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29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 14:51

Twilight t.3

Hésitation

Stephenie Meyer

Editions Hachette

 

 

Allez petites canailles ! Je suis sûre que les histoires de vampires vous manquaient. Vous croyiez vraiment couper à la suite de la saga de Stephenie Meyer ?

 

Reprenons : Nous avons laissé notre héroïne Bella retrouver son beau vampire Edward et lui extorquer la promesse qu’il la transformerait en vampire le moment venu. Le problème c’est que Bella ne peut oublier son ami Jacob, le loup-garou, et qu’elle brave son amoureux pour aller le rejoindre de temps en temps. Assez délicat dans la mesure où Jacob ne tarde pas à lui déclarer sa flamme à son tour. Mais les rivalités interraciales ne sont bientôt plus de mise : en effet une vague de meurtres sévit à Seattle et il semble qu’encore une fois Bella soit la cible d’un complot de vampires. Heureusement ses deux prétendants s’allient pour voler à son secours. Un rapprochement est-il possible ?

C’est décidément une série très agaçante. Il faut dire ce qu’il est, c’est horriblement mal écrit et les personnages sont grotesques. Je ne sais lequel me donne le plus envie de lui taper sur la tête : Edward, le vampire glacial qui susurre des mots doux à l’oreille de sa promise et passe son temps à la porter comme un sac de patates, Jacob le loup-garou au sang chaud qui lui y va franco en embrassant l’héroïne sous n’importe quelle prétexte ou encore Bella, notre narratrice geignarde incapable de la moindre initiative si ce n’est de pleurer et de s’extasier longuement sur Edward. Les personnages secondaires à l’exception peut-être de Charlie, le père de Bella, ou d’Alice et de Rosalie, les sœurs du vampire, sont plutôt creux. Les amis « mortels » sont transparents et les autres loups-garous ne servent pas à grand-chose. Même les ennemis sont sans intérêt !

Alors pourquoi, me direz-vous un tel succès ? Pourquoi est-ce que j’ai lu moi-même Hésitation d’un bout à l’autre sans m’ennuyer ? C’est avant tout une question de rythme : à l’exception peut-être du long chapitre où les loups-garous se réunissent au coin du feu pour raconter leurs légendes, l’action est plutôt bien menée. Qui plus est, l’auteur joue sur un triangle amoureux sans pour autant céder à la facilité : Jacob et Edward sont tout autant amoureux de Bella et il n’y en a pas un qui la « mérite » plus que l’autre. D’un point de vue narratif cette fois, il est intéressant de noter la mauvaise foi de l’héroïne qui, incapable de s’avouer ses sentiments pour Jacob, s’enfonce dans une argumentation destinée à justifier son envie de voir le jeune homme. Meyer ne maîtrise pas le monde du fantastique ; en revanche elle sait parfaitement mettre en scène les premiers troubles de l’adolescent lambda.

Hésitation fait donc partie de ces nombreux romans qu’on lit de la même façon qu’on mange parfois de la nourriture bien grasse. Ce n’est que surenchères et débauches de moyens ; C’est lourd à digérer sur le moment sans vous rassasier pour autant. Ça ne présente strictement aucun intérêt mais on continue quand même. Pourquoi ? Parce que je crois que nous avons tous en nous une part de frivolité. Résignez-vous : vous devrez donc subir un de ces jours le dernier tome de la série…

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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 12:02

L’étrange vie de Nobody Owens

Neil Gaiman

Editions Albin Michel



Pour tous ceux qui ne connaissent pas ou redoutent de se plonger dans le fantastique, je ne saurais trop que recommander les œuvres de Neil Gaiman et tout particulièrement le roman dont je vais vous parler aujourd’hui.

Une nuit comme une autre, toute une famille se fait sauvagement assassiner par un mystérieux inconnu. Toute ? Non, car un enfant de deux ans, le dernier-né, alerté par le bruit, parvient à sortir de son berceau et à aller au cimetière voisin. Et là, l’impensable se produit : un couple de fantômes, monsieur et madame Owens, le prend sous sa protection et décide de l’élever comme leur fils. Devenu « citoyen libre du cimetière », Nobody (les fantômes n’ont guère d’imagination en matière de prénoms) grandit comme un enfant normal si ce n’est qu’il peut se déplacer à travers les murs du cimetière et voir parfaitement dans le noir. Confiné dans le cimetière car il est encore pourchassé par le tueur de sa famille, le petit garçon se lie d’amitié avec Silas, son tuteur, ni vivant ni mort, Liza la sorcière brûlée vive ou encore miss Lupescu, la gouvernante intraitable qui, tout comme Silas, ne fait partie d’aucun des deux mondes. Son chemin croisera aussi celui de cette étrange jeune femme montée sur un cheval que certains appellent la Faucheuse…

Il y a beaucoup de noirceur dans ce roman étrange et un univers qui fait irrésistiblement penser à celui de Tim Burton. Ce qui devrait être inquiétant (le cimetière, les fantômes) n’apparaît pas comme tel mais c’est au contraire le monde au quotidien (les vivants, l’école) qui devient dangereux et qui se révèle comme un immense piège pour notre héros. Le récit se présente en lui-même moins comme un roman que comme une succession de petites saynètes, permettant à l’auteur de mettre en scène justement plusieurs personnages intéressants (la sorcière enterrée en dehors de l’enceinte du cimetière, les goules, la vouivre qui garde le trésor de son maître mais aussi les camarades de classe de Nobody ou le vendeur qui veut le piéger) On retiendra notamment le très joli chapitre dans lequel vivants et morts se retrouvent lors d’une nuit pour danser ensemble la « Danse Macabre » expérience qui permettra à notre héros de comprendre à quel point la frontière entre les deux monde est ténue. Je vous rassure également, le récit est plein d’humour, humour qui naît justement du décalage entre ce qu’est dans notre imaginaire un fantôme (inquiétant, triste) et la façon dont il réagit dans le récit (la sorcière lanceuse de malédictions qui boude parce qu’elle n’a pas droit à sa pierre tombale ou encore la brave madame Owens qui apparaît comme une gentille matrone). Il y a certaines situations qui ne sont pas sans faire penser à Harry Potter, l’orphelin pourchassé à cause d’une prophétie, mais Gaiman se réclame avant tout du Livre de la Jungle (par pitié que personne n’évoque la piètre adaptation de Walt Disney) dans lequel le héros Mowgli est recueilli par des loups alors qu’il est encore bébé et se retrouve tiraillé entre ses véritables origines et son peuple d’adoption…

Bref, je n’en dirais pas plus et ne vous révélerai pas la fin du roman, qui est d’ailleurs à mon humble avis un peu frustrante et apparaît comme ma seule critique à l’endroit d’un récit par ailleurs très bien écrit et bien construit. Ils sont rares ceux qui comme Neil Gaiman peuvent nous faire adhérer aussi facilement à leur monde !  Vous êtes prêts pour une petite excursion au cimetière ?

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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 23:44

Une soupe de diamants

Norma Huidobro

Editions Ecole des Loisirs

 

 

Maléna est une fille incomprise par son père qui a commis l’outrage ultime de plaquer sa mère pour partir avec une femme plus jeune, qui, comme c’est pratique tout de même, se révèle être une véritable marâtre. Du coup, lorsque sa mère doit partir en voyage au Mexique pour son travail, Maléna se refuse catégoriquement à partir en vacances avec son père et préfère aller passer ses congés chez son grand-père. Car son grand-père est TROP génial : il a deux chiens et il adore cuisiner ; il a même ouvert un restaurant dans sa maison le week-end et Maléna est donc TROP contente de passer ses vacances avec lui….

A ce stade du roman, j’avais déjà perdu tout intérêt pour la lecture de Une soupe de diamants, partant du principe qu’un récit de jeunesse écrit à la première personne du singulier mettant en scène une gamine se passionnant pour la soupe aux oignons ne rentrait définitivement pas dans le cadre de mes attributions (moi je fais plutôt dans le registre adolescents psychopathes ou tout du moins dotés de pouvoirs paranormaux) Mais, ayant lu consciencieusement ma quatrième de couverture (ce que je fais toujours lorsqu’un livre commence à m’ennuyer) il m’apparut que le roman était un roman policier et que nous allions avoir une intrigue palpitante dans le village à priori sans intérêt du grand-père. Et c’est ainsi qu’entre deux descriptions culinaires, Maléna enquête sur le meurtre d’une infirmière dont elle a retrouvé le collier près d’une maison abandonnée… En effet un innocent, le brave idiot du village est accusé à tort et notre justicière ne peut laisser passer une telle bavure. Aussi, elle mène sa propre enquête, essentiellement via Internet (hautement réputée pour sa fiabilité et son potentiel d’investigation) et découvre que l’assassinat a un lien avec un vol de diamants… Je vous rassure, Maléna va déjouer l’infâme complot, risquer sa vie, et finalement s’en tirer avec les honneurs, la récompense et tout le toutim pour rentrer la tête haute chez elle, en ayant qui plus est évité l’odieuse belle-mère et procuré de l’argent à son grand-père pour s’acheter un restaurant…

Autant vous dire, si j’ai lu le livre jusqu’à la fin, c’était avec un unique espoir : que le personnage se plante et qu’on apprenne à l’ultime seconde qu’elle s’était trompée du tout au tout. Ça aurait été drôle non ? Et plus crédible que de voir une adolescente réussir là où tous les enquêteurs ont échoué. Qui plus est, je viens de découvrir le personnage le plus antipathique de toute l’histoire de la littérature jeunesse, la sale gosse bouffie d’orgueil qui ne se remet jamais en question, une espèce d’avatar de Claude dans Le club des 5 qui résout toujours toutes les enquêtes et, qui plus est, réveille toujours ses malheureux cousins à des heures défiant toute décence. Bref, vous l’aurez compris, je n’ai guère apprécié le personnage de Maléna, encore moins une intrigue tirée par les cheveux et une happy end frisant le ridicule (encore un peu et l’auteur nous faisait rentrer le père au bercail). Alors là j’attends l’argument choc : « C’est un livre pour enfants, les enfants peuvent s’identifier à l’héroïne un peu mal dans sa peau, qui résout une enquête, c’est libérateur et ça leur fait prendre confiance ». Ouais, encore faut-il que ça soit bien fait. Je ne suis pas contre l’idée dans les romans de l’enfant plus intelligent que les adultes qui fait des choses que ces derniers sont trop obtus pour réaliser. Encore faut-il que ce soit bien écrit et un minimum crédible. Un lecteur, quel que soit son âge, n’est pas un idiot.

Vous remarquerez que j’évite de parler du style. On peut dire que l’auteur a, involontairement peut-être, réussi son coup puisque le roman donne effectivement l’impression d’avoir été écrit par une gamine de douze ans, avec cependant quelques passages assez réussis (je pense notamment au passage où Maléna dit au revoir à sa mère sur le quai de la gare). C’est plat, sans rythme aucun, ce qui vous en conviendrez est plutôt ennuyeux pour un roman policier, et entrecoupé l’air de rien de petites morales (le troisième âge a aussi droit à l’amour, il ne faut pas accuser sans preuves, il ne faut pas quitter sa femme, les vieux sont utiles à la communauté et les chiens n’ont rien à faire dans un restaurant). Vite lu, vite oublié, telle est ma conclusion, et si vraiment vous cherchez une histoire de diamants digne de ce nom dans la littérature jeunesse allez plutôt farfouiller du côté de Horowitz avec son Faucon malté car avec la soupe de ce jour vous ne serez guère rassasiés…

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11 janvier 2009 7 11 /01 /janvier /2009 19:15

Le premier qui pleure a perdu

Sherman Alexie

Editions Albin Michel

 

 

Arnold Spirit alias « Junior » est un Indien de la réserve de Spokane. Il est né avec un problème au cerveau qui l’a rendu myope, avec une tête énorme et des tics de langage. Brillant il l’est certes, mais son intelligence ne lui sert pas à grand-chose dans une communauté qui privilégie la force. Pauvre, Junior sait que s’il reste parmi les siens, il finira comme la plupart des Indiens de la réserve. Il survivra plutôt qu’il ne vivra, épousera une fille à côté de chez lui et finira alcoolique. Alors lorsqu’une occasion se présente, il postule pour le lycée de Reardan, un lycée de Blancs. Une décision qui lui coûte l’amitié de son meilleur copain Rowdy, qui prend cet acte comme une trahison, mais qui lui attire aussi l’inimité des Indiens de la réserve et la méfiance de ses nouveaux camarades. Fort heureusement, notre héros est doté d’un solide sens de l’humour et d’une capacité d’autodérision qui va lui être très utile…

Ce n’est pas le meilleur livre du siècle, loin s’en faut, mais Le premier qui pleure a perdu est un roman pour adolescents assez sympathique à lire. Les bons sentiments passent mieux grâce à un style drôle et direct. On pouvait s’attendre à un manichéisme assez prononcé, soit dans un sens soit dans l’autre, mais l’auteur évite les écueils. Certes, les Indiens sont le plus souvent présentés comme alcooliques et brutaux, mais cette condition apparaît surtout comme une conséquence de leur misère et leur pauvreté. Le père du narrateur a beau être alcoolique il n’en apparaît pas moins comme un père aimant, bien supérieur en cela aux pères des camarades blancs que Arnold fréquente. A l’opposé, les Blancs, prospères et pour la plupart d’entre eux racistes ne semblent pas non plus être considérés comme des suppôts de Satan par le narrateur. En bref, personne n’est vraiment mauvais dans ce roman ou plus exactement tout le monde l’est un peu, y compris le héros qui se réjouit d’avoir battu lors d’un match de basket l’équipe de son ancien lycée, avant de se rappeler que la plupart des élèves de la réserve vivent dans des conditions précaires et que sa victoire n’a rien de bien glorieux. L’auteur ne cherche pas à minimiser non plus les conditions dans lesquelles les Indiens vivent et la pauvreté de la famille de Arnold est d’autant plus poignante qu’elle est décrite sans larmoiements inutiles et sans fioritures. Bref, c’est une jolie histoire, relativement courte (plus longue le style finirait par lasser) pleine d’optimisme, avec en prime des dessins amusants et quelques passages très émouvants. Car chez les Indiens, nous dit le narrateur, tout est mêlé et le rire les larmes ne font qu’un…

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26 décembre 2008 5 26 /12 /décembre /2008 14:07

Tentation

Stephenie Meyer

Editions Hachette



Joyeux Noël ! J’espère que vous en avez tous bien profité. Et comme je suis extrêmement gentille aujourd’hui, après deux jours de bombance, je vous épargne les romans impossibles nécessitant plus d’un demi-cerveau et je vais vous parler du second tome de la série de Stephenie Meyer.

Retournons donc à nos histoires de vampires végétariens et retrouvons notre héroïne Bella qui, à son grand dam, franchit le cap des 18 ans et s’éloigne ainsi de la jeunesse éternelle de son amoureux Edward Cullen, le vampire. Bella en effet ne désire qu’une chose : devenir vampire à son tour pour pouvoir vivre à jamais sans soucis avec son promis. Mais Edward ne l’entend pas de cette oreille et refuse d’en faire une immortelle. Les choses se gâtent quand la jeune fille blessée involontairement manque de se faire mordre. Le jeune homme se rend compte qu’il est une menace et décide de partir avec toute sa famille pour la protéger de leur malédiction. Restée seule, Bella sombre dans une obsession qui la pousse à rechercher le danger : en effet, dans les moments où elle risque sa vie elle peut entendre la voix d’Edward et ainsi vivre l’illusion qu’il ne l’a jamais abandonnée…

Il n’y aura pas beaucoup de vampires dans cet épisode, enfin, en quantité limitée, et les amatrices du beau Edward Cullen en seront pour leurs frais car il apparaît peu (comment vont-ils faire pour le film ? Ce sont les fans qui ne vont pas être contentes) En revanche, l’intrigue est, il faut l’avouer, nettement plus intéressante. Bella, délaissée, se tourne vers un personnage secondaire du tome 1, Jacob, qui s’avère être un loup-garou (oui dit comme ça ça paraît idiot mais rappelez-vous que vous êtes dans du fantastique) et se retrouve tiraillée entre deux modes de vie radicalement opposés. Il faut être clair : Jacob présente autant d’intérêt que Edward, c’est-à-dire quasiment aucun, mais le personnage de Bella est intéressant car il rend bien compte de l’obsession amoureuse et d’un désir qui va à contre-courant de la raison. Mais qu’est-ce que la raison ? Jacob qui paraissait la solution la plus confortable apparaît lui-même comme un monstre. L’une des forces de l’ouvrage est sans conteste l’absence de compromis propre à la littérature jeunesse et une peinture des sentiments plutôt bien rendue. Pas de gentil vampire et de méchant loup-garou qui essaie de ravir la belle, seulement des conflits d’intérêt qui se résoudront au détriment de l’un des protagonistes (mais je vous dis pas lequel pour ménager le suspens)

En gros, pour résumer : niveau psychologique c’est plutôt bien rendu. Après l’intrigue reste assez mince (Edward part, Bella pleure, Jacob vient la consoler, Jacob découvre qu’il est un loup-garou, et à la fin, comme d’habitude l’action s’accélère un peu) et le style est tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Ceci dit, ce sont les vacances, nous sommes tous un peu fatigués  alors pour aujourd’hui ça suffira non ? Il sera toujours temps dans quelques jours de reprendre des lectures plus sérieuses….

 

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18 décembre 2008 4 18 /12 /décembre /2008 18:43

Pyromane

Romuald Giulivo

Editions Ecole des Loisirs

 

 

Si vous trouvez que le dernier roman dont je vous ai parlé, Fascination était réservé à un public d’adolescents, alors je vous déconseille de lire le livre que nous allons voir aujourd’hui : Pyromane. Encore que je me demande quel genre d’adolescents psychopathes pourrait apprécier cet ouvrage…

Romain a treize ans et c’est un garçon très intelligent qui supporte mal ce monde de manants dans lequel il vit. Il n’a pas d’amis, évidemment (apparemment être très intelligent vous empêche d’avoir des amis au collège) et se fait malmener par Arnaud, la petite brute. Du coup à la récréation il se réfugie au CDI : « J’y avais ma table attitrée, près de K comme Kafka et les M comme Musil » (mais bien sûr, à 13 ans, tous les garçons intelligents lisent Musil ! Quand je pense qu’à 29 ans moi j’ai eu du mal à finir l’un de ses ouvrages, je me sens très mal) et avec son atlas imagine une nouvelle vie, loin de la grisaille de la ville (ça y est je deviens poétique à mon tour) Bref, les adultes ne comprennent rien, sa mère est trop nulle, ses profs sont trop nuls, seule sa sœur gothique fumeuse  de joints peut comprendre (un peu) sa détresse (écrasez une larme s’il vous plaît) Mais rassurez-vous ! Notre héros rencontre Lola, une psychopathe un brin pyromane de son âge qui lui annonce cash qu’elle l’aime et qu’ils vont vivre une semaine magique ensemble puisque, après, Romain déménage. Et donc ensemble nos deux tourtereaux vont donc vivre une semaine magique : ils vont jouer dans les fontaines, sécher les cours, se venger d’Arnaud, courir nus dans les champs (bon là j’exagère un peu) et oublier le temps de quelques jours leurs misérables existences. Parce que l’amour c’est beau, c’est la seule chose qui vaille le coup dans cette vallée de larmes qu’est la vie, surtout quand on est un adolescent plein de fougue. Rassurez-vous, pour les plus pudibonds il n’y aura pas de sexe (la fille a l’air tout disposé mais Romain sorti du latin et de Musil a un peu de mal) parce que c’est pas là l’important, l’important c’est qu’on s’aime, BORDEL VOUS AVEZ PAS ENCORE COMPRIS ?! C’est pas qu’une histoire d’hormones, il faut le croire.

Bref, je pense que vous aurez compris à la lecture de cette note que je n’ai mais pas du tout aimé ce livre qui ferait presque passer Fascination pour un chef-d’œuvre de la littérature jeunesse. Si encore c’était bien écrit ! Mais non, même le style paraît artificiel. L’auteur raffole des phrases courtes et chocs avec des répétions grossières, on se croirait presque dans une parodie de Duras. Les personnages sont inintéressants au possible, l’histoire ne présente aucun intérêt. C’est un ouvrage faussement provocateur (les deux enfants qui font les 400 coups, mais, rassurez-vous, rien de nature à choquer les âmes sensibles) un concentré de banalités qui accumule les clichés (la surveillante qui n’aime pas ses élèves, les professeurs obtus, la mère étouffante, l’adolescent souffre-douleur, l’adolescente marginale) et tout ça pour quoi ? Mystère… Quelle est la finalité de l’ouvrage ? Je ne suis plus une ado je ne peux sans doute pas comprendre ou alors je suis trop embourgeoisée et je ne peux plus m’enthousiasmer à la lecture d’un Kerouac ou d’un atlas de géographie.

Je pardonnerais à l’auteur s’il a le même âge que son narrateur. Sinon, je suppose qu’il a eu une enfance très difficile….

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15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 11:07

Fascination

Stephenie Meyer

Editions Hachette

 

 

De temps en temps, il y a des thématiques à nos articles. Restons donc dans la catégorie « best-sellers » avec un ouvrage pour la jeunesse dont vous avez sûrement entendu parler et qui fait actuellement un carton. Fascination ça vous dit quelque chose ? Et si je vous parle de Twilight alors ? ça vous dit déjà plus ? Il s’agit du premier tome d’une série de Stephenie Meyer qui sortira d’ailleurs au cinéma en janvier.

Fascination est effectivement fascinant. Je suis restée perplexe tout au long de ma lecture. J’avais eu deux avis contraires sur cette série : l’un était élogieux, l’autre incendiaire. Quant à moi, en le lisant, j’essayais de me faire ma propre opinion, sans réellement y parvenir… Mais faisons un rapide petit résumé.

Bella (diminutif de Isabella) quitte l’Arizona où elle vivait avec sa mère, pour s’installer avec son père à Forks, une petite ville pluvieuse qui suinte l’ennui. Cette jeune fille de dix-sept ans plutôt mal dans sa peau et assez solitaire est persuadée qu’elle ne s’habituera jamais à sa nouvelle existence. Seulement voilà : le premier jour de classe, son regard croise celui d’un beau rouquin nommé Edward. C’est aussitôt le coup de foudre. Mais Edward est un peu étrange, Bella en a vite la preuve dès l’instant où il lui sauve la vie en déviant une voiture qui menaçait de l’écraser… La jeune fille ne tarde pas à découvrir que son soupirant ainsi que les autres membres de sa famille sont des vampires, une situation qui va la mettre dans une position extrêmement délicate…

Quand j’étais jeune étudiante, j’ai fait un mémoire sur les romans roses et j’ai dû me farcir un nombre incalculable de livres de la série Harlequin. Il y en a un qui m’a particulièrement marqué : je ne sais plus du tout le titre mais l’histoire était assez simple ; une jeune femme tombe amoureuse d’un vampire (oui on était dans la série « Frissons » ou « fantastique ») et après moult pérégrinations et deux scènes érotiques décide de devenir vampire à son tour. Le couple finit sa vie ensemble, heureux, et baguenaudent la nuit en mangeant des steaks saignants (car les vampires d’Harlequin, sauf les méchants, ne mangent pas d’humains). De fait, certains passages de Fascination ne sont pas sans me rappeler ce grand moment littéraire. Dans le roman de Meyer, Edward et sa famille ne se nourrissent pas du sang des humains et vivent parmi eux. Un choix de vie qu’ils comparent à celui d’hommes qui se nourriraient de tofu ou de soja. Je pourrais adhérer au postulat si la difficulté du choix apparaissait clairement, si la tentation du sang était montrée de façon plus explicite. Que nenni ! A part Edward qui paraît avoir du mal à lutter contre son envie de se nourrir de sa douce, les autres semblent vivre leur situation de façon très décontractée, chassant le grizzli et le puma à la nuit tombée sans paraître éprouver la moindre envie de se repaître de quelques ados égarés. Dans ces conditions, je ne m’étonne pas plus que ça que l’héroïne ait elle-même envie de devenir vampire à son tour : devenir super forte, immortelle avec de super pouvoirs et vivre avec un beau jeune homme à jamais, ça semble plutôt tentant non ? ça c’est le point le plus gênant de l’histoire, le second étant sans conteste l’histoire d’amour à deux sous qui ne tarde pas d’agacer. Edward et Bella sont amoureux et pendant les trois quarts du roman vont se déclarer leur flamme à toutes les sauces sur un ton mièvre. Certes, la fascination de l’héroïne pour Edward est extrêmement bien rendue, et la tension érotique entre les deux adolescents assez bien représentée, mais à force de s’attarder sur cette relation : « Edward est merveilleux, il est parfait et ses muscles sont d’acier, oh Bella tu sens divinement bon » le récit s’essouffle. Heureusement, l’auteur a le bon sens d’enchaîner sur un rebondissement inattendu (l’arrivée de nouveaux vampires) qui va dynamiser la fin du roman et finir sur un peu d’action.

Alors, me direz-vous, pourquoi ne jetons-nous pas ce livre à la poubelle d’entrée de jeu ? A vrai dire je ne sais pas trop. Si le récit m’a agacée, je ne peux le balayer d’un simple revers de la main. Je l’ai dit, dès le moment où l’histoire d’amour entre Edward et Bella est assumée, l’intrigue prend un tour plus intéressant ; qui plus est, le personnage de l’héroïne est très attachant. Il serait de bon ton que Bella soit une adolescente renfermée et mystérieuse qui évolue avec grâce au milieu de la foule, indifférente et méprisante. Or, la jeune fille, renfermée certes, cherche avant tout à s’intégrer et surtout est d’une maladresse sans pareille qui confine à la catastrophe. La narration étant faite de son point de vue, à la première personne, le ton n’est donc pas exempt d’humour et d’un second degré assez agréable au milieu de tout ce rose bonbon. Quant au style, et bien… je ne saurais me prononcer. Pour moi, c’est celui d’un honnête roman de gare, un peu poussif par endroits, mais pas forcément désagréable.

Je suis curieuse je l’avoue de voir ce que le livre donnera au cinéma. Est-ce que l’histoire d’amour paraîtra moins pénible, la duplicité des vampires sera-t-elle mieux rendue ? Difficile à dire. En attendant je donnerai sa chance à la suite de la série très prochainement, histoire de voir si nos vampires se nourrissent toujours de steaks…

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28 octobre 2008 2 28 /10 /octobre /2008 00:02

La couleur de la peur

Malorie Blackman



Les cauchemars ne sont pas toujours peuplés de créatures fantastiques, d’incendies ou d’amphis où tout le monde vous voit nu. Les cauchemars varient selon les gens et les humeurs, la situation familiale, les peurs, le passé du dormeur ou tout simplement de ce qu’il a mangé le soir avant de se coucher. Certains se contentent de rêver qu’ils se font virer, d’autres qu’ils se font plaquer lors de la cérémonie de leur mariage et d’autres encore qu’ils se font écraser par des chaises ou poursuivre par des chiens enragés. Il y même certains petits veinards qui ne cauchemardent pas du tout.

Alors ce soir, comme d’ailleurs c’est bientôt l’heure d’aller dormir, parlons cauchemars puisque c’est le thème du roman d’aujourd’hui.

Ça commence de façon tout à fait ordinaire. Kyle, jeune garçon un brin perturbé par une situation familiale qu’il se refuse à reconnaître, part en voyage de classe avec ses camarades et son professeur. Seulement voilà que le train a un accident. Suspendu au-dessus du vide dans ce qui pourrait devenir son tombeau, Kyle est le seul à rester conscient dans le wagon. Sentant qu’un danger rôde dans le véhicule, il ne lui reste plus qu’une solution pour y échapper en attendant les secours, c’est de se plonger dans les cauchemars et les rêves de chacun de ses compagnons blessés. Mais la Mort se promène dans toutes les têtes et, pour la fuir, le jeune garçon n’aura d’autre choix que d’affronter son propre cauchemar….

C’est sans conteste l’une de mes meilleures surprises au rayon jeunesse depuis longtemps. On peut reprocher quelques petites bricoles à ce roman, entre autres son aspect décousu ; il s’agit en effet moins d’un récit que de plusieurs nouvelles (les cauchemars de chacun) avec un fil rouge (l’accident de train et l’histoire de Kyle). D’ailleurs, l’auteur confesse à la fin avoir déjà publié plusieurs de ces historiettes dans des revues. Cependant, toutes ont été retravaillées et au final, ce bric-à-brac hétéroclite forme un roman tout à fait réussi. De la matière même des rêves, le contenu des récits varie et nous passons ainsi d’un chapitre où le fantastique pur prédomine (l’un des élèves affronte Méduse le personnage mythologique ou encore le professeur signe un pacte avec le Diable) à des histoires beaucoup plus vraisemblables (l’une des élèves auraient tué ses amis, l’ami de Kyle rêve de ce que pourrait être son avenir) Difficile de savoir dans cette promenade la part de réel et de mensonge et l’auteur se soucie peu de trouver une réponse. Lily, l’une des passagères du train a-t-elle vraiment des petits-enfants psychotiques, Kendra se fera-t-elle harceler plus tard par son compagnon, nous n’en savons rien et au fond nous nous en moquons. Pour Kyle, cette promenade dans l’univers bleu gris des rêves est avant tout une quête initiatique, le moyen de puiser des forces afin de faire face à son propre cauchemar qui, comme tous ceux des autres, est unique et n’appartient qu’à lui.

La couleur de la peur est un savant mélange entre fantastique et suspens (qui se promène dans le wagon ? Les secours arriveront-ils à temps pour sauver tout le monde ?) avec un personnage attachant. Kyle est un adolescent tout ce qu’il y a de plus ordinaire : il ne sait pas comment secourir ses camarades, il fuit son passé… Qui plus est, il n’intervient pas du tout dans les rêves de ses amis (certaines des histoires sont racontées du point de vue de la personne inconsciente) mais son rôle de « passeur » de rêves fait que le lecteur s’identifie volontiers à lui. Bon, un petit bémol, le côté un peu moralisateur de la fin, mais ça n’ôte en rien les qualités d’un roman  bien écrit et qui remue le somnambule qui cauchemarde en chacun de nous.

Sur ce je vous souhaite une bonne nuit et rappelez-vous que si tout songe est mensonge c’est aussi parce que nous nous cachons en chacun de nos rêves…

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23 septembre 2008 2 23 /09 /septembre /2008 12:06

Le voyage de Gaspard

Eric Pauwels

 

Bon après Dantec on passe à un style radicalement différent avec un livre pour enfants Le voyage de Gaspard. Et si, en lisant Dantec, j’ai beaucoup pensé à mon frère aîné, en lisant ce roman pour adolescents (que personnellement je n’oserai jamais conseiller à un ado) j’ai pensé à mon autre frère en me disant « Mon Dieu je crois qu’il détesterait »

 

Petit résumé ; Gaspard est un gentil garçon de dix ans qui, toujours flanqué de son inséparable compagnon, Puf le chien (et non Paf) accompagne son grand-père aveugle au musée et l’écoute parler de tableaux dont l’homme ne peut plus que se souvenir maintenant qu’il a perdu la vue. Un jour, le grand-père s’arrête devant un tableau La jeune fille à l’oiseau mort et commence à en raconter l’histoire. Le hic c’est qu’il ne voit pas que le tableau est actuellement en prêt et qu’il n’est pas accroché au mur. Gaspard, qui n’ose rien dire à son grand-père, ne peut donc qu’imaginer ce qu’il est advenu du tableau et ce qu’il représente…. A partir de là, le récit met en scène Gaspard et son chien à la recherche du tableau disparu, voyage qui, il faut le comprendre n’a lieu que dans l’imagination du gamin. Bref, Gaspard, par le biais d’un navire, s’embarque dans un royaume enchanté peuplé d’îles de toute sorte (l’île des Mots, l’île du Miel, l’île des chiffres, Elibaniéniébénil le royaume du Désir…) et vit de merveilleuses aventures qui, je vous rassure, finiront toutes bien. Il croisera différents personnages (un parfumeur un peu filou, un sorcier sur son tapis volant, un peintre voleur, un cartographe maniaque, des gnomes) qui l’aideront dans sa quête et, surtout, lui raconteront un grand nombre d’histoires. Au terme de ce voyage initiatique, Gaspard trouvera le tableau et comprendra ce que le peintre a voulu expliquer…

 

D’une chose d’abord ; je trouve que dans ses remerciements finaux, qui pourtant vont de Platon à Bettelheim, l’auteur aurait pu mentionner Michael Ende, le génial créateur de L’histoire sans fin, car il me semble douteux qu’il ne s’en soit pas inspiré, ne serait-ce qu’un petit peu. Même construction narrative avec un personnage qui par le biais d’un objet (une peinture ici) se retrouve « propulsé » dans un monde merveilleux où tout est possible, même façon de procéder (des histoires à l’intérieur d’une histoire) et une série de personnages fantastiques. Plus explicitement Eric Pauwels s’inspire des contes des Milles et une nuits et met volontiers en scène un décor de déserts et d’oasis ; qui plus est, il s’approprie sans aucun remords les histoires des autres et nous relate le mythe de l’Hermaphrodite (merci Platon) et l’histoire des pas dans le sable que j’ai entendu à de nombreuses reprises au cours de catéchisme ! Ceci dit, l’ensemble est plutôt bien construit, les histoires sympathiques à lire et, pour peu qu’on adhère un minimum à l’univers merveilleux, on pardonne volontiers ces plagiats avoués (plagiats non, plutôt réappropriations) qui ressemblent avant tout à des hommages.

 

Ce n’est pas donc l’aspect Mille et une nuits ou L’histoire sans fin qui me gêne ici (il faut dire que, petite, L’histoire sans fin était mon livre de chevet). Non, ce qui me gêne dans Le voyage de Gaspard c’est plutôt l’aspect Petit prince. Le ton du récit est naïf, à la limite du supportable. Dans le roman de Michael Ende, Bastien, le héros, était un petit garçon boudiné, bien loin de l’image sucrée qu’en a fait plus tard Wolfgang Petersen dans son adaptation cinématographique, et qui, d’abord plein de complexes, évoluait pour devenir même à un moment donné mauvais ! C’était un personnage réaliste et, au demeurant, attachant. Gaspard n’est pas crédible une seconde ; c’est un enfant idéal (le genre à manger gentiment ses légumes) qui accompagne aimablement son grand-père aveugle au musée (dites, à dix ans, sincèrement, vous aimiez vous taper les musées avec vos grands-parents ou vos parents vous ?) et qui tout le long des six cent pages du récit n’évoluera pas d’un iota. Il sera toujours égal à lui-même, sympathique, à la recherche de son tableau, et tous ceux qui le rencontreront l’aimeront beaucoup. Pareil au niveau des situations ; dans L’histoire sans fin, il y avait vraiment des passages horribles, des moments où l’on craignait pour la vie des personnages. Ici rien de tel. Tout est figé, rien ne semble troubler le cours paisible des événements car tout est « écrit » (idéologie douteuse mais bon on va pas en faire un fromage) et le seul événement « grave » du roman c’est lorsque Gaspard perd son chien ! Plus soucieux d’aligner ses histoires que de construire véritablement un récit, Pauwels cède à ce que je nommerai « le syndrôme Petit prince ». En gros, il s’agit par le biais de récits  merveilleux d’aligner quelques réalités essentielles sur la vie l’amour, la mort etc., le but étant que l’enfant ouvre de grands yeux émerveillés et que le parent verse sa petite larme d’émotion. C’est très mignon je l’accorde mais ça verse parfois dans le mièvrerie (oui je sais mais ça fait longtemps que je n’avais pas utilisé ce terme) et dans la morale des bons sentiments où tout le monde est beau et gentil (note : Pauwels qui a écrit ce roman pour son fils Gaspard a tout de même intérêt à le prévenir qu’il ne doit pas faire comme le héros et suivre de parfaits inconnus qui lui proposent l’hospitalité)

 

Au final, ce roman me fait penser aux albums jeunesse soigneusement léchés, le genre qui plaît plus aux parents qu’aux enfants (les traîtres se sont déjà précipités sur Dora ou Bob l’éponge) C’est très éducatif, très moral, très instructif. Personnellement, si je devais l’acheter pour mes enfants, ce serait plus pour leur lire le soir (le roman joue beaucoup sur l’oralité des contes, avec les répétitions et un style direct) avant qu’ils s’endorment. Si vous êtes d’humeur cynique, vous ne pourrez que détester, mais si vous aussi vous êtes atteint du syndrome Petit Prince et du complexe du Petit Poney, alors pourquoi pas ? Moi, si vous permettez, je vais passer encore quelques temps à déterminer si j’ai aimé ou pas…

 

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15 juillet 2008 2 15 /07 /juillet /2008 22:18
Mathis l’enfant qui venait du froid
 Eric Sanvoisin



 Bon, je vais commencer à me poser des questions : soit la littérature jeunesse est dans une mauvaise passe, soit c’est moi qui devrais arrêter d’en lire le temps que le genre retrouve grâce à mes yeux. L’histoire encore une fois paraissait alléchante : le récit d’un adolescent de treize ans qui, atteint d’un cancer en phase terminale est cryogénisé par ses parents et se réveille en 2162 pour découvrir un futur où les hommes sont contraints de vivre sous terre à cause du dérèglement climatique. Bien vite il découvre une société qui a perdu tout goût de vivre et rejoint un groupe de dissidents, les Révoltés, des ex. « Réveillés » comme lui qui restent persuadés que la vie en surface est viable et qui n’aspirent qu’à une seule chose : retrouver le soleil et l’espace. Hélas ! Vous vous souvenez de mes réticences concernant le livre d’Arthur Ténor ? Et bien j’affirme que sivoustenezalesavoir.com est un chef-d’œuvre comparé au roman de Sanvoisin. Le personnage de Mathis est aussi insipide que son prénom. C’est le gamin le plus tête à claques qu’il m’ait été donné de rencontrer dans la littérature jeunesse. Voilà un ado qui, atteint d’un cancer (à noter que le cancer n’est qu’un prétexte narratif que l’auteur ne prend même pas la peine de développer) se réveille 162 ans plus tard, à peine surpris. Le temps de pleurnicher un peu sur ses parents (mais là non plus aucun développement : à quoi bon ?) et hop ! Le voilà prêt à se révolter contre le système qu’il vient de découvrir. Alors je suis peut-être un peu critique mais, à treize ans, moi spontanément, je ne mettais pas en doute la conformité du système et je ne montais pas de révolutions en trois coups de cuillers à pot. Tout le monde sait qu’il n’y a rien de plus conforme qu’un adolescent. Tout le monde sauf Mathis apparemment qui se pose de graves questions existentielles (non je ne peux pas vivre dans cette société) et qui super intelligent arrive simultanément à échapper à de mystérieux poursuiveurs, à apprendre la télépathie en vingt leçons sans peine et à emballer sa coéquipière Aurora aussi sec (encore un prénom atroce) tout ça sans perdre son dynamisme. Respect tout de même. Je ne prendrais pas la peine de vous exposer l’intrigue en détail tellement elle est tirée par les cheveux et si je commence à vous parler du rôle clé de Mathis en tant que « reproducteur » ou des complots des différents protagonistes, vous risquez d’avoir envie de vous pendre. Je vous épargnerai les dialogues hautement crédibles : « Mais ne restons pas là à bavarder comme de vieux amis, Mathis. C’est trop dangereux. Nous faisons une cible idéale. » (note : ces propos sortent de la bouche d’une gamine de quatorze ans qui a une centaine de personnes à ses trousses) les points d’exclamation et d’interrogation toutes les deux lignes pour dynamiser le récit (Matthis ! Attention derrière toi ! Oh la la Aurora comment allons-nous faire ?!) ou encore la construction de la narration tellement poussive qu’elle tue tout suspens. Non il n’y a définitivement rien à sauver dans ce roman si ce n’est peut-être l’idée d’un univers qui aurait pu être intéressant s’il avait été mieux exploité et la conclusion que, décidément, Mathis est définitivement un prénom hideux…
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