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26 mars 2017 7 26 /03 /mars /2017 12:02

L02.jpg
Rage

Orianne Charpentier

éditions Gallimard Jeunesse

2017

 

Son nom d'avant, personne ne le connaît plus. Désormais elle s'appelle Rage, du surnom que lui donne son amie. Rage est une jeune fille fragile, paumée, alternant crises de colères et crises de panique. Réfugiée en France, elle vient d'un pays qui n'est pas nommé, mais marqué par la violence et la guerre. Rage a perdu là-bas toute sa famille et tous ses repères : isolée elle ne fait plus confiance (et encore) qu'à sa colocataire, la gentille Artémis, elle aussi réfugiée. Jusqu'à ce soir décisif où, embarquée de force à une fête chez un inconnu, elle tombe nez-à-nez avec un chien poursuivi par des hommes. Il semble terrifié et maltraité et dans ses yeux Rage y lit sa propre souffrance : sans même en prendre conscience elle décide le prendre sous son aile et, en l'espace d'une nuit décisive, va réapprendre à aimer et à faire confiance.

Ce court roman ado n'est pas vraiment un coup de coeur. Je trouve ça un peu facile au niveau du style : des phrases très courtes, des descriptions brèves et chocs, un abus manifeste des pronoms personnels... Une écriture qu'il me semble avoir déjà vu des dizaines de fois, efficace certes mais pas franchement audacieuse. Le début m'a ennuyée. En revanche, dès le moment où Rage croise le chien, l'histoire prend un tour plus intéressant, établissant un parallèle entre ce pelé mal en point et hargneux et la jeune réfugiée. Chacun blessé à sa manière va pouvoir se guérir au contact de l'autre le temps d'une nuit où, pour sauver l'animal, Rage va être également amenée à devoir s'appuyer de nouveau sur ses semblables. C'est touchant, émouvant, s'approchant à la limite du pathos sans jamais y tomber cependant. Un petit roman ado sans originalité mais agréable qui revisite le thème de l'apprivoisement.

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12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 13:24

L02.jpgNos coeurs en désaccord

Krystal Sutherland

éditions Pocket Jeunesse

2016

 

Je n'étais vraiment pas disposée à aimer ce livre. Il faut dire que le quatrième de couverture ne donnait pas du tout envie : l'histoire d'un adolescent , Henry Page, qui n'a jamais été amoureux et qui tombe sous le charme de Grace, une nouvelle venue dans sa classe. Bien évidemment, Grace n'est pas une fille comme les autres, elle n'est pas spécialement belle, pas spécialement propre, elle marche avec une canne et elle s'habille avec des vêtements de garçon trop grands pour elle. Bien évidemment, elle va se retrouver à collaborer avec Henry pour le journal du lycée. Bien évidemment elle est plutôt cynique alors que Henry est somme toute assez fleur bleue car il est persuadé que, tout comme ses parents, la première personne qu'il aimera sera la femme de sa vie. Bien évidemment il a deux meilleurs amis, Murray, un play-boy australien (si le héros avait été une fille, il aurait été gay) et Lola, une belle lesbienne (si le héros avait été une fille, elle aurait été la copine super populaire) Bien évidemment, Grace cache un lourd secret...

Mais, peu à peu, au fil de la lecture, les clichés s'estompent : notre couple phare se révèle vite bancal et l'histoire d'amour vire un peu au glauque, entachée par les secrets et les non-dits. Elle prend paradoxalement plus de profondeur et donne plus d'étoffe aux deux personnages. Si les nombreuses références à Fight Club ou Harry Potter peuvent agacer, je salue la justesse et le réalisme des dialogues. De plus, sans vouloir trop en dévoiler, l'intrigue part là où on ne l'attendait pas et réserve un final surprenant, doux-amer, dans lequel chacun des personnages va acquérir une nouvelle dimension. Un roman déroutant à la fois drôle et triste qui rappelle aux adolescents et aux autres que, contrairement à ce que l'on pourrait croire, l'amour ne suffit pas toujours.

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 17:50

L01.jpgLa Faucheuse tome 1 : futur parfait

Neale Shusterman

éditions Robert Laffont

 

C'est un monde débarrassé des guerres et des gouvernements corrompus. Un monde dirigé par une intelligence artificielle ultime qui a vaincu la vieillesse et même la mort. Un monde parfait en somme si ce n'est que le Thunderhead (l'intelligence surpuissante) n'a pas encore réussi à trouver le moyen d'explorer l'espace pour coloniser d'autres planètes. Du coup la Terre serait en surpopulation si une caste n'avait pas été créée, celle des Faucheurs. Les Faucheurs ont pour tâche de "glaner" leurs semblables, c'est-à-dire de les tuer définitivement. Des quotas leur sont imposés mais leurs choix restent libres et ils sont en-dehors du système et n'obéissent à aucune loi à l'exception des leurs. Citra et Rowan, deux adolescents, sont choisis par maître Farraday, un faucheur taciturne, pour devenir apprentis. L'occasion pour eux de découvrir qu'une nouvelle école de faucheurs, exaltée et dangereuse, est sur le point de corrompre la caste toute entière.

C'est une très bonne dystopie pour adolescents. Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas été autant immergée dans une histoire qui mêle univers futuriste et intrigues de "cour" : la caste des Faucheurs s'apparente en effet un peu à une aristocratie, ils sont au-dessus même du Thunderhead et apparaissent quasi comme des dieux aux yeux de leurs semblables. Il est intéressant de ce fait de suivre le cheminement de Citra et Rowan qui vont se retrouver confrontés à l'attrait de ce nouveau statut. La "morale" de l'histoire me semble plus ambigüe car en faisant d'une intelligence artificielle le gardien de ce monde parfait, l'auteur semble suggérer que le salut et la paix ne peuvent pas venir de l'être humain, naturellement corruptible. C'est une idée qui me dérange un peu. Pour revenir à un aspect plus technique, si le style de La Faucheuse est fluide, certains rebondissements sont prévisibles et le monde paraît parfois un peu irréaliste sur certains détails. En revanche, l'auteur a la bonne idée de suggérer plutôt que de montrer une histoire d'amour entre nos deux héros et s'abstient d'un récit à la première personne. Rien que pour ça il a toutes mes faveurs. Ajoutez à cela un bon sens du suspens et un dénouement pour le coup inattendu, et l'on obtient un roman somme toute captivant. Il sort quand le deuxième tome ?

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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 15:36

L01.jpgFlora Banks

Emily Barr

éditions Casterman

 

Un souvenir, un seul : c'est tout ce que Flora a de la période qui s'étend de ses dix à ses dix-sept ans. En effet, une opération quand elle était petite fille a provoqué chez elle une amnésie antérograde : toutes les deux heures elle oublie ce qui vient de lui arriver et redevient une enfant perdue dont le cerveau s'est brusquement détraqué. Aussi elle chérit d'autant plus ce souvenir d'un baiser sur la plage avec un garçon, Drake, après une fête. Flora aime Drake, c'est écrit sur son bras pour ne pas qu'elle l'oublie, et est persuadée que s'il lui a donné un souvenir, il peut lui rendre la mémoire. Aussi, peu importe qu'il soit déjà le petit ami de sa copine Paige ou qu'il parte à Spitzberg, dans le Nord, Flora est prête à tout pour le retrouver. Après un échange de mails et profitant d'une absence mystérieuse de ses parents et de la découverte d'un passeport valide, elle se munit d'argent, de son carnet et part à l'aventure, écrivant sur ses bras pour se rappeler le but ultime de son voyage.

C'est un roman très étrange, avec une écriture parfaitement maîtrisée, qui met en scène une narratrice toujours perdue dans un monde inconnu. Cela donne au récit une tonalité bien particulière, basée sur la répétition et une atmosphère angoissante, quasi-étouffante, notamment dans la toute première partie du récit lorsque Flora est chez ses parents, seule. A travers les yeux de Flora, tout comme elle, nous tâtonnons à l'aveugle pour trouver un sens à ce qui lui arrive, conscients tout comme elle que quelque chose nous échappe mais quoi ? Le suspens ainsi que les péripéties de notre voyageuse atypique font de Flora Banks un roman adolescent intéressant, d'autant plus qu'il ne cède pas aux clichés du genre, une belle histoire d'amour entre une jeune fille "infirme" et un jeune homme qui va lui redonner le goût de vivre. Bien au contraire, Emily Barr s'amuse de ces clichés et les démonte dans un final aussi inattendu que rafraîchissant. Si certains détails peuvent paraître un tantinet irréaliste et que les bons sentiments sont parfois un peu trop présents, notamment sur la fin, je salue malgré tout un livre original que pour le coup je ne risque pas d'oublier.

 

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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 11:05

Pax etL04.jpg le petit soldat

Sara Pennypacker

éditions Gallimard Jeunesse

 

Et on recommence ce blog en parlant d'un livre pour les petits ! Enfin, petits, disons que c'est pour les pré-ados, dix douze ans. Il s'agit de Pax et le petit soldat. C'est l'histoire d'un petit garçon, Peter qui, après la mort de sa mère, a recueilli un renardeau qu'il a élevé et qui est totalement apprivoisé. Seulement voilà : une guerre se prépare et le père de Peter le contraint à abandonner l'animal tandis qu'il envoie vivre son fils à cinq cent kilomètres de là, chez son grand-père. Arrivé chez ce dernier cependant, Peter se rebelle et décide de s'enfuir pour retrouver son compagnon. Pendant ce temps le renard, Pax, attend son maître et fait l'expérience de la vie avec ses semblables dans une zone dévastée par une guerre absurde entre les hommes.

Il ne payait pas de mine ce roman et, à dire vrai, la couverture ne me faisait guère envie (désolée pour l'illustrateur qui, apparemment, est très réputé) mais il s'avère que le contenu est émouvant. Pax et le petit soldat tient du conte initiatique, tout comme Le Petit Prince mais en beaucoup moins gnangan (oh ça va  je vous ai déjà dit que j'aimais pas le Petit Prince) : le cadre spatio-temporel de l'histoire est flou tout comme la guerre évoquée, et les personnages sont volontairement irréalistes : le père dur et belliqueux, Vola la femme rongée par le remords, le grand-père indifférent... Il ne s'agit pas là pour le coup d'une succession de clichés mais d'une volonté de l'auteur de situer son récit dans la fable, une fable qui sanctionne la guerre, ses horreurs et ses absurdités, sauf que pour le coup, ce sont les hommes les animaux alors que les animaux au contraire, que ce soit Pax qui attend son maître ou Hérissée qui protège farouchement son petit frère, font preuve d'empathie et de tendresse.  Pax et le petit soldat est aussi et surtout une très belle histoire d'amitié et de confiance entre un garçon et son renard. Pour Pax Peter va réaliser l'impossible et sa quête pour le retrouver va lui permettre de comprendre bien des choses... Enfin, le dénouement, émouvant et déchirant, rappelle que, parfois, la plus preuve d'amour est de laisser partir.

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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 14:48

L02.jpg Le Club de la Pluie et les forbans de la nuit

Malika Ferdjoukh

éditions Ecole des Loisirs

2016

 

C'est un week-end prolongé à Saint Malo et Milo, Rose, Ambroise et Nadget, élèves à l'internat des Pierres-Noires et amis ayant fondé un club secret, le Club de la Pluie, profitent des jours fériés du moi de mai pour explorer la ville et la plage. Au hasard de leurs pérégrinations, ils tombent sur un mystérieuse grotte dissimulée par un rocher. Quelques temps plus tard, ils découvrent une nouvelle boutique de dégriffe dont les propriétaires sont pour le moins étranges. Voilà peut-être une nouvelle affaire pour le Club de la Pluie.

Ben oui une nouvelle affaire : ce livre est en fait déjà le troisième tome d'une série pour enfants. Ceci dit, pas d'inquiétude : l'histoire peut se lire indépendamment des autres, chaque ouvrage donnant lieu à une nouvelle aventure. Destiné à un lectorat de pré-ados, Le Club de la Pluie et les forbans de la nuit a un petit air de Club des cinq un peu plus moderne sans tomber cependant dans le trop moderne. Malika Ferdjoukh est un auteur que j'aime bien car elle ne se soucie pas de pondre une morale ou de s'adapter à son lectorat, se contentant de décrire des personnages attachants, des enfants téméraires mais pas sans faiblesses, débrouillards mais conscients malgré tout qu'ils ne font pas le poids face à un monde d'adultes. L'intrigue est bien menée, les dialogues sont réussis, le final inattendu. C'est un jour à marquer d'une pierre blanche : j'ai aimé un livre de L'Ecole des Loisirs !

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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 12:15

L02.jpg Les pluies

Vincent Villeminot

éditions Fleurus

2016

 

Et encore un livre de Villeminot cette année ! Cet homme ne s'arrête donc jamais d'écrire ?! Cette fois il renoue avec le genre fantastique/ anticipation dans la veine de U4 en nous racontant l'histoire de Lou et Kosh, deux ados qui s'aiment. Mais voilà, cela fait des mois que la pluie tombe de façon continue, faisant monter le niveau des eaux de façon plus qu'inquiétante. La Terre est-elle le jouet d'un nouveau Déluge ? Lorsque le village est évacué, Kosh et Lou, devenus par la force des choses chefs de famille de leur fratrie respective, décident de partir ensemble et de survivre face à ce qui ressemble fort à la fin du monde...

Des trois romans de l'auteur que j'ai lu cette année, Les Pluies est sans doute le meilleur. Ce que j'ai le plus apprécié dans l'ouvrage c'est l'ambiance apocalyptique avec cette pluie qui n'en finit pas de tomber, engloutissant le monde que nous connaissons pour laisser place à un nouveau monde terrifiant. Certaines scènes sont très dures dans leurs descriptions et le premier quart du livre tient en haleine. Hélas le rythme se relâche un peu et le reste du roman est plus convenu. Mon plus gros souci reste cependant dans les personnages : au risque de paraître méchante, je trouve que Vincent Villeminot ne sait pas camper des portraits d'ados crédibles. Kosh apparaît comme le grand frère idéal, prêt à tout pour sauver ceux qu'il aime et irréaliste au possible tandis que Lou est inconsistante. Pour couronner le tout l'histoire d'amour est un peu ridicule et donne lieu à des scènes niaises, le pompon étant tout de même les lettres que Kosh écrit à Lou et dont le style, aussi mûr soit le jeune homme, n'est absolument pas celui d'un adolescent. Je suis un peu dure certes je le reconnais mais à dire vrai je trouve toujours les ouvrages de Villeminot frustrants, comme s'il était tiraillé entre un univers sombre et torturé et le désir de plaire à un public d'ados boutonneux en surfant sur un registre plus sage et plus vendeur avec pour résultat un livre bâtard qui peut en l'espace de quelques pages passer du très bon au très mauvais et vice-versa. Je me demande s'il ne devrait pas se lancer carrément dans l'écriture de romans adultes, histoire de se libérer de tout carcan. En tous cas, j'espère qu'il va se débarrasser des histoires d'amour.

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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 17:24

L01.jpg Addict

Jeanne Ryan

éditions Robert Laffont

2012

 

Ce n'était d'abord qu'un jeu sans conséquences pour Vee, un défi ridicule à réaliser sur Internet pour le compte d'une émission connue de tous. Un défi uniquement pour se prouver aux autres mais surtout à elle-même qu'elle pouvait être autre chose que la maquilleuse en coulisses, l'ombre de sa meilleure amie Sydney, la si belle et si parfaite Sydney qui tient le premier rôle de la pièce du lycée et qui a tous les garçons à ses pieds. Mais le jeu prend un tour inattendu lorsque le défi de Vee est un succès et qu'elle se voit offrir par les organisateurs d'en faire d'autres, qui plus est avec Ian, un bel équipier. la jeune fille hésite mais les cadeaux qu'on lui propose ainsi que sa cote de popularité la poussent à accepter. Les défis s'enchaînent et deviennent de plus en plus malsains pour être finalement tout simplement dangereux. Mais une fois le jeu lancé, difficile de revenir en arrière.

Addict, qui apparemment a été adapté en salle sous le titre Nerve est un roman ado qui présente plus d'un intérêt. Outre une écriture tout à fait correcte, dénuée de la moindre sensiblerie et d'une intrigue qui tient en haleine le lecteur du début jusqu'à la fin, le récit soulève un certain nombre d'interrogations salutaires : jusqu'où êtes-vous prêts à aller pour de l'argent ? Vous humilier, insulter, mentir, voler, tuer ? L'héroïne n'est ni meilleure ni pire qu'une autre mais, pour accéder à ses rêves elle va être amenée à trahir ses proches et ce qu'elle est elle-même, se justifiant par "C'est juste un jeu." C'est d'autant plus glaçant quand on songe à certaines émissions comme Secret Story ou le principe est au fond exactement le même, augmenter sa cagnotte en réalisant des défis stupides ou humiliants. Dans le livre, le renversement moral à son coût : plus personne n'est digne de confiance et l'héroïne avance elle-même à l'aveugle, ignorant à qui se fier et qui fait partie du jeu ou non. L'action se déroulant essentiellement en soirée renforce le côté anxiogène de Addict qui se lit d'une traite et dont pour le coup je regrette d'avoir raté l'adaptation cinématographique...

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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 13:24

L01.jpg Alive

Scott Siegler

éditions Lumen

2015

 

Elle se réveille dans le noir, seule, terrifiée, se souvenant seulement qu'elle a douze ans et que c'est aujourd'hui le jour de son anniversaire. Elle a oublié tout le reste, son nom, ses parents, ce qu'elle a fait la veille. Après s'être extirpée de ce qui ressemble à un cercueil, elle se retrouve dans une grande pièce avec d'autres cercueils : six sont occupés par des cadavres d'enfants mais cinq occupants sont encore en vie. Tout comme notre héroïne ils croient tous avoir douze ans, mais tout comme elle ils paraissent beaucoup plus âgés. Em, qui s'est rebaptisée ainsi d'après l'initiale trouvé sur son cercueil, prend la tête du petit groupe et tente de sortir de cet endroit qui s'avère vite être un labyrinthe avec des squelettes et des cercueils partout. Comment s'en sortir et comment trouver eau et nourriture ? Et, pour commencer, comment ont-ils atterri ici ?

Roman adolescent qui n'est pas sans faire songer à la série Labyrinthe, Alive est cependant largement supérieur à cette dernière. Le style est bien meilleur et l'intrigue, très resserrée au niveau du temps, garde de ce fait toute son intensité. Le talent de l'auteur est d'avoir aboli tous les repères, qu'ils soient spatio-temporels (les protagonistes évoluent sans aucune notion du temps dans un espace clos, le plus souvent plongé dans le noir) ou moraux (les personnages y compris l'héroïne agissent de façon parfois irrationnelle et/ou mauvaise et la méfiance est la règle de mise) et de créer ainsi un huis-clos angoissant avec une mort omniprésente. Cette tension dramatique s'accompagne d'une foule de questions qui trouveront en grande partie leurs réponses à la fin de l'ouvrage. Pas toutes hein car un second volume vient de sortir. Véritable réussite, je déconseille cependant Alive aux âmes sensibles et aux ados de moins de quinze ans : les descriptions sont parfois effrayantes et l'univers assez anxiogène. Pour les autres... amusez-vous bien !

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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 12:36

L08.jpgLes arpenteurs de rêves t.1

Chimère captive

Mathieu Rivero

éditions Moutons Electriques

2016

 

Il est de ces livres qui ont de supers pouvoirs : ils rallongent le temps et, avec eux, dix pages semblent une éternité. Telle est la nature de l'ouvrage de Mathieu Rivero.

Céleste quitte la France d'outre-mer et Port-au-Riche pour étudier dans une université à Lyon (pas la peine de vous focaliser sur ce détail ceci dit on ne peut pas dire qu'on la voit beaucoup aller en cours). Elle prend une colocation avec deux amis, l'un peintre l'autre on ne sait pas trop, et découvre au bout d'une nuit que ce sont des arpenteurs de rêves, c'est-à-dire des gens qui ont la possibilité de s'immiscer dans les rêves d'autrui. C'est alors que Céleste leur fait une révélation fracassante elle aussi ! Car, tout comme sa mère et sa soeur c'est... une sorcière !

A ce stade j'ai levé les yeux au ciel.

Sachez que dans ce livre tout le monde ou presque a des pouvoirs à l'exception du meilleur ami loser de Céleste qui, du coup, travaille dans une boutique de magie pour en obtenir. Oui oui, une boutique de magie, comme dans Buffy mais en moins rigolo.

Faut-il vraiment vous résumer le reste ? Céleste et ses deux potes décident de visiter le grand songe, c'est-à-dire l'inconscient collectif, s'y retrouvent prisonniers avec des gens à cornes ou des druides, je ne sais plus trop car, à ce stade, j'étais déjà passée à ma technique suprême pour terminer un roman ennuyeux : le lire devant une émission quelconque du coup je peux vous dire en revanche que Gordon Ramsay n'était pas convaincu par les bobards du gérant de l'hôtel.

Bon me direz-vous mais, après tout, un roman ne se résume pas à son intrigue. Beaucoup de chefs d'oeuvres peuvent être réduits à un résumé bancal. Je vous arrête tout de suite : Les Arpenteurs de rêves n'est pas un chef-d'oeuvre. Mathieu Rivero n'écrit pas mal, il fait même parfois de très jolies phrases (certaines descriptions sont assez réussies) mais il n'a de toute évidence pas compris qu'à un moment donné ces phrases devaient se relier entre elles pour former une histoire cohérente, que c'était bien dans un livre d'avoir un peu de relief, une narration un peu dynamique ou des personnages un peu réalistes, toutes ces choses qui manquent à son ouvrage et qui font que les 173 pages de ce roman m'ont paru un obstacle interminable.

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