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31 août 2016 3 31 /08 /août /2016 18:36

L02.jpg15 ans

Michelle Dalton

éditions Albin Michel Jeunesse

2013

 

C'est l'été des quinze ans de Chelsea et, de son point de vue, quinze ans c'est pas si mal : l'âge ingrat est presque terminé et il flotte dans l'air comme un parfum d'amour et de liberté. Le problème c'est que c'est également le premier été dans la maison au bord du lac de sa grand-mère sans cette dernière, décédée il y a peu. Pour Chelsea, ses parents et ses deux soeurs, difficile de considérer ces vacances du même oeil et de se réinventer un été à cinq. Et quand au détour d'une librairie le regard de l'adolescente croise celui de Josh, ce sont d'autres perspectives qui s'ouvrent à elles.

Bah, c'est un roman d'ado pour l'été : ça parle d'amourettes de vacances et de feux d'artifice, de baignades dans un lac et d'hormones en ébullition. C'est pas si mal : je déplore un peu l'histoire d'amour gnangnan et les relations entre les trois soeurs auraient gagné à être plus développées. En revanche, le vide laissé par la grand-mère est l'occasion d'une très jolie réflexion sur le deuil que l'auteur amène avec beaucoup de finesse. Comment continuer et se réinventer des habitudes lorsqu'on perd un être cher ? 15 ans est également un roman qui rend assez bien compte des premiers émois amoureux et des affres qui en résultent. A emporter au bord de la plage ou à lire sous les étoiles en rêvant au prince charmant.

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27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 19:08

L05.jpgMacha ou l'évasion

Jérôme Leroy

éditions Syros

2016

 

Macha-des-Oyats a cent-sept ans et vit paisiblement ses dernières années au milieu des arbres dans une ZAD, ces zones autrefois sensibles et qui sont aujourd'hui dans le monde de la Douceur les communautés qui ont remplacé les villes surpeuplées. Un jour trois jeunes gens, des cueilleurs d'histoires, viennent la voir depuis une ZAD voisine et la prient de leur raconter sa vie : en effet Macha est l'une des dernières à avoir connu le monde de la Fin, ce monde paralysé par la course au profit, le racisme et les attentats. Aussi, pour leur faire plaisir, Macha accepte une dernière fois de se replonger dans des souvenirs douloureux.

On va encore dire que je suis méchante mais j'ai plutôt détesté ce livre. Par quoi on commence ? Par le monde de la Douceur ? Rien que le nom laissait craindre le pire. Ce nouvel âge d'or me semble surtout un croisement bâtard entre une communauté hippie et une fausse tribu indienne. Les gens vivent dans des cabanes dans les arbres, bannissent toutes institutions et toute technologie, consultent des Hommes Médecines et prennent des noms ridicules. Plus de maladies ni de morts violentes, la violence et le stress ont disparu et je suppose que ça a fait disparaître par magie les prédateurs, les catastrophes naturelles, les accidents domestiques.. Mais si le monde de la Douceur m'a paru déjà passablement niais, ce n'est rien comparé à ce qui m'attendait lorsque Jérôme Leroy s'emploie à nous décrire le monde de la Fin. Je vous rappelle que ce monde se situe chronologiquement à peu près à quinze vingt ans du nôtre, pourtant si l'on retrouve hélas quelques similitudes à notre époque troublée (les attentats, la montée de l'Extrême-Droite) la Fin de Leroy autrement semble s'apparenter à l'époque du 19e siècle, avec de riches notables aristocrates et snobs qui vouvoient leurs conjoints et leurs enfants et qui, bien entendu, sont racistes et intolérants. Ben voyons, quelle audace. Je suppose que dans les années 50 ces portraits auraient eu encore quelque pertinence mais là c'est vraiment taper sur un système qui n'est plus à l'ordre du jour. J'aurais été plus convaincue par un monde rempli d'ados scotchés à leurs portables, d'actionnaires véreux, de campagnards FN et de bobos prônant le retour à la nature mais infoutus de se décoller cinq minutes de leur ordinateur. En bref j'aurais été plus convaincue par un monde où chacun est responsable de la dégénérescence de ce dernier et pas seulement les "riches", ce groupe mystérieux qui, dans l'imaginaire de Leroy, a remplacé les Illuminati. C'est d'autant plus ridicule que l'auteur appelle tout au long du livre à se garder des préjugés.

Et l'écriture me direz-vous ? Bah, reconnaissons à l'auteur qu'il sait écrire même c'est un style plutôt pompeux. Néanmoins je n'ai ressenti aucune émotion dans ce texte. Vincent VIlleminot dans Le copain de la fille du tueur avait une écriture maladroite mais l'on sentait vraiment une implication, des sentiments dans son roman. Jérôme Leroy lui de toute évidence ne perd jamais de vue qu'il a un message à faire passer (mon Dieu, un ouvrage sans message quelle horreur !) et nous gratifie d'allégories soi-disant subtiles (la jeune femme grecque perdue qui épouse le méchant riche français) et de morales simplistes. Si finalement Macha ou l'Evasion échappe à mon courroux total, cela tient aux cent dernières pages : la fuite de Macha et son road-movie sont en effet plutôt sympas à suivre. Cela tient également au personnage du Capitaine, le seul protagoniste un peu subtil et qui échappe à la caricature. Cela tient enfin à de jolies descriptions de la nature et au chat de Macha, Verlaine. J'aime bien les chats. Voilà comment on échappe au fiasco total mais ne comptez pas sur moi pour mettre en avant ce livre cet automne.

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26 août 2016 5 26 /08 /août /2016 13:43

L04.jpgEt mes yeux se sont fermés

Patrick Bard

éditions Syros

2016

 

Maëlle était une adolescente comme les autres, un peu plus grande gueule peut-être, prompte à s'enflammer pour des causes justes. C'est donc tout naturellement qu'elle se révolte contre le monde actuel, corrompu jusqu'à la moelle et destructeur. Un peu de vérité dans beaucoup de mensonges... séduite par de nouveaux "amis" sans visages sur Internet et par des discours qui mêlent des faits indéniables à des théories complotistes fumeuses, Maëlle se laisse convertir puis embrigader peu à peu par les combattants de Daesh et finit par fuir en Syrie.

Vous vous souvenez que les éditions Syros avaient déjà publié un roman sur le même sujet, le détestable Little Sister de Séverac. Patrick Bard qui a perdu un ami lors des attentats de Charlie Hebdo et appris dans la même semaine que le fils d'une amie de sa fille avait rejoint le jihad est beaucoup plus mesuré et plus subtil. Son livre fourmille d'interrogations souvent sans réponses à travers les portraits croisés des proches de Maëlle, devenue Ayat, et de Maëlle elle-même. Que ce soit la mère dépassée, le petit ami largué ou la petite soeur qu'Ayat essaie également de convertir, tous avancent à tâtons, aveugles et terrifiés devant un être qu'ils ne reconnaissent plus, parfois même troublés par ses convictions. L'héroïne elle-même, dès lors qu'elle revient en France et entame son désembrigadement se retrouve dans la plus grande confusion et regrette presque ses certitudes d'autrefois. Il n'y a finalement qu'Amina, une ado convertie tout comme Ayat, qui reste ancrée dans sa vision du monde, déterminée à tuer son amie si elle la revoyait pour avoir trahi et ce même si elle lui manque terriblement. Ce qui est intéressant, et c'est ce que souligne Patrick Bard, c'est le poids de l'émotion face à la raison. Tous les arguments du monde auraient été vains pour faire revenir Ayat mais elle se laisse attendrir par une tarte aux pommes et par l'amour inconditionnel de sa mère de même que son mari Redouane perd tout goût pour le combat dès lors qu'il fait la rencontre de la jeune fille. Ainsi, si Et mes yeux se sont fermés est très dur, très sombre, il reste résolument optimiste, l'auteur nous rappelant que, tant que l'amour sera plus fort que la froide logique et les convictions inébranlables, l'humanité aura encore une chance. Mieux vaut le clair-obscur que le noir total.

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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 18:07

L05.jpgLe copain de la fille du tueur

Vincent Villeminot

éditions Nathan

2016

 

Comme vous l'avez sans doute remarqué, Vincent Villeminot est très prolifique cette année puisque c'est son deuxième livre publié en 2016. Cette fois il nous raconte l'histoire de Charles, un jeune garçon qui prépare la baccalauréat dans une institut privée très chère au fin fond de la Suisse. Fils d'un poète renommé, il a un regard critique sur ses camarades, gosses de riches plus ou moins insupportables. Il se lie néanmoins d'amitié avec Touk-E son colocataire, le fils d'un président d'une petite république d'Afrique et fait avec lui les quatre cent coups jusqu'à l'arrivée de la jolie et mystérieuse Selma. Pour Charles, c'est le coup de foudre mais un problème de taille se pose : Selma est la fille d'un célèbre trafiquant de drogue mexicain et la fréquenter implique quelques dangers..

ça aurait pu être une comédie, Vincent Villeminot choisit d'en faire un drame et se lance dans une histoire passionnée, sombre et violente. Ici aucun second degré, un récit brut écrit à la première personne par un narrateur, Charles, au coeur de l'action. Je suis assez partagée car s'il y a quelque chose de touchant dans ce roman qui semble avoir été écrit d'une traite, je ne suis pas convaincue par un style qui me semble parfois ampoulé et qui manque à mon sens de finesse. De plus, l'auteur en fait des tonnes : à l'histoire d'amour il ajoute une histoire d'amitié, un rapport père/fils compliqué, une réflexion sur l'économie et, la touche de trop, du fantastique. Pour une oeuvre qui fait trois cent pages, je trouve ça un peu lourd à digérer. Ajoutez à cela un final qui part en vrille et vous avez un livre pas inintéressant mais un peu mal fichu, boiteux et qui me laisse profondément perplexe.

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24 août 2016 3 24 /08 /août /2016 18:20

L04.jpgLe sel de nos larmes

Ruta Sepetys

éditions Gallimard Jeunesse

2016

 

Printemps 1945. L'Allemagne est sur le point d'être battue et les Russes ont envahi la Prussie. Des milliers de réfugiés fuient devant l'arrivée des troupes soviétiques. Parmi eux, quatre jeunes gens : Johanna, une infirmière lituanienne qui cherche à retrouver les siens, Emilia, une polonaise fuyant un pays disputé à la fois par les russes et les allemands, et deux allemands, Alfred, un marin persuadé de la gloire du régime nazi et Florian qui lui, au contraire, l'a défié et cherche à présent à s'échapper le plus loin possible de la guerre. Tous ont pour objectif d'embarquer à bord du Gustloff, un énorme navire promesse de liberté... du moins le croient-ils.

On le sait depuis Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre, Ruta Sepetys aime aller là où les autres auteurs ne vont pas et c'est encore une fois sur un épisode peu traité de la seconde guerre mondiale qu'elle revient, le naufrage du Gustloff, l'un des naufrages les plus meurtriers de l'Histoires (10 000 morts dont 5000 enfants) et dont pour ma part je n'avais jamais entendu parler. Et, encore une fois, c'est une réussite. Si le début du livre est lent, peut-être un peu trop, et que je ne suis pas forcément convaincue par le choix d'une narration à plusieurs voix (tout le monde fait ça maintenant et je trouve que ça manque d'originalité) je me suis malgré tout laissée prendre par un récit émouvant et remarquablement raconté. L'art de Sepetys réside vraiment dans sa manière de narrer la grande Histoire par le biais de destins ordinaires. Le sel de nos larmes est beaucoup plus sombre que Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre : les descriptions y sont plus crues, plus dures (scènes de morts violentes, récits de la misère) et russes et allemands sont renvoyés dos à dos : l'espoir ne réside pas dans des vainqueurs bienveillants ou la promesse d'une terre plus clémente, mais dans le courage du vieux cordonnier, dans la détermination d'Emilia ou la naissance d'un bébé.. De la sorte, l'auteur rappelle à chacun que si la guerre est une monstruosité elle permet parfois de révéler des héros méconnus. Maigre consolation certes devant les atrocités que nous raconte Sepetys mais consolation tout de même. Le sel de nos larmes est en tous cas un roman fort qui, pour ma part, m'a laissée à la fin avec une grosse boule dans la gorge.

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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 20:16

L02.jpgLady Helen

Le Club des mauvais jours

Alison Goodman

éditions Gallimard Jeunesse

2016

 

Nous sommes en 1812, en Angleterre, sous l'époque de la Régence. Alors que le pays enchaîne les guerres avec la France, la jeune Lady Helen Wrexhall s'apprête à être présentée à la reine et à faire ses premiers pas dans le monde. Mais, alors que les bals et les visites s'enchaînent, d'étranges événements ont lieu : une bonne de la maison disparaît mystérieusement, un cousin à la réputation sulfureuse, Lord Carlston, semble s'intéresser particulièrement à notre héroïne et Helen elle-même se rend compte qu'elle développe d'étranges pouvoirs. Bientôt elle découvre que le monde qu'elle connaît dissimule un autre monde, rempli de créatures surnaturelles et d'hommes et de femmes qui les combattent sous le nom du Club des mauvais jours. Helen se joindra-t-elle à eux ?

Dans l'esprit, ça ressemble beaucoup aux romans de Carriger : un ouvrage historique avec du surnaturel, des héroïnes bien nées qui ont de supers pouvoirs... Le principe est plutôt sympa de ce fait puisqu'il mêle l'univers des ouvrages de Jane Austen à un univers plus sombre, presque gothique. Le souci de ce premier volume en revanche c'est qu'il est un peu longuet, plus de cinq cent pages, et que l'intrigue ne s'accélère vraiment jamais. Sans être ennuyeux, il y a donc quelques battements dans une histoire qui ceci dit n'est pas désagréable. Les clichés abondent, certes (le beau et ténébreux Carlston qui cache une grande sensibilité sous son aspect bourru, Lady Helen tiraillée entre deux hommes) mais le fantastique est bien mis en scène, avec des descriptions qui ont le mérite d'être extrêmement vivantes. Affaire à suivre...

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17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 13:41

L04.jpgLe garçon au sommet de la montagne

John Boyne

éditions Gallimard Jeunesse

2015

 

Pierrot est un gentil garçon qui, à la veille de la seconde guerre mondiale, vit seul à Paris avec sa mère depuis que son père, ancien soldat, les a quittés avant de mourir. Mais voilà que sa mère meurt à son tour, le laissant orphelin et contraint d'abandonner sa vie en France, son ami Anshel et son chien D'Artagnan, pour aller habiter avec sa tante, gouvernante, dans une maison en haut d'une montagne, résidence secondaire d'un certain Hitler.

Comme je l'ai déjà dit, Pierrot est un gentil mais c'est un enfant petit, un enfant seul et un orphelin qui a besoin de retrouver une famille. Le garçon au sommet de la montagne c'est l'histoire d'une corruption, d'un garçon qui se laisse fasciner par une idéologie et happer peu à peu par une personnalité forte au point d'oublier tout ce qu'il est. Le livre dérange, met très mal à l'aise car on l'aime bien ce petit Pierrot, enfin au début. De plus, la narration est toute entière de son point de vue ce qui fait qu'on se retrouve "contraint" de se mettre à sa place. Aussi, lorsque les pensées puis les actes deviennent de plus en plus sombres, le lecteur se débat et s'indigne, allant même jusqu'à ressentir de la haine pour ce héros qui était pourtant si attachant. C'est un témoignage utile et original sur la seconde guerre mondiale qui, fait rare en jeunesse, adopte le point de vue du bourreau et non de la victime. Il ne s'agit pas d'un bourreau actif : Pierrot n'est qu'un adolescent en 1945, cependant il a du sang sur les mains, versé qui plus est en toute bonne foi. Et c'est peut-être ça le pire.

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15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 12:01

L02.jpgDis-moi si tu souris

Eric Lindstrom

éditions Nathan

2015

 

Parker est une adolescente de seize ans qui a une petite particularité : elle est aveugle depuis ses sept ans, depuis l'accident de voiture qui a également coûté la vie à sa mère. Voilà que son père vient de mourir à son tour (suicide ou accident, nul ne le sait) et que Parker se retrouve à partager sa maison avec son oncle, sa tante et leurs deux enfants. C'est dans ce contexte que la jeune fille fait sa rentrée scolaire et retrouve son meilleur ami et petit copain Scott à qui elle n'a pas parlé depuis trois ans, depuis que ce dernier l'a trahie...

Elle n'est pas franchement sympathique Parker : sûre d'elle, un peu égocentrique, caractérielle, grande gueule... Pour ma part j'ai eu beaucoup de mal à m'attacher à ce personnage et ce n'est que lorsque la façade se fissure et que l'orpheline un peu perdue apparaît que j'ai commencé à être plus réceptive. Si histoire d'amour il y a, Dis-moi si tu souris est avant tout l'histoire d'un deuil : Parker peu à peu accepte l'idée d'avoir perdu son père et de le pleurer. Inutile donc de vous le cacher, c'est très larmoyant : Parker passe son temps à s'effondrer dans les bras de ses amis et, quand ce n'est pas elle, c'est sa copine Sarah ou sa cousine Sheila. Bref, il y a beaucoup de pleurs et de grandes déclarations d'amour ou d'amitié, ce que mon coeur de pierre a fini par trouver assez lourd et ennuyeux. J'ai été plus intéressée par l'écriture. Parker étant aveugle, il n'y a aucune réelle description dans le récit et les personnages prennent une dimension toute particulière : ce sont des voix au téléphone, des êtres qui ne se révèlent qu'au détour de dialogues : Sarah porte souvent des pantalons de joggings, Molly est métisse et plutôt enrobée... Tout cela donne paradoxalement au roman un côté très vivant et très original. Bon, après il faut aimer les histoires d'amour entre adolescents, les trahisons, les fous rires et les tours de stade et, pour le coup, je crois que j'ai passé l'âge.

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11 août 2016 4 11 /08 /août /2016 13:30

L03.jpgMon ami Arnie

Jeremy Behm

éditions Syros

2016

 

A Ithaca l'ambiance est un peu tendue depuis qu'un tueur en série sévit en laissant des jeunes femmes mortes un peu partout. Mais le jeune Fox (nommé ainsi en hommage à X-Files) n'en a pas vraiment cure. Il est amoureux de la belle Mia et désire lui offrir la bague de ses rêves. Manque de chance, il se fait voler par les brutes de son lycée et se retrouve à court d''argent. Aussi accepte-t-il l'offre inattendue d'Arnie, un camarade de classe : cambrioler la propriété du père de ce dernier. Mais pourquoi Arnie veut-il faire du tort à son géniteur ?

Oui, vous le constaterez par vous-même, ce livre est franchement barré et, à dire vrai, assez amoral, ce qui est reposant. L'histoire est étrange et le ton résolument cynique, l'auteur pratiquant un humour des plus noirs. ça aurait pu être un véritable coup de coeur si l'intrigue n'était pas gâchée par un style médiocre, peinant entre différents registres, et des dialogues ratés. Je n'adhère pas non plus au choix que fait l'auteur d'alterner le récit entre les différents personnages. Cette pratique très à la mode nuit à mon sens à l'histoire dans ce cas précis. Ainsi je suis sortie perplexe de cette lecture, me demandant si l'originalité pouvait compenser les défauts d'écriture de l'ensemble. A vous de vous faire votre opinion.

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10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 18:37

L03.jpgLa prochaine fois ce sera toi

La brigade de l'ombre tome 1

Vincent Villeminot

éditions Casterman

2016

 

Après U4, Vincent Villeminot fait de nouveau cavalier seul avec une nouvelle série, La brigade de l'ombre. Dans cette brigade un peu particulière, Léon Markowicz et son équipe de bras cassés, flics au rencart et scientifiques douteux, enquêtent sur les goules, des êtres humains qui, à l'image des loups-garous, se transforment en créatures ignobles et assoiffés de sang. L'histoire se complique lorsqu'un jour Léon tombe sur un cadavre qui semble attaqué par une goule, attaque qui se révèle une mise en scène pour attirer l'attention du commissaire. Ce dernier ne tarde pas à se rendre compte que sa famille, son ex-femme et ses deux filles, est particulièrement menacée.

Il y a du bon et du moins bon dans cet ouvrage. Déjà, rendons grâce au Ciel, Vincent Villeminot a retrouvé sa patte d'écrivain qu'à mon sens il avait perdu avec Stéphane, oeuvre de commande, et nous propose un récit solide, une intrigue sans temps mort et un style fluide. Cette nouvelle série a également un atout de taille, celui de nous proposer une incursion dans le roman noir, ce qui est rare dans une littérature destinée aux adolescents. Mais cette originalité est également ce qui fait la faiblesse de La prochaine fois ce sera toi : Vincent Villeminot s'efforce de créer un univers entre Fred Vargas et Adler-Olser tout en l'adaptant à un public ado. Or, pour ma part je ne trouve pas le résultat probant puisqu'en parallèle de l'enquête de Markowicz, le lecteur suit les amourettes insignifiantes de sa fille Fleur, ce qui fait osciller le récit entre deux registres peu compatibles. Enfin, je ne suis pas non plus convaincue par les personnages : à vouloir à tout prix en faire des êtres à part (la petite soeur étrange, la policière prompte à la gâchette, le commissaire alcoolique) l'auteur tombe dans la surenchère et la caricature. Cependant, ces quelques imperfections sont compensées par un final inattendu. Aussi, sans être débordante d'enthousiasme, j'accorde à cette nouvelle série le bénéfice du doute, histoire de voir si Villeminot arrive à se débarrasser de ses références littéraires pour nous proposer quelque chose de vraiment unique.

 

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