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29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 15:50

L01.jpgHector et les pétrifieurs de temps

Danny Wallace

éditions Gallimard Jeunesse

2015

 

Il est très difficile d'écrire pour les adolescents mais encore plus à mon sens pour les pré-ados, âge délicat s'il en est. Aussi, je suis plus qu'admirative devant des auteurs comme Danny Wallace qui y parviennent sans efforts.

Hector vit dans une petite ville d'Angleterre où il ne se passe jamais rien, mais tellement rien que cette ville, Starkley, a été élue la quatrième ville la plus ennuyeuse du pays (si elle avait été sur le podium elle serait devenue intéressante mais non). Aussi, lorsque le monde se pétrifie autour de lui à intervalles réguliers, Hector est plutôt ravi de cet événement qui brise un peu la monotonie de sa vie. Car ce ne sont plus seulement les gens autour de lui qui se figent mais les animaux, le vent, et même le temps. Mais bientôt, il déchante lorsqu'il découvre que, durant ces "pauses", des monstres mystérieux en profitent pour envahir la ville et enlever des adultes...

Mélange habile d'humour et de fantastique, Hector et les pétrifieurs de temps est un récit plein d'imagination qui embarque son lecteur dans un style vivant et une intrigue bien construite. C'est drôle sans prendre l'enfant pour un idiot, ce qui n'empêche pas quelques moments plus graves (l'enlèvement des adultes) et d'autres plus touchants (Hector qui a du mal à accepter la disparition de son père ou qui découvre qu'Achille, la petite brute du collège, est loin d'être un méchant) Danny Wallace s'en donne également à coeur joie dans la descriptions des monstres pétrifieurs de temps pour apporter au livre le côté glaçant qui pourrait lui manquer. Que dire si ce n'est qu'Hector et les pétrifieurs de temps est une réussite à mettre entre toutes les mains des 10-12 ans et pourquoi pas au-delà...

 

 

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24 mars 2016 4 24 /03 /mars /2016 19:07

L01.jpgAmanda et les amis imaginaires

AF Harrold/ E Gravett

éditions du Seuil

2014

 

Amanda et Rudger, son meilleur ami, sont inséparables : à toute heure du jour et de la nuit, ils font les quatre cent coups ensemble même s'il faut avouer que c'est souvent Amanda qui mène la danse, Rudger se contentant de la suivre avec plus ou moins d'entrain. C'est une très jolie histoire d'amitié en tous cas mais qui a une petite particularité : c'est que Rudger est l'ami imaginaire d'Amanda et n'existe donc qu'à ses yeux. Or, lorsque Amanda a un accident, Rudger commence à s'estomper. Il a alors le choix : ou se trouver quelqu'un d'autre pour croire en lui, ou retrouver Amanda.

Il y a un peu du conte dans ce joli roman pour la jeunesse qui nous fait entrer de plein pied dans un univers coloré, un monde que l'auteur peuple de faux pirates et de vrais amis imaginaires, de méchants avaleurs de rêves, d'adultes un peu tristes et d'enfants un peu seuls. Tout se mêle avec grâce et si l'humour est toujours là, que ce soit dans le caractère fantasque d'Amanda ou dans le comportement extrême de la mère de Julia qui traîne sa fille chez le pédopsychiatre parce que celle-ci "voit" Rudger, la réflexion n'est jamais très loin non plus. En effet, Amanda et les amis imaginaires c'est un aussi un plaidoyer pour l'imagination, asphyxiée par des vies monotones et sans saveur, c'est également un très joli texte, parfois un brin mélancolique, sur la mort et l'oubli. Pas d'ellipses ni de complaisance, seulement une belle histoire servie par des illustrations qui donnent un côté très "old school" au roman et qui, pour ma part, m'a fait oublier le temps de ma lecture que j'avais passé l'âge de croire aux contes de fées.

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17 mars 2016 4 17 /03 /mars /2016 11:43

L01.jpgLes garçons ne tricotent pas (en public)

TS Easton

éditions Nathan

2014

 

Ben, seize ans, n'est pas un mauvais garçon. Certes, il a été surpris en train de voler de l'alcool dans un supermarché mais il a agi sous l'influence de ses débiles de copains. Lui-même ce qu'il aime c'est trier, classer et vivre une vie sans histoires, ce qui n'est pas évident entre une petite soeur pénible, une mère magicienne qui, lorsqu'elle n'est pas partie aux quatre coins du pays, fait jaillir des colombes un peu partout, et un père qui s'entête à le bassiner avec le sport et les voitures alors qu'il a horreur de ça... Malgré tout, Ben se voit flanqué d'un agent de probation et chargé de suivre un "parcours de réinsertion pour jeunes délinquants". Dans ce cadre il va devoir s'inscrire... à un cours de tricot et, oh surprise, découvrir qu'il adore ça et qu'il est vraiment très doué. Vive le point mousse et les pulls sans manches ! Le problème c'est que ce n'est guère une activité dont il peut se vanter auprès de ses copains, de son père ou encore de Megan, la fille dont il est amoureux...

A bien des égards, Les garçons ne tricotent pas (en public) m'a fait penser à la série Journal d'un dégonflé mais pour plus âgés. On y retrouve une narration sous forme de journal intime (c'est Ben qui raconte l'histoire) et un humour irrésistible tant dans le ton désabusé de l'adolescent que dans les situations improbables (j'ai beaucoup ri lors de ce passage où Ben, surpris par ses copains à lire en douce un magazine de tricot y glisse vite une revue porno pour faire illusion). L'ensemble reste bon enfant, l'auteur glissant ça et là quelques trouvailles assez drôles comme Joz, l'ami de Ben, qui s'essaie à la littérature en écrivant 50 nuances de Graham, plagiat à peine moins mauvais que 50 nuances de Grey, ou les parents du héros qui s'obstinent à faire des allusions graveleuses en sa présence. Si le thème "officiel" du livre reste avant tout l'histoire d'un ado qui se découvre une passion pour le tricot, il s'agit également du quotidien d'un garçon lambda qui n'est pas plus spécial qu'un autre mais qui ne partage pas les mêmes centres d'intérêt que ses camarades, c'est tout, et c'est avec beaucoup de finesse que Easton démonte des préjugés sans cependant en faire des tonnes. J'ignore si l'ouvrage rencontrera son public mais, pour ma part, j'ai apprécié son humour très "british" et ses descriptions qui me donnent presque envie de me mettre au tricot à mon tour.

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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 12:30

L07.jpgLittle Sister

Benoît Séverac

éditions Syros

2016

 

Il y a des sujets qui me semblent un peu délicats à aborder et qui nécessitent une certaine maîtrise de l'écriture et une bonne dose de subtilité. Toutes ces choses que Little Sister ne possède pas.

Pour prendre la défense de l'auteur, la thématique de l'histoire était plus que casse-gueule : Lena, seize ans, a vu sa vie bouleversée quatre ans auparavant lorsque son grand frère qu'elle idolâtrait a tout quitté, sans explications, pour partir faire le djihad en Syrie. Pour elle et pour ses parents c'est la stupeur et l'incompréhension. Cependant, alors que toute la famille a tiré un trait sur le jeune homme, Lena veut croire encore à une méprise. Aussi, lorsque Ivan, par l'intermédiaire de son ex meilleur ami Théo lui donne rendez-vous à Cadaquès, en Espagne, chez son oncle et sa tante, l'adolescente n'hésite pas une seconde.
A dire vrai, je ne savais pas trop à quoi m'attendre avec cet ouvrage. J'ignore même ce que j'espérais et s'il y avait une "bonne" façon de parler d'un sujet aussi sensible. Une chose est sûre en tous cas, ce n'est pas à la façon de Benoît Séverac. Si le début de la narration, abordée à travers les yeux de Léna, est touchant et soulève des interrogations délicates, le reste de l'histoire vire à la mauvaise course-poursuite et à des considérations politiques qui vont de la simplification outrancière aux raccourcis grotesques. De la subtilité ? Quelle drôle d'idée ! Réfugions-nous plutôt dans une dichotomie bons/ méchants, dans une intrigue mal menée de bout en bout avec un final qui tourne en eau de boudin et deux trois clichés moralisateurs par dessus. Peut-être que l'auteur était comme moi certes, peut-être qu'il ignorait comment parler du terrorisme ou du djihad. Dans ces cas-là cependant il me semble que le silence est préférable à ce roman désastreux qui élude les vraies questions (peut-on oui ou non pardonner à ceux que vous aimez même s'ils commettent les pires horreurs ? Pourquoi Ivan est-il parti ?) pour se contenter d'une action fade et bien-pensante qui n'incitera sûrement pas à une réflexion constructive.

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13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 12:32

L02.jpgLe jeu du Maître

James Dashner

éditions Pocket Jeunesse

2013

 

Je suis souvent raillée pour une manie, celle de lire les livres d'un bout à l'autre, alors même que le début m'ennuie profondément. J'estime en effet qu'on ne peut juger un roman avec équité sans l'avoir terminé et que même le plus terrible nanar peut réserver de jolies passages. Bon, il faut avouer que 90% du temps ma première impression est la bonne et que le livre reste mauvais d'un bout à l'autre. Mais il y a parfois de bonnes surprises, ce qui est le cas pour le livre pour ados dont nous allons parler aujourd'hui.

L'auteur de Labyrinthe, James Dashner, revient avec une nouvelle série dont l'action se passe dans un futur lointain. Michael, le héros, est un jeune garçon comme tous les autres et, comme tous les autres, il passe le plus clair de son temps dans la réalité virtuelle, sur le VirtNet, à jouer à des jeux vidéos, à faire des quêtes ou simplement converser avec ses deux meilleurs amis, Sarah et Bryson, des personnes qu'il n'a par ailleurs jamais vu "en vrai". Tout change le jour où une série de suicides, bien réels, interviennent dans le cadre du jeu : Michael et ses amis, tous trois hackers doués, sont contactés par une agence pour enquêter sur ces meurtres déguisés et mettre fin aux agissements d'un dangereux cyber-terroriste.

C'était terriblement mal parti : les cent premières pages du livre sont d'un ennui sans nom; rythme lent, personnages sans saveur, intrigue grossièrement mise en place... Il est très rare de louper à ce point le début d'un roman mais James Dashner y parvient avec brio, plongeant son lecteur dans une douce torpeur. Pour ma part je n'y croyais plus mais, dès le moment où Michael et son gang s'enfoncent dans la réalité virtuelle, merveille, le récit s'accélère, le suspens s'intensifie et les scènes se font plus crues, plus violentes, réservant même parfois des moments d'horreur pure, jusqu'à un final intense et surprenant. Très honnêtement, c'est la première fois que je vois un livre démarrer si mal et se rattraper autant. Dashner, très peu à l'aise dans la mise en place de l'histoire ou de la psychologie de ses personnages, excelle en revanche dans les huis-clos et les descriptions glaçantes. C'est assez déconcertant et je laisse aux futurs lecteurs le soin de juger un roman qui, pour ma part, me laisse un peu perplexe mais me donne envie malgré tout de savoir la suite.

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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 15:23

L01.jpgLe petit coeur brisé

Moka

Ecole des Loisirs

2001

 

On retourne parler d'un livre de l'Ecole des Loisirs mais, oh merveille! celui-là je vais pouvoir vous en parler avec un peu plus d'enthousiasme que les précédents.

Mélaine a onze ans et sa grand-mère, celle qui l'élevait depuis la mort de ses parents dans un accident de voiture, vient de mourir à son tour. La petite fille n'est guère affligée car Clarisse d'Avillon-Faucher n'était guère tendre ni présente pour elle. Tout ce qu'il lui reste désormais de cette aïeule énigmatique, c'est son immense fortune et un mystérieux pendentif en forme de coeur, à moitié cassé. Recueillie par deux vieilles cousines excentriques qui, contrairement à tous, ne la traitent pas comme un panier de linge sale, Mélaine apprend enfin ce que c'est que d'avoir une famille et décide alors en regardant les albums photos d'en savoir un peu plus sur l'histoire de sa grand-mère.

C'est joli et c'est drôle. Le petit coeur brisé raconte avec légèreté le poids des secrets de famille et l'histoire d'une petite fille qui apprend à vivre et à s'épanouir tout en découvrant qui elle est et d'où elle vient. J'aime la façon dont Moka écrit, sans pompe et sans pathos, avec un humour discret qui n'empêche pas bon nombre de scènes touchantes. La seule chose que je déplore dans ce roman c'est l'ajout à mon sens superflu d'une intrigue policière qui ne présente aucun intérêt majeur. L'histoire déjà très bien aurait gagné à être plus simple et à se focaliser uniquement sur le secret de famille et sur la relation de Mélaine avec ses tutrices. Ceci dit, Le petit coeur brisé m'a beaucoup touchée et reste malgré la date de sa première parution (2001) d'une fraîcheur et d'une actualité étonnante.

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3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 19:24

L08.jpgCamarades

Shaïne Cassim

éditions Ecole des Loisirs

2016

 

L'Ecole des Loisirs devrait faire quelque chose pour ses couvertures de romans ados, vraiment. La couverture de Camarades est, à mon sens, ratée. La photo est trop sombre et ne donne pas du tout envie de découvrir un livre qui, de toute façon, toujours selon moi, est raté également.

Nous sommes en 1870 sous le Second Empire et quatre destins d'adolescents se croisent en cette période trouble qui précède la Commune. Il y a Eulalie, une jeune normande qui a mis le feu au domaine de sa grand-mère; Eddie, un gallois qui se refuse à vivre la paisible vie de ses parents et rêve d'aventures; il y a Gisèle, une parisienne qui a fui un père qui la battait pour trouver refuge auprès d'un couple de médecins. Enfin, il y a Evguéni, un jeune russe qui a réussi à s'échapper du goulag en Sibérie. Ces quatre jeunes vont se retrouver, liés par leurs solitudes respectives et par un désir commun quoique confus de trouver enfin le bonheur.

Quand je dis que Camarades est raté, je ne veux pas dire que c'est mal écrit. Le style est plutôt joli, il n'y a rien à dire là-dessus, mais l'histoire est creuse. On vous promet un roman sur la Commune, sur les bouleversements sociaux, et tout ce qu'on a c'est une narration découpée en tranches, s'intéressant vaguement à quatre adolescents à tour de rôle mais sans vraiment développer leurs caractères, pire sans même chercher à les différencier dans le récit. Gisèle et Eulalie sont interchangeables ainsi qu'Eddie et Evgueni, on ne distingue pas leurs particularités, ils se confondent tous dans une même écriture, un choix que la fin du livre peut plus ou moins justifier mais qui, pour ma part, me laisse profondément dubitative. L'intrigue ? Il n'y en a pas. L'histoire traîne vers un but qui n'est jamais atteint et le lecteur lassé se désintéresse d'une action balançant ça et là des informations historiques que l'auteur ne se soucie même pas d'expliquer (les nouvelles techniques d'impressions, le discours de Victor Hugo, les tensions entre la France et la Prusse) tout en mêlant le bon vieux cours d'éducation civique propre à ce type de romans où l'on vous explique de façon très didactique qui sont les "gentils" (les esprits libres comme Pétronille), les "méchants" (Napoléon III, le tsar, les religieuses de l'hôpital) et les "gentils mais un peu trop zélés" (Sidonie) ce qui est à mon sens la pire façon d'appréhender l'histoire. On peut certes trouver de l'intérêt à certaines scènes dans Camarades, heureusement, quelques touches de subtilité dans un roman qui utilise de bons gros sabots, le passage où Gisèle propose à Eulalie de devenir camarades, celui où Eddie monte dans un arbre pour échapper à sa vie.. J'aime beaucoup également le personnage d'Evgueni qui reste malheureusement le personnage le plus effacé du récit. Il n'en demeure pas moins que cette lecture a été pour moi une expérience ennuyeuse qui je m'abstiendrai de conseiller, sauf pour les adolescents passionnés d'histoire et encore...

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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 19:41

L03.jpgFans de la vie impossible

Kate Scelsa

Gallimard

2015

 

Effectivement ils aiment la vie impossible nos trois héros adolescents : il y a Mira, une métisse un peu rondelette, dépressive, et son ami gay, Sebbie, un peu paumé. Il vit en famille d'accueil et a cessé depuis longtemps de fréquenter son lycée. Il y a aussi Jeremy, timide et solitaire, qui, depuis sa dernière année scolaire, s'est complètement replié sur lui-même jusqu'au jour où il tombe sur cet étrange couple avec qui il noue des relations pour le moins compliquées...

Si je me fie à tous les romans ados récemment lus, je dois en conclure que la jeunesse américaine est mal barrée et que les lycées des Etats-Unis sont remplis de dépressifs asociaux ou de pom pom girls décérébrées. Ainsi, dans Fans de la vie impossible, le trio de héros ne choisit pas la facilité et chacun de ses membres cultive ses petits tocs et ses secrets. Ils sont un peu paumés nos trois loustics mais l'auteur force tellement le trait qu'ils finissent par devenir des clichés sur pattes, pas forcément plus attachants que ça. Le livre est audacieux dans la mesure où il choisit de mettre en scène un couple de garçons homosexuels et une fille hétéro donnant ainsi un triangle amoureux d'un genre particulier. On rajoute là-dessus des histoires de drogue, de vol à l'étalage, d'alcool, de harcèlement scolaire, d'embrassades à trois et d'atelier de peinture et on a une suite de scènes plus ou moins réussies dont certaines carrément glauques. Pour ma part, je n'ai pas du tout accroché : comme je l'ai déjà dit, les héros sont caricaturaux et, finalement, ce sont les personnages secondaires qui s'en sortent le mieux: Molly, l'ado un peu cruche et influençable, Talia, la studieuse amoureuse de Peter, le gentil prof un peu trop proche de ses élèves... Mais l'auteur n'essaie pas pas de creuser davantage ses personnages, plus réalistes au fond que ses trois rebelles assez ennuyeux. Original certes, mais pas émouvant, le livre s'en sort par une fin inattendue et une absence de morale assez reposante. C'est loin cependant de me faire adhérer à ce livre qu'on vous présente comme une belle histoire d'amitié mais qui se révèle plutôt comme une relation à trois assez scabreuse.

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18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 10:35

L03.jpgBjorn le Morphir

Thomas Lavachery

éditions Ecole des Loisirs

2005

 

On va encore parler jeunesse aujourd'hui (j'en ai vu certains lever les yeux au ciel, désolée les gars mais j'essaie d'écouler mes services de presse en retard moi) avec un livre déjà sorti il y a plus de dix ans mais que son éditeur remet au goût du jour en ce début d'année. Il s'agit de Bjorn le Morphir : nous sommes en 1065 et la neige tombe drue, entité maléfique déterminée à ensevelir les villages vikings sous ses flocons géants. Bjorn, jeune adolescent, et son entourage proche (ses parents, son grand frère, sa petite soeur, les proches de la famille..) se claquemurent chez eux en espérant survivre à cet hiver meurtrier. C'est là que Bjorn, jusque là garçon plutôt timide et maladroit va se révéler, se transformant en un combattant redoutable. Serait-il un "morphir" cet être d'exception des légendes nordiques ?

Encore un livre qui me laisse perplexe. Ce n'est pas mal écrit, pas du tout au contraire, et j'ai bien apprécié le côté huis-clos du récit (en revanche, je pense que l'auteur devrait s'abstenir d'illustrer ses histoires, je ne trouve pas ça beau du tout) ainsi que le sujet, mélange de traditions vikings et chrétiennes qui permet à Thomas Lavachery de glisser en vrac loups-garou, neige satanique, dragons et trolls. Cela pourrait être indigeste or cela passe bien mais... mais voilà, là où je bloque, c'est dans la façon d'écrire de l'auteur. Comme je l'ai déjà dit, c'est bien écrit mais l'écriture m'a parue très... vieillotte. Je ne sais pas comment vous l'expliquer mais un livre où les chapitres sont titrés par une phrase (Chapitre 1 : "Elle est méchante") ça a déjà un côté rétro. De plus Bjorn le Morphir a beau être écrit à la première personne du singulier, le ton reste très distant, très détaché : impossible pour un lecteur de rentrer dans la peau du personnage ou même de s'attacher. Le danger, pourtant souligné à de nombreuses reprises, reste virtuel, comme dans un conte : on a beau savoir que le petit Poucet est poursuivi par un ogre, cela ne nous inquiète pas plus que ça, le pacte est qu'il s'en sortira ; de même Bjorn et sa famille ont beau être confinés à bouffer leurs chaussures, on a la certitude qu'ils trouveront une solution. Du coup, cette indifférence s'étend à l'histoire d'amour (car il y en a une) et même aux rares morts qui parsèment l'histoire (pareil soyons francs: l'un d'entre vous s'est-il senti concerné par la mort de la grand-mère dans Le petit chaperon rouge?) Je n'ai rien contre les contes pour ma part, c'est un genre que j'aime bien, mais je trouve ça assez lassant sur le long terme. Du coup Bjorn le Morphir, classé en romans ados me semble peu adapté pour ce type de lectorat, pas à l'âge où l'on a envie de s'identifier à un héros et de rentrer vraiment dans un roman. En revanche, pour des plus jeunes (dix onze ans) amateurs de fantastique et de légendes, pourquoi pas ?

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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 10:07

L03.jpgForget Tomorrow

Pintip Dunn

éditions Lumen

2015

 

Je sais que vous les adorez ceux-là, ces romans ados qui commencent par..."Dans un monde..." Dans celui-ci, le postulat de départ est le suivant : toutes vos actions sont déterminées par un souvenir futur que vous recevez à votre adolescence. En gros, votre futur moi vous montre un aperçu de votre avenir, histoire que vous puissiez commencer à y travailler sérieusement. Notre héroïne Callie a dix-sept ans et attend comme toutes ses petites camarades son "souvenir" avec impatience. Elle, elle espère bien devenir cuisinière mais c'est un tout autre avenir que son moi futur lui envoie, un futur où elle se voit tuer sa petite soeur chérie, Jessa. Cet événement la conduit tout droit dans les Limbes, une prison réservée à ceux qui vont commettre un crime. Callie parviendra-t-elle à se dégager de ce mauvais pas et à changer sa destinée ?

Forget Tomorrow m'a laissée une impression plus que mitigée. Bon, je suis pas fan à la base de l'idée de destinée et tout mais pour le coup je veux bien adhérer à l'idée le temps d'un roman d'autant plus que l'auteur développe une réflexion intéressante sur la notion de fatalité. Ce qui me gêne le plus dans ce roman, c'est sa composition. Dès le début de l'histoire on se laisse facilement prendre : l'héroïne est attachante avec sa passion du soleil et de la cuisine et tout comme elle le lecteur attend avec impatience son souvenir futur. Tout le premier tiers du livre se déroule sans temps mort, le souvenir, l'arrestation de Callie, sa fuite avec Logan un camarade de classe... Et puis soudai,n c'est le drame. Callie et Logan parviennent à rejoindre un groupe qui, tout comme notre héroïne, ont fui leurs souvenirs futures. Entre deux dépeçages de biches, Callie roucoule avec Logan, se pâme au moindre frôlement tout en pleurnichant sur le cruel destin qui les forcera bientôt à se séparer... Pas assez tôt à mon goût. Jamais le ventre mou d'un livre n'a aussi bien porté son nom. Ce passage est long, ennuyeux et d'une mièvrerie achevée. J'ai même failli arrêter ma lecture. Heureusement, le dernier tiers de l'ouvrage se révèle beaucoup plus dynamique et la fin réserve son lot de surprises avec une ultime scène qui donne envie de savoir la suite. Le bilan est donc globalement positif même s'il faut faire abstraction d'une écriture un peu faible, d'incohérences et surtout de cette histoire d'amour soporifique qui ne présente absolument intérêt. En revanche, Forget Tomorrow me conforte dans mon idée qu'il faut lire un roman jusqu'au bout avant de le condamner.

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