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10 octobre 2017 2 10 /10 /octobre /2017 09:44

Remade

Alex Scarrow

2016

éditions Casterman

 

Léo est un adolescent angoissé, fragilisé par la séparation de ses parents et par son déménagement en Angleterre alors qu'il a vécu à New York la majeure partie de son existence. Il souffre de terribles migraines et a du mal à s'intégrer dans son nouveau lycée alors que sa soeur Grace, douze ans, est déjà devenue la coqueluche du collège. Mais tous ses problèmes paraissent tout à coup bien dérisoires lorsqu'un mystérieux virus se propage à allure folle à travers le monde et liquéfie littéralement les gens en quelques heures. Plus grave ce virus extrêmement contagieux est doué de réflexion et semble poursuivre un objectif, mais lequel? Léo, Grace et leur mère parviennent à quitter Londres in extremis mais découvrent rapidement que leurs ennuis ne font que commencer.

Encore un roman adolescent apocalyptique mais qui pour le coup semble prendre un malin plaisir à détourner les codes du genre. Notre héros Léo est loin d'en être un : pas franchement sportif, pas franchement courageux, ses migraines à répétition et ses doutes en font un adolescent crédible qui doit sa survie à de monstrueux coups de chance et à des parents dévoués. Sa soeur Grace elle est un prototype de l'enfant américaine tête à claques des films d'action comme l'auteur se plaît malicieusement à le souligner au début du récit : "Grace essayait de parler comme une adulte mais, la plupart du temps, on avait l'impression d'entendre un de ces enfants acteurs ultra-précoces qui parlent de "dialogue intérieur" et de "motivation du personnage" dans leurs interviews." mais dont la fausse assurance se heurte bientôt à une réalité atroce et la fait redevenir ce qu'elle n'a jamais cessé d'être, une petite fille terrifiée. A de nombreuses reprises tout au long du roman, Alex Scarrow joue ainsi avec les clichés du film catastrophe : Léo espère trouver un vieux misanthrope bourru qui les accueillerait chez eux et qui s'ouvrirait par la même occasion mais tombe sur un musulman avenant qui a combattu en Syrie, une histoire d'amour s'ébauche avec une autre rescapée, sauf qu'il s'agit d'une adolescente atteinte de sclérose en plaque qui s'exprime avec difficulté... Le livre fourmille de clins d'oeil mais ne croyez pas pour autant qu'il s'agit d'une parodie car, pour ma part, j'ai rarement lu quelque chose d'aussi violent en littérature jeunesse : des personnages qui tombent comme des mouches, des descriptions gores parfois à la limite du soutenable, et une scène à la fin du livre qui se révèle d'une cruauté que peu d'auteurs pour adultes auraient osé. Ames sensibles s'abstenir car ce roman à mi-chemin entre Le Fléau de Stephen King et Ennemis de Higson a de quoi faire passer quelques nuits blanches.

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3 octobre 2017 2 03 /10 /octobre /2017 10:18

L'aube sera grandiose

Anne-Laure Bondoux

éditions Gallimard Jeunesse

2017

 

Quelle mouche a donc piqué Titania, auteur de romans à succès,  pour qu'elle vienne chercher subitement sa fille Nine, seize ans, à la sortie du lycée, bagages en main alors que la jeune fille a le soir même une fête? D'abord furieuse contre sa mère, Nine est rapidement intriguée lorsque celle-ci l'emmène dans une cabane perdue au bord d'un lac et commence à lui raconter une histoire, la sienne et celle de sa famille. Pendant toute la nuit, l'adolescente va découvrir une saga familiale assez étonnante et prendre connaissance d'un héritage dont elle ignorait tout. Quand l'aube viendra, elle ne sera définitivement plus la même...

La force de L'aube sera grandiose tient dans sa construction même, l'alternance entre passé et présent, qui installe le lecteur dans le rôle de Nine, ignorant comme elle toute l'histoire et l'apprenant au fil des heures de la nuit. Pas de fantastique ni de situations particulièrement insolites dans ce roman pour adolescents mais des personnages attachants et un récit familial qui se construit autour d'un père absent et d'une mère, Rose-Aimée, trop présente. Si l'histoire ne nous épargne pas quelques clichés (les catholiques coincés et rétrogrades, les militants gauchistes dangereusement exaltés) elle réserve en revanche beaucoup de jolis moments (la complicité entre Orion et Vadim, les vacances à la mer de la famille) et nous propose une promenade à travers la France des années 70 et 80. Si j'ai été un peu frustrée par une réflexion sur l'argent qui reste inaboutie et sur beaucoup de non-dits qui, à mon sens, auraient gagnés pour une fois à être développés, j'ai été en revanche séduite par une intrigue bien menée, un certain sens du suspens et par un final qui évite confiture de mélasse et sucre pur Un ouvrage intéressant qui me permet de découvrir un auteur que je n'avais jamais lu jusque là.

 

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3 septembre 2017 7 03 /09 /septembre /2017 10:08

Calpurnia et Travis

Jacqueline Kelly

éditions Ecole des Loisirs

2009

 

Calpurnia, treize ans, se passionne pour les sciences. Rien ne l'enthousiasme plus que de partir dans les bois avec son grand-père et d'observer la nature et les animaux. Son petit frère Travis est également un amoureux des animaux mais lui se soucie peu de les disséquer ou de les analyser : il les rapporte plutôt à la maison et tente de les apprivoiser, avec plus ou moins de succès (vous avez déjà essayé d'apprivoiser un tatoo ? Travis oui) au grand dam de ses parents. La vie des deux enfants et de toute leur famille prend un nouveau tournant le jour où un ouragan ravage la côte du Texas et contraint Angie, la cousine de Calpurnia, à emménager avec eux, tandis qu'un vétérinaire devient leur voisin. Si le courant ne passe pas forcément avec Angie, parfaite demoiselle, Calpurnia est vite fascinée par l'activité du dit vétérinaire et se demande même si ce n'est pas là sa vocation. Hélas, si ses parents verraient d'un bon oeil Travis choisir cette voie, il n'en est pas de même pour Calpurnia : nous sommes en 1900 et les horizons d'une jeune fille sont plus que limités...

ça faisait longtemps que nous n'avions pas parlé de littérature jeunesse et il est bon d'y revenir avec un roman assez intéressant dans la lignée de Miss Charity de Marie-Aude Murail.  Calpurnia, la narratrice de l'histoire, est une jeune fille dynamique, réfléchie et curieuse, qui se retrouve par la force des choses entraînée dans des histoires invraisemblables et des mensonges par la faute de son frère Travis, mais qui ne craint pas elle-même d'affronter les ennuis en se laissant guider par sa passion pour les sciences et la littérature. Bien résolue à ne pas rester à la place qui lui a été assignée dans une fratrie où elle est la seule fille, elle se démarque et parvient notamment à tirer son épingle du jeu avec la complicité de son bon-papa. Face à ce personnage de petite savante, nous avons Travis, l'amoureux des animaux, un garçon attachant et naïf dont le caractère sensible tranche souvent avec la froideur toute scientifique de sa soeur. Ce couple improbable et pourtant profondément lié l'un à l'autre fait tout le charme d'un roman plein d'humour, avec une réflexion "féministe" (Calpurnia mais aussi sa cousine Aggie bien que d'une toute autre façon, sont des personnages qui n'ont pas l'intention de se laisser dicter leur conduite) qui, heureusement, ne prend jamais le pas sur l'intrigue et ne vire pas à la leçon de morale sans intérêt. Un joli moment de lecture.

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28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 13:04

Movers

Les Passeurs d'Ombres

Meaghan McIsaac

éditions Auzou

2016

 

L'inconvénient des services de presse, c'est que ça s'entasse insensiblement et que des livres se rajoutent semaine après semaine à une pile déjà bien garnie. Résultat : certains services de presse se font noyer, disparaissant sous une couche de romans plus récents, eux-mêmes condamnés à disparaître sous une autre couche. Parfois, ce n'est pas bien grave, d'autres fois c'est plus dommage. Ainsi, je viens seulement de mettre le nez dans Movers, un livre fantastique pour la jeunesse sorti il y a maintenant plus de six mois. Trop tard pour le mettre en avant sur une table et, pourtant, pour le coup, il l'aurait mérité.

Nous sommes à la fin du millénaire et les dirigeants sont un peu sur les dents depuis la découverte des Passeurs, un groupe de personnes capable de faire passer des habitants du Futur (nommés les Ombres) au Présent, aggravant encore une surpopulation déjà critique. Ainsi, depuis 2077, tout Passage est formellement interdit. Pat et sa soeur Maggie en ont fait les frais puisqu'ils ont vu leur père se faire arrêter six ans auparavant et qu'eux-mêmes sont depuis surveillés du fait de leur propre statut de Passeurs. La situation ne s'arrange pas lorsque l'instituteur de Maggie constate une augmentation des pouvoirs de cette dernière et que Pat est bien malgré lui impliqué dans un Passage d'une extrême violence.

Dystopie traitant des voyages dans le temps, Movers avait tout du sujet casse-gueule mais parvient à s'en sortir remarquablement malgré quelques petites invraisemblances inévitables. Les personnages sont attachants : l'auteur a la bonne idée de ne pas faire de son héros, Pat, le narrateur, un Passeur chevronné ou un garçon avec des supers-pouvoirs dont il ignore tout mais au contraire, d'en faire un protagoniste somme toute assez ordinaire amené par la force des choses à se cacher avant tout pour protéger ceux qu'ils aiment. Le monde futuriste créé est également plutôt réussi ; la dystopie pour une fois ne part pas sur un postulat complétement irréaliste et l'univers créé présente de ce fait de troublantes similitudes avec le nôtre. Je suis franchement déçue de n'avoir pas découvert ce livre plus tôt et encore plus déçue de ne pas voir d'annonce du tome 2 dans les mois à venir...

 

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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 14:38

La mémoire de Babel

La Passe-Miroir tome 3

Christelle Dabos

éditions Gallimard Jeunesse

2017

 

Le voilà ! Après tout ce temps j'ai enfin la suite de La Passe-Miroir entre les mains ! Pour tous ceux qui ne connaissent pas encore la saga fantastique adolescente la plus aboutie depuis longtemps, passez votre chemin (et allez vite vous acheter le premier et le deuxième tome non mais!) Les autres découvrons ensemble la suite des aventures de notre Animiste préférée.

Voilà plus de deux ans que Thorn a disparu et que Ophélie, de retour sur son arche natale, se morfond dans l'attente de ses nouvelles. Une situation qui est loin de lui convenir d'autant plus qu'elle sent le regard des Doyennes qui ne la lâchent pas. Aussi, lorsqu'elle a l'opportunité de filer en douce elle n'hésite pas une seconde. Sa prochaine destination ? L'arche de Babel, l'endroit qui conserve toutes les archives de l'origine du monde. Ophélie s'infiltre au coeur du Mémorial sous une fausse identité, bien déterminée à découvrir la vérité sur Dieu et, surtout, à retrouver Thorn parti lui-même  à la recherche de cette vérité.

Je regrette un peu de n'avoir pas pu relire les deux premiers volumes de la saga, actuellement en transit, car du coup il m'a fallu un peu de temps pour me replonger dans l'univers de la série. Heureusement, la qualité de l'écriture et des personnages est telle qu'on se remet bien vite dans le bain. Changement de décor cette fois puisque nous découvrons une nouvelle arche et un nouveau pan du monde créé par Christelle Dabos : place à Babel et à ses mystères, à ses automates et à ses archives énigmatiques. Cependant la mise en place de ce nouveau décor se fait de façon si naturelle que nous y adhérons encore une fois pleinement : c'est rare qu'un ouvrage fantastique parvienne à happer ainsi son lecteur sans le perdre dans des noms compliqués ou des personnages improbables. Encore plus rare de parvenir à rendre attachante et extraordinaire un petit bout de femme un peu dodue et pas excessivement jolie, une héroïne qui est tout sauf stéréotypée mais qui de ce fait est crédible et dont la détermination et le courage n'en deviennent que plus émouvants. J'avoue avoir été aussi assez heureuse de retrouver dans ce livre Archibald, mon petit chouchou de la saga, le temps de quelques parenthèses dans le récit. Encore un très bon moment de lecture, ne reste plus qu'à attendre la suite avec hélas un petit pincement au coeur puisqu'il s'agira du dernier tome...

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6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 14:02

L02.jpgLa mort du temps

Aurélie Wellenstein

éditions Scrineo

2017

 

Callista n'est pas une adolescente très heureuse : en fait elle projette même de s'enfuir avec sa meilleure amie (et plus si affinités) Emma histoire d'échapper à une atmosphère familiale pesante et aux querelles perpétuelles de ses parents. Mais soudain il y a un éclair aveuglant suivi d'un séisme et la vie de la jeune fille bascule. Quand elle se réveille à l'hôpital, le monde a changé : différentes époques se sont mélangées et les survivants à l'onde de choc ont fusionné entre eux ou avec leur environnement. Callista fuit, talonnée par "Flash" une secousse mortelle qui corrige de façon définitive les anomalies spatio-temporelles. Son objectif ? Fuir Paris et retrouver Emma dans les Vosges.. En chemin elle va bientôt faire de nouvelles rencontres...

A dire vrai, au début, j'étais pas emballée. C'était pas mal écrit mais le livre avait un air de déjà-vu : apocalypse, adolescente en cavale, belles rencontres et amitiés... Vu et revu non ? Cependant, de petits détails me titillaient : dans cette histoire somme toute conventionnelle, quelque chose clochait. Un rebondissement au milieu du récit m'a confortée dans mon pressentiment. Il s'avère que le livre de Wellenstein est remarquablement construit et que tout ce qui pouvait paraître étrange s'explique après coup. L'intrigue en elle-même nous réserve son lot de surprises et rien ne se déroule comme le lecteur aurait pu le croire. C'est bien fichu, l'univers est très sombre, oppressant, et le fait que le livre ne soit pas le début d'une série lui permet du coup d'avoir un impact plus important. En bref, un très bon roman qui parvient à jouer avec le temps sans se brûler les ailes.

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25 mai 2017 4 25 /05 /mai /2017 10:01

L01.jpgL'île aux mensonges

Frances Hardinge

éditions Gallimard Jeunesse

2015

 

Faith a quatorze ans et se passionne pour les sciences. Elle rêve de devenir naturaliste tout comme son père, un pasteur reconnu dans ce domaine. Mais sous l'époque victorienne tout ce qu'on attend d'une jeune fille c'est qu'elle se taise et trouve un bon mari. Aussi notre héroïne ronge-t-elle son frein. Tout change le jour où le révérend se retrouve accusé d'avoir trompé la communauté scientifique et contraint de rejoindre une île isolée au large des côtes anglaises pour échapper au scandale, embarquant avec lui toute sa famille. Il ne parvient cependant pas à empêcher les ragots de parvenir jusqu'à sa nouvelle demeure et se retrouve bientôt mis au ban de toute la population. Un jour, il est retrouvé mort. Suicide, assassinat ? Faith qui idolâtrait son père décide de mener l'enquête et de jeter un oeil sur les mystérieuses recherches  qui ont vraisemblablement causé sa perte.

Ce que j'ai apprécié dans ce roman, c'est que s'il y a une réelle réflexion féministe derrière, notamment grâce à des personnages féminins forts (Faith, sa mère Myrtle, miss Hunter, Agatha Lambent) cela ne prend jamais le pas sur l'intrigue et cela ne tourne jamais à la morale pesante. L'auteur nous évite également une histoire d'amour gnangnan pour se focaliser sur la relation ambigüe qu'entretient l'héroïne avec ses parents: Faith est en admiration devant un père qui la traite au mieux avec indifférence, au pire avec mépris tandis qu'elle s'oppose à une mère en apparence frivole mais qui se révèle au fil des pages beaucoup plus complexe que ce l'on pourrait penser. Ajoutez à cela des descriptions particulièrement réussies d'une île austère, battue par les vents et la pluie, une mort mystérieuse, des accidents inexpliqués et vous obtenez un livre pour adolescents d'une grande qualité littéraire pour une fois et qui surfe avec audace sur des thèmes inhabituels tout en gardant le sens du suspens.

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23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 14:56

L02.jpgLes sorcières du clan du Nord

Le sortilège de minuit

Irena Brignull

éditions Gallimard Jeunesse

2016

 

Crécerelle aime énormément sa soeur Charlock même si celle-ci est un peu simplette. Pourtant elle réagit violemment lorsqu'elle apprend que cette dernière est enceinte d'une fille. Pourquoi ? Parce que Crécerelle et Charlock sont des sorcières et qu'une prophétie a prédit que l'une des deux soeurs accoucherait d'une reine. Oui mais laquelle ? Pour protéger sa fille Surelle qu'elle veut voir à la tête du clan, Crécerelle lance un sort à la nouvelle-née et l'intervertit à la naissance avec une enfant tout ce qu'il y a de plus ordinaire, née le même jour qu'elle. Les années passent : Clarée grandit au milieu de la communauté des sorcières, malheureuse et incapable de pratiquer le moindre enchantement tandis que Poppy se fait renvoyer de tous les lycées qu'elle fréquente, rejetée par tous y compris par sa propre mère. Un jour les jeunes filles se croisent par hasard et deviennent amies...

Sans être la révélation de l'année, Le sortilège de minuit est un très bon roman ado fantastique qui revisite à sa sauce le thème des sorcières et lui apporte une touche d'originalité : on est loin des sorcières un brin sulfureuses, ici elles s'apparentent plus à des garçons manqués qui dissèquent des animaux morts ou vivants et se soucient peu des apparences au grand dam de Clarée, l'humaine qui apparait comme une marginale car elle aime se laver les cheveux. La force du livre tient cependant à ses personnages et notamment aux deux héroïnes qui s'opposent en tout mais qui deviennent néanmoins les meilleures amies du monde, unies par leur profonde solitude. L'intrigue est bien menée et ce premier tome sans réelle surprise mais pas désagréable semble de bon augure pour la suite.

 

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14 mai 2017 7 14 /05 /mai /2017 14:15

L01.jpgEnnemis

Charlie Higson

éditions Pocket

 

J'aime pas les zombis.

Non c'est vrai j'aime pas ça. Je suis traumatisée depuis que j'ai joué à Resident Evil sur ma Playstation 1 et que ces horribles créatures me tombaient dessus par surprise, me faisant perdre systématiquement. Depuis je joue aux Sims c'est moins usant pour les nerfs.

Toujours est-il qu'on va parler de zombis aujourd'hui malgré tout en abordant une série pour ados qui réservera quelques cauchemars aux âmes sensibles. Il s'agit de Ennemis de Charlie Higson. Nous sommes à Londres, une ville devenue cauchemardesque à la suite d'une maladie mystérieuse qui plus d'un an auparavant a tué les adultes ou les a transformé en zombis terrifiants. Un groupe d'enfants mené par Arran vit reclus à Waitrose, un centre commercial reconverti en bunker. Ils se sont organisés, ont appris à se battre et écument le quartier de temps à autre pour trouver des vivres, vivant dans la peur des adultes qui les attaquent en permanence. Un jour, un garçon nommé Jester débarque : il leur propose de rejoindre son propre groupe, basé à Buckingham Palace. Là-bas, il y a peu d'adultes, ils mangent à leur faim et ils disposent de tout le confort nécessaire. Arran et les siens décident de le suivre...

Il faut avoir le coeur bien accroché pour suivre cette histoire qui tue joyeusement ses personnages au fil des pages et qui réserve quelques descriptions bien gores. La tension ne se relâche jamais et le lecteur se prend plus d'une fois à sursauter. La bonne idée de l'auteur c'est de nous plonger directement dans le vif du sujet : pas d'entrée en matière, pas de présentation de ce monde apocalyptique, nous ne comprendrons qu'à travers quelques rares réminiscences ce qu'il est advenu de la Terre. L'autre bonne idée c'est d'éviter toute romance adolescente inutile ainsi que tout larmoiement. Les enfants héros de cette histoire ont déjà vécu un an dans la terreur et vu leurs familles décimées, ils ont appris à se battre et à tuer : ils n'ont donc plus aucun sentimentalisme et c'est tant mieux. Les personnages sont plutôt attachants mais ne vous attachez pas trop quand même : en terme d'espérance de vie ils sont aussi bien lotis que des personnages de George RR.Martin. Bref, un premier tome plutôt intéressant, un peu anxiogène mais qui donne envie d'aller lire la suite.

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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 13:39

L03.jpgLes porteurs

1- Matt

C.Kueva

éditions Thierry Magnier

 

Je lance un appel général à tous les auteurs de dystopie en jeunesse : il faut arrêter maintenant avec les postulats de plus en plus improbables sur une société futuriste quelconque. Entre "Le monde est ravagé par une maladie qui a décimé tout le monde sauf les adolescents" ou "sur fond d'inégalité sociale, des enfants sont envoyés chaque année dans une arène géante pour se massacrer entre eux" ou "des loutres géantes ont pris le pouvoir et ont réduit en esclavage les humains, les utilisant comme jouets sexuels lors de cérémonies sacrificielles terrifiantes"ça commence à devenir un peu tout et n'importe quoi (Ok le dernier résumé est inventé mais je pense que je tiens quelque chose). Aujourd'hui donc, le postulat est le suivant : "A la suite d'une maladie mondiale, les bébés naissent désormais hermaphrodites et ne doivent choisir leur sexe qu'à seize ans."

Ouais. Autant vous dire que lorsque j'ai vu atterrir Les porteurs dans mes services de presse j'ai fait un peu la tronche tellement le sujet ne m'inspirait guère. Outre que je trouvais le monde créé des plus irréalistes, je craignais bien évidemment un discours sur la théorie du genre. Et, comme vous l'avez sans doute déjà noté, s'il y a bien une chose que je ne supporte pas, ce sont les cours d'éducation civique quand je lis un roman, que ce soit pour m'expliquer qu'un papa et une maman c'est mieux ou qu'il faut lutter contre le système corrompu d'une société machiste et carniste qui fait la part belle aux mâles dominants. J'en profite pour lancer un nouvel appel, cette fois aux éducateurs/profs de tout crin qui viennent dans mon rayon adolescent et qui s'indignent parce qu'aucun auteur n'a écrit de romans sur la faim dans le monde, la guerre, l'avortement, l'adoption ou le mode de vie de la loutre dans son habitat naturel. J'ai un scoop pour vous : les auteurs, les bons j'entends, n'écrivent pas parce qu'ils sont mandatés par l'Education Nationale. Ils n'ont pas de quotas à remplir et ils écrivent sur ce qu'ils veulent tout comme les auteurs de littérature. Je ne dis pas qu'ils n'ont pas à aborder de sujets de société mais s'ils le font, ils le font parce que le sujet leur tient à coeur et non pas pour servir de support à votre bien-pensance ou à votre vision de monde. En bref, foutez-leur la paix.

Ceci étant revenons à notre dystopie du jour et penchons-nous sur le cas de trois adolescents, Matt, Gaëlle et Flo qui ont bientôt seize ans et qui, si vous avez bien suivi, doivent choisir leur sexe. Gaëlle c'est sûr, elle veut être une fille et comme Matt est son petit ami, il pense devenir un homme. Flo hésite encore, pas facile de se décider. Mais pour Matt, les choses tournent au drame lorsqu'un courrier l'informe qu'il est atteint d'une maladie génétique rare qui l'oblige à rester neutre jusqu'à ses trente ans. C'est un porteur. D'abord effondré, Matt cherche par la suite à comprendre sa maladie et ne tarde pas à se rendre compte que sa déficience cache quelque chose, un complot orchestré par l'état et le ministère de la Santé...

C'est pas vraiment bien fichu loin de là. En terme de génétique je soupçonne l'auteur d'être aussi calé que moi ce qui un peu délicat quand l'ouvrage est entièrement basé sur le sujet. Je passerai charitablement sous silence les scènes d'amour qui sont d'un ridicule achevé et l'écriture hésitante. C'est un premier roman et ça se voit clairement. Néanmoins, il y a quelque chose là-dedans : déjà ce que j'ai apprécié le plus ce sont les personnages qui sont beaucoup plus subtils que ce qu'on aurait pu penser. La mère du héros paraissait caractérielle elle se révèle pleine de ressources alors que le père dynamique et sportif a bien du mal à faire front à la maladie de son fils. La légère Gaëlle est un appui précieux tout en étant animée par des motivations égoïstes et Matt se découvre de page en page. Ainsi tous ces protagonistes se révèlent curieusement réalistes au milieu d'un monde qui ne l'est aucunement. Et si l'intrigue est mal menée, avec rebondissements sortis d'on ne sait où et personnages secondaires dont on ne voit pas encore l'intérêt qui surgissent et disparaissent de nulle part, reste que je suis venue à bout sans trop de mal de ce premier tome de ce qui sera une trilogie. Avec toutes les casseroles que ce livre traîne, ça donne à réfléchir... En résumé c'est un ratage mais un ratage intéressant et prometteur. J'irais même voir ce que donne le second volume c'est dire.

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