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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 14:48

L02.jpg Le Club de la Pluie et les forbans de la nuit

Malika Ferdjoukh

éditions Ecole des Loisirs

2016

 

C'est un week-end prolongé à Saint Malo et Milo, Rose, Ambroise et Nadget, élèves à l'internat des Pierres-Noires et amis ayant fondé un club secret, le Club de la Pluie, profitent des jours fériés du moi de mai pour explorer la ville et la plage. Au hasard de leurs pérégrinations, ils tombent sur un mystérieuse grotte dissimulée par un rocher. Quelques temps plus tard, ils découvrent une nouvelle boutique de dégriffe dont les propriétaires sont pour le moins étranges. Voilà peut-être une nouvelle affaire pour le Club de la Pluie.

Ben oui une nouvelle affaire : ce livre est en fait déjà le troisième tome d'une série pour enfants. Ceci dit, pas d'inquiétude : l'histoire peut se lire indépendamment des autres, chaque ouvrage donnant lieu à une nouvelle aventure. Destiné à un lectorat de pré-ados, Le Club de la Pluie et les forbans de la nuit a un petit air de Club des cinq un peu plus moderne sans tomber cependant dans le trop moderne. Malika Ferdjoukh est un auteur que j'aime bien car elle ne se soucie pas de pondre une morale ou de s'adapter à son lectorat, se contentant de décrire des personnages attachants, des enfants téméraires mais pas sans faiblesses, débrouillards mais conscients malgré tout qu'ils ne font pas le poids face à un monde d'adultes. L'intrigue est bien menée, les dialogues sont réussis, le final inattendu. C'est un jour à marquer d'une pierre blanche : j'ai aimé un livre de L'Ecole des Loisirs !

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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 12:15

L02.jpg Les pluies

Vincent Villeminot

éditions Fleurus

2016

 

Et encore un livre de Villeminot cette année ! Cet homme ne s'arrête donc jamais d'écrire ?! Cette fois il renoue avec le genre fantastique/ anticipation dans la veine de U4 en nous racontant l'histoire de Lou et Kosh, deux ados qui s'aiment. Mais voilà, cela fait des mois que la pluie tombe de façon continue, faisant monter le niveau des eaux de façon plus qu'inquiétante. La Terre est-elle le jouet d'un nouveau Déluge ? Lorsque le village est évacué, Kosh et Lou, devenus par la force des choses chefs de famille de leur fratrie respective, décident de partir ensemble et de survivre face à ce qui ressemble fort à la fin du monde...

Des trois romans de l'auteur que j'ai lu cette année, Les Pluies est sans doute le meilleur. Ce que j'ai le plus apprécié dans l'ouvrage c'est l'ambiance apocalyptique avec cette pluie qui n'en finit pas de tomber, engloutissant le monde que nous connaissons pour laisser place à un nouveau monde terrifiant. Certaines scènes sont très dures dans leurs descriptions et le premier quart du livre tient en haleine. Hélas le rythme se relâche un peu et le reste du roman est plus convenu. Mon plus gros souci reste cependant dans les personnages : au risque de paraître méchante, je trouve que Vincent Villeminot ne sait pas camper des portraits d'ados crédibles. Kosh apparaît comme le grand frère idéal, prêt à tout pour sauver ceux qu'il aime et irréaliste au possible tandis que Lou est inconsistante. Pour couronner le tout l'histoire d'amour est un peu ridicule et donne lieu à des scènes niaises, le pompon étant tout de même les lettres que Kosh écrit à Lou et dont le style, aussi mûr soit le jeune homme, n'est absolument pas celui d'un adolescent. Je suis un peu dure certes je le reconnais mais à dire vrai je trouve toujours les ouvrages de Villeminot frustrants, comme s'il était tiraillé entre un univers sombre et torturé et le désir de plaire à un public d'ados boutonneux en surfant sur un registre plus sage et plus vendeur avec pour résultat un livre bâtard qui peut en l'espace de quelques pages passer du très bon au très mauvais et vice-versa. Je me demande s'il ne devrait pas se lancer carrément dans l'écriture de romans adultes, histoire de se libérer de tout carcan. En tous cas, j'espère qu'il va se débarrasser des histoires d'amour.

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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 17:24

L01.jpg Addict

Jeanne Ryan

éditions Robert Laffont

2012

 

Ce n'était d'abord qu'un jeu sans conséquences pour Vee, un défi ridicule à réaliser sur Internet pour le compte d'une émission connue de tous. Un défi uniquement pour se prouver aux autres mais surtout à elle-même qu'elle pouvait être autre chose que la maquilleuse en coulisses, l'ombre de sa meilleure amie Sydney, la si belle et si parfaite Sydney qui tient le premier rôle de la pièce du lycée et qui a tous les garçons à ses pieds. Mais le jeu prend un tour inattendu lorsque le défi de Vee est un succès et qu'elle se voit offrir par les organisateurs d'en faire d'autres, qui plus est avec Ian, un bel équipier. la jeune fille hésite mais les cadeaux qu'on lui propose ainsi que sa cote de popularité la poussent à accepter. Les défis s'enchaînent et deviennent de plus en plus malsains pour être finalement tout simplement dangereux. Mais une fois le jeu lancé, difficile de revenir en arrière.

Addict, qui apparemment a été adapté en salle sous le titre Nerve est un roman ado qui présente plus d'un intérêt. Outre une écriture tout à fait correcte, dénuée de la moindre sensiblerie et d'une intrigue qui tient en haleine le lecteur du début jusqu'à la fin, le récit soulève un certain nombre d'interrogations salutaires : jusqu'où êtes-vous prêts à aller pour de l'argent ? Vous humilier, insulter, mentir, voler, tuer ? L'héroïne n'est ni meilleure ni pire qu'une autre mais, pour accéder à ses rêves elle va être amenée à trahir ses proches et ce qu'elle est elle-même, se justifiant par "C'est juste un jeu." C'est d'autant plus glaçant quand on songe à certaines émissions comme Secret Story ou le principe est au fond exactement le même, augmenter sa cagnotte en réalisant des défis stupides ou humiliants. Dans le livre, le renversement moral à son coût : plus personne n'est digne de confiance et l'héroïne avance elle-même à l'aveugle, ignorant à qui se fier et qui fait partie du jeu ou non. L'action se déroulant essentiellement en soirée renforce le côté anxiogène de Addict qui se lit d'une traite et dont pour le coup je regrette d'avoir raté l'adaptation cinématographique...

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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 13:24

L01.jpg Alive

Scott Siegler

éditions Lumen

2015

 

Elle se réveille dans le noir, seule, terrifiée, se souvenant seulement qu'elle a douze ans et que c'est aujourd'hui le jour de son anniversaire. Elle a oublié tout le reste, son nom, ses parents, ce qu'elle a fait la veille. Après s'être extirpée de ce qui ressemble à un cercueil, elle se retrouve dans une grande pièce avec d'autres cercueils : six sont occupés par des cadavres d'enfants mais cinq occupants sont encore en vie. Tout comme notre héroïne ils croient tous avoir douze ans, mais tout comme elle ils paraissent beaucoup plus âgés. Em, qui s'est rebaptisée ainsi d'après l'initiale trouvé sur son cercueil, prend la tête du petit groupe et tente de sortir de cet endroit qui s'avère vite être un labyrinthe avec des squelettes et des cercueils partout. Comment s'en sortir et comment trouver eau et nourriture ? Et, pour commencer, comment ont-ils atterri ici ?

Roman adolescent qui n'est pas sans faire songer à la série Labyrinthe, Alive est cependant largement supérieur à cette dernière. Le style est bien meilleur et l'intrigue, très resserrée au niveau du temps, garde de ce fait toute son intensité. Le talent de l'auteur est d'avoir aboli tous les repères, qu'ils soient spatio-temporels (les protagonistes évoluent sans aucune notion du temps dans un espace clos, le plus souvent plongé dans le noir) ou moraux (les personnages y compris l'héroïne agissent de façon parfois irrationnelle et/ou mauvaise et la méfiance est la règle de mise) et de créer ainsi un huis-clos angoissant avec une mort omniprésente. Cette tension dramatique s'accompagne d'une foule de questions qui trouveront en grande partie leurs réponses à la fin de l'ouvrage. Pas toutes hein car un second volume vient de sortir. Véritable réussite, je déconseille cependant Alive aux âmes sensibles et aux ados de moins de quinze ans : les descriptions sont parfois effrayantes et l'univers assez anxiogène. Pour les autres... amusez-vous bien !

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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 12:36

L08.jpgLes arpenteurs de rêves t.1

Chimère captive

Mathieu Rivero

éditions Moutons Electriques

2016

 

Il est de ces livres qui ont de supers pouvoirs : ils rallongent le temps et, avec eux, dix pages semblent une éternité. Telle est la nature de l'ouvrage de Mathieu Rivero.

Céleste quitte la France d'outre-mer et Port-au-Riche pour étudier dans une université à Lyon (pas la peine de vous focaliser sur ce détail ceci dit on ne peut pas dire qu'on la voit beaucoup aller en cours). Elle prend une colocation avec deux amis, l'un peintre l'autre on ne sait pas trop, et découvre au bout d'une nuit que ce sont des arpenteurs de rêves, c'est-à-dire des gens qui ont la possibilité de s'immiscer dans les rêves d'autrui. C'est alors que Céleste leur fait une révélation fracassante elle aussi ! Car, tout comme sa mère et sa soeur c'est... une sorcière !

A ce stade j'ai levé les yeux au ciel.

Sachez que dans ce livre tout le monde ou presque a des pouvoirs à l'exception du meilleur ami loser de Céleste qui, du coup, travaille dans une boutique de magie pour en obtenir. Oui oui, une boutique de magie, comme dans Buffy mais en moins rigolo.

Faut-il vraiment vous résumer le reste ? Céleste et ses deux potes décident de visiter le grand songe, c'est-à-dire l'inconscient collectif, s'y retrouvent prisonniers avec des gens à cornes ou des druides, je ne sais plus trop car, à ce stade, j'étais déjà passée à ma technique suprême pour terminer un roman ennuyeux : le lire devant une émission quelconque du coup je peux vous dire en revanche que Gordon Ramsay n'était pas convaincu par les bobards du gérant de l'hôtel.

Bon me direz-vous mais, après tout, un roman ne se résume pas à son intrigue. Beaucoup de chefs d'oeuvres peuvent être réduits à un résumé bancal. Je vous arrête tout de suite : Les Arpenteurs de rêves n'est pas un chef-d'oeuvre. Mathieu Rivero n'écrit pas mal, il fait même parfois de très jolies phrases (certaines descriptions sont assez réussies) mais il n'a de toute évidence pas compris qu'à un moment donné ces phrases devaient se relier entre elles pour former une histoire cohérente, que c'était bien dans un livre d'avoir un peu de relief, une narration un peu dynamique ou des personnages un peu réalistes, toutes ces choses qui manquent à son ouvrage et qui font que les 173 pages de ce roman m'ont paru un obstacle interminable.

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6 octobre 2016 4 06 /10 /octobre /2016 12:53

L03.jpgEt si...

Rebecca Donovan

éditions Pocket Jeunesse

2014

 

Cal a toujours eu un faible pour Nicole, depuis le jour où petite fille en robe jaune elle est devenue sa voisine. Avec Rae et Richelle, deux autres petites filles du quartier, ils étaient inséparables, jusqu'au jour où Richelle a déménagé à San Francisco et que Nicole a pris ses distances avant son entrée à l'université. Aussi, lorsque Cal retrouve Nicole quelques temps plus tard, à des milliers de kilomètres de leur ville natale, il n'en croit pas ses yeux d'autant plus que qu'elle semble avoir tout oublié de leur passé commun, se fait appeler Nyelle et agit à l'exact opposé de son caractère d'enfant timide. Si Cal est intrigué, il est très vite partagé entre le désir de connaître la vérité et celui de conquérir enfin celle dont il a toujours été amoureux.

L'idée de départ est plutôt intéressante et intrigante : le lecteur très vite se questionne sur le comportement étrange d'une héroïne qui, avouons-le, est un peu borderline et s'interroge sur ce qui s'est passé pour transformer Nicole de cette manière. Ce suspens est accentué par des flash-back qui mettent en scène les quatre amis d'enfance et notamment Richelle, le personnage le plus énigmatique du récit puisqu'il n'apparait que lors de ces fameux flash-back. Hélas, cette intrigue prometteuse est gâchée par un très mauvais style : nous sommes dans dans du roman ado pur jus avec de mauvais dialogues, un héros aussi charismatique qu'une endive et une histoire d'amour gnangnan. Aussi, si j'ai eu envie de terminer le récit pour connaître le fin mot de l'histoire, j'ai été agacée par des atermoiements sentimentaux à rallonge et par des rebondissements sans intérêt. Acceptable mais sans plus.

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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 17:33

L03.jpgA la poursuite de ma vie

John Corey Whaley

éditions Casterman

2014

 

Travis est mort à l'âge de seize ans d'une leucémie. Enfin, mort, pas vraiment : sa tête a été cryogénisée dans l'espoir qu'un jour les progrès de la médecine permettent de la greffer sur le corps d'un donneur. Et, aussi fou que cela puisse paraître, ça a marché : cinq ans plus tard Travis se réveille, propriétaire d'un corps tout neuf. Le problème c'est qu'il a toujours seize ans et, qu'autour de lui, tout a changé : ses parents ont dû faire face à son absence, son meilleur ami Kyle est à l'université et sa petite amie Cate a vingt-un ans désormais et est sur le point de se marier.

Je ne suis pas très en avance avec ce livre qui m'a été envoyée en service de presse l'an dernier et qui a eu la malchance de tomber en plein milieu de ma lecture de Chateaubriand. Depuis, il avait été relégué sur une pile... Bon, très honnêtement, je ne vous ai pas fait passer à côté du titre de la rentrée ado de 2015. L'histoire est sympa et il y a une vraie réflexion sur le deuil et l'éloignement. J'ai apprécié également l'absence de toute morale sucrée avec un héros qui retrouverait l'amour par exemple. Le ton est beaucoup plus détaché et plus réaliste. Cependant, est-ce un problème de style, d'intrigue ? Je ne suis jamais vraiment rentrée dans le livre : je n'ai ressenti aucune émotion, aucun plaisir et aucune impatience à en connaître la suite. A la poursuite de ma vie c'est comme un de ces plats tout faits qu'on avale entre midi et deux : ça cale, ce n'est pas désagréable mais ça ne présente pas franchement d'intérêt. Gageons que, d'ici un an j'aurais déjà oublié.

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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 12:05

L01.jpgUne semaine, 7 lundis

Jessica Brody

éditions Gallimard Jeunesse

2016

 

Ellie Sparks a définitivement vécu le pire lundi de sa vie : elle s'est faite tremper par la pluie le jour de la photo de classe, s'est mangée un zéro à un contrôle surprise d'histoire, a fait une allergie aux amandes lors de son discours pour le poste de déléguée suppléante, a loupé les essais de base-ball qui lui auraient permis d'intégrer l'équipe semi-pro du lycée et, enfin, s'est faite larguer par son petit ami Tristan à la fête foraine le soir venu. Elle donnerait tout pour avoir une chance de tout recommencer aussi lorsque le lendemain elle découvre avec stupeur que c'est de nouveau lundi elle est bien déterminée à tout bien faire cette fois-ci et, surtout, à reconquérir le coeur de Tristan...

Une semaine, 7 lundis n'est pas d'une extraordinaire qualité littéraire mais en revanche est plutôt drôle. Se revendiquant pour le coup clairement comme un hommage au film culte Un jour sans fin de Harold Ramis, il met en scène une narratrice rafraîchissante et amusante, une bonne élève qui, au fils des lundis qui se répètent, va totalement se lâcher et oser de plus en plus de choses pour briser la malédiction du recommencement : se transformer en petite amie modèle, en femme fatale, en rebelle... Certaines scènes sont de ce fait totalement hilarantes. J'adhère moins au final, prévisible dès les premières pages, sucré et à tout prendre assez moralisateur même si cette morale reste pleine de bon sens : inutile de vous transformer en ce que vous n'êtes pas pour plaire aux autres, soyez simplement vous-même. Le roman est aux ados ce que la chick-lit est aux adultes: un ouvrage divertissant, plein de bons sentiments et qui n'a pour objectif que de faire passer un agréable moment à ses lectrices. Mission accomplie.

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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 11:42

L01.jpgIlluminae

Arnie Kaufman / Jay Kristoff

éditions Casterman

2015

 

Cette série SF pour ados risque de faire du bruit et vous avez toutes les chances de la croiser en librairie. Aussi, comme je suis sympa, je vais vous parler de ce qui, à mon sens, va probablement devenir un phénomène.

En 2575, le jour où Kady Grant quitte son petit ami Ezra Mason, la planète où elle vit, Kerenza, colonie illégale d'une compagnie minière, est attaquée par Beitech, une entreprise interstellaire sans scrupules. Par miracles quelques milliers de survivants dont Ezra et Kady parviennent à fuir. La flotte, composée de deux vaisseaux civils, le Copernicus et l'Hypatia, et d'un porte-chasseur, l'Alexander, s'efforce de rejoindre la station Heimdall qui leur permettra de "sauter" jusqu'au Coeur, toujours poursuivie par le Lincoln, le cuirassé de Beitech. Des problèmes supplémentaires apparaissent : à bord du Copernicus une mystérieuse maladie se déclare chez des survivants et Aidan, l'intelligence artificielle de l'Alexander, a été endommagée et donne des ordres incompréhensibles.

L'histoire n'a pas été sans me faire penser à celle de la très bonne série télévisée Battlestar Galactica : un groupe de survivants mené par un vaisseau de guerre et qui tente de fuir un ennemi redoutable... L'intrigue est bien menée et réserve son lot de surprises et de rebondissements. Cependant, l'originalité de Illuminae réside avant tout dans sa forme : pas de narration linéaire mais un récit présenté sous forme de dossier avec des rapports, des échanges d'e-mails, des retranscriptions audios, des extraits de journaux intimes, des listes nécrologiques... Les auteurs se lâchent également sur la mise en page avec des pages noires et blanches, des lettres qui ondulent pour mimer des mouvements ou éclatent pour simuler des explosions, des blancs, des fondus ou des silences... Le roman est de ce fait extrêmement vivant et tient en haleine un lecteur curieux de savoir si Ezra et Kady vont finalement parvenir à se retrouver. Bon sur les cinquante dernières pages j'ai trouvé au livre quelques longueurs (les divagations d'Aidan s'étirent parfois un peu trop à mon goût) et je suis un peu déçue par la fin même si, après réflexion, celle-ci me semble nécessaire pour aborder la suite. Ambitieux, Illuminae s'impose en tous cas comme une nouveauté majeure de cet automne même si comme moi vous n'avez pas plus de goût que ça à la SF pure et, pour le coup s'adresse à mon sens aussi bien aux adultes qu'aux ados.

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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 12:18

L02.jpgDragon Boy

Guido Sgardoli

éditions Auzou

2016

 

Ce livre m'a d'abord fait peur : c'est l'histoire de Max, un jeune garçon à qui sa soeur offre un journal intime. ça vous rappelle quelque chose ? ça sentait un peu le plagiat du Journal d'un dégonflé. Rassurez-vous cependant il n'en est rien. En effet, Max n'a rien à voir avec Greg, le héros de Kinney. Dès les premières pages on comprend qu'il s'agit d'un enfant qui souffre de problèmes physiques : il a une jambe plus courte et marche avec une béquille, souffre de son dos et est obligé de porter un appareil auditif. Inutile de dire que pour lui l'entrée en sixième a été plus que difficile. Souffre-douleur des petites brutes du collège il aspire, en vain, à l'invisibilité. Jusqu'au jour où il tombe par hasard sur une BD mettant en scène Dragon Boy, un super-héros qui semble vivre des aventures étrangement proches de celles qui arrivent à l'école. De journal intime le livre se transforme en enquête pour découvrir qui est le mystérieux dessinateur de cette BD. Max va en profiter pour se découvrir lui-même des pouvoirs insoupçonnés et apprendre que derrière chaque personne se cache un super-héros. Si le récit est plutôt mignon et plein d'humour j'émets toutefois quelques réserves sur la mise en page : d'une part (mais là c'est un jugement personnel) je hais cette façon de mettre certains mots en gras pour en souligner l'importance, donnant ainsi l'impression que le narrateur crie et/ou qu'il prend son lecteur pour un idiot. D'autre part, le texte n'est aéré ni par des chapitres ni même par des indications temporelles. Du coup Dragon Boy se lit d'une traite, sans coupures, et peut paraître indigeste pour un récit qui fait plus de 300 pages, d'autant plus qu'il s'adresse à un lectorat de 10-13 ans. Enfin, si l'ensemble de l'histoire est sobre, j'ai trouvé la fin sirupeuse et totalement irréaliste : la morale est certes louable (nous avons tous un super-héros en nous pour peu que nous ayons le courage d'aller le chercher) mais amené de façon improbable. Cependant malgré tout Dragon Boy reste plaisant et tout à fait adapté à des pré-ados.

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