gère un rayon livres d'entreprise et qu'il faut bien que j'aille y jeter un coup d'oeil de temps en temps. Qu'est-ce donc que le storytelling ? Georges Lewi dans son livre La fabrique de l'ennemi nous en fait une analyse assez intéressante. Le storytelling c'est l'art de raconter l'histoire d'une marque, d'un produit ou même d'une personne pour mieux vendre. Sachez donc que pour faire rêver vous devez mettre en scène, susciter l'imagination du consommateur avec le fameux "Il était une fois". Pour Lewi, il s'agit de s'appuyer sur des contraires : le fort/ le faible, le féminin/ le masculin et de créer une histoire avec un héros, un adjuvant et, surtout, un ennemi. Le "client" doit pouvoir s'identifier à son héros et ainsi être poussé à le soutenir. L'auteur, pour étayer sa démonstration, s'appuie sur le storytelling de marques (l'enfance et l'innocence de Coca-Cola contre la jeunesse et la fougue de Red Bull), de territoires (le calme naturel de l'île de Ré, la modernité festive de Ibiza) et même de personnalités (Barack Obama et Vladimir Poutine) tout en rappelant que le storytelling présente un danger, celui de figer marques ou autres dans un modèle qui parfois ne correspond plus à aucune attente.

La fabrique de l'enneni est un ouvrage assez intéressant malgré de nombreuses digressions (j'essaie toujours de comprendre pourquoi Lewi évoque l'interview d'une femme routier au beau milieu de sa démonstration) . Plus essai que manuel pratique, il présente un système qu'il défend tout en en montrant les limites et, au final, nous laisse avec cette morale étrange c'est, qu'au fond, ce ne sont pas les plus intelligents ni les plus travailleurs qui réussissent, mais ceux qui savent raconter les plus belles histoires.

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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 13:48

L02.jpgJe sais que vous mentez

Paul Ekman

éditions J'ai Lu

2009

 

Sauf qu'en fait l'auteur passe la moitié du livre à vous expliquer que, non, on ne peut jamais être sûr à 100% de qui ment ou de qui dit la vérité. L'auteur c'est Paul Ekman, psychologue et formateur au FBI, également consultant à l'époque pour la série Lie to me, vous savez la série un peu ennuyeuse où un gars parvenait à connaître la vérité rien qu'au mouvement de sourcil de son interlocuteur : "Ah ah vous mentez ! Je le vois à la façon dont votre nez se plisse." Bon, de toute évidence, la vérité est une affaire autement plus complexe et Paul Ekman s'attache surtout à la morpho-psychologie et à la façon dont nos émotions peuvent se refléter dans nos paroles mais, surtout, sur notre visage. En effet, c'est en analysant ces émotions que le détecteur peut déterminer si son interlocuteur lui cache des choses ou pas. Paul Ekman en profite pour nous rappeler les différentes formes de mensonges en nous citant bon nombre d'exemples de l'histoire.

Je sais que vous mentez n'est pas inintéressant, loin de là, mais, à dire vrai, ne m'a pas beaucoup parlée. D'une part, parce que je pense être une très mauvaise menteuse. D'autre part, parce que, défaillance génétique plus que probable, je ne suis absolument pas pas physionomiste et que je suis capable de dire bonjour à un client que je viens de servir. Alors, quand Ekman présente une série de photos avec un gars en train de sourire et explique que bon là, c'est un vrai sourire, là un sourire de tristesse, celui-là un sourire de dégoût... je me retrouve à loucher sur les images à chercher les différences, un jeu que j'ai toujours cordialement détesté. Menteurs, menteuses, rassurez-vous donc : je suis malgré la lecture de cet ouvrage bien incapable de vous démasquer et ce n'est pas plus mal car, comme le souligne Ekman, tous les mensonges ne sont pas mauvais puisqu'ils permettent bien souvent de se préserver une part d'intimité dans un monde qui ne le permet plus guère.

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14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 12:00

L03.jpgHard romance

50 nuances de Grey et nous

Eva Illouz

éditions Seuil

2013

 

Il y a fort longtemps, nous avons parlé de ce monument littéraire qu'est 50 nuances de Grey, ce roman érotique qui fait encore fureur aujourd'hui et qui se retrouvera un Noël de plus sous beaucoup de sapins. Comme bon nombre de mes contemporains je suis restée perplexe devant cette histoire cucul mâtinée de scènes de sexe nous racontant la relation entre la nunuche Anastasia et le possessif Christian Grey. Apparemment, je ne suis pas la seule à m'interroger sur ce succès puisqu'une sociologue israëlienne, Eva Illouz, s'est penchée sur le phénomène et a tenté d'en expliquer les raisons. Ce qu'il faut savoir, c'est déjà qu'à la base 50 nuances de Grey  a débuté sur un blog de fan fiction : c'est un texte qui a été écrit puis adapté en fonction des attentes d'un lectorat bien particulier, évoluant au fil des suggestions tel une pizza bien indigeste. Le second argument d'Illouz c'est la libération de la femme : le féminisme a conduit à une parité dans le couple qui a mis à mal le système patriarcal et en a dessiné un nouveau. Il faut désormais trouver un équilibre notamment par la communication. Or, la femme est contradictoire dans le sens où elle souhaite cette communication tout en désirant paradoxalement que l'homme devine ce qu'elle veut. C'est particulièrement vrai dans le domaine sexuel où trop de communication ou de rationnalisation peut tuer le désir. 50 nuances de Grey offre une alternative satisfaisante à ce paradoxe : il met en scène une femme plus ou moins moderne qui, sur un plan sexuel, accepte de jouer les soumises dans une relation BDSM, un cadre rassurant puisqu'il permet aux deux participants d'affirmer leurs désirs contradictoires et multiples dans un jeu rigoureusement réglementé et clairement défini et consenti. Eva Illouz va plus loin en affirmant que, de la sorte, 50 nuances de Grey est plus ou moins un livre de self help (développement personnel) à la manière de Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus : il apporte une solution aux couples d'aujourd'hui en leur proposant de déplacer les contradictions et les rapports de force de leur relation dans des pratiques BDSM contrôlées, s'appuyant sur des gadgets et des sex toys qui, d'ailleurs, depuis la parution du livre, connaissent un succès croissant.

Voilà en substance la pensée d'Illouz si j'ai bien tout saisi. Je suis assez admirative que quelqu'un trouve autant à dire sur un livre dont, par ailleurs, elle souligne "l'extrême pauvreté littéraire". C'est un truc de sociologue je suppose. Concernant sa démonstration, j'avoue que cela m'a un peu amenée à reconsidérer le livre que je voyais comme le roman machiste par excellence. Après, je ne suis pas sociologue, juste lectrice, et cela me gêne un peu qu'un ouvrage soit uniquement abordé sous l'aspect "phénomène", et encore plus qu'Illouz englobe toutes les femmes dans sa démonstration : je n'ai pas aimé 50 nuances de Grey, suis-je la seule à ne pas succomber à l'hystérie collective? Si le livre répond peut-être aux attentes d'un lectorat bien défini, il serait bon cependant de rappeler qu'un roman c'est pas mal aussi quand c'est bien écrit et que les personnages sont crédibles, histoire de pouvoir adhérer un minimum (ou non d'ailleurs) aux messages qu'il véhicule.

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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 10:43

L04.jpgChienne de vie

troubles émotionnels et maladies de l'âme chez les animaux

Laurel Braitman

éditions Autrement

2014

 

Tout commence avec Oliver, le chien de la narratrice. Oliver est un bouvier bernois affectueux et gentil mais voilà, il est un peu étrange. Il a une peur panique de l'orage, mange tout et n'importe quoi alors même qu'il n'est plus un chiot, bondit sur tous les autres chiens au parc et supporte très mal quand ses maîtres s'absentent. Un peu inquiétant peut-être mais rien de forcément alarmant... jusqu'au jour où Oliver se jette par la fenêtre de l'appartement..

C'est le point de départ du livre de Laurel Braitman, Chienne de vie, consacré à la folie animale et à ce qu'elle nomme joliment "les maladies de l'âme", pied de nez à ceux qui considèrent que les animaux ne sont que des bouts de viande en attente d'être cuite et dépecée. Ne voyez cependant pas dans l'ouvrage une démonstration gnangnan et arbitraire d'une amoureuse un peu cucul des bêtes. Chienne de vie est à la base une thèse qui a été retravaillée pour être adaptée à un public plus large. Autant dire qu'il y a derrière pas mal de recherches : l'auteur ainsi a été visiter laboratoires et zoos, cirques et studios de cinéma, a parlé à des dresseurs, des vétérinaires, des particuliers, des comportementalistes et a vu des animaux de toutes sortes, du rat de laboratoire à l'éléphant thaïlandais.

Le résultat est à dire vrai plutôt effrayant. Si la folie humaine a déjà quelque chose d'angoissant, c'est un phénomène que nous pouvons un peu appréhender, encore que... Mais la folie animale nous paraît bien mystérieuse et peut même sembler choquante : des baleines suicidaires, des singes atteints de TOC, des éléphants violents, des rats dépressifs, des oiseaux au coeur brisé... Contrairement à mon habitude, je n'ai pas lu Chienne de vie d'une traite : en effet, c'est un livre qui peut rapidement vous filer le cafard, surtout lorsqu'on se rend compte que la folie animale est souvent liée directement au comportement de l'homme: déforestation, zoos où des animaux vivent dans des territoires cent fois moins grands que leur territoire habituel, chiens qui vivent dans des appartements minuscules et ne voient leur maître qu'au retour de leur travail... Voilà de quoi augmenter le malaise et de s'interroger sur notre rapport avec les bêtes. Laurel Braitman ne pense pas comme certains cependant qu'il faudrait laisser les animaux en dehors de notre vie : le dernier chapitre plaide pour de nouvelles relations inter-espèces, à son sens la meilleure thérapie à la fois pour l'animal mais aussi pour l'homme. Dense, mais clair et instructif.

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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 09:57

L05.jpgHouellebecq économiste

Bernard Maris

éditions Flammarion

2014

 

J'avais promis de parler un peu de l'actualité littéraire, et c'est avec un livre sur Houellebecq que nous allons démarrer... écrit par un économiste. Bernard Maris, chroniqueur à Charlie Hebdo, est  l'auteur notamment de l'Antimanuel d'économie. Avec Houellebecq économiste, c'est véritablement une déclaration d'amour qu'il adresse à l'auteur des particules élémentaires puisqu'il le considère comme un économiste hors pair, qui par le biais de l'écriture, parvient à parler du capitalisme, de la loi de l'offre et de la demande, de la consommation, etc. Pour cela, Bernard Maris nous invite à travers chaque chapitre à lire Houellebecq par le biais de grands économistes comme Marx, Keynes et, surtout, Schumpeter et à constater par nous-même que ses livres ont su résumer l'essence même des grandes théories économiques. C'est à ce moment-là que vous êtes supposés avoir les yeux mouillés d'émotion.

Que ce soit clair, je n'ai lu aucun ouvrage de Houellebecq et je n'envisage pas de le faire dans un avenir proche, d'une part parce que le personnage public m'est insupportable et, d'autre part, parce que rien ne m'a convaincue dans les extraits que Maris cite dans son propre livre : j'ai du mal de façon général avec les auteurs tellement mégalos qu'ils se sentent obligés de se mettre en scène, même si ce n'est que de nom. Peut-être que je rate quelque chose mais inutile de me faire la leçon : je pense avoir des auteurs bien plus intéressants à découvir avant ce dernier. De fait, l'ouvrage de Bernard Maris ne m'a que très moyennement inspirée. En soi, je trouve l'idée amusante, décrypter un livre pour en faire une analyse économique et c'est d'ailleurs cette démarche qui m'a poussée à lire Houellebecq économiste. Après, j'ai fait des études de lettres et je sais que rien n'est plus facile que de faire dire à un texte tout et son contraire : je suppose qu'il est même possible de trouver une analyse philosophique à Si c'était vrai. Accordons donc le bénéfice du doute à Maris et admettons que Houellebecq soit le visionnaire de l'économie qu'il prétend. Je serais en revanche moins indulgente sur l'écriture de notre essayiste : qui dit essai suppose une certaine objectivité, pas cette admiration béate qui dégouline tout le long du livre. De même je ne suis pas du tout convaincue par l'idéologie que défend Houellebecq selon Maris : journalistes et publicitaires sont des parasites (je pense que ceux qui ont fait la promo de son essai vont être ravis) les artistans à l'inverse sont le sel de la terre (faites-moi penser à lui en présenter quelques-uns) et les femmes sont l'avenir de l'économie. Je crois qu'il n'y a rien de plus qui me hérisse le poil que ces discours soi-disant féministes qui présentent la femme comme une sorte d'ange terrestre, l'avenir de l'humanité. Non non je vous rassure, elles sont pareilles que les hommes, avec leurs grandeurs et leurs faiblesses. Bref, beaucoup de platitudes et de clichés faciles supposés faire de Houellebecq un grand penseur, un homme qui a tout compris au monde et à ses rouages. Mauvaise interprétation de Maris ? Mauvaise lecture de ma part ? Admettons mais une chose est sûre : si Houellebecq économiste fera sans doute très plaisir à tous ces admirateurs, je doute qu'il pousse les autres à le lire.

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22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 11:40

L05.jpgParions France

Petit traité d'optimisme pour les générations futures

Xavier Louy

éditions Le Cherche-Midi

2014

 

De temps en temps je dois lire de l'économie. Cette semaine ceci dit, vu la morosité ambiante qui règne sur notre pauvre monde bien malmené, j'ai eu envie de lire quelque chose d'un peu positif et me suis donc penchée sur l'ouvrage de Xavier Louy Parions France! qui nous explique que, contrairement à ce que l'on pourrait penser, notre pays possède des atouts économiques importants et pourrait même accéder à la premier place en 2050. L'auteur nous cite ainsi les entreprises françaises qui ont le vent en poupe, les secteurs florissants (tourisme, luxe, etc.) et surtout nous rappelle que la France ne se cantonne pas à la métropole mais englobe également départements et territoires d'outre-mer, ce qui fait qu'elle possède le deuxième domaine maritime au monde, une donnée qui, à son sens, est loin d'être exploitée convenablement.

L'idée est louable, celle d'arrêter de voir le verre à moitié vite et de se concentrer sur le verre à moitié plein. Après, bien que que non-économiste, j'avoue que la démonstration de Louy m'a laissée assez sceptique. L'idée de remettre les DOM-TOM au coeur de l'économie française me semble une idée séduisante car, tout comme nombre d'habitants de la métropole, j'ai souvent tendance à oublier que la France s'étend au-delà de l'Hexagone (sauf lors des élections des Miss). En revanche, Xavier Louy se revendique haut et fort comme un gaulliste et, de ce fait, semble vouloir appliquer toutes les bonnes vieilles méthodes du général. Je n'ai rien contre ce brave homme hein, mais bon De Gaulle est mort il y a près de cinquante ans maintenant, le monde a quand même pas mal évolué depuis et je doute que la pensée gaulliste soit encore applicable aujourd'hui (papa si tu lis ceci, désolée). Peut-être est-il temps de passer à autre chose non? Ainsi Xavier Louy s'étend-il avec fierté sur l'énergie nucléaire de notre pays, oubliant peut-être un peu vite les débats que cela a suscité récemment. A l'inverse, il ne s'étend que très peu sur l'écologie, ce qui me semble ennuyeux pour quelqu'un qui souhaite exploiter des domaines maritimes. Bon après, je le rappelle, je ne suis pas économiste aussi je n'entrerai pas dans des débats interminables, j'admets volontiers que j'ai peut-être tort, je me contente juste de vous livrer mon ressenti. Pour en revenir à des sujets que je maîtrise plus, je peux dire que Parions France se lit facilement, est accessible, mais qu'il se présente parfois comme un catalogue d'entreprises françaises "qui marchent". Si le lecteur appréciera la volonté de Louy de ne promouvoir aucune politique actuelle, il se lassera en revanche peut-être du ton emphatique de l'essai (c'est bon gros tu écris un livre sur l'économie pas une élégie) ainsi que de ses fréquentes et élogieuses allusions au Tour de France dont, oh surprise, il a été l'un des dirigeants. Pour le reste... Et bien, rendez-vous en 2050 pour voir s'il avait raison.

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