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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 15:07

L01.jpgTreize petites enveloppes bleues

Maureen Johnson

Editions Gallimard Jeunesse

 

 

Pour oublier rapidement le livre précédent qui, il faut bien l’avouer, n’était pas fantastique, rien de tel qu’un bon roman derrière. Et, sans réelle surprise, il s’agit d’un livre pour la jeunesse. Treize petites enveloppes bleues n’est pas tout récent : voilà déjà plus de trois ans qu’il a été traduit et, à ma grande honte, je n’avais jamais pensé à le lire jusqu’à aujourd’hui. Grand tort s’il en est.

Ginny, américaine, a dix-sept ans et vient de perdre sa tante, Peg, une jeune femme artiste et excentrique, décédée brutalement d’une tumeur au cerveau. En guise d’héritage, sa nièce reçoit un paquet contenant treize enveloppes bleues avec des consignes très strictes : Ginny doit les ouvrir au fur et à mesure au moment qui lui sera indiqué ; elle ne peut emporter qu’un sac à dos et n’a droit ni aux appareils électroniques, ni aux guides de conversations, ni à son argent… Ainsi équipée, l’adolescente se retrouve bientôt embarquée dans une gigantesque chasse au trésor à travers toute l’Europe qui lui permettra non seulement d’en savoir plus sur sa tante chérie, mais également d’en apprendre plus sur elle-même et de transformer ainsi sa vie de jeune fille un peu trop sage…

Je m’attendais, je l’avoue, à quelque chose d’assez convenu ; à l’histoire d’une héroïne un peu nunuche qui, au terme d’un voyage époustouflant et plein de clichés, danse nue sur des tables à Paris (puisque c’est bien connu que l’Europe est un lieu de débauches) et bénit une tante qui, elle, a tout compris à la vie. Il n’en est absolument rien. Conçu comme un roman d’apprentissage, Treize petites enveloppes bleues a une vision assez réaliste du voyage. Le périple de Ginny est marqué par des fiascos : un contact à Amsterdam qu’elle ne trouvera pas puisqu’il a déménagé, des pickpockets qui tenteront de la voler, un décalage horaire fatiguant, des moments de solitude et de doute… La personnalité de Ginny n’évolue pas fondamentalement : si elle apprend à surmonter sa timidité, elle reste toujours quelqu’un de réservée après son expérience. Peg, la tante excentrique, n’est pas idéalisée non plus : elle reste quelqu’un de très humain et ses faiblesses, notamment sa peur de l’engagement, sont montrées avec beaucoup de sensibilité, ce qui fait d’elle, paradoxalement, un personnage très attachant.

Ceci dit, malgré tout, Treize petites enveloppes bleues est une invitation au voyage. Dès qu’on ouvre le livre, on n’a qu’une seule envie, c’est de faire comme l’héroïne et de partir. Car le voyage est décrit avec ses inconvénients certes (les heures interminables de train, les hôtels plus ou moins douteux, les inquiétudes d’être loin de chez soi), mais aussi avec ses avantages ; l’excitation de voir « autre chose » un sentiment de liberté difficile à exprimer… Et puis, il faut avouer que les destinations choisies par la tante Peg font rêver ; Londres, Paris (bon, Ok un peu moins pour nous français, mais c’est normal) Rome (ah la la Rome) Amsterdam, Copenhague et Corfou… De quoi faire non ? Là encore Maureen Johnson ne tombe pas dans le cliché et évite de nous faire un catalogue d’œuvres art « à voir », préférant jouer sur une ambiance, un sentiment…et nous rappelant que les plus belles découvertes, nous les faisons toujours par nous-mêmes. Ainsi, si sa tante Peg est émue devant les statues des Vestales à Rome, Ginny n’y voit « qu’un tas de statues cassées » ; de même l’adolescente ratera le portrait de la Joconde au Louvre. Invitation à mépriser l’art ? Nullement. L’art occupe au contraire une place prépondérante dans le roman, mais si l’auteur nous disait tout, quel intérêt y aurait-il à aller nous faire notre propre opinion ?

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1 janvier 2010 5 01 /01 /janvier /2010 16:39

L01.jpgHunger Games

Suzanne Collins

Editions Pocket Junior

 

 

Bonne année à tous! Avez-vous tous pris plein de bonnes résolutions ou, encore étourdis par les vapeurs d’alcool, vous contentez-vous de traîner devant votre ordinateur en pyjama ? (Ce qui, permettez-moi de vous le dire, ne va pas améliorer votre mal de crâne) Quoi qu’il en soit, je vous souhaite une très bonne année 2010 et, pour bien la démarrer, je vais vous parler aujourd’hui d’un roman qui vaut le détour…

Les Etats-Unis dans un futur indéterminé : le territoire est à présent divisé en douze districts, contrôlé par une cité toute puissante : le Capitole. Les districts sont pauvres et soumis à la tyrannie du Capitole qui, pour les punir d’une rébellion passée, leur impose chaque année les « Hunger Games ». Une fois par ans, deux enfants entre douze et dix-huit ans sont tirés au sort dans chaque district. Ils participent alors à un jeu de télé réalité des plus particuliers : filmés vingt-quatre heures sur vingt-quatre, ils sont lâchés dans une arène qui s’étend sur plusieurs kilomètres. Leur but est simple ; résister au froid et à la faim et tuer les vingt-trois autres candidats. Le dernier survivant est le vainqueur. Katniss, notre héroïne, n’a pas été tiré au sort. Mais, par amour pour sa jeune sœur, elle décide de prendre la place de cette dernière. Débrouillarde, elle ne peut cependant s’en sortir sans stratégie, stratégie que son compagnon d’infortune du district, Petra, va l’aider à mettre au point. Mais, quoi qu’il arrive, il ne doit en rester qu’un…

Je suis d’accord avec Stephenie Meyer malgré toutes mes réticences concernant ses propres ouvrages : Hunger Games est un livre qu’on ne peut pas lâcher ! Un peu lent au tout début, le récit s’accélère dès le tirage au sort et nous livre un fascinant portrait de la télé réalité, à peine déformé. Certes, on ne tue pas encore à la télévision mais à part ça… Tout y est : les paillettes, la mise en scène du candidat qui devient un stéréotype, la nécessité d’élaborer des alliances et des stratégies… C’est la violence déguisée en divertissement. Ce qui est intéressant c’est que la narratrice est l’héroïne et nous adoptons donc son point de vue. Du coup, c’est comme si nous participions nous-mêmes au jeu, et, de ce fait, tous les autres candidats nous paraissent suspects. Petra est-il réellement un gentil garçon ou joue-t-il un rôle pour mieux manipuler Katniss et le public ? Faut-il faire confiance à la gamine de douze ans que Katniss a pris sous son aile ? Notre vision est totalement déformée. Ajoutez à cela une action qui ne ralentit pas, des rebondissements multiples et des personnages attachants, et vous aboutissez à un roman qui vous tient en haleine jusqu’au bout avec une seule frustration ; il s’agit d’un premier tome !

Après, on peut émettre des réserves, comme pour tout : un style efficace mais sans réelle surprise, un certain penchant au manichéisme… De bien piètres imperfections face au plaisir de la lecture, sans oublier la critique féroce et juste d’une télé réalité qui masque sous les paillettes les pires instincts de l’homme… à ne pas manquer ! J’espère juste que la suite sera à la hauteur de ce premier volet…

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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 21:13
L02.jpgLe retour de l'aube
Malorie Blackman
éditions Milan



Je l'avais promis: après la guimauve et les soupirs languissants de Love in excess, passons donc à un peu plus d'action, d'autant plus que je viens de regarder Les 4 filles du docteur March  et qu'il faut un peu de sang et de violence pour rattraper tout ça...
Pourtant, Le retour de l'aube, à priori, commence aussi par une histoire d'amour. Tobey, notre héros, vit dans un monde marqué par le clivage riches noirs/pauvres blancs et un racisme qui s'exprime dans chacune des communautés. Tobey lui-même est blanc, un nihil donc (en latin "rien"), et il vit dans un quartier difficile dont il essaie de partir. Pour cela il étudie dans l'espoir d'entrer un jour à l'université. Il est amoureux de Callie, sa jolie voisine métisse mais n'arrive pas à lui avouer ses sentiments. Bon, jusque là, c'est très gnangnan. Heureusement Tobey, ambitieux, commet une erreur et accepte en échange d'un peu d'argent de faire une livraison pour le compte d'un gang, le gang de Mac Auley. Cette livraison va l'entraîner dans une série d'événements désagréables et le forcer lui-même à devenir quelqu'un de peu recommandable....
Si vous avez une excellente mémoire et que vous suivez ce blog depuis longtemps, vous vous souviendrez peut-être que j'ai déjà parlé de Malorie Blackman et d'un autre de ses livres, La couleur de la peur,  livre que par ailleurs j'avais beaucoup apprécié. J'ai moins accroché au Retour de l'aube. Il y a déjà une raison simple: Le retour de l'aube fait partie d'une série. Certes, le roman peut se lire tout seul, mais il est plus difficile d'entrer dans un monde déjà expliqué et construit, avec des personnages qui sont supposés nous être familiers mais qui ne le sont pas et des allusions à des événements antérieurs qui nous inconnus. C'est un peu comme arriver au milieu d'une série télé: on arrive à suivre mais avec le sentiment désagréable d'avoir loupé des trucs.
La seconde raison est plus triviale: j'avoue que la touchante histoire d'amour entre Tobey et Callie m'a laissée totalement de marbre. Peut-être est-ce l'overdose ou, plus crédible, je pense tout simplement que j'ai passé l'âge des romances adolescentes et des premiers émois sentimentaux. Toujours est-il que les personnages m'ont paru assez creux au début, notamment celui de Callie.
Heureusement, en milieu de récit, l'auteur se décide enfin à troquer scènes d'amour contre action et scènes de violence. Et, il faut dire ce qu'il est, Blackman est beaucoup plus crédible dans ce registre. Règlements de comptes, trahisons, histoires de gang et d'infiltration... Le personnage de Tobey acquiert une autre dimension et devient beaucoup plus intéressant en espion manipulateur qu'il ne l'était en amoureux transi ou en gentil lycéen... Le rythme s'accélère et le dénouement est efficace, sauvant ainsi un roman qui met tout de même plus de cent cinquante pages à démarrer. Je serais curieuse ceci dit de lire les trois premiers volumes de la saga, histoire de voir si ces derniers sont bâtis sur le même modèle...
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26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 15:57

La plus belle fille du monde
Agnès Desarthe
éditions Ecole des Loisirs


Sandra est une adolescente comme une autre, ni plus belle, ni plus intelligente. Elle ne fait pas partie des premières de sa classe, ni des dernières. Elle aimerait être écrivain mais ne dépasse pas onze de moyenne en français ce qui, au demeurant, ne la traumatise pas plus que ça. Elle vit seule avec sa mère, son père les ayant abandonnées, et a pour amis Fleur, Etienne et Allison. Voilà ce qu'il faut retenir de Sandra, la narratrice de l'histoire et l'héroïne. l'héroïne? Non, car Sandra ne se considère pas comme une héroïne et préfère commencer son récit au moment où une nouvelle arrive dans la classe: Liouba Gogol. Car Liouba Gogol a, elle, tout de l'héroïne; c'est "la plus belle fille du monde" selon les critères de Sandra. Comment cette dernière pourrait-elle rivaliser avec un titre pareil?  Pourtant, tout au long de l'histoire, c'est ce que Sandra fait à son insu, livrant ses propres réflexions sur la vie, la perfection, la famille, les amis, et Liouba, dont elle apercevra vite les limites mais, aussi,  paradoxalement, les richesses...
Rarement un auteur de jeunesse m'a autant fait rire qu'Agnès Desarthe. J'avais déjà beaucoup apprécié un autre de ses romans Je ne t'aime pas Paulus et le style de  La plus belle fille du monde est tout aussi drôle. L'humour de la narration est plein de fraîcheur et des scènes sont vraiment comiques; par exemple le moment où Sandra déjeune avec son père et lui déverse ses sentiments sur l'absence de figure masculine dans sa vie et celle de sa mère tandis que son père se contente d'écouter en souriant bêtement et en lançant des onomatopées, ou encore cette scène où Sandra voit un adulte sur un banc donner un croche-pied à un enfant prénommé Enzo et le laisse faire. Il y a aussi cette réplique inoubliable, lancé par Etienne, l'ami de la narratrice: "Mais on est amis depuis qu'on a quatre ans. Pour moi, vous n'êtes pas des filles; vous êtes comme, je sais pas, moi, des Playmobil." Bref, la narration est brillante, c'est vraiment très bien écrit et ça se lit d'une traite.
Alors, me direz-vous, pourquoi ce petit lapin seulement souriant et non pas extatique? Et bien parce que pour moi le style ne fait pas tout. Agnès Desarthe lance certes des thèmes intéressants, aborde beaucoup de sujets délicats mais, perdue dans la peau de son héroïne, en oublie de faire une intrigue construite. C'est très probablement volontaire; Sandra à plusieurs reprises s'interroge sur le métier d'écrivain et dénonce les artifices employés par ses "confrères" pour rendre une réalité plus passionnante qu'elle ne l'est en réalité: "C'est un problème. Un problème auquel je n'avais jamais réfléchi mais qui est assez grave: le temps de la vie n'a rien à voir avec le temps des romans (...) La rencontre magique, l'échange de regards qui bouleverse le cours des choses, la conversation géniale, les événements clés qui font le tissu des livres sont éparpillés au hasard dans la vraie vie. On passe en fait le plus clair de notre temps à fonctionner, à mettre un pied devant un autre en espérant qu'il se passe quelque chose, alors qu'en réalité il ne se passe presque jamais rien." Le livre d'Agnès Desarthe a-t-il pour ambition d'imiter cette réalité? C'est plus que probable. Mais, du coup, peut-être aurait-il mieux valu opter pour le style journal intime plutôt que celui du roman traditionnel. Là, on s'y perd un peu et on pourrait résumer par ceci: il n'y a pas vraiment d'histoire. Tout se passe comme si Desarthe avait eu un point de départ, l'arrivée de Liouba Gogol, mais n'avais trouvé aucune réelle intrigue à en faire découler. Le style et l'humour aidant, elle s'en tire par une pirouette élégante. La plus belle fille du monde n'est certes pas un livre parfait, mais n'est-ce pas justement la morale de l'histoire? La perfection n'est pas de ce monde... et, de vous à moi, c'est tant mieux.

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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 12:05

Genesis
Bernard Becket
éditions Gallimard Jeunesse


Pour Anaximandre, c'est aujourd'hui un grand jour: afin d'entrer dans la prestigieuse académie de ceux qui "décident", elle doit passer un oral devant un jury. Pendant cinq heures, elle va parler d'Adam Forde, son sujet d'études, un homme dont nous devinons qu'il a joué un rôle crucial dans le monde futuriste d'Anax et dont nous découvrons tout au long de l'exposé de l'héroïne la personnalité complexe. Mais, l'examen d'Anax risque d'avoir des conséquences plus importantes qu'elle ne se l'imagine...
Je ne peux pas en dire plus sur ce roman, de crainte de révéler tous les tenants et aboutissants de l'histoire. Disons que, dès le début du récit, l'auteur distille un profond sentiment de malaise qui ne fait que s'accroître tout au long de l'exposé d'Anax jusqu'à son dénouement, inattendu et pourtant inévitable. Construite sous la forme d'un dialogue, la narration s'inscrit ainsi dans une démarche socratique où le jury en posant des questions à l'héroïne, la force à s'interroger sur des sujets qu'elle croyait indiscutables et à argumenter pour défendre ses opinions. Non,  je vous assure, je ne fais pas de la surinterprétation: vous noterez par exemple que beaucoup de personnages ont des noms de philosophes antiques: Platon, Socrate, mais aussi Anaximandre (en feuilletant dans mon encyclopédie, j'ai découvert qu'il s'agissait d'un philosophe grec de l'époque ionienne mais ne m'en demandez pas plus) ou Périclès. Bien plus, les thèmes abordés par Anax à travers le destin d'Adam Forde (le choix du prénom n'a rien d'anodin là non plus) sont plutôt costauds: la société, le libre-arbitre, l'éthique... et surtout, la question que vous retrouverez sur la quatrième de couverture de Genesis : "Que signifie être un humain?".

Il s'agit grosso-modo du même principe que Le monde de Sophie de Gaardner: faire découvrir la philosophie aux plus jeunes, sauf que l'approche est totalement différente. Becket ne cite pas d'auteurs et ne fait pas davantage de cours magistraux. Mais, à travers l'héroïne, le lecteur est amené à s'interroger lui-même sur les sujets abordés. En clair: ne pas lire ce roman si vous êtes un tant soit peu fatigué. Ceci dit, Genesis est très intéressant, de par cette spécificité mais aussi grâce à un suspens qui va crescendo et qui nous plonge dans ce "thriller futuriste" avec une seule hâte: en connaître la fin. C'est très bien écrit. Ce qui est dommage à mon avis, c'est que ce roman va très certainement manquer son public: coincé entre les Twilight et les Chevaliers d'émeraude, il n'a guère de chances de se faire remarquer et aurait peut-être été plus à sa place dans la SF pour adultes...

 

 

Et, exceptionnellement, deux petits PS:

 

Le premier, c'est pour signaler la mort de Pierre Bottero, l'auteur notamment de la série du Pacte des Marchombres et de La quête d'Ewilan. Sa tragique disparition dans un accident de la route est passé quasi-inaperçue et cela me semble profondément injuste car il occupait une grande place dans la littérature pour la jeunesse. Qui plus est, j'ai eu l'occasion de le croiser lors des Imaginales d'Epinal et j'ai rarement vu un auteur aussi gentil et aussi disponible non seulement avec ses jeunes lecteurs mais aussi avec les libraires. Toutes mes condoléances à sa famille et à ses proches.

Le second c'est pour faire un peu de pub. Promis ça ne se renouvellera pas mais là c'est pour une bonne cause! Nancéiens, vous êtes invités les 3 week-ends du  28 novembre au 13 décembre de 9h00 à 18h00 sur le parking de l'hôpital à Vandoeuvre pour un marché de Noël organisé au profit des enfants atteints de maladies graves. Et comme je ne suis pas assez doué pour insérer des images sur ce blog, je vous renvoie au site de mon gentil frère, Pierrot:
http://yap-yap-yap-yap.blogspot.com/ qui lui a pu ajouter l'affiche. (on est doué en informatique ou on l'est pas) Venez nombreux!

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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 18:07

Les sentinelles du temps

t.1 l'apprenti

Justin Richards

éditions Milan

 

Encore une fois, un thème qui paraît plutôt sympa sur papier: les voyages dans le temps. Personnellement, j'adore ce genre d'histoires depuis Retour vers le futur  et Dragon Ball (mais si, souvenez-vous, le fils de Végéta, Trunks, qui vient du futur pour sauver le monde, c'était la classe non?) J'ai donc sauté avec enthousiasme sur L'apprenti, premier tome de la série Les sentinelles du temps de Justin Richards.

Jamie, douze ans, est un adolescent lambda qui déplore l'incompréhension de ses parents et une petite soeur pénible. Tout ça cependant va bientôt lui sembler terriblement futile le jour où il rencontre Anna, une mystérieuse jeune fille à peine plus âgée que lui qui le met en garde contre un certain Midnight, un homme tout aussi étrange dont Jamie fait la connaissance le soir même. Le lendemain, l'adolescent découvre avec horreur qu'il est devenu invisible aux yeux de son entourage. Sa mère oublie de lui servir son petit déjeuner, son prof saute son nom lors de l'appel, ses camarades ne le voient plus... A la suite d'un détraquement temporel dont il ignore la cause, Jamie a été exclu du cours normal du temps et condamné tout comme Anna à errer entre les différentes époques, chargé de réparer les "erreurs" temporelles.

Le début du roman est intéressant; c'est assez terrible de voir ce jeune garçon exclu  de sa propre vie, ignoré de sa famille et qui comprend confusément qu'il ne pourra jamais retrouver une existence normale. Après, on retombe dans un schéma plus classique de roman fantastique pour la jeunesse; l'ado un peu inutile se découvre de supers pouvoirs et fait équipe avec une fille qui deviendra sa meilleure amie. C'est plutôt gentillet, sans violence et sans réel suspens. Reste le thème du voyage dans le temps qui pour un écrivain un peu négligent peut se révéler casse-gueule. Soyons franche, Justin Richards s'en tire honorablement, évitant les chausses-trappes divers; paradoxes temporels, incohérence, ou tout simplement ridicule. L'univers créé est crédible et le dénouement de ce premier tome assez inattendu. Les personnages manquent pour l'instant de consistance mais on peut supposer que ce défaut sera corrigé dans les prochains volumes. En fait, ce que je reproche surtout à ce roman, c'est sa longueur: il est trop court! L'histoire méritait un traitement plus long et de ce fait semble légèrement bâclée, l'auteur privilégiant une ou deux scènes d'action sans grand intérêt à la réelle construction du monde et de ses personnages. C'est dommage, mais espérons que ce défaut sera corrigé par la suite: les voyages dans le temps méritent mieux que ça.

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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 11:13

Gone

Michael Grant

éditions Pocket Jeunesse



"Qui n'a jamais rêvé d'un monde sans adultes?" telle est l'accroche du roman fantastique pour adolescents Gone en français littéral "partis" et qui résume assez bien, quoique énigmatiquement l'histoire. Un beau jour, en plein cours, Sam, quatorze ans, voit soudain son professeur se volatiliser! Il n'est pas le seul: tous les adultes de la ville de Perdido, passés quinze ans, ont disparu de la même façon. Que faire? Il faut s'occuper des bébés et des enfants en bas âge, livrés à eux-même; il faut éteindre les incendies provoquées par les accidents de voitures et les fours laissés allumés; il faut trouver de la nourriture... Sam aurait pu se charger de la direction des opérations, mais d'autres adolescents, plus sombres et plus étranges, décident de prendre les rênes de la ville. Une décision qui inquiète Sam, d'autant plus que des phénomènes étranges se multiplient et que certains enfants dont notre héros semblent développer des pouvoirs surnaturels. Est-ce que toute cette affaire a un lien avec le centre nucléaire de Perdido et avec la mystérieuse paroi qui s'est formée tout autour de la ville? Où sont partis les adultes et qu'arrivera-t-il à ceux qui comme Sam passeront bientôt la barre fatidique des quinze ans?


Voilà un roman plutôt prometteur, dont l'intrigue a tout d'une série américaine fantastique. D'un point de vue littéraire, ça n'a pas un intérêt majeur: c'est écrit sans maladresses mais sans génie non plus. En revanche, l'action est extrêmement efficace: pas de temps mort et on ne s'ennuie pas une seconde, si ce n'est lorsque, roman ado oblige, l'auteur se croit obligé de nous gratifier d'une belle histoire d'amour entre Sam, le héros timide, et Astrid, le petit génie jolie fille de surcroît avec qui jusque là il n'avait jamais osé converser mais qui, situation de crise oblige, va obligatoirement tomber dans ses bras. Sorti de cette romance un peu pâlotte, le héros est intéressant: au début de l'histoire on s'attend à ce qu'il prenne la situation en main mais il se détourne de lui-même des responsabilités, agissant de la sorte exactement comme un adolescent lambda qui n'a pas forcément envie de s'encombrer de la gestion d'une ville et de ses habitants. Une galerie de personnages l'entoure, plus ou moins réussis: le petit frère autiste d'Astrid, Quinn l'ami lâche, Caine le dictateur miniature, la grosse brute, la rebelle qui se révèle guérisseuse... Autant de figures qui vont faire évoluer une intrigue qui tourne toujours autour de la même question: où sont passés les adultes et qu'est-il arrivé à la ville? Bon, comme il s'agit d'un premier tome, désolée, vous n'aurez qu'une partie des réponses, à charge d'attendre le deuxième tome, prévu Dieu sait quand.
Certains pourront s'agacer de ce livre un tantinet trop lisse, très "américain" (à Perdido les ados parlent de surf et les enfants pour se nourrir rouvrent le Mc Do) mais des lecteurs moins exigeants apprécieront l'ambiance très sombre du roman qui a le mérite de ne pas occulter les descriptions difficiles (morts de bébés dans leurs berceaux faute de soins, scènes de tortures et de pillages...) allant de la sorte jusqu'au bout de l'idée de départ. Un curieux mélange du roman de Stephen King Le Fléau et de la série fantastique Lost qui ravira les amateurs...

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15 octobre 2009 4 15 /10 /octobre /2009 11:26

                          Révélations
Stephenie Meyer
 éditions Hachette Jeunesse



Non ce n'est pas une illusion! Je suis de retour, et cette fois pour de bon! Y a encore quelqu'un? Pitié ne soyez pas tous partis! J'ai eu des problèmes plus longs que prévu avec un ordinateur qui finalement n'est jamais revenu... Mais cette fois ça y est j'ai un nouvel ordinateur, et du coup plein de notes d'avance, de quoi vous assommer pour un petit moment...
Reprenons donc le cours normal des événements.

C'est toujours très délicat de choisir un lapin pour illustrer un article. Et encore plus quand il s'agit d'un article sur Stephenie Meyer.
Et bien oui! J'ai été faible, encore, et j'ai décidé d'achever la saga de Twilight avec son ultime volume Révélation. Moi aussi après tout j'ai le droit de quitter le style pamphlétaire de Cyrano de Bergera ou le roman picaresque pour une oeuvre plus légère. Foin des analyses littéraires ou des études psychologiques sur  les personnages, redécouvrons la description de l'amour dans son expression la plus dégoulinante, celle qui vous donne irrémédiablement envie de vomir ou de rire selon votre humeur, sauf si évidemment vos hormones vous travaillent, auquel cas je compatis.

Bref, reprenons l'histoire là où nous l'avons laissé. Bella, notre héroïne, toujours raide dingue d'Edward, parvient à convaincre son bellâtre de vampire de la transformer à son tour afin qu'ils puissent jouir ensemble de l'éternité. L'autre capitule, mais à une condition: Bella devra l'épouser au préalable. Les voilà donc unis pour le meilleur et pour le pire et ils consomment gaiement ce mariage à grands renforts d'oreillers crevés et de têtes de lits fracassées. (je sens que ce genre de détail va ravir les scénaristes de l'adaptation cinématographique) Mais un petit souci vient gâcher la lune de miel: Bella, encore humaine, se retrouve enceinte d'un bébé vampire qui se révèle plutôt néfaste pour sa santé et met son existence en péril...
Tout! Vous saurez tout sur la sexualité des vampires dans cet ultime épisode qui, au demeurant, n'est ni pire, ni meilleur que les autres. L'action est efficace, le suspens bon et le style comme je l'ai déjà dit, est tout à fait correct. L'originalité du récit tient aussi au fait que la grossesse de Bella est narrée par Jacob, son meilleur ami. L'intrigue tient la route et traîne moins en longueur que dans Tentation par exemple. Meyer avec application s'essaie à la création d'une mythologie vampiresque et son monde, à défaut d'être détaillé, reste crédible.
Alors me direz-vous, que reprocher à ce roman? J'ai parlé dans une précédente note de l'évolution des personnages de Harry Potter. Là, le personnage de Bella n'évolue pas d'un iota: elle se marie, elle a un enfant, devient vampire, mais, rien à faire, c'est toujours la même gourde du premier volume amoureuse de son vampire. Plus grave, Stephenie Meyer semble se désintéresser d'un certain nombre de débats abordés dans les trois premiers volumes et qui auraient pu faire gagner de la profondeur au récit.  Le triangle amoureux de Jacob/Bella/Edward se dénoue d'une façon proprement bâclée: ça aurait fait tache je présume de laisser Jacob amoureux de Bella et, de ce fait, malheureux. Idem sur la question de ce que Bella perd en devenant vampire. L'héroïne se transforme aussi facilement que si elle subissait une vague opération de chirurgie esthétique et n'a absolument aucun état d'âme. Tout se passe comme si l'auteur était terrifiée à l'idée de faire obstacle d'une quelconque manière à l'amour et au bonheur de ses têtes d'affiche. Chez Meyer, les ennemis ce sont les autres vampires, les humains qui peuvent découvrir le secret du couple, ou des événements extérieurs. Le conflit n'est jamais interne.
Alors oui, c'est efficace. Au fond, c'est tout ce qu'on demande je suppose à ce roman: amour et fantastique sans réflexions métaphysiques. Révélation est à l'image de ces beaux vampires qui déambulent le long des pages. C'est creux, mais c'est agréable. 

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12 septembre 2009 6 12 /09 /septembre /2009 13:13

Harry Potter t.1 à 7

J.K Rowling

Éditions Gallimard Jeunesse

 

 

Profitant de ma coupure du monde magique d’Internet, je me suis décidée à me relancer pour me consoler dans un autre monde tout aussi merveilleux, celui de Harry Potter et j’ai relu à la suite les sept tomes de la saga du petit sorcier.

Rassurez-vous, je ne ferai point une analyse détaillée de chacun des volumes. Je crois qu’à l’heure qu’il est, pratiquement tout le monde connaît l’histoire de Harry, le petit garçon qui, à l’âge de onze ans découvre qu’il a des pouvoirs magiques et entre dans l’école de sorcellerie de Poudlard, dirigé par le vénérable Dumbledore. Durant ses sept années de scolarité, Harry apprendra à  contrôler ses dons mais, surtout, verra avec horreur le retour de Voldemort, le terrible sorcier adepte de magie noire qui a autrefois tué les parents de notre héros.

Que dire ? Harry Potter est devenu au fil du temps un véritable phénomène littéraire et il m’est difficile d’en parler objectivement car je fais partie de ces fans purs et durs, de ceux qui hurlent quand les adaptations cinématographiques omettent le moindre détail et qui peut vous citer le moindre nom des élèves de Gryffondor. Au demeurant, il faut reconnaître que le style de Rowling n’a rien de franchement exceptionnel : c’est simple mais efficace, parfois un peu maladroit. En revanche, il a une caractéristique frappante, celui d’avoir évolué au fil de la saga. Le tome 1 de Harry Potter, L’école des sorciers est un honnête livre pour enfants ; le tome 7, Les reliques de la mort, est beaucoup plus abouti et recèle des passages absolument magnifiques ou au contraire glaçants.

Mais ce qui, à mon avis, a rendu la série célèbre, c’est avant tout cette alliance d’un univers magique (la sorcellerie) avec un quotidien des plus familiers (l’école avec son lot de contrôles, de punitions, d’élèves plus ou moins brillants et de professeurs plus ou moins antipathiques)  Cette alliance se fait de façon si naturelle et non sans une dose d’humour que le lecteur n’a aucun mal à  adhérer à ce monde où les chouettes apportent le courrier, les balais volent, mais où vous pouvez toujours avoir un zéro pour avoir mal préparé votre potion magique…

Et, pour finir, un petit tour d’horizon rapide des sept volumes, en essayant de ne pas commettre trop d’impairs:


L’école des sorciers : Comme je l’ai déjà souligné, le premier volume n’a rien d’exceptionnel. D’un style très enfantin, son intérêt majeur est de mettre en place l’univers de la série et différents personnages : Harry, les Dursley, Ron, Hermione, le professeur Rogue (mon chouchou !) Dumbledore, Neville… pour la petite histoire, quand j’ai commencé la première fois la série, j’ai laissé tomber au bout de trois chapitres ! Il a fallu en fin de compte que je lise par la suite le deuxième tome pour revenir au premier.

La chambre des secrets : Là, c’est purement affectif car c’est comme je le disais, le premier Harry Potter que j’ai lu jusqu’au bout. L’intrigue est plus sombre que dans le premier tome ; le héros lui-même apparaît plein de zones d’ombre et une menace plane sur l’école de Poudlard (des élèves se font mystérieusement attaquer) Certains personnages comme les Weasley prennent de l’ampleur. Paradoxalement, c’est sans doute le volume où l’on trouve le plus de passages comiques : la voiture volante, le jour de la Saint Valentin… et des personnages franchement drôles apparaissent : Mimi Geignarde, l’adolescente fantôme susceptible et l’ineffable professeur Lockhart (qui ne sévira malheureusement que le temps d’un roman) le magicien bellâtre plus soucieux de son apparence que de ses cours.

Le prisonnier d’Azkaban : après l’avoir apprécié sans plus, j’ai appris à aimer ce volume qui, pour la première fois, revient sur les circonstances de la mort des parents de Harry et qui fait intervenir les Détraqueurs, ces personnages maléfiques qui absorbent l’espoir et le bonheur. A noter aussi l’arrivée du professeur Trelawney, le professeur de divination dont les cours permettent également quelques bonnes scènes de comédie.

La coupe de feu : Ce tome marque un tournant dans le cycle. De par sa longueur déjà : on passe de romans courts à un véritable pavé. De par son ton aussi : c’est à partir de cet épisode que les morts s’accumulent. La coupe de feu est je crois l’un des tomes les plus critiqués de la saga : on lui reproche des longueurs, notamment au début, et un rythme relativement paresseux. Cependant, ce tome a le mérite de détruire l’image gentillette de Harry et de ses amis pour en faire des personnages plus complexes (Harry, jaloux de la popularité de Cedric Diggory, Ron jaloux de la notoriété de Harry et Hermione, vexée par le manque d’attentions que lui accorde Ron) bref, des adolescents qui ont parfois envie de faire autre chose que de sauver le monde. La coupe de feu marque également le véritable retour de Voldemort, l’ennemi juré de Harry.

L’ordre du Phénix : C’est, à mon avis, avec le septième tome, le volume le plus dur de la série. Harry, incompris, se fait « persécuter » par le ministère de la Magie, est rejeté par bon nombre de ses camarades et doit faire front au professeur Ombrage, l’horrible nouvelle venue à Poudlard. Dans un style léger, Rowling met en scène des passages très difficiles : les retenues durant lesquelles Harry écrit avec son propre sang, le renvoi d’Hagrid, le procès de Harry… Des personnages jusqu’alors insignifiants comme le parrain ou le père de Harry acquièrent une nouvelle dimension. Notre héros lui-même, en proie à une crise d’adolescence somme toute assez comique est amené à reconsidérer son jugement sur ses parents, ses professeurs, le ministère… Et sur tout ça plane la peur omniprésente de Voldemort qui ne se manifeste jamais aussi clairement que dans l’Epouvantard auquel doit faire face madame Weasley au début du roman.  Si L’ordre du Phénix est aussi un pavé, à la différence de La coupe de feu, aucun chapitre n’est inutile.

Le Prince de Sang-Mêlé : Retour à un Harry Potter plus classique : le héros redevient lisse, sa popularité est de nouveau au beau fixe. Le sixième tome est une parenthèse qui s’intéresse presque davantage aux émois amoureux ou aux rivalités des personnages qu’à Voldemort lui-même. Seul les morts et les disparitions qui ponctuent le récit nous rappellent que le combat est loin d’être terminé. A noter aussi le coup de théâtre final qui a plongé bon nombre de lecteurs dans un grand désarroi…

Les Reliques de la Mort : Après l’image du père de Harry, c’est au tour de celle de Dumbledore, le directeur, de prendre dans cet ultime roman une bonne claque. Plus de quotidien d’écoliers : les morts s’enchaînent à une vitesse accablante, les personnages principaux sont pourchassés… Certaines scènes sont glaçantes : la visite de Harry et Hermione chez une vieille sorcière à Godric’s Hollow, la fuite continuelle de nos trois compères…. D’autres passages sont au contraire très émouvants : le moment où Ron détruit l’un des Horcruxes, celui où Harry a accès aux souvenirs du professeur qu’il déteste, le professeur Rogue…


Bref, le temps de quinze jours j’ai replongé dans Harry Potter comme on plonge avec délice dans un bon bain. Certains détestent relire : je fais partie  de ceux qui apprécient, assurée de ne pas avoir de mauvaises surprises et peut-être même de découvrir des détails qui m’auraient échappée lors d’une première lecture… Le danger étant surtout de ne pas chercher machinalement sa baguette magique au moment de partir travailler.

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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 13:11
Triskellion
Will Peterson
édition Milan



C’était annoncé comme LE roman jeunesse, celui qui allait détrôner Harry Potter et renvoyer Gaiman dans ses pénates, la nouvelle série fantastique, le Da Vinci Code des adolescents mâtiné de X.Files. Pas de chance, je déteste le Da Vinci Code.
Bah, reconnaissons-le, ça commençait pas si mal. Un frère et une sœur, jumeaux, sont envoyés chez leur grand-mère au fin fond de la campagne anglaise. Quasi même incipit que Le Monde de Narnia en somme sauf que là, ce n’est pas la guerre que les enfants fuient mais un divorce difficile. Adam et Rachel débarquent donc à Triskellion, le village de leur origine et ces petits américains découvrent avec angoisse un environnement qui leur est franchement hostile : les adolescents du coin les frappent, les adultes les ignorent, leur grand-mère est énigmatique et, surtout, le village semble receler un lourd secret ésotérique : le vaste dessin d’un symbole dans un champ, de vieilles runes, des hommes en vert qui se livrent à d’étranges rituels, un cercueil dans une église…. Et c’est là que ça se gâte : l’auteur, non content de faire intervenir rites douteux, réincarnations suspectes ou symboles magiques, s’empresse de rajouter en vrac jumeaux télépathes (et oui nos héros communiquent entre eux, pratique non ?) être surnaturel télépathe aussi et sur la même longueur d’ondes que les jumeaux (il s’appelle Gabriel, l’auteur s’est pas foulé niveau symbolique des prénoms) découvertes archéologiques troublantes avec présentateurs escrocs, des amis qui se révèlent des traîtres et des méchants qui se révèlent des gentils. Je passe sur les explosions, les incendies, les violents orages, les enterrés vivants, les détraqués… Oui, on est dans X-Files, mais dans un épisode où Mulder résoudrait toutes ses affaires en une seule fois, Scully ayant tout comme nous laissé tombé ; parce qu’à trop vouloir en faire, le récit sombre dans l’invraisemblance la plus totale. Oh, une carte ! Vite trouvons le trésor ! Oh oui suivons un parfait inconnu qui parle aux abeilles, il va nous expliquer tous les secrets du village. Il manque une triskèle ? Oh ça tombe bien une équipe télévisée arrive pour la déterrer. Manquons nous faire tuer par un malade mental puis revenons comme si de rien n’était déguster un bol de porridge chez mère-grand...
Et le pire dans tout ça c’est qu’au final… on ne comprend rien ! Pourquoi les jumeaux sont élus, quel est leur intérêt, quel est le secret des habitants du village à part se peinturlurer, qui est exactement l’homme enterré sous l’église… Certes il y a une suite à cette merveille qui nous révélera sans doute tous les secrets et bien d’autres encore. Le prochain épisode annonce déjà séquestration, poursuite en hélicoptère, trahison… ça va j’ai l’air assez enthousiaste ? Non, désolée, je suis encore en train d’essayer de comprendre le rôle déterminant de ces foutues abeilles dans l’histoire…
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