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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 14:44

L02.jpgElia, la passeuse d'âmes

Marie Vareille

éditions Pocket Jeunesse

2016

 

Dans un monde réparti en système de castes, Elia, seize ans, est née du bon côté de la barrière. Kornésienne (la classe dirigeante) elle est également passeuse d'âmes et se doit donc d'éliminer les membres inutiles de la communauté ainsi que les opposants au régime... Seulement Elia n'est pas comme les autres passeurs d'âmes : elle est capable d'empathie, préfère soigner que guérir aussi, lorsqu'un jour un rebelle lui est amené, un Nosoba (la caste des esclaves) elle le laisse partir. Un acte qui lui vaut à son tour des ennuis et qui la force à s'enfuir dans la région la plus pauvre du pays pour ne pas être recherchée par les siens. Mais est-elle réellement une Kornésienne ?

Le titre est débile et la couverture n'est franchement pas terrible : c'est bien dommage parce que tout le reste est une réussite. Le monde créé par Marie Vareille, bien que vu et revu, est intéressant, un peu caricatural par endroits mais compensé par des personnages attachants et une écriture fluide et agréable. L'intrigue est menée avec beaucoup de dextérité (le suspens est maintenu jusqu'au bout) avec des descriptions très réussies. On s'attache à Elia et on s'interroge sur ses mystérieuses origines. De fait, la fin est frustrante car elle nous laisse en plan, avide de découvrir la suite mais quand ? Bien que française, l'auteur a un univers très anglo-saxon : il y a des maîtres et des esclaves, des très riches et des très pauvres, des rebelles et des prophéties, un triangle amoureux qui se profile, des combats et des traîtrises... C'est efficace, rien à dire et, sous ses dehors qui ne paient pas de mine, Elia la passeuse d'âmes, à défaut d'être follement originale, s'annonce comme une série prometteuse dont j'attends en tous cas avec impatience la suite.

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 14:08

L05.jpgDid I Mention I love you ?

Estelle Maskame

éditions Pocket Jeunesse

2015

 

Eden, seize ans, est en froid avec son père depuis que ce dernier l'a quittée avec sa mère sans une explication. Aussi est-elle passablement surprise lorsqu'il l'invite à venir passer son été à San Monica avec lui, sa nouvelle femme et sa famille. Mais bon, San Monica c'est L.A, la plage et le strass, aussi Eden accepte-t-elle. Arrivée là-bas elle se lie rapidement avec d'autres adolescents et enchaînent les soirées où l'alcool coule à flots. Elle tombe également sous le charme de Tyler, le bad boy du coin qui boit et se drogue pour oublier les blessures secrètes de son âme. Le souci c'est que non seulement Tyler est le copain d'une de ses amies mais, surtout, qu'il est le fils de sa nouvelle belle-mère... son demi-frère (oooooooooh)

Bon, on n'est pas dans Game of Thrones non plus et je ne vois pas en quoi c'est particulièrement sulfureux de faire tomber amoureuse une adolescente lambda d'un gars avec qui elle n'a pas été élevée et avec qui elle n'a strictement aucun lien de parenté. Mais bon, ce sont les Etats-Unis hein : ça s'offusque de ce genre de choses et, à côté de ça, ça nous raconte en toute sérénité des soirées où tout le monde finit beurré comme des petits Lus et où les copines de Eden passent leur temps dans les chambres à faire des fellations à qui est open. Pas Eden hein je vous rassure elle elle supporte mal l'alcool (c'est mal), elle ne touche pas à la drogue (mal) elle ne couche pas avec n'importe qui (mal) mais elle est amoureuse de son demi-frère oh mon Dieu tabou suprême ! Bref, je suis un peu dubitative sur ce roman pour ados qui brode une énième fois sur le thème de l'amour "interdit", l'oie blanche avec le bad boy, le demi-frère avec la demi-soeur et qui, en terme d'originalité frise le néant absolu. Si l'on saluera le réalisme de la description des soirées d'ados (parents, je vous déconseille ces passages) je suis beaucoup plus réservée sur une écriture sans intérêt et des personnages caricaturaux au possible : que ce soit le père indigne, l'adolescent qui se drogue pour oublier qu'il a été maltraité, la copine jalouse et possessive et l'héroïne canon mais complexée par son physique, faites votre choix dans les clichés qui abondent dans ce récit sans aucun intérêt mais qui, été oblige, fait actuellement un carton.

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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 18:46

L04.jpgThe Memory Book

Lara Avery

éditions Lumen

2016

 

Samantha McCoy, première de sa classe et championne du club de débat avec son amie Maddie, a des objectifs bien précis dans la vie : gagner le concours national d'éloquence, finir major de sa promo et aller à l'université de New York pour devenir avocate en droit international. Enfin, tout ça c'était avant, avant qu'on lui découvre une maladie génétique rare, le NPC. Cette maladie mortelle agit non seulement sur le corps mais également sur le cerveau, provoquant pertes de mémoire et démence. A court terme, non seulement Sam est condamné mais elle va oublier. Alors, pour se souvenir, elle s'écrit à elle-même, son futur moi, elle lui raconte non seulement ses rêves et ses espoirs mais également son quotidien et l'encourage à s'accrocher envers et contre tout et à garder espoir...

On ne va pas s'en cacher, ce livre est très triste. C'est que, malgré un certain snobisme et beaucoup de condescendance, elle est attachante notre héroïne qui, en dépit des médecins et de sa famille, continue à croire très fort que tout va s'arranger, qu'elle vaincra la maladie. Le lecteur lui-même y croit, séduit par une écriture fluide et drôle et par un style enlevé. Et puis, les premières fêlures apparaissent, les premiers trous de mémoire, les premiers blancs, les premiers échecs... Le récit alterne entre les "bons" moments, les rendez-vous avec le beau Stuart, les scènes familiales, et les moins bons, les moments où la narratrice est désorientée, perdue, où son aplomb laisse place au désarroi d'une enfant malade, le moment où l'obscurité s'installe... Pas tout à fait journal intime (à de nombreuses reprises, la voix de la narratrice est remplacée par celles de ses proches) The Memory Book est un roman émouvant qui, je l'avoue, m'a même fait verser ma petite larme.

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 20:25

L05.jpgAu bout du tunnel

Carlos Garcia Miranda

éditions Pocket Jeunesse

2015

 

Il y a cette vidéo qui circule sur Youtube, montrant l'intérieur d'un train filmé par un ado en voyage scolaire juste avant que le train en question ne déraille dans un tunnel. Cette vidéo terrifie Eva et pour cause : elle est dans le train et elle a vu l'accident sur Internet, juste avant que celui-ci ne se produise.. Elle est la seule survivante avec cinq autres lycéens : Noël, Sabrina, Gabi, Anna et Sam. Mais leurs ennuis ne font que commencer : en sortant du tunnel, les adolescents découvrent qu'un an s'est écoulé depuis l'accident et que des clones les ont remplacés dans un monde qui, ceci dit, ne ressemble pas tout à fait au leur.

ça fait beaucoup penser à la série télévisée Lost et, d'ailleurs, les clins d'oeil de l'auteur à cette dernière ne sont pas rares. Nous avons donc un accident, des altérations du temps, des phénomènes inexpliqués, des mondes parallèles et des histoires d'amour entre survivants. Et comme Lost j'ai d'abord été séduite par cette intrigue alléchante qui promettait beaucoup. Hélas, passés les premiers chapitres, l'histoire se révèle plutôt décevante : l'auteur s'est de tout évidence lancé dans le livre sans en connaître lui-même l'issue et cela se ressent dans des rebondissements de plus en plus tirés par les cheveux et des descriptions confuses. Quant aux personnages ils sont tout bonnement insupportables : entre Sam le sportif amoureux en silence de la gothique Eva ou Anna la peste superficielle, Carlos Garcia Miranda accumule gaiement les clichés du genre. Seul le personnage de Gabi parvient à échapper (un peu) à la caricature et permet quelques scènes plus réussies (la fuite de la ville qui se reproduit à la manière de L'histoire sans fin par exemple). Pour le reste c'est plat, et la fin, abruptement amenée, ne répond pas à la moitié des questions du lecteur. Ah ben comme Lost en fait.

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29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 18:29

L03.jpgL'ordinatueur

Christian Grenier

éditions Rageot

1997 et 2004

 

J'aime mais sans plus les romans policiers et j'ai encore moins d'affinités avec les romans policiers pour ados. Cependant, il faut parfois s'y coller et c'est donc un classique du genre que je vais vous présenter aujourd'hui.

La jeune policière surnommée Logicielle est une passionnée d'informatique : c'est donc tout naturellement que son ancien mentor, domicilié dans le Sud-Ouest, fait appel à elle lorsque six hommes d'âge mûr sont retrouvés morts devant leurs ordinateurs. Ils sont tous en possession d'un modèle dernier cri, l'Omnia 3, et semblent avoir utilisé le même programme, nommé LTPG. S'agit-il d'une incroyable coïncidence ou l'ordinateur serait-il responsable de cette série de meurtres ? Logicielle, prise au jeu, décide de mener l'enquête..

Bon. Vous voyez la date de publication de l'ouvrage et je pense que vous comprenez le problème principal de ce livre : il a terriblement mal vieilli. Dans L'ordinatueur se servir d'Internet bloque la ligne téléphonique et le vieux policier emploie encore le Minitel. Cela est d'autant plus drôle qu'à la fin un glossaire explique aux jeunes lecteurs des termes d'informatique qu'à mon avis ils connaissent mieux que l'auteur ou, à l'inverse, qui sont déjà obsolètes (RTEL1, BAL) Cela donne au livre un côté désuet qui se retrouve dans le style de l'ouvrage : beaucoup de dialogues avec beaucoup de points d'exclamations, un ton léger et un peu condescendant (à la lecture, on n'oublie jamais que le lectorat ciblé est un public jeune) et une intrigue à la Club des Cinq. Ce n'est pas forcément une critique, j'aime beaucoup Le Club des Cinq mais c'est d'un autre âge et cela se sent. Ce qui m'a semblé en revanche plus intéressant, c'est la relation entre Logicielle et son collègue Max, assez ambivalente, ainsi que la personnalité trouble du meurtrier et de ses victimes. Ces choix, moins sages, sont ce qui font à mon avis l'originalité du livre et l'empêchent de tomber dans le ringard complet. Ceci dit, plus les années passent, plus L'ordinatueur risque d'être relégué au rang  d'antiquité : c'est le risque lorsqu'on écrit sur le thème de l'informatique.

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16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 11:13

L02.jpgS'enfuir

Martyn Bedford

éditions Nathan

2016

 

La vie de Gloria, quinze ans, est plutôt monotone entre des parents souvent absents et des amis gentils mais prévisibles. Tout change le jour où Uman débarque dans sa classe. Il est drôle, inattendu, fait tout ce qu'il veut, dit tout ce qu'il pense et le mystère de sa vie passée ne fait qu'accroître son charme. Un très fort lien se noue entre Gloria et lui, aussi, lorsque Uman propose à la jeune fille de partir en choisissant leur destination au hasard, cette dernière accepte sans hésiter et sans en peser les conséquences.

S'enfuir, comme son nom l'indique, c'est l'histoire d'une fugue. Pour Uman, il s'agit de fuir un passé douloureux tandis que pour Gloria il s'agit plus d'échapper à un avenir sinistre. Ce que j'ai beaucoup aimé dans ce récit c'est que pour le coup la très jolie histoire d'amour entre les deux personnages est amenée avec beaucoup de finesse et de légèreté, l'auteur évitant les grandes déclarations indigestes et les scènes d'amour avec les lèvres molles et les papillons dans le ventre, pour se concentrer plutôt sur une action rapide, alternant le récit que fait Gloria à la police avec quelques scènes de la vie "d'après" et des dialogues incisifs et drôles. Tout en écrivant le roman à la première personne, du point de vue de Gloria, Bedford parvient malgré tout à maintenir vis-à-vis de ses héros adolescents un regard critique, et le propre image que se fait Gloria d'elle-même se fissure souvent face aux regards de ses proches. Le personnage d'Uman est plus trouble, plus mystérieux, et je regrette pour le coup le traitement qu'en fait l'auteur puisqu'il choisit sur la fin d'en faire un être au fond assez lisse, essentiellement traumatisé par ce qui lui est arrivé. De même, j'ai trouvé la chute de S'enfuir prévisible et plutôt décevante, surtout par rapport au reste de l'ouvrage qui nous laissait augurer d'un final spectaculaire. Néanmoins, la subtilité des portraits et la qualité de l'écriture permettent au titre de demeurer un livre pour ados intéressant et constructif.

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15 mai 2016 7 15 /05 /mai /2016 17:20

Le Passage

Louis Sachar

éditions Gallimard Jeunesse

1998

 

Stanley Yelnats est un adolescent plutôt tranquille et gentil, un rondouillard sans histoires qui en revanche n'a pas de chance, comme tous les membres de sa famille d'ailleurs. La faute à un arrière-arrière-arrière grand-père qui n'aurait pas tenu une promesse et attiré de ce fait une malédiction sur sa descendance. Aussi notre héros se retrouve condamné pour un vol qu'il n'a pas commis et envoyé dans le camp du Lac Vert, un camp de redressement en plein milieu du désert où on lui demande de creuser des trous durant tout le jour. Mais dans quel but ?

Roman maint fois couronné, Le Passage n'a certes pas usurpé sa réputation. Je suis assez impressionnée par cet ouvrage qui allie l'aventure, le merveilleux et l'humour tout en réservant des passages assez sombres, parfois violents. On s'attache très vite à Stanley, notre malchanceux sympathique et c'est avec intérêt que l'on suit ses pérégrinations dans le camp du Lac vert. Par ailleurs, l'auteur ménage son suspens en créant plusieurs intrigues parallèles qui n'ont a priori rien à voir mais qui se mêlent habilement pour révéler leurs connexions lors d'un final très réussi. L'écriture de Sachar est, qui plus est, atypique : c'est rare pour un romancier jeunesse d'avoir un style marqué, soigné et qui parvient à s'adresser à un jeune public sans pour autant tomber dans la condescendance et la niaiserie. A découvrir sans tarder.

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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 11:32

L02.jpgLes mystères de Larispem

t.1 Le sang jamais n'oublie

Lucie Pierrat-Pajot

éditions Gallimard Jeunesse

2016

 

Après la série La passe-miroir Gallimard Jeunesse publie le livre gagnant de la seconde édition du concours du premier roman Jeunesse Les mystères de Larispem : il s'agit ici d'une uchronie, c'est-à dire d'une réécriture de l'Histoire à partir d'une modification d'un évènement du passé. Ainsi, dans ce monde "parallèle" dont l'action se situe en 1899, l'épisode historique de la Commune a été un succès et Paris est devenu une cité indépendante rebaptisée Larispem selon l'argot des bouchers qui constituent la caste forte du nouveau régime populiste. A l'aube du nouveau siècle, dans cette ville en plein essor industriel qui allie mécanique et inventions à la Jules Verne (devenu l'un des dirigeants de la Cité) trois personnages se croisent : Liberté la mécanicienne, Carmine l'apprentie boucher et Nathanaël l'orphelin. Ils n'ont a priori rien en commun si ce n'est que tous trois semblent liés à la mystérieuse secte des Frères de Sang, une société secrète composée d'aristocrates qui se sont jurés de reprendre le pouvoir.

Bon, c'était couru d'avance : je ne pouvais pas autant adhérer aux Mystères de Larispem que j'ai adhéré aux Fiancés de l'Hiver. Ceci dit, le livre de Lucie Pierrat-Pajot reste tout de même très agréable. L'écriture est impeccable et c'est avec beaucoup de plaisir que l'on suit les aventures de nos trois héros dans ce Paris steampunk rempli d'automates et de complots. L'univers est soigneusement construit, avec de nombreuses références aux romans de Jules Verne et, bien évidemment, à celui d'Eugène Sue, Les mystères de Paris. Après, je ne saurais dire trop quoi, il manque un petit quelque chose à ce livre qui garde un côté très académique et parfois un peu artificiel: l'argot des bouchers par exemple que l'auteur essaie maladroitement d'expliquer au lieu de l'intégrer sans commentaires, les références discrètes mais présentes à la façon dont s'est réellement terminée la Commune.. Ces petits clins d'oeil de Pierrat-Pajot brise un peu son univers et m'ont laissée pour ma part en-dehors du roman. De fait, j'ai apprécié Les mystères de Larispem mais à la manière d'une spectatrice, sans vraiment rentrer dedans. Et ça, pour un ouvrage fantastique, c'est dommage.

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11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 17:00

L06.jpgRivalité

Beautiful Idols saison 1

Alyson Noël

éditions Mosaïc

2016

 

je suis sûre que vous sentez le chef d'oeuvre rien qu'avec le titre. Ils ont tous les trois dix-huit ans et rêvent de gloire. Layla rêve de devenir reporter, Tommy lui ambitionne une carrière de chanteur. Quant à Aster elle, elle veut devenir actrice. ça tombe bien, ils habitent à Los Angeles, la ville de toutes les opportunités et une chance unique leur est offerte lorsqu'un propriétaire de boîtes de nuit organise un concours : les participants ont plusieurs semaines pour attirer un maximum de personnalités influentes dans les différents clubs avec, en tête de liste, l'étoile montante de la ville, la mystérieuse Madison Brooks.

En résumé : ils gèrent des boîtes de nuit et doivent attirer du monde connu là-bas.

J'espère que vous avez désormais bien assimilé toute la profondeur de l'intrigue. Histoire de bien enfoncer le clou je vous rappelle de Mosaïc est une filière de la maison d'éditions Harlequin et que cet ouvrage a été plébiscité par Anna Todd, auteur de la série After. Vous voilà prévenus : ne cherchez aucune profondeur dans ce roman pour ados qui aborde toutes les préoccupations dignes de candidats de la télé-réalité : vais-je devenir célèbre un jour, serais-je adulé (e) et suis-je prêt(e) à tout pour y parvenir ? (se demande la candidate qui a déjà ôté son haut de bikini et étranglé sa concurrente avec son string) Vous rajoutez là-dessus un style médiocre, une intrigue policière pas trop compliquée histoire de ne pas surchauffer les méninges sensibles, deux trois histoires d'amour, des placements de marques et de vêtements, et vous avez là le best-seller de l'été, un roman pour midinettes sans odeur ni saveur.

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10 mai 2016 2 10 /05 /mai /2016 19:30

L02.jpgMa meilleure amie s'est fait embrigader

Dounia Bouzar

éditions de la Martinière

2016

 

Sarah et Camille sont les meilleures amies du monde et sont inséparables. Elles font tout ensemble jusqu'au jour où Camille change : un peu troublée par ce monde capitaliste, révoltée par les inégalités et la futilité de certains tandis que d'autres souffrent, l'adolescente surfe sur Internet ça et là et, via blogs et réseaux sociaux, se lie d'amitié avec des individus qui en apparence sont comme elles mais qui sont en réalité des djihadistes qui ne tardent pas à l'embrigader.

Dounia Bouzar, auteur de nombreux essais sur l'extrémisme islamiste et par ailleurs musulmane, choisit cette fois par le biais du roman adolescent de mettre en garde les plus jeunes du danger de l'embrigadement, via Internet notamment. Ce qu'on pourrait reprocher de fait à Ma meilleure amie s'est fait embrigader c'est son côté très didactique qui s'apparente plus au témoignage qu'au roman. En effet, si Camille et Sarah sont des personnages fictifs, elles sont en réalité le reflet de nombreuses jeunes filles que l'auteur a rencontré et l'ouvrage se soucie peu de style, de mise en scène ou de gradation dans le suspens. Tout ce qui importe à Dounia Bouzar c'est de délivrer son message, parfois de façon maladroite. Le livre reste cependant touchant car, alternant entre la vision de Camille et de Sarah, il montre bien l'écart qui se creuse peu à peu entre les deux jeunes filles autrefois si proches et tout le processus mis en oeuvre par les proches de Camille pour la "désembrigader", processus assez fascinant qui passe par l'amitié inconditionnelle de Sarah pour sa camarade. Dounia Bouzar de plus fait le choix de faire de Camille une non croyante à la base tandis que Sarah est elle-même musulmane et ce afin de montrer que la religion musulmane n'a rien à voir avec les djihadistes. J'ai appris ainsi nombre de choses sur l'islam que j'ignorais et je trouve assez salutaire que des adolescents l'apprennent également : cela permet aussi bien d'éviter les amalgames faciles que les interprétations erronées. Pour finir, vous vous souvenez de ma note sur le détestable Little Sister ? Je m'interrogeais sur la façon d'aborder le terrorisme et l'embrigadement de façon intelligente. Maintenant j'ai ma réponse : c'est à la façon de Dounia Bouzar.

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