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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 10:29

L02.jpgLa sélection (tome 1)

Kiera Cass

éditions Robert Laffont

2012

 

Dystopie encore et toujours... Le genre a du succès depuis Hunger Games et c'est encore une fois ce dont nous allons parler aujourd'hui.

Trois cent ans après notre ère. Les Etats-Unis n'existent plus et ont été remplacés par Illéa, une monarchie. Ce nouveau pays est régi par un système de castes et chaque caste a une fonction bien précise au sein de la société. America Singer est une jeune fille appartenant à la caste numéro 5, celle des artistes : c'est aussi une caste défavorisée, ne pouvant compter que sur le soutien de riches mécènes. America ceci dit est heureuse de son sort : elle a une famille aimante et, surtout, elle vit une jolie histoire d'amour secrète avec Aspen, un garçon encore plus pauvre qu'elle. Tout bascule le jour où elle reçoit une invitation à participer à la Sélection : le prince Maxon, héritier du trône, cherche une épouse et, pour ce faire, comme le veut la tradition, il organise une émission de téléréalité visant à trouver sa princesse. Trente-cinq jeunes filles sont donc conviées à venir partager le quotidien de la famille royale et à faire la connaissance du prince dans une compétition filmée et qui ne prendra fin que lorsque Maxon aura trouvé sa promise.

Vous lisez ce résumé et vous retrouvez tous les clichés de la dystopie : le système de classes avec un grand écart entre riches et pauvres, le pays réglementé au possible et, comme dans Hunger Games, l'émission de téléréalité qui perd son caractère de jeu pour acquérir une dimension plutôt malsaine. Ceci dit, contre toute attente, j'ai trouvé La sélection plutôt intéressante. L'écriture est sans intérêt mais l'intrigue est rondement menée et joue sur les attentes de son lectorat, des adolescentes, en revisitant le conte de fées : une jeune fille pauvre a soudain l'opportunité de quitter sa condition, d'endosser de beaux vêtements et de rêver d'être une princesse, le tout sous l'oeil de caméras qui la rendent célèbre. Kiera Cass joue aussi sur le traditionnel triangle amoureux en opposant au bouillant Aspen le réfléchi Maxon. Avec qui America finira-t-elle ? Les similitudes avec Hunger Games sont nombreuses, trop pour que je puisse saluer l'originalité du livre (une émission, une jeune fille courageuse avec une petite soeur aimante, un monde de riches et de pauvres) mais parvient à se distinguer par quelques éléments un peu plus novateurs (l'attaque régulière des rebelles qui semblent chercher quelque chose dans le palais, l'attitude ambigu du prince avec les candidates..) Pour faire bref, c'est de la soupe, mais de la bonne soupe qui donne envie d'en savoir davantage et ça tombe bien : il y a encore deux autres tomes, la sélection n'est pas finie...

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22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 19:50

L02.jpgJournal d'une peste

Virginy L.Sam / Marie-Anne Abesdris

éditions la Martinière

2015

 

Les livres pour enfants se suivent... et se ressemblent parfois un peu trop souvent. Après L'incroyable journal (top secret) de Monsieur Cochon et Le Journal d'un dégonflé, c'est au tour de la Martinière de sortir son Journal d'une peste. L'histoire est celle de Fannette, douze ans, qui se revendique clairement comme une peste et l'assume assez bien : à bas les profs et les devoirs, la petite soeur trop collante, les parents pénibles et ronchons et les premiers de la classe ! Vive son pépé Gaston et les farces qu'il fait à la maison de retraite, vive l'originalité et les échecs...

Bon vous vous en doutez bien, malgré le titre, Fannette n'est pas une peste, juste une collégienne un peu plus turbulente que la moyenne et qui déverse son ras-de-bol des adultes et de la vie en général dans un livre assez drôle il faut le reconnaître. Le point fort de l'ouvrage c'est l'humour un peu caustique, la légèreté du propos et la facilité de lecture, favorisée par de nombreux dessins et schémas. Ses points faibles ? Cette manie de coller des points d'exclamation à toutes les sauces si bien qu'on a l'impression que la narratrice hurle à chaque page, en bonne pré-ado surexcitée, et, surtout son gros manque d'originalité. Il faut le dire, ça ressemble vraiment beaucoup sur le principe au Journal d'un dégonflé mais adapté à de jeunes lectrices. L'ensemble du coup n'est pas désagréable mais laisse une forte impression de déjà-vu. Allez, on pardonne pour cette fois...

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15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 18:58

L02.jpgAgence confettis

t.2 Surprise !

Juliette Saumande

éditions Nathan

2015

 

Oui, je sais, vous allez dire "tome 2 ? Mais je n'ai pas souvenir du tome 1.. Scandale !" En effet, les deux premiers titres de la série Agence confettis sont sortis en même temps et avec mon habileté légendaire j'ai choisi le second volume sur la table. Bon, ceci dit il faut relativiser hein : il s'agit d'une série pour les 8 ans, et si les personnages sont récurrents, les histoires se lisent individuellement donc, pas de panique.

L'agence confettis est un groupe de quatre écoliers, Elliot, Léa, Ninon et Scarlett, spécialisée dans l'organisation des goûters d'anniversaire. Dans cette aventure, nos quatre héros sont mandatés par Candice qui leur demande d'organiser un anniversaire surprise pour sa meilleure amie Ava, malchanceuse invétérée et persuadée qu'elle ne doit pas fêter son anniversaire car il tombe un vendredi 13. A notre agence de lui prouver qu'elle a tort !

Il y a eu récemment un débat sur ce blog tournant autour de la question suivante : si un livre jeunesse ennuie un adulte, peut-il être considéré comme un mauvais roman? Je persiste à croire que non. En effet, il faut bien l'avouer, Agence Confettis ne m'a que moyennement intéressée, les goûters d'anniversaire n'étant plus ma priorité absolue (quoique maintenant que j'y songe, c'est peut être une idée) et le style de l'ouvrage ne me parlant pas forcément (certains mots écrits en gras sur les pages, des points d'exclamation partout, des héroïnes hystériques). Néanmoins, je dois reconnaître que cela peut plaire à un jeune public (des filles essentiellement soyons honnête) et que l'écriture n'a rien de vilain. De plus, la morale est assez sympa puisqu'elle raille les superstitions ou tout du moins met le jeune lecteur en garde contre ces dernières : Ava, persuadée qu'elle est malchanceuse, en oublie du coup de vivre. Enfin, ce que j'ai trouvé assez amusant, c'est le petit plus du livre : messages codés, recette pour fabriquer un attrape-rêve et idée de jeu à faire au goûter. ça m'a rappelée le supplément qu'on avait autrefois dans les "Folio Junior". Si vous aussi, vous vous en souvenez, résignez-vous : vous êtes vieux.

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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 12:57

L02.jpgNos faces cachées

Amy Harmon

éditions Robert Laffont

2013

 

Fern Taylor, petite rouquine sans éclat n'attire guère l'attention autour d'elle au lycée, éclipsée par sa très jolie amie Rita et par son cousin Bailey, myopathe. Bailey malgré son handicap est son meilleur ami et ils partagent tout ensemble. Fern cependant, nourrie aux romans d'amour et en écrivant depuis qu'elle est adolescente, soupire pour le beau Ambrose Young, le meilleur lutteur du lycée. Aussi, lorsque Rita qui a aussi le béguin pour Ambrose lui demande d'écrire une lettre d'amour pour lui, Fern se soumet volontiers à l'exercice.

A dire vrai, en empruntant ce livre, je m'attendais à une niaiserie abyssale. Pour le coup ça a été une bonne surprise. D'une part parce que, oh merveille, l'auteur renonce à la première personne du singulier et ne nous force pas à entrer dans la peau de l'héroïne et, d'autre part, parce que l'histoire ne se contente pas de mettre en scène une énième romance mais joue sur plusieurs thèmes : la maladie, l'amitié, la guerre, le poids des apparences... Disons que pour un roman ado, il a de l'ambition et pas mal de profondeur. De plus, l'intrigue amoureuse n'est pas totalement irréaliste : si Ambrose prend très vite conscience de l'amour que lui porte Fern, il n'y réagit pas immédiatement, un peu honteux d'avoir l'admiration du vilain petit canard du lycée. Il lui faudra partir de la ville et vivre des événements décisifs pour changer d'avis sur elle.

Bien entendu, le livre souffre de certains défauts : un patriotisme typiquement américain (Ambrose devient soldat après les attentats du 11 septembre et part en Irak où il ne remet jamais en question cette guerre), une morale un peu simpliste (ce qui compte c'est le beauté intérieure) et enfin un soupçon de manichéisme. Tous ces défauts sont rachetés par le très touchant personnage de Bailey et par une narration qui, sans éviter le sentimentalisme, ne s'y roule pas trop dedans. Nos faces cachées est à l'image de son héroïne : c'est un livre un peu boiteux, très agaçant par moments quand il devient trop sucré mais qui, de par sa fraîcheur et sa naïveté, reste néanmoins émouvant.

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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 18:05

L02.jpgLa quête des livres-monde

t.1 Le livre des âmes

Carina Rozenfeld

éditions l'Atalante Jeunesse

2012

 

Depuis maintenant un certain nombre d'années je participe aux Imaginales à Epinal, un festival de littérature de l'imaginaire. Et depuis un certain nombre d'années je vois passer cette petite dame qui y participe depuis au moins aussi longtemps sinon plus que moi, un auteur pour la jeunesse très gentille qui, contrairement à beaucoup d'autres écrivains sur ce genre de manifestations, se montre toujours très agréable avec les libraires. Cet auteur, c'est Carina Rozenfeld, l'auteur de la série La quête des livres-monde dont nous allons parler aujourd'hui.

Zec (de son vrai prénom Ezéchiel) vit une adolescence des plus normales. Il traîne avec son meilleur ami Louis, il se meurt d'amour pour la belle et inaccessible Léa et il tient un blog dans lequel il raconte ses petits malheurs quotidiens notamment sa peur de ne pas passer en première S et de ne pas pouvoir devenir pilote de ligne, son rêve ultime. Tout va donc plutôt bien pour lui jusqu'au jour où, après une nuit de souffrance, il se retrouve avec des ailes dans le dos. C'est un choc pour lui et encore plus lorsqu'il découvre qu'il vient d'une autre planète, Chébérith. Chébérith a sombré dans le néant à cause de l'Avaleur de Mondes et seul Zec peut la ressusciter. Pour cela il doit remettre la main sur les Livres-Monde, trois livres qui permettront à son monde d'origine de renaître de ses cendres.

J'avais une appréhension en ouvrant ce roman car il m'aurait été difficile de critiquer un livre alors que l'auteur m'est sympathique. Le dilemme m'est évitée, j'ai bien aimé le premier tome de cette trilogie qui revisite le thème de Superman, les collants ridicules en moins. Le personnage de Zec est intéressant : c'est un adolescent assez réaliste qui s'exprime de façon normale et a des réactions adaptées. Il ne bondit pas de joie quand il se découvre des ailes dans le dos puis par la suite il apprend à s'accepter, il commet des imprudences, il fait des erreurs... bref il n'agit pas comme 90% des adolescents de romans qui se découvrent de supers-pouvoirs. De plus, Le livre des âmes démarre rapidement, l'intrigue progresse vite si bien que le lecteur est rapidement happé par une histoire parfois un peu tirée par les cheveux mais plutôt intéressante avec quelques moments très poétiques : les ultimes survivants de Chébérith qui perdent peu à peu la mémoire, Zec volant pour la première fois... Malgré quelques maladresses dans le style, ce premier tome se lit donc rapidement et le second volume est déjà commandé. Affaire à suivre...

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8 avril 2015 3 08 /04 /avril /2015 19:38

L05.jpgLe choix de Bérénice

Fabien Clavel

éditions Rageot

2015

 

Le principe de la collection est simple : il s'agit d'adapter un classique de la littérature d'amour à notre époque. Ma collègue était enthousiaste et j'avoue que j'étais assez séduite également. N'est-ce pas un moyen de redonner goût à des oeuvres classiques aux adolescents en leur proposant une histoire dans l'air du temps qui leur donnera envie peut-être par la suite de découvrir l'histoire d'amour originale ? Et après, j'ai vu le titre de la collection et j'ai déchanté : "In love". Oui je suppose qu'en français, ça faisait pas assez dans le coup. Je ne parle même pas de la couverture du Choix de Bérénice représentant deux mains formant un petit coeur. Il ne manque plus que le "lol" dans un coin tiens.

Mais de quoi parle donc Le choix de Bérénice justement ? Et bien le livre est une adaptation de la célèbre pièce de Racine, revisité à la sauce contemporaine. Et quand on parle de revisite, là il s'agit plus d'un massacre, vous savez comme lors d'un télé-crochet où un candidat braille du Brel avec des effets de voix et que vous n'avez plus qu'une envie c'est de lui arracher la gorge avec des tenailles rougies à blanc. Petit rappel pour ceux qui ne connaissent pas Bérénice. Bérénice raconte l'histoire de Titus, empereur romain amoureux fou de la belle Bérénice qui lui rend cet amour et qui, pour lui, a quitté sa Palestine natale. Mais les conseillers de Titus s'opposent à leur union et somment le héros de choisir entre Rome et Bérénice. Désespéré Titus fait le choix de la "raison" et demande à Bérénice de partir par le biais d'Antiochus, également amoureux de la belle. Tous les trois vivent mais finissent malheureux chacun de leur côté.

Voilà pour la version "originale". Passons maintenant à l'adaptation de Clavel voulez-vous ? Ce dernier fait le choix de raconter l'histoire par le biais d'Arslan (alias Antiochus) J'avoue que j'ai un peu tiqué mais en y réfléchissant, pourquoi pas ? Même si Bérénice et Titus sont les personnages principaux de la pièce de Racine, le triangle amoureux qu'ils forment avec Antiochus existe bel et bien et ça peut être un parti pris. Là où je suis moins d'accord, c'est quand Clavel crée un nouveau triangle en faisant du confident d'Arslan, Aydin, son amoureux secret ! Oui mais là excusez-moi, ça sent bon le "je veux caser une histoire d'amour homosexuel pour faire plus moderne et du coup j'en invente une comme ça pif pouf". Et comme Clavel n'en a jamais assez de l'amour, il y a encore une amoureuse malheureuse, Beverley, amoureuse de Arslan. Tout le monde aime Arslan en fait. Mais lui Arslan il aime Bérénice, israélienne (à mon avis faire d'elle une palestinienne musulmane était beaucoup plus intéressant mais bon) qui elle aime Titus, un séduisant américain aux cheveux blonds. Le Titus de Racine était un homme de guerre, Clavel fait du sien un sportif (oui je sais) appelé à reprendre la multinationale de son père à sa mort. Titus est aussi amoureux de Bérénice, mais son père, trahie par son épouse égyptienne (un peuple fourbe je le savais) se refuse à ce que son fils convole avec une étrangère. Du coup, Titus se voit sommer de choisir entre l'entreprise de son père et un mariage avec Bérénice. Et comme dans la pièce de Racine il ne choisit pas la belle.

J'avoue, c'était difficile d'adapter la pièce : déjà parce que dans la pièce il ne se passe rien, donc en faire un roman pour ados c'était déjà délicat. D'autre part, parce que nous vivons à l'époque où renoncer à l'amour au nom de la raison d'Etat paraît un peu démodé. Le Titus de Clavel a beau hériter d'un empire financier, on ne voit pas bien pourquoi il se laisse aussi facilement influencer dans ses choix. ça paraît même un peu ridicule : "Tiens Titus renonce à l'amour de ta vie au lieu de nous envoyer paître et de nous intenter un procès qui te rapportera sans doute beaucoup." L'intrigue était donc casse-gueule à la base mais l'auteur prend un malin plaisir à s'enfoncer davantage dans la médiocrité en réduisant les sublimes élans des personnages de Racine à des geignements d'ados en proie aux hormones. Quatre formes d'amour et pas une de crédible : Bérénice flashe sur Titus dès qu'elle le voit sortir de l'eau en mode surfeur, Arslan se morfond pour Bérénice alors qu'il la connaît à peine (oh mais oui Bérénice, je t'ai vue deux fois en un an, bien entendu que je vais tout quitter pour t'accompagner aux Etats-Unis histoire de te tenir la chandelle pendant que tu roucoules avec Titus) et Aydin lance des sous-entendus mystérieux à Arslan "Ne t'inquiète pas, je comprends PARFAITEMENT (clin d'oeil) ce que tu ressens pour Bérénice." Chez Clavel l'amour c'est magique, ça survient comme ça pif pouf et ça repart aussi sec d'ailleurs : rassurez-vous bonnes gens, Arslan finit heureux avec Bérénice, l'auteurw ayant manifestement oublié que le principe d'une tragédie c'est de finir mal. Ce n'était peut-être pas assez moderne, l'amour malheureux et tout le reste, Bérénice a dû lire beaucoup de bouquins de développement personnel et comprendre que sa relation avec Titus était destructrice. C'est beau tiens.

Vous voulez pour finir qu'on parle vraiment du style ? Des dialogues artificiels au possible coupées de descriptions aussi inutiles que mièvres ? De l'action qui peut s'étaler sur une journée puis ensuite passe gaiement trois ans ? Des répétitions et du vocabulaire faussement branché ? Je crois qu'il vaut mieux ne pas en rajouter. Ceci dit le but du livre est atteint : après la lecture du Choix de Bérénice, je n'ai plus qu'une envie, c'est de relire la pièce de Racine histoire d'oublier cette adaptation.

Allez je vous laisse, je prépare le prochain roman pour la collection "In love" :

" Ashley timide terminale adepte d'échecs aime en silence Scarlett, la pom-pom girl du lycée. Mais leur amour est impossible car tous les deux sont en couple : Ashley sort avec Mélanie, une fille dévote qui refuse de coucher avec lui avant le mariage tandis que Scarlett fréquente Rhett, le capitaine de l'équipe, un jeune homme violent qui boit des bières avec ses copains et qui la bat. De guerre lasse, Scarlett demande conseil à Mama, leur prof de maths transsexuelle et secrètement amoureuse d'Ashley également."

Je pense que Rageot va adorer.

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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 19:49

L02.jpgBroadway Limited

t.1 Un dîner avec Cary Grant

Malika Ferdjoukh

éditions Ecole des Loisirs

2015

 

1946 : Jocelyn Brouillard, jeune parisien, débarque à New York dans la pension Giboulée, fort de sa bourse d'études et de la recommandation de son oncle. Le problème c'est que la pension Giboulée n'accepte que les filles : un bocal de soupe d'asperges et de solides talents de musicien persuadent cependant l'acariâtre propriétaire du lieu d'accepter notre petit français. Jocelyn emménage donc au sous-sol et fait la connaissance de ses petites camarades : il y a la pétillante Page, la frivole Chic, la réservée Manhattan, la solitaire Hadley... Toutes sont danseuses ou apprenties comédiennes et rêvent de gloire... ou d'autre chose. Peu à peu le lecteur en apprend davantage sur chacune d'elles et découvre leurs secrets et leurs espoirs.

De Ferdjoukh, je ne connaissais que la série Quatre soeurs qui m'avait laissée un souvenir assez agréable. Broadway Limited me laisse le même genre d'impressions. Il s'agit d'un roman ado plutôt bien écrit et courageux car traiter d'un sujet pareil (New York d'après-guerre) est loin d'être évident. De fait, j'ai bien peur que le livre attire plus les parents que les enfants : on y parle de Marlon Brando et de Clark Gable, des comédies musicales de Fred Astaire et de la guerre froide. Le contenu peut paraître un tantinet austère mais est contrebalancé par des personnages dynamiques et attachants et des descriptions souvent drôles de la vie artistique new-yorkaise. On y croise des jeunes premiers en mal de reconnaissance, des divas capricieuses, des héroïnes rêvant d'être des stars mais auditionnant pour des publicités de soupes, des étudiants désargentés qui sortent écouter du jazz... Le seul point faible du livre, c'est probablement sa multitude de personnages... Entre toutes les filles de la pension et leurs connaissances, Jocelyn et ses amis, les collègues et les rencontres des uns et des autres, le lecteur se retrouve parfois un peu perdu, d'autant plus que le récit oscille sans cesse entre les différents héros, exception faite de ce joli passage sous forme de souvenir, le chapitre consacré à la rencontre que fit Hadley un jour dans un train nommé Broadway Limited et qui s'attache exclusivement à la jeune fille. Néanmoins le livre malgré son épaisseur se lit très rapidement même s'il s'adresse sans aucun doute à de bonnes lectrices désireuses de faire un petit saut dans le temps.

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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 17:51

L02.jpgAfterworlds

Scott Westerfeld

Pocket Jeunesse

2014

 

Darcy est une jeune fille qui renonce à l'université pour monter à New York et devenir écrivain, Lizzie est une jeune fille qui, survivant à un attentat terroriste, fait une expérience de mort imminente et se retrouve plongée dans un état entre la vie et la mort. Elle y fait la connaissance de Yamaraj, un dieu de la Mort et devient comme ce dernier capable de passer d'un monde à un autre et de voir les fantômes. Darcy fait ses premiers pas d'auteur, travaille sur son livre, mange des nouilles et tombe amoureuse d'une autre écrivain, Imogène tout en essayant de respecter le budget fixé par sa petite soeur. Lizzie, elle, essaie de surmonter le choc de l'attentat, fait la connaissance de Mindy, l'amie fantôme de sa mère et s'éprend de Yamaraj... A priori rien en commun avec ces deux héroïnes si ce n'est tout : Lizzie est la création de Darcy.

Afterworlds, oeuvre de l'auteur entre autres de la série Uglies, est un ouvrage assez déconcertant à plus d'un titre. Niveau écriture, rien à dire : Westerfeld a un style des plus agréables : son point fort ce sont ses descriptions toujours justes et sa capacité à construire en quelques mots tout une ambiance. Le premier chapitre  sur Lizzie retraçant l'attaque de l'aéroport est une réussite totale dans ce domaine, à la fois glaçant et plein de suspens. Là où je suis moins convaincue, c'est par ce parti pris d'avoir voulu faire cohabiter deux histoires, celles de l'auteur et de son héroïne dans un seul roman. La mise en abyme n'est pas inintéressante mais échoue : rien ne lie vraiment Lizzie et Darcy si ce n'est leurs prénoms austeniens. L'auteur a la mauvaise idée de commencer par parler de Darcy, ruinant d'entrée de jeu tout suspens : on sait immédiatement que Lizzie n'est qu'un personnage fictif et son aventure perd beaucoup de sa force. De plus, les deux récits ne sont jamais liés l'un à l'autre : quand Darcy emménage à New-York, elle a déjà écrit Afterworlds, l'histoire de Lizzie, et ne fait que de la réécriture. Nous ne la voyons jamais sérieusement s'investir dans son roman, et n'est jamais "connectée" avec son héroïne qui de son côté n'agit jamais comme un personnage de fiction (il aurait pu être amusant par exemple d'intégrer les scènes écrites mais jugées trop kitsch par l'éditeur, de faire adopter des comportements différents à Lizzie en fonction de l'humeur de son auteur) Une seule scène permet de saisir leur lien c'est lorsque Darcy réalise qu'elle a écrit son roman suite à un malentendu. Mais au final, nous nous retrouvons avec deux intrigues bien distinctes. D'un côté nous avons une histoire fantastique pour ados dans la veine du moment : surnaturel, amour entre une humaine et un immortel, fantômes et vengeance, de l'autre un roman d'apprentissage et une réflexion sur l'écriture. Certains plébisciteront l'histoire de Darcy, d'autres celles de Lizzie. Pour ma part je trouve que les deux ont leurs mérites : les descriptions sont plus précises dans celle de Lizzie, le personnage plus intéressant mais l'intrigue est peu originale. A l'inverse, le récit mettant en scène Darcy s'articule autour d'une réflexion plus sérieuse sur l'écriture, souvent sur le ton de l'humour, et sur un apprentissage de la vie d'adulte pas toujours évident. C'est moins couru, plus poussé mais là encore Westerfeld n'évite pas les clichés : l'histoire d'amour est sirupeuse et le monde éditorial new-yorkais est présenté comme une gentille famille bisounours toujours prêt à soutenir l'écrivain en herbe et à converser littérature. Les deux pour moi méritaient donc un roman mais je regrette le manque de lien entre les histoires et si suite il y a, j'espère que Westerfeld parviendra à redonner une unité à deux protagonistes pour l'instant à mille kilomètres l'une de l'autre.

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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 10:50

L'incroyable journal (top secret) de monsieur Cochon

Emer Stamp

éditions Seuil Jeunesse

2013

 

Je ne sais si vous vous souvenez du Journal d'un dégonflé, roman pour la jeunesse mettant en scène Greg, un sympathique cancre qui tenait un carnet de bord de ses mésaventures, le tout abondamment illustré. La recette connaît un franc succès, ce qui explique probablement pourquoi les éditions Seuil poursuivent aujourd'hui sur leur lancée avec L'incroyable journal (top secret) de monsieur Cochon. Même principe : un journal intime avec des illustrations rigolotes, mais tenu cette fois... par un cochon. Monsieur Cochon est en effet un cochon très heureux qui vit dans une ferme avec son ami monsieur Canard, les méchants poulets, le fermier et la fermière qui lui donnent plein de bonnes choses à manger... C'est le paradis pour le cochon jusqu'au jour où Canard lui apprend que les fermiers ont l'intention de le manger.

Inutile de dire que le roman a un fort air de "déjà vu", nous venons d'en parler. Honnêtement, ce n'est pas ce qui me gêne le plus dans ce récit pour pré-ados. C'est surtout que ce n'est pas très très drôle, en tous cas que ce n'est pas très drôle passé douze ans : les blagues tournent essentiellement autour de pets et de crottin, le cochon s'exprime comme un demeuré (normal me direz-vous, c'est un cochon) et les gags sont franchement lourdingues. Je dois avoir passé l'âge (c'est rassurant me direz-vous) pour apprécier un ouvrage qui pourrait cependant plaire à de jeunes lecteurs aimant les animaux et l'humour potache.

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18 janvier 2015 7 18 /01 /janvier /2015 12:21

L02.jpgBroken Soup

Jenny Valentine

éditions Ecole des Loisirs

2008

 

Depuis deux ans, la vie de Rowan a viré au cauchemar : son grand frère Jack est mort, ses parents se sont séparés, et sa mère est devenue tellement dépressive qu'elle n'est plus capable de s'occuper d'elle et de sa petite soeur Stroma. A Rowan de gérer le quotidien en faisant face à son propre chagrin et au souvenir de son frère qui hante la maison. Mais un jour, un événement étrange se produit : un inconnu lui tend un négatif d'une photographie qu'elle aurait laissé tomber. Sauf que cette photo, Rowan ne l'a jamais vue, même si elle ne tarde pas à se rendre compte que le visage dessus lui est familier.

Comment retrouver le goût de la vie après la perte d'un être aimé ? Comment se débarrasser d'un fantôme sans pour autant l'oublier ? Broken Soup est avant tout un très joli roman sur le deuil et la manière de le gérer : il y a Rowan qui essaie de faire front en conservant dans son esprit les bons comme les mauvais côtés de son frère et qui gère le quotidien comme elle peut, et il y a sa mère qui s'enfonce dans la dépression et qui chérit un enfant idéalisé qui n'a jamais existé en oubliant de vivre. Là où Jenny Valentine est assez subtile, c'est lorsqu'elle met en avant les failles des deux méthodes : si la mère ne peut pas s'en sortir de la sorte, Rowan ne peut pas non plus se substituer à ses parents et doit faire face à son propre chagrin. Survient alors une histoire d'amour avec un jeune baroudeur du nom de Harper qui lui donne envie de redevenir adolescente, et une histoire d'amitié avec Bee, une fille de son école avec qui elle peut se confier sur son frère..  Autant de rencontres qui vont permettre à notre héroïne de se reconstruire. C'est mignon et assez touchant mais j'ai trouvé ça un peu facile parfois, en particulier ces deux personnages sortis de nulle part qui prennent soudain une place démesurée dans la vie de Rowan. De même, la petite soeur Stroma est un personnage très drôle, très attachant, mais elle paraît peu crédible. Enfin, si le style du roman est agréable, bien écrit, je suis gênée par une fin abracadabrante et par quelques passages trop sucrés à mon goût. Cela n'empêche pas à Broken Soup de demeurer un roman ado de très bonne facture qui nous rappelle que la meilleure façon de gérer le deuil, c'est le temps.

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