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15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 16:34

Trois soeurcières

Terry Pratchett

éditions Pocket

1988

 

Depuis que nous avons parlé de Pratchett dans ce blog, ce dernier est malheureusement décédé et, comme bon nombre de ses fans, j'espère que la Mort a elle-même daigné venir le chercher. Pour nous en revanche, l'aventure du Disque-Monde ne fait que commencer.

Mémé Ciredutemps, notre sorcière acariâtre de La huitième fille n'est pas franchement un être social mais, par la force des choses, elle a accepté presque malgré elle de former un convent avec deux autres sorcières, la joyeuse et lubrique vieille Nounou Ogg et la jeune et (très) naïve Magrat Goussedail. Une nuit, alors qu'elles sont réunies dans la forêt, un homme blessé surgit et leur confie un bébé que viennent presque immédiatement réclamer des gardes. Ce bébé n'est autre que le fils du roi qui vient de se faire assassiner par le duc Kasqueth et son épouse, et le prétendant légitime au trône de Lancre.

Bon celui-là j'avoue que je l'aime beaucoup également. Non seulement il fait intervenir les sorcières pour qui j'ai un petit faible, mais il fourmille de références aux oeuvres de Shakespeare, des fantômes de Hamlet aux mains ensanglantées de Macbeth. Pratchett joue avec les codes du dramaturge anglais et parvient à les parodier tout en leur rendant hommage. Dans Trois soeurcières, les sorcières n'utilisent pas de crapauds morts car Magrat est contre la souffrance animale, le fantôme s'ennuie vite fait dans son château, le duc Kasqueth songe à couper les arbres avant qu'ils ne s'avancent et l'héritier légitime n'a aucune envie de récupérer son trône, préférant de loin le métier d'acteur. Mêlant humour et réflexion sur le théâtre, scènes d'un absurde délicieux (comme ce passage où les trois sorcières s'efforcent de guider le prétendant jusqu'au royaume de Lancre) et descriptions soignées, situations loufoques et personnages tous plus attachants les uns que les autres, que ce soit le fou triste ou le duc coupable, Trois soeurcières est la preuve que la fantasy est loin d'être un sous-genre. Il me faut du coup beaucoup de force mentale pour ne pas continuer la saga du Disque-Monde immédiatement mais d'autres livres m'attendent avant d'attaquer Pyramides.

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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 11:11

L08.jpgBlood Song

tome 2 : Le Seigneur de la Tour

Anthony Ryan

éditions Bragelonne

2014

 

J'avais beaucoup aimé le tome 1 de la série Blood Song et je me promettais un bon moment de lecture avec le tome 2. La déception n'en a été que plus grande.

Bon, déjà il faut admettre que c'est difficile de se remettre en train avec tous les personnages. Vaelin Al Sorna, pas de problèmes, c'est le héros je me souvenais vaguement de son histoire. Lyrna ? Lyrna ah oui la princesse ça y est ça me revient. Mais qui diable est cette Reva qui serait la fille d'un super méchant ? Et tous ces frères des différents Ordres ? Au secours !

Passé ce cap difficile du qui est qui (ou quoi parfois) il faut de nouveau rentrer dans une sombre histoire s'articulant autour de quatre personnages principaux (une narration à plusieurs voix ça vous dit rien ?) avec des complots, des luttes de pouvoir, etc. mais qui se résume à cette phrase : une héroïne assiégée qui lutte pour défendre sa ville et trois autres, dont la prétendante au trône, qui courent lui porter secours. Au programme : des combats, beaucoup de combats, des membres arrachés, des têtes qui volent, des larmes... Toute la subtilité du premier tome de la série a disparu au profit de scènes gores, de violence gratuite et de sacrifices émouvants. A l'exception de Vaelin Al Sorna, les personnages ont l'épaisseur psychologique d'un ticket de métro si bien qu'ils sont presque tous interchangeables et que le lecteur peut les confondre à de nombreuses reprises. En résumé 700 pages d'ennui absolu et pour moi la certitude de m'arrêter à ce second volume. L'héroïsme a des limites.

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25 août 2015 2 25 /08 /août /2015 09:58

L02.jpgLa Citadelle des ombres

t.3

Robin Hobb

éditions Pygmalion

2003

 

Bien des années se sont écoulées depuis que Fitz a raccroché sa tenue d'assassin royal. Après avoir aidé la reine Kettriken, mère du prince Devoir, à remonter sur le trône des Lonvoyants, notre héros s'est retiré dans une chaumière isolée avec son loup Oeil-de-Nuit. Là, il mène une vie paisible et monotone avec son fils adoptif Heur, de temps à autre égayée par les visites de la ménestrelle Astérie. Tout change lorsque Devoir, promis à une princesse étrangère, disparaît mystérieusement. Tous les anciens compagnons de Fitz viennent le supplier de reprendre du service et ce dernier, sous les traits d'un valet, se voit contraint de retourner à Castlercerf dans les méandres de ses intrigues.

Cela fait également quelques années que nous n'avions pas parlé de L'Assassin royal et nous y revoilà avec cet ouvrage composant un volume et demi de la saga de Robin Hobb (ne me demandez rien, je ne comprendrai jamais comment les éditions Pygmalion font leur découpage) Bon, il faut s'y remettre et j'avoue que le début de l'histoire est long, très long à se mettre en place avec les éternels plaintes et gémissements de Fitz qui, il faut le dire, mérite de figurer dans le palmarès des héros les agaçants de la fantasy. Toute la première partie du tome (plus de trois cent pages tout de même) est donc très ennuyeuse, centrée autour de cette question cruciale : Fitz va-t-il revenir à Castlecerf ? Bon après je vous rassure, l'intrigue s'accélère et réserve son lot de suspens, de traits d'humour (j'ai beaucoup ri de la façon dont Robin Hobb décrit les chats) et de moments poignants qui arrachent même une larme ou deux. Et mon volume s'arrêtant en plein milieu de l'histoire (merci encore Pygmalion) je vous promets qu'il ne me faudra pas très longtemps pour avoir la suite cette fois...

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13 août 2015 4 13 /08 /août /2015 10:32

L02.jpgSourcellerie

Terry Pratchett

éditions Pocket

1988

 

Quand un huitième fils naît d'un huitième fils, il devient mage, c'est une tradition. Mais que se passe-t-il quand ce huitième fils, défroqué, engendre un huitième fils? Et bien, ce fils devient un sourcellier, détenteur de la magie la plus puissante du Disque-Monde, ce qui n'est pas franchement très rassurant lorsqu'on sait que le père du sourcellier a une dent contre les mages et la vie en général.
Retour sur le Disque-Monde quelques mois après la mort de son créateur avec ce cinquième volume mettant en scène pour la troisième fois Rincevent, le mage le plus inutile et le plus drôle de tous les temps. Notre héros est à la fois tiraillé entre son envie naturelle de courir se cacher du danger et une autre, plus noble, de sauver l'Ecole de Magie et le monde en général. Il est aidé dans sa quête par Conina, la fille du célèbre Cohen le Barbare, et par Nigel, apprenti barbare lui-même (par correspondance).

Si Sourcellerie n'est pas mon Pratchett préféré, il nous réserve cependant quelques bons moments : des personnages très drôles et une scène où l'on peut admirer les copains de la Mort, Famine Guerre et Pestilence boire calmement un coup avant la fin du Monde. Il y a aussi de très jolies trouvailles : le Génie en multipropriété dans une lampe, le Bagage qui tombe amoureux, le fakir qui veut qu'on lui lise des histoires... Tout cela permet de compenser une intrigue un peu trop bavarde. Pas le meilleur donc de la série mais un incontournable, surtout si l'on aime le mage Rincevent...

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14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 12:19

L08.jpgKushiel

t.1 La Marque

Jacqueline Carey

éditions Milady

2001

 

Jadis j'aimais bien. J'aimais bien ces séries en quinze volumes avec des héros épiques aux noms imprononçables, ces guerriers ou ces magiciens partant en guerre pour affronter de terribles ennemis ou jurant fidélité à un quelconque monarque d'une province égarée. J'aimais ces peuplades exotiques, la carte en début de récit, les religions tordues, les complots divers et variés, les prophéties, la totale quoi.

Mais ça, c'était avant.

La marque, premier tome de la série Kushiel n'est pas un mauvais livre, il faut le reconnaître, et, à de nombreux égards n'est pas sans ressembler à la série Game of Thrones : peu de magie, des barbares qui veulent envahir une contrée elle-même rongée par les intrigues politiques, une réflexion sur les arcanes du pouvoir... L'héroïne c'est Phèdre no Delaunay, une jeune femme qui enfant a été vendue à un noble qui a reconnu en elle la marque de Kushiel : Phèdre est en effet une anguissette, elle ressent du plaisir essentiellement dans la souffrance. Enfin, c'est ce que dit le bouquin mais d'après les descriptions Phèdre a tout de la nymphomane avec une préférence certes pour le masochisme. Toujours est-il qu'elle est "adoptée" par Anafiel Delaunay qui en fait une courtisane de luxe avec cependant un but secret : pénétrer au coeur même des arcanes du pouvoir et découvrir le complot ourdi contre la couronne.

Pourquoi je n'ai pas accroché avec ce livre ? Et d'une parce qu'il y a trop d'informations, trop de noms à coucher dehors, de familles, de peuples, de dieux, etc. Contrairement à Georges R. Martin, Jacqueline Carey déploie d'un coup tout un univers sans paraître se préoccuper d'être suivie ou non par son lectorat. Résultat, on se retrouve vite paumée à essayer de comprendre qui est l'allié de qui. D'autre part, j'ai été un peu agacée par l'aspect racoleur de l'ouvrage : l'héroïne une prostituée de luxe qui a un orgasme à chaque fois qu'on lui effleure la main, ben voilà quoi... Phèdre passe un quart de la narration à coucher avec des gens pour survivre/ par plaisir/pour obtenir des informations.. et les trois autres quarts à s'interroger sur le sens de sa vie, des intrigues politiques, de ses déboires personnels, etc. C'est donc au final très ennuyeux. Dommage, un moment donné l'action semble légèrement s'accélérer lorsque Phèdre et Joscelin se retrouvent prisonniers des Skaldiques : plus de palabres, plus de complots, seulement deux personnages qui tentent tant bien que mal de survivre. Hélas, ce passage est bien vite terminé et le livre sombre tout doucement dans des histoires de guerres, de négociations, de coucheries avant d'achever le lecteur par une fin interminable et un ultime rebondissement qui était prévisible à dix kilomètres à la ronde. Peut-être ai-je passé l'âge pour m'infliger ce genre de lecture. Toujours est-il que ce premier tome restera mon unique expérience de la série j'en ai peur.

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 15:53

L02.jpgL'oeuf de dragon

George R.R.Martin

éditions Pygmalion

2010

 

Et non ! Désolée de vous décevoir mais, encore une fois, nous ne parlerons pas de la suite du Trône de Fer. Revenons en revanche quatre-vingt-dix ans en arrière avec L'oeuf de dragon du même auteur.

Au royaume des sept couronnes, bien des années avant la chute de la maison Targaryen, Aegon, surnommé l'Oeuf  (il se fait raser le crâne pour ne pas se faire reconnaître), neveu du roi Aerys 1er, voyage incognito avec un chevalier errant, Dunk, à qui il sert d'écuyer. Une façon comme une autre de faire son apprentissage. Sur leur route, les deux hommes croisent un groupe de chevaliers qui les invitent à rejoindre un tournoi donné à l'occasion des noces de lord Beurpuits. Le prix de ce tournoi n'est pas moindre puisqu'il s'agit d'un oeuf de dragon d'une valeur inestimable. Dunk, attiré surtout par la perspective d'une récompense moindre (de l'argent) se joint aux invités de la noce mais ne tarde pas à découvrir que ce mariage est un nid d'intrigues et de complots visant à renverser le roi légitime de son trône. Si quelqu'un découvre l'identité de l'Oeuf, le chevalier et son écuyer sont perdus...

Plus qu'un roman, L'oeuf de dragon est surtout une grosse nouvelle qui,  pour les amateurs de la saga, nous replonge un peu dans l'univers des sept royaumes. Ne cherchez pas vos personnages favoris, ni même vos familles de prédilection : les noms des Stark et des Lannister sont seulement mentionnés, les Baratheon sont totalement absents. Un seul personnage du Trône de Fer apparaît dans le récit, je vous laisse trouver lequel ! Concernant l'histoire, celle-ci n'a rien d'exceptionnel : l'intrigue se déroule sur quelques jours, le temps du tournoi, et se concentre essentiellement sur Dunk et sur son écuyer. C'est une intrigue assez ténue qui repose sur les dialogues entre les personnages et des rivalités plus ou moins déclarées. Pour résumer, L'oeuf de dragon est surtout un récit destiné aux amateurs de la saga et qui retrouveront avec plaisir l'univers de cette dernière, mais a peu de chances de séduire ceux qui voudraient commencer par là.

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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 10:08

L01.jpgBlood song

tome 1 - La voix du sang

Anthony Ryan

éditions Bragelonne

2011

 

Un scribe à la solde d'un empire puissant accompagne un prisonnier de guerre à la réputation légendaire : Vaelin Al Sorna, dit le Tueur d'Espoir, est craint et haï par ses ennemis depuis qu'il a tué nombre des leurs y compris l'héritier présomptif du trône. Intrigué cependant par cet homme qui paraît bien moins féroce que ce qu'on prétend, notre héros le pousse à raconter son histoire, une histoire pleine de zone d'ombres qui révèle un personnage plus complexe qu'il n'y paraît.

C'est un petit miracle : pour une fois, j'ai bien aimé un ouvrage des éditions Bragelonne. Certes, c'est de la bonne grosse fantasy et, de ce fait, on retrouve tous les ingrédients qui en font la composition : un héros prophétique, des fanatiques religieux, des animaux au service de l'élu, des noms à coucher dehors et des batailles à n'en plus finir. Si Anthony Ryan se réclame carrément de Gemmell, certaines des particularités de son récit ne sont pas non plus sans faire songer à Martin : Vaelin adhère à un Ordre exigant qui rend tous ses membres frères, les contraint à ne pas prendre femme et les met au service de la Foi avant d'être au service d'un royaume. ça ne vous rappelle rien? D'un point de vue technique, je suis un peu déçue par la composition de l'ouvrage qui pourrait être plus aboutie : en effet, le récit s'articule entre la narration du scribe et l'histoire de Al Sorna. Or, Al Sorna est loin de dire tout au scribe et lui cache bon nombre d'éléments qu'on retrouve quand même dans le texte. Il aurait peut-être été intéressant de mettre en avant ces incohérences et de comparer la version "officielle" à la version "officieuse", celle que le lecteur connaît. Ceci dit, passé ces quelques points de détail, Blood song remplit parfaitement sa part du contrat : l'histoire est prenante, le monde parfaitement bien décrit et on repère ça et là quelques originalités dans le texte; le fait par exemple que la Foi soit une religion qui, paradoxalement ne reconnaît aucun dieu, des personnages qui ont chacun une part de mystère, la construction du texte qui nous épargne un faux suspens (d'entrée de jeu on sait que le héros survit), l'inversion des valeurs et une critique sans fard de la guerre, présentée tout au long du roman comme une vaste boucherie inutile au service d'intérêts personnels et divergents. Al Sorna ne se bat pas pour la justice : il se bat pour un envahisseur qui a besoin de saphirs. Cette morale est loin d'être manichéenne et me rend d'autant plus agréable un livre qui, en dépit des clichés, parvient à s'en extraire pour un résultat plutôt satisfaisant.

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7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 12:07

L09.jpgMortimer

Terry Pratchett

éditions Pocket

1987

 

A dire vrai, c'est avec le premier tome La huitième couleur que j'avais commencé à lire Pratchett. Pour abandonner pour quelques temps l'auteur je l'avoue : oui, c'était drôle, oui c'était burlesque, mais il manquait quelque chose. Quelques mois plus tard, je récidivais mais cette fois avec un autre titre, plus avancé dans la série : Mortimer. Bien m'en prit car c'est cet ouvrage qui m'a donnée le goût de lire dans son intégralité Les annales du Disque-Monde.

A la foire à l'embauche, Mortimer reste seul et bien malheureux : personne ne veut l'engager. Il faut dire que c'est un garçon étrange, tout en bras et en jambes, à la logique curieuse, plein de bonne volonté mais pas franchement dégourdi. Mais, sur les coups de minuit, un employeur se présente finalement : la Mort, ni plus ni moins, qui souhaite l'engager comme apprenti et accessoirement le préparer à sa succession. C'est sans compter sur les talents de Morty pour tout gâcher...

Pourquoi faut-il lire Mortimer? D'une part parce que c'est le premier ouvrage de Pratchett où la Mort ne se contente pas de faire de la figuration mais joue un rôle à part entière et il faut dire ce qu'il est, la Mort chez Pratchett est drôle, être totalement dépourvu d'humour parlant en majuscules, aimant les chats et faire la cuisine. Les autres personnages du livre sont tout aussi drôles que ce soit l'apprenti maladroit, la princesse caractérielle ou encore Isabelle, la fille de la Mort, amatrice de lectures sentimentales et se prenant elle-même pour une héroïne éthérée de romans à l'eau de rose, ce qui serait crédible si elle pesait quarante kilos de moins. Un casting de choix pour une intrigue rondement menée, fluide, et qui, contrairement aux trois premiers ouvrages de la série ne se présente pas comme une successions de rebondissements mais réellement comme une histoire continue avec une fin pour le moins imprévue. On ne s'ennuie pas un instant et on rit beaucoup tout en ayant cependant dans Mortimer une légère mélancolie pas forcément désagréable. Soulignons enfin toutes les jolies trouvailles de l'univers de la Mort : les livres qui s'écrivent eux-même, la salle des sabliers de vie, les noeuds de l'univers... Et si avec tout ça vous n'êtes pas tentés, je ne peux plus rien pour vous !

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8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 09:31

L02.jpgLa huitième fille

Les annales du Disque-Monde t.3

Terry Pratchett

éditions Pocket

1987

 

On continue notre promenade dans le Disque-Monde de Pratchett avec le troisième tome de la série, La huitième fille. Changement de décor : cette fois, nous partons dans un petit village des montagnes, Trou d'Ucq. Un vieux mage fait route dans la nuit. Sentant sa mort venir, il se hâte d'aller transmettre ses pouvoirs au huitième fils à naître d'un huitième fils. Le problème c'est que le huitième fils se révèle être... une fille. C'est une première et, malgré les efforts de Mémé Ciredutemps, la sorcière du coin, pour remédier à cet état de faits (une femme mage pouah! c'est pas naturel) la jeune Eskarina se retrouve bientôt investie de pouvoirs qui la dépassent.

Tout comme les deux premiers tomes, La huitième fille ne fait pas partie de mes Pratchett préféré. Le Disque-Monde est encore grossier et les descriptions sont un peu longues. Ceci dit, il est intéressant car, sous l'humour, il met en scène une réalité beaucoup moins drôle, celle d'une femme obligée de se battre pour exercer la profession dont elle rêve. Eskarina n'a qu'un désir : devenir mage. Or, tout le monde l'en empêche et se moque d'elle. Même la sorcière Mémé Ciredutemps, la femme indépendante par excellence, ne parvient pas à comprendre cette envie. Pourtant, la détermination de la petite fille est payante et, grâce à son entêtement  et à l'aide plus ou moins bienveillante de son mentor, elle parvient enfin à ses fins, nous offrant une jolie leçon de patience.

La huitième fille est un peu à part dans la série car, à mon sens, dans tous les autres volumes des annales (corrigez-moi si je me trompe) il ne sera plus fait mention d'Eskarina qui disparaît du Disque-Monde de façon aussi mystérieuse qu'incompréhensible. En revanche, le livre met en scène pour la première fois Mémé Ciredutemps qui elle, pour le cooup, deviendra une figure phare des romans de Pratchett.

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 18:12

L01.jpgMême pas mort

première branche

Jean-Philippe Jaworski

éditions les Moutons électriques

2013

 

Allez, aujourd'hui on va parler d'un ouvrage de fantasy soyez dans la joie! D'autant plus que là je n'ai aucune pitié et que j'ai fait ma sélection aux éditions Les moutons électriques qui est à Bragelonne ce que la série Game of Thrones est à Julie Lescaut. Allergiques au style ampoulé et aux noms improbables passez votre chemin. Les autres, vous pouvez rester.

Je n'avais jamais rien lu de Jaworski mais j'avais toujours entendu le plus grand bien de ses ouvrages, aussi me suis-je lancée dans sa toute nouvelle série, Même pas mort, un titre accrocheur pour une histoire plutôt complexe. Bellovèse est le fils d'un roi déchu: son père s'est fait tuer par son beau-frère et sa mère, son petit frère et lui-même ont été exilés au fin fond du royaume. Elevé comme un sauvageon, Bellovèse mène la belle vie jusqu'au jour où son oncle se souvient de lui et l'envoie guerroyer, espérant sa mort. Effectivement, le jeune homme se prend un coup mortel dès les premières joutes. Mais, oh surprise, il ne meurt pas...

Il faut un peu de temps pour entrer dans cet ouvrage à l'écriture ronflante, au style emphatique et mettant en scène un monde avec des civilisations étranges et des personnages aux noms impossibles. Mais, passé le cap des dix premières pages franchement ennuyeuses, on entre dans le coeur du sujet. La bonne idée de l'auteur c'est de créer une narration qui n'est pas linéaire et qui mêle astucieusement passé et futur et réel et irréel. Le lecteur louvoie entre les différents souvenirs du personnage sans bien savoir s'il s'agit de vrais souvenirs ou simplement de délires. Les époques se superposent et le récit forme une spirale dans laquelle nous nous laissons bien volontiers prendre. C'est un exercice difficile maîtrisé avec brio par un auteur qui de toute évidence aime jouer avec l'écriture. L'intrigue de l'histoire est plus classique, l'éternel roman d'apprentissage d'un jeune homme appelé contre toute attente à devenir un héros, mais là ;pour le coup, j'attends le second volume de la série pour voir où tout ça nous mène. Ceci dit, que j'attende le second volume d'un roman de fantasy est déjà en soi un bel exploit... A découvrir!

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