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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 11:57

L07.jpgYesterday's Gone

Saison 1 épisode 1 et 2

Le jour où le monde se réveilla désert

Sean Platt / David Wright

éditions Fleuve

2013

 

Quand j'étais une ado, j'avais commencé à écrire une saga fantastique pour mon grand frère : ça se présentait sous la forme d'épisodes que je faisais plus ou moins régulièrement, un peu comme une série télé. Et bien figurez-vous que les deux auteurs de Yesterday's Gone ont eu la même idée que moi : passionnés par des séries comme Lost ou X Files, ils ont décidé d'écrire leur propre roman-série. L'histoire est celle de nombreux personnages qui se réveillent dans un monde devenu quasiment désert. Leurs familles, leurs amis ont disparu, bon nombre d'animaux et de bâtiments également. Déboussolés, terrifiés, les "survivants" tentent tant bien que mal de se rassembler et de découvrir ce qu'il se passe. Comme dans une série, la narration saute d'un personnage à un autre et les auteurs vont même plus loin puisqu'ils scindent le livre en deux "épisodes" distincts.

Où est le hic me direz-vous, vous qui avez vu la tête de mon petit lapin en début d'article ? Je retourne à mon expérience personnelle : mon frère aimait beaucoup les épisodes que je lui faisais et les lisais avec plaisir, jusqu'au jour où j'ai cessé de l'approvisionner. Des années plus tard, pris de nostalgie, il les a relu à la suite et le verdict est tombé : ça n'allait pas. La faute tient à la forme : vous n'écrivez pas de la même façon une histoire d'un trait qu'un roman découpé en tranches. Yesterday's Gone a d'abord été écrit pour Internet du coup tous ses chapitres, proposés à intervalles réguliers, se devaient d'être addictifs et de donner envie d'y retourner. Mis en roman, ça ne marche plus : un roman, tout comme un morceau de musique, a besoin de respirations, de passages moins intenses et de liaisons en apparence inutiles mais pourtant nécessaire à l'harmonie de l'ouvrage. Là c'est trop lourd, trop dense, sans compter les redondances que ne verrait pas un lecteur qui lirait par petites touches mais que ne manque pas de remarquer celui qui lit tout d'un bloc. Malgré les affirmations des deux auteurs, je ne suis donc pas convaincue par cette forme littéraire soit-disant révolutionnaire, pas plus que je ne suis convaincue par leur style grossier, leurs personnages sans aucun relief et leurs descriptions supposées être terrifiantes mais qui sont tellement peu subtiles qu'elles tombent à plat. Yesterday's Gone c'est l'équivalent certes de la série télé mais de la série télé dans ce qu'elle a de plus caricatural : des vilains monstres, des hommes baraqués et mystérieux qui tiennent des flingues pendant que des jeunes femmes plus ou moins apeurées se tiennent derrière eux, et des adolescents qui vont apprendre à grandir très vite dans ce monde devenu fou et même découvrir l'amour. C'est bien les gars, continuez gentiment votre délire de geeks mais bon, ne taxez pas ça de révolution littéraire et, par pitié, prenez aussi quelques cours d'écriture.

 

PS : Rien à voir mais c'était hier l'anniversaire de ce blog qui fête ses huit ans. J'en profite pour remercier tous ceux qui viennent régulièrement ou irrégulièrement par ici et j'espère que vous prenez autant de plaisir à lire ces articles que je prends plaisir à les écrire. J'en profite du coup pour souhaiter un joyeux anniversaire à tous ceux dont c'est l'anniversaire aujourd'hui, on ne sait jamais.

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14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 11:51

L03.jpgRevival

Stephen King

éditions Albin Michel

2014

 

Ah ce brave Stephen King... Rien de plus inégal que son oeuvre, capable aussi bien du meilleur que du pire. Qui oserait comparer Shining à Docteur Sleep, Le Fléau à Cellulaire ? Ce qui est bien quand on lit son dernier roman du coup, c'est qu'on ne sait absolument pas à quoi s'attendre...

Direction Marlow dans la petite ville du Maine où le jeune Jamie, petit dernier d'une fratrie nombreuse, coule des jours paisibles jusqu'à l'arrivée d'un jeune et charismatique révérend, Charles Jacobs. Passionné par l'électricité, ce dernier initie Jamie à sa passion. Trente ans plus tard, alors que Jamie est devenu un guitariste rongé par l'alcool et la drogue, leurs chemins se croisent de nouveau...

Une fois encore, Stephen King renoue avec ses thèmes de prédilection : l'enfance, la religion, l'addiction sous toutes ses formes. Il y rajoute des références inspirées directement de l'oeuvre de Mary Shelley, Frankenstein, faisant de son révérend un scientifique consumé par le désir de braver la mort. La mort d'ailleurs occupe une place centrale dans l'ouvrage (rien de surprenant d'ailleurs chez King) et s'accompagne également d'une réflexion sur la vieillesse, assez positive cependant : Jamie accepte facilement son âge et s'il est plein de mélancolie, il s'accommode bien de sa situation. Le personnage de ce fait est  touchant car on sent l'auteur derrière ce portrait d'un homme qui a dû se battre contre la drogue et l'alcool à un moment de sa vie et affronter des deuils douloureux.

Mais... car il y a toujours un "mais" avec moi, vous devriez le savoir, je n'ai pas pour autant été convaincu par Revival. L'écueil majeur à mon sens tient dans la structure du récit qui s'étale sur plus de cinquante ans. L'horreur se dilue dans des actions trop espacées pour inspirer vraiment la terreur ou même l'inquiétude. Pour ma part je trouve que King s'en sort mieux dans les huis-clos (Shining, Salem, Misery) ou tout du moins dans des histoires plus ramassées dans le temps. Là, on n'arrive pas vraiment à se sentir mal à l'aise en lisant cette histoire qui joue essentiellement sur deux personnages qui ne font que se croiser, jusqu'à un final assez inattendu pour le coup et plutôt réussi, bien que très sombre. On ne peut cependant se contenter d'une fin glaçante et de quelques cauchemars au fil des pages pour ressentir cette angoisse si délicieuse propre au genre. Semblerait-il que sur ce coup-là le maître de l'horreur a manqué son coup.

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10 septembre 2015 4 10 /09 /septembre /2015 09:10

L06.jpgSoul Lights

Pour un vampire...

Chloe Wilkox

éditions Addictives

2015

 

Avec Internet est né un fléau : les e.books. J'entends déjà les esprits chagrins : "Oh mais oui mais ça permet à chacun de pouvoir se faire entendre, c'est tellement difficile de se faire publier par un éditeur papier, et puis d'ailleurs eux aussi ils publient des daubes hein." Certes. Mais au risque de froisser les susceptibilités de ceux qui voient en Internet un fabuleux outil de communication et de culture, je persiste à penser que 90% des romans publiés uniquement sur Internet sont une hérésie littéraire, entre le vieux vosgien qui croit que sa vie palpitante au fond de la Baffe présente un intérêt autre que pour lui, et l'adolescente incomprise qui croit être originale en racontant une énième histoire de vampires. Ceci dit, ça ne me dérange pas tant que cela reste sur Internet, mais quand ils se font éditer et viennent envahir les librairies, là je me sens obligée d'intervenir. Nous avons déjà Valérie Trierweiler et Merci pour ce moment, nous avons déjà Sollers et les frères Bogdanov, nous sommes déjà assez punis ce me semble...

Voilà. Laissez-moi donc vous présenter après cette introduction le livre dont nous allons parler : Soul Lights Pour un vampire... Rien que le titre vous fait rêver hein ? A l'origine il s'agissait d'une série de six e.books que l'éditeur (enfin je ne sais pas si on peut parler d'éditeur à ce stade) a choisi de compiler en un seul tome. Rassurez-vous ceci dit c'est écrit très très gros avec beaucoup d'interlignes, l'épaisseur du livre n'étant là que pour faire croire à la lectrice que ouah dis donc je lis des pavés...

partie 1:

Gloria est une jeune chanteuse de 22 ans brillante et courageuse, orpheline, qu'un producteur sollicite pour monter à New York. Ni une ni deux elle arrive et oh! coup de foudre immédiat avec le dit producteur Benjamin Marlowe, beau, ténébreux et sensuel qui, pour couronner le tout, lui offre un contrat immédiat avec un groupe de musique et lui propose de s'installer avec eux dans son immeuble privé. La tension sexuelle est à son comble mais Benjamin, soucieux de se montrer honnête, révèle à Gloria qu'il est un vampire mais attention un vampire "végétalien" (humm, quelques leçons d'étymologie ne seraient pas superflues) c'est-à-dire qu'il ne boit que du sang animal. A votre avis quelle est la réaction de Gloria ?

a) elle part en courant et en agitant les bras, hurlant "on va tous mourir!!!"

b) Révélant la chasseuse de vampires qui est en elle, elle sort son crucifix, son pieu et arrache le coeur du malotru qui a osé lui faire miroiter une quelconque idylle sentimentale.

c) elle couche avec.

 

Bon, la réaction a) me semblait la plus normale et la b) aurait été plus drôle mais comme nous sommes dans de la fantasy adult romance, c'est la c) qui était la bonne réponse et notre héroïne couche donc avec le beau vampire, découvrant l'orgasme elle qui jusque là n'avait vécu que de brèves étreintes médiocres avec des inconnus de passages. Après cette nuit torride, Gloria est bien déterminée à rester avec Benjamin mais l'un des membres du groupe lui révèle qu'elle aurait peut-être été envoutée par ce dernier pour accepter toutes ses révélations. Stupeur et consternation: Gloria décide de quitter New York, furieuse de s'être fait manipuler. Fin du premier tome.

partie 2 :

Il n'y a plus d'avion pour rentrer chez elle, Gloria reste donc à New York mais Benjamin, prévenant et extrêmement riche comme tout vampire qui se respecte, lui a réservé une suite dans un hôtel de luxe où la jeune femme peut pleurnicher en mangeant de la glace et en songeant à son amour perdu. Que va-t-elle faire ensuite ?

a) elle se dit que cette histoire est tout de même bien glauque et qu'il est plus sage de prendre le premier avion. Fin.

b) elle décide de se venger en tuant Benjamin et tous les membres de son groupe qui, ai-je oublié de le préciser? sont des vampires eux aussi.

c) Soutenus par les amis de Benjamin, eux aussi végétaliens, elle décide d'avoir une explication avec son vampire, découvre qu'elle n'a pas été envoutée et, du coup pour fêter ça, couche avec lui.

Ai-je vraiment besoin de vous donner la bonne réponse ? Mais, rebelote, à la fin de la nuit Benjamin décide qu'il est trop dangereux pour eux de se fréquenter (petit filou va) et, pour le coup, c'est lui qui largue Gloria, arguant qu'il a trop d'ennemis. Fin de l'acte 2.

partie 3 :

Gloria vexée décide de rester à New-York et de continuer de voir les amis vampires de Ben. Ces derniers lui révèlent qu'il est harcelé par son frère Matthew, vampire également, et que c'est pour ça que Benjamin a mis fin à leur relation, craignant pour la vie de sa dulcinée. Notre héroïne décide alors de s'entraîner, se métamorphosant en Buffy pour lutter contre un éventuel vampire. Elle découvre accessoirement que sa nouvel coloc et amie est une sorcière (oh la la ça tombe bien) et bien évidemment couche de nouveau avec Benjamin qui est trop malheureux sans elle. Ils décident de se mettre en couple mais oh! le frère de notre héros débarque... suspens!

partie 4 (j'accélère, j'ai un vrai métier tout de même)

Matthew menace Gloria et lui suce même le sang mais aussitôt s'enfuit en courant en hurlant de douleur. oh la la qu'est-ce qu'il se passe ?

a) Gloria avait mangé une andouillette à midi et son goût désagréable s'est infiltré jusqu'à son système sanguin.

b) Usant de ses super pouvoirs, Gloria l'a frappé dans ses parties intimes.

c) Gloria est en fait une sorcière dont le sang est un élixir visant à combattre les vampires.

et bien que ce soit l'hypothèse la plus navrante, c'est la réponse c) la bonne. Mais Benjamin est cool, il prend plutôt bien le fait que sa petite amie puisse tous les détruire. Gloria elle n'est pas très contente et va chercher des explications auprès de sa mère adoptive qui est elle-même une sorcière. Du coup ça clashe. Le meilleur ami de Gloria, Vince, débarque à New-York pour essayer de les raccommoder et là:

a) il parle un peu avec son amie, la console puis repart.

b) apprenant que Gloria fricote avec un vampire, il lui fait faire ses valises fissa et prévient le FBI.

c) il accepte de rencontrer Benjamin vu qu'il a l'air trop cool mais en le voyant c'est le drame et il s'avère que Vince est un loup-garou conditionné pour haïr les vampires. Du coup il lance un sort sans même s'en rendre compte pour protéger Gloria . Ben ne peut pas l'approcher sans se sentir mal. Ciel mais comment va-t-on faire pour les scènes de sexe ?

Vous noterez que du coup sur tous les personnages il n'y en a pas un seul qui soit vaguement humain.

Partie 5 (courage c'est bientôt fini)

Gloria n'est pas contente. Elle a une explication avec Vince qui admet être amoureux d'elle mais ignorait qu'il était un loup-garou. Benjamin l'aide à accepter sa véritable nature du coup Vince pour le remercier accepte de renoncer à Gloria. La malédiction est levée, notre héros et notre héroïne peuvent de nouveau copuler gaiement. Mais une nuit, Gloria a un songe et découvre que Ben a commis peut-être des choses affreuses dans sa jeunesse (c'est un vampire tu t'attendais à quoi?!) elle va donc trouver le frère de ce dernier pour en savoir plus.


Dernière partie:

Gloria a une explication avec Matthew et découvre que Ben a tué l'amour de ce dernier, Sofia, sous l'influence d'une autre vampire. Pour Gloria c'est le drame car ok pour quelques morts comme ça pour se nourrir mais tuer la meuf de son frère? Quelle horreur! Elle va s'épancher dans les bras de Vince qui pour le coup a la seule réaction intelligente du livre :

"En même temps grosse c'est un vampire et il t'a dit qu'il avait fait des choses affreuses. Tu t'attendais à quoi exactement?!"

Ebranlée mais secrètement excitée par le côté bad boy de son homme, Gloria va retrouver Ben pour de plus amples explications. Ce dernier lui révèle que oui il a tué la petite amie de son frère mais que depuis il s'est racheté en allant chez des vampires bouddhistes qui lui ont appris à réprimer ses instincts et qu'il veut sauver Matthew de la damnation. Bouleversée par ces révélations, Gloria décide donc de coucher avec Ben (c'est logique) puis va retrouver Matthew avec une idée en tête...

 

Oh mon Dieu quel suspens! Mais le livre s'arrête là et non, on a bien ri mais je n'irais pas continuer cette saga écrite avec des moufles et qui fait passer de toute évidence toute femme de plus de vingt ans pour une cruche décérébrée. Cette note était terriblement détaillée je vous l'accorde. Dernier petit QCM : pourquoi me suis-je lancée dans cette lecture aussi longue que vaine ?

a) parce que je voue une passion secrète pour les vampires et que tous les soirs je crie à la fenêtre le nom d'Edward.

b) parce que c'est la rentrée, que les gens me gonflent avec leurs listes scolaires et que je n'ai pas le courage de lire "pour de vrai" en rentrant.

c) parce que je sais que vous aimez les notes sur les vampires

d) parce que j'ai emprunté un livre au hasard dans le rayon fantastique

 

Sur ce, je vous souhaite une bonne rentrée et, promis, on parlera d'un vrai livre la prochaine fois...

 

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 10:14

L02.jpgWinter People

Jennifer McMahon

éditions Robert Laffont

2014

 

En 1908, dans une petite ferme du Vermont, Sara Harrison Shea est folle de douleur : sa fille bien-aimée Gertie est morte, tombée dans un puits. La jeune femme ne peut se résigner à cette perte. Après tout, n'habite-t-elle pas près de la Main du Diable, dans cette forêt sombre qu'on dit hanté par les Dormeurs, des êtres revenus de l'au-delà grâce à leurs proches? Or, Sara est bien déterminée à récupérer sa fille... Un siècle plus tard, dans cette même ferme, Ruthie, dix-neuf ans, rentre chez elle pour découvrir que sa mère Alice a mystérieusement disparu sans laisser de traces.

C'est du fantastique de gare, du fantastique écrit pour des mères de famille qui se reconnaîtront dans les différents personnages. Les héros masculins sont quasiment absents du livre et quand ils y sont n'occupent qu'une place mineure. Mais il faut reconnaître que c'est du fantastique efficace. En lisant Winter People, j'ai eu l'impression d'être en vacances : pas de réflexion, pas d'ennui non plus, une histoire qui se lit comme un policier avec quelques passages cependant assez saisissants : la mort du renard, le bruit de pas dans la grotte, la description des bois... J'ai eu une ou deux fois un sentiment de malaise, ce qui est plutôt bon signe. Alors oui, c'est une intrigue assez convenue, oui ça joue pas mal sur la sensibilité féminine et sur quelques clichés de la littérature fantastique (la petite fille mystérieuse, les revenants, la sorcière rejetée...) oui le style est sans éclats (encore que je trouve que l'intrigue mettant en scène Sara est plutôt réussie) mais Winter People n'en reste pas moins un agréable divertissement pour les amateurs du genre, même si je ne suis pas sûre que pour le coup les hommes accrochent autant que les femmes.

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5 octobre 2014 7 05 /10 /octobre /2014 10:02

L05.jpgSkin trade

George R.R. Martin

éditions J'ai Lu

1989

 

Et non, n'ayez pas de faux espoirs : aujourd'hui nous allons bien parler de George R.R Martin, l'auteur de Game of Thrones, mais pas de la suite de sa célèbre série qui, à ce jour, n'est toujours pas annoncée. Place en revanche à l'un de ses romans de "jeunesse", Skin Trade, paru il y a plus de vingt ans déjà mais traduit tout récemment.

Depuis l'assassinat de son père, Randi Wade, détective privée, ne cesse de s'interroger sur les circonstances de la mort de ce dernier : Frank Wade semble en effet avoir été dévoré par une bête sauvage, et ce alors qu'il enquêtait sur des disparitions suspectes de jeunes filles. Aussi, lorsqu'une vague de meurtres étranges frappe de nouveau la ville et que son ami Willie vient quémander son aide, Randie y voit l'opportunité de rouvrir la dossier même si les nouvelles victimes ne sont pas dévorées... mais écorchées.

Bon, disons-le tout net, Skin trade est bien loin d'être le roman du siècle. Très court (trop peut-être?), l'histoire est un peu confuse et l'intrigue va trop vite : les personnages ne sont qu'esquissés, le suspens laisse à désirer et la fin est plus qu'expédiée. L'auteur met en place tout un monde qu'il n'a pas le temps de développer ce qui fait que le lecteur se retrouve un peu perdu dans cet univers bâclé mettant en sène loups-garous et flics corrompus, familles au sang pur et héroïne déterminée à venger la mort de son père. Trop d'informations en si peu de temps découragent le lecteur. Dans ce livre ni tout à fait polar, ni tout à fait fantastique, on retiendra surtout le personnage de Willie, le loup-garou hyponcondriaque à la réplique cinglante et qui n'est pas tout à fait sans nous rappeler Tyrion dans Game of Thrones, et quelques scènes à glacer le sang... Pour le reste... et bien, je suis contente pour ma part que Martin se soit tourné par la suite vers la fantasy : à mon humble avis, notre époque ne lui convient pas vraiment.

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18 septembre 2014 4 18 /09 /septembre /2014 19:27

L02.jpgComment j'ai cuisiné mon père, ma mère... et retrouvé l'amour

SG Browne

éditions Gallimard

2009

 

Andy avait une vie agréable, une femme, une petite fille... mais ça, c'était avant. Avant l'accident de voiture qui lui a coûté la vie. Car oui, Andy est un zombie et de fait il n'a plus aucun droit. Toléré uniquement par les "respirants", il n'a plus ni numéro de sécurité sociale, ni le droit d'avoir un compte en banque. Il ne peut ni monter dans un bus ni même sortir passé vingt-deux heures. Sa femme est morte dans l'accident et  il n'a plus de droit de garde sur sa fille. Du coup, Andy est contraint de vivre reclus dans la cave de ses parents, à regarder la télé en perdant des bouts de corps et  à boire beaucoup de vin dont il ne sent même plus le goût. Heureusement les zombis anonymes sont là pour l'aider à reprendre goût à la mort-vie et Andy ne tarde pas à tomber sous le charme de la jolie Rita, suicidée depuis peu. Notre héros retrouve progressivement confiance en lui, mais cette confiance ne va pas sans quelques inconvénients, notamment celui de retrouver un matin les corps de son père et de sa mère découpés dans le congélateur. Et oui, c'est ça aussi être un zombie...

Certes, ce n'est pas de la haute littérature mais Comment j'ai cuisiné mon père... fait passer un agréable moment. Ecrit du point de vue du zombie pour changer, le récit est très drôle, bourré d'humour mais également d'un certain cynisme. L'auteur prend le parti risqué de faire adhérer son lecteur à un personnage monstrueux et plutôt ridicule : Andy a eu les cordes vocales sectionnées durant l'accident et ne peut donc pas parler, il se décompose peu à peu, il boitille à cause de nombreuses fractures qui ne se répareront jamais... Difficile d'en faire un héros tragique mais, en le présentant comme le narrateur, Browne le rend plus attachant d'autant plus que Andy se tourne en dérision lui-même et se moque de ce qu'il est devenu tout en le déplorant. C'est donc à la fois léger et désespéré. Alors oui, le style est loin d'être extraordinaire, les blagues tombent parfois à plat ou se répètent, mais l'ensemble est plutôt agréable et m'a fait aimer pour une fois un livre de zombie. Une lecture d'été avant que l'automne ne s'installe définitivement parmi nous.

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20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 14:17

L05.jpgLes Soeurs de la Lune

1- Witchling

2- Changeling

Yasmine Galenorn

éditions Milady

2006 et 2007


 

La bit-lit regorge décidemment de chefs-d'oeuvres. Et, aujourd'hui, je pense que vous en avez droit à un de plus, surtout si vous travaillez alors que le reste du monde vous paraît en vacances. Prêts?

Pour parler dignement des Soeurs de la Lune, il me faut établir un parallèle avec un non moins chef-d'oeuvre de la télévision américaine, la série Charmed. Vous vous en souvenez ? La série mettait en scène trois soeurs qui découvraient qu'elles avaient des pouvoirs de sorcellerie. Mais comme c'était une série pour ados, dans la pratique les héroïnes passaient l'essentiel de leur temps à porter des tenues vulg... sexys et à combattre des démons en poussant des petits cris, lorsqu'elles ne parlaient pas des garçons en gloussant. Chaque semaine, les scénaristes semblaient adapter leur histoire en fonction des tenues des actrices (aujourd'hui on va les habiller en déesses grecques, demain on les déguisera en sirènes, etc.) et l'intrigue avait moins d'importance que les affaires de coeur des soeurs (c'est vrai que lorsqu'un démon menace le monde, il est opportun de s'interroger sur les véritables sentiments de Léo). Les Soeurs de la Lune tombent grosso modo dans le même travers :  Camille, Delilah et Menolly sont trois soeurs, faes par leur père, humaines par leur mère. Le coeur entre deux cultures, celle de la Terre et celle d'Outremonde, elles sont agents de la CIA fae dans notre monde et assure la paix du mieux qu'elles peuvent car leurs pouvoirs ne sont pas au top : Camille est une sorcière dont les sorts marchent une fois sur deux, Delilah, garou, ne se transforme qu'en petit chat un peu ridicule et Menolly est devenue vampire à la suite d'une infiltration ratée. Qu'importe ! Elles sont belles, sexys et elles ont de beaux amants qui les aident à vaincre les démons.

Voilà voilà. Globalement je ne serai pas trop méchante avec ce livre car il y a de bonnes idées, notamment celles de faire des trois soeurs des héroïnes un peu ratées, des marginales d'Outremonde exilées sur Terre. Il y a parfois une légère touche d'autodérision dans le récit ainsi que quelques trouvailles intéressantes : le bébé gargouille, l'esprit de la maison, le pourfendeur fou de dragons... Dommage que tout cela soit gâché par un style enfantin et une narration écrite à la première personne qui donne à l'histoire des allures de journal intime d'ado attardée. Dommage aussi que l'auteur accumule les clichés en faisant de ses trois soeurs (blonde, brune, rousse, la nature est bien faite dis donc) des cruches sans cervelles qui, bien que d'un autre monde, ont les comportements d'humaines basse catégorie, regardant la télé en bouffant des chips et mettant presque autant de temps à décrire leur tenue que le monstre qu'elles sont supposées affronter. N'oublions pas de mentionner également leur incroyable frénésie sexuelle qui les conduisent à vivre des histoires d'amour aussi bien avec des humains qu'avec des dragons, des pumas ou des elfes (je vous rassure hein ils ont quand même forme humaine aussi) et les font trembler de désir à chaque mouvement de l'élu en question. Bref, Yasmine Galenorn nous livre un ouvrage très racoleur avec tous les clichés de la bit-lit : héroïnes canons, hommes mystérieux et séduisants, amours défendus, scènes de sexe, pouvoirs magiques, récit à la première personne pour permettre à la lectrice une identification immédiate... le tout émaillé timidement de quelques bonnes idées. Reste à savoir si ces bonnes idées vont prendre le pas ou si la série va finir par sombrer dans le néant le plus total.

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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 21:09

L08.jpgDocteur Sleep

Stephen King

éditions Albin Michel

2013

 

Comme la plupart des fans de Stephen King, j'étais impatiente de découvrir Docteur Sleep, la suite officielle de Shining, l'un de mes livres fantastiques préférés étant ado. Que dire? Ma déception a été à la hauteur de l'attente.

Trente-cinq ans se sont écoulés depuis la destruction de l'Overlook et Danny Torrance, notre héros, a bien grandi. Tout comme son père, il est devenu alcoolique, en partie pour échapper aux fantômes du passé. Mais son arrivée dans une petite ville du New Hampshire le pousse à changer de vie :  il devient sobre, s'inscrit aux AA et se sert de ses dons pour accompagner les mourants en douceur dans l'autre monde... Tout se passerait bien pour lui si bientôt sa route ne croisait pas une adolescente, Abra. Tout comme lui, Abra est dotée de pouvoirs étranges, des pouvoirs qui malheureusement attire à elles des vampires d'un genre un peu particulier, des hommes et femmes qui se nourrissent du Don.

Il y a tous les ingrédients du Stephen King traditionnel; des enfants aux pouvoirs paranormaux, des héros un peu largués, des petites villes au fin fond des Etats-Unis, des flash-backs... mais ça ne marche pas. Vraiment, vraiment pas. Ce qui faisait la force de Shining, de Salem ou encore plus récemment de Dôme, c'est ce huis-clos angoissant que notre auteur parvenait à générer et la confrontation de différents personnages qui tournait rapidement au désastre. Les héros se retrouvaient livrés à eux-mêmes et à leurs démons. Là, rien de tel puisque Docteur Sleep a une narration qui s'étend aussi bien dans le temps (entre le début du roman et sa fin il s'écoule quand même quinze ans) que dans l'espace (le Noeud vrai sillonne les Etats-Unis, Danny voyage). L'action est diluée, l'effet d'étouffement manque et le lecteur rapidement s'ennuie. L'héroïne est une tête à claques et les grands méchants ne présentent absolument aucun intérêt : en dépit de leur statut de quasi-immortels, ils se comportent ni plus ni moins comme des humains. On est bien loin des fantômes de l'Overlook, des vampires de Salem, des clowns tueurs ou des infirmières givrées. Quant à Danny... C'était pour le coup une bonne idée d'en faire un alcoolique mais loin de partir dans cette direction et de construire une intrigue basée sur la face sombre de son personnage, Stephen King préfère s'en détourner presque immédiatement pour repartir sur une intrigue vue et revue, de même qu'il n'insiste pas assez à mon sens sur son métier officieux de "Docteur Sleep", idée que je trouvais pour le coup assez poétique. Pas une seule fois je n'ai ressenti la petite angoisse que je ressentais autrefois quand je lisais Salem ou ça et que j'ai ressenti encore un peu en lisant Dôme. En revanche, n'ayant pas pu entrer dans la narration, j'ai donc pu tout à loisir retrouver des "tics"d'écriture de King qui sont franchement agaçants quand justement on n'est pas pris par l'histoire: les parenthèses pour finir des phrases ou représenter des pensées, les interruptions, les flash-backs en italique... Bref, un joli fiasco qui me ferait presque regretter que le petit Danny ne soit pas mort trente-cinq auparavant.

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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 13:53

L03.jpgLa mort dans l'âme

Le prince des ténèbres t.1

Jeaniene Frost

éditions Milady

2012

 

C'est un vampire solitaire et ténébreux, c'est une humaine que d'étranges pouvoirs ont également condamné à la solitude... Ils se rencontrent, ils s'aiment mais se déchirent... Non, nous ne sommes pas dans Twilight ni dans True Blood mais La mort dans l'âme est également de la bit-lit et, comme vous allez vite vous en rendre compte, tous les ouvrages de bit-lit se ressemblent...

Notre héroïne s'appelle Bella, pardon Leïla. Comme son illustre consoeur c'est une jeune fille renfermée et solitaire et pour cause... Depuis un tragique accident qui a aussi coûté la vie à sa mère, elle a la capacité de percer les secrets les plus sombres des gens et, accessoirement, de leur envoyer des décharges électriques dans la tronche. C'est donc une âme tourmentée, ce qui serait davantage crédible si elle ne travaillait pas dans un cirque et ne se promenait pas toute la journée dans un justaucorps fluo. C'est d'ailleurs en pleine répétition qu'elle se fait enlever par des créatures de la nuit qui la forcent à entrer en contact avec Vlad (on ne rit pas s'il vous plaît), un célèbre vampire à tendance pyromane. Vlad, intrigué par Leïla, tue ses ravisseurs et l'enlève à son tour. Il l'emmène dans son immense château et lui donne de nouveaux habits parce que le justaucorps ça va cinq minutes. Paf, ils tombent amoureux évidemment et vous savez quoi? ça tombe bien, Vlad est ignifugé et ne craint donc pas les décharges de la jeune fille, ce qui leur permet de faire moult galipettes sous la douche et dans le lit, une chance pour Leïla qui se voyait déjà condamnée à finir vieille fille. Bon, elle s'interroge bien un peu sur les tendances ultra-possessives de Vlad et son goût prononcé pour la torture mais oh hein il ressemble à Aragorn dans le film du Seigneur des Anneaux et il a une super baraque donc faisons comme si de rien n'était. Qui plus est, les ennuis se profilent car c'est pas tout ça mais il faut quand même retrouver celui qui en veut à Vlad et qui a juré de le détruire...

A la suite de ce résumé qui, je n'en doute pas, vous a mis l'eau à la bouche, il est possible je pense de tirer quelques enseignements généraux que nous retrouverons dans beaucoup d'ouvrages de bit-lit et, accessoirement de mauvais romans comme 50 nuances de Grey.

La bit-lit est un genre pour filles. C'est la descendante inavouée des romans à l'eau de rose de l'ancien temps, Barbara Cartland et Harlequin, sauf qu'on remplace princes et industriels richissimes par des vampires ou des loups-garous. L'action se déroule de ce fait du point de vue de l'héroïne qui est d'ailleurs même le plus souvent la narratrice. C'est un genre du fantasme : l'héroïne est en apparence une femme comme les autres, telle cette malheureuse lectrice incomprise, mais, en réalité c'est un être exceptionnel et unique qui se fait immédiatement remarquer par un beau vampire (à remplacer selon les romans par la créature surnaturelle de votre choix), vampire qui est lui-même doté de qualités non négligeables : il est riche et peut apporter à l'héroïne tout ce qu'elle souhaite; il lui assure sa protection ("Rien de mal ne t'arrivera avec moi bébé"); il est remarquablement membré et c'est un amant extraordinaire qui fait découvrir à sa maîtresse tous les plaisirs sensuels au lieu de se jeter sur elle bestialement après quelques dizaines d'années d'abstinence sexuelle (oui, le vampire est sélectif). Enfin, qualité non négligeable, il n'a aucun besoin naturel à part celui de l'accouplement: il ne se nourrit pas et ne met donc pas sa dulcinée derrière les fourneaux le coït achevé, il ne boit rien d'autre que du sang, ce qui lui évite de roter sa bière devant la télé, et il ne pète pas au lit. En contrepartie, il se montre violent dans la passion et très possessif, ce qui séduira d'autant plus une lectrice en mal d'affection et/ou délaissée.

Que penser de la bit-lit et de La mort dans l'âme en particulier? Honnêtement, pas grand-chose. L'écriture est navrante et les ficelles de l'intrigue si grosses qu'il faut être vraiment naïve pour se laisser happer par une action quasi-inexistante. La lectrice lit l'ouvrage uniquement pour deux choses: l'histoire d'amour et les scènes érotiques. Ce premier tome de Janiene Frost, comme dans 50 nuances de Grey d'ailleurs, a certes une conception assez malsaine du couple puisqu'il met en scène un homme macho et violent et une femme somme toute assez soumise malgré quelques éclairs de lucidité qui fondent devant son propre désir... Personnellement, je ne suis pas fan de ce genre de romances (je suis toujours indignée qu'aucune héroïne ne craque jamais pour Jérémy, le comptable au lunettes d'écaille qui rougit et parle trop fort quand il est perturbé) mais bon... je suis aujourd'hui d'humeur conciliante et je veux bien admettre que le roman de Frost n'a aucune valeur littéraire mais remplit juste une fonction précise, celui de faire croire à une lectrice de plus en plus désabusée que les belles histoires d'amour existent encore...

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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 11:58

L02.jpgSans âme

Le protectorat de l'Ombrelle t.1

Gail Carriger

éditions Livre de Poche

 

Londres, XIXème siècle. Alexia Tarabotti, vieille fille mi-anglaise mi-italienne, est plutôt de mauvaise humeur. Lors d'une soirée mondaine, un vampire l'a violemment attaquée. En soi cela ne pose guère un problème car, en tant qu'être paranaturel, Alexia n'a pas d'âme et neutralise donc tous les êtres surnaturels: vampires, loups-garoux, fantômes, etc. Ce qui est inquiétant, c'est que l'agresseur ne semblait pas connaître la jeune femme et paraissait bien mal élevé à l'heure où les vampires se sont parfaitement adaptés à la bonne société londonnienne. Le souci c'est qu'Alexia a tué accidentellement le goujat, emportant avec lui de possibles réponses... Aussitôt, le séduisant Lord Maccon, écossais et loup-garou, est envoyé par la reine Victoria pour mener l'enquête, une enquête que miss Tarabotti entend bien suivre de près également...

Des vampires, des loups-garous, une jeune fille plus ou moins innocente, de l'amour, de la violence, du sexe... Pas de doute, nous sommes dans de la bit-lit. Les ingrédients sont toujours les mêmes et l'intrigue principale a au fond bien moins d'importance que l'intrigue secondaire qui est de savoir si oui ou non Alexia et Lord Maccon vont finir ensemble... Ce premier tome du Protectorat de l'Ombrelle a néanmoins deux originalités: la première c'est de mettre en scène une héroïne "immunisée" contre les vampires et toutes autres créatures car, de ce fait, Alexia n'apparaît pas comme une frêle jeune fille fascinée par les êtres surnaturels mais comme une héroïne forte et déterminée. La seconde originalité réside dans un style d'écriture résolument rétro. L'action se passe dans l'Angleterre du XIXème siècle et Gail Carriger emploie un vocabulaire désuet, privilégie un langage châtié et fait de miss Tarabotti une jeune femme amatrice de thé et fervente adepte du savoir-vivre. L'humour naît donc du décalage entre le ton employé et les situations vécues, pour le moins triviales. Cela fait de Sans âme un récit léger, amusant qui, à défaut d'être extraordinaire fait passer un agréable moment. Dire que j'ai été emballée serait beaucoup dire, mais j'ai accroché suffisamment en tous cas pour avoir envie de lire la suite de la saga...

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