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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 13:50

U4 Jules

Carole Trébor

éditions Nathan

2015

 

Il est temps d'en finir (provisoirement tout du moins) avec notre série écrite à quatre mains et de nous rendre à notre dernier rendez-vous à Paris avec Jules de Carole Trébor. Jules, un jeune parisien, est terrorisé en contemplant depuis son appartement les ravages de la maladie et du chaos qui règne désormais sur la ville. Ses grands-parents, qui vivaient à la campagne, sont morts, ses parents, qui étaient en déplacement à l'étranger, le sont probablement aussi, et son frère a disparu. Jules est livré à lui-même, seul avec un chaton terrifié. Néanmoins, sa rencontre avec une petite fille de son immeuble, Alicia, la seule enfant de son âge semblant avoir été épargnée par le virus, va le pousser à agir.

C'est une très bonne surprise que ce dernier opus : après la légère déception que m'avait laissée la lecture de Koridwen et de Stéphane, Jules s'est au contraire révélé à la hauteur de mes espérances. Sur le papier, le personnage ne faisait pourtant pas rêver : un ado geek un peu enrobé qui ne voit pas de fantômes et n'a pas de supers pouvoirs de guérisseur ni de compétences scientifiques. Mais c'est justement cette personnalité ordinaire qui rend l'adolescent plus touchant et nous permet de nous identifier plus facilement à lui. Pour ce qui est de la narration, Carole Trébor ne commet pas l'erreur de ses homologues masculins mais, tout comme Florence Hinckel, parvient à lier l'histoire de son personnage à celle des autres sans que cela ne paraisse trop superficiel ou redondant. Elle fait également un choix que je trouve judicieux : au lieu de vouloir tout décrire au jour le jour rapidement (de mémoire c'était le travers de Grevet dans Koridwen) elle s'attarde sur certaines dates et fait le choix de sauter un ou plusieurs jours. De fait, l'intrigue est plus dynamique, l'action plus resserrée et les descriptions gagnent en profondeur. Non, franchement rien à dire sur ce tome qui me donne envie d'aller découvrir la suite... mais, pour le coup, il va falloir patienter un peu.

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15 octobre 2015 4 15 /10 /octobre /2015 10:52

L01.jpgCité 19

t.1 Ville Noire

Stéphane Michaka

éditions Pocket

2015

 

Faustine n'a pas une adolescence des plus faciles. Sa mère a disparu lorsqu'elle avait cinq ans, la laissant seule avec son père, surveillant-chef au musée d'Orsay. Faustine elle-même souhaite être conservatrice et voue en particulier une véritable passion pour le 19e siècle. Il faut dire que le quotidien est un peu compliqué à gérer entre les épreuves du bac qui approchent et le triangle amoureux qu'elle forme avec ses amis Vikram et Morgane. Aussi, lorsqu'un corps identifié comme celui de son père est retrouvé au pied de la tour saint Jacques, Faustine, persuadée qu'il est encore en vie, se lance sur les traces d'une secte mystérieuse et, en suivant l'un de ses membres, se retrouve à Paris 150 ans plus tôt...

Je craignais le pire car je me méfie désormais des associations "musée" et "fantastique". Heureusement, ce premier tome de Cité 19 n'a rien à voir avec du Da Vinci Code ou autres daubes du genre, le musée d'Orsay ne servant que de point de départ à une intrigue résolument originale mettant en scène une héroïne plutôt intéressante. Faustine est en effet un personnage complexe, une adolescente plus ou moins rebelle qui ne se sent à l'aise que dans un passé disparu. L'écriture elle-même est très soignée et l'histoire particulièrement recherchée... J'émettrai deux bémols : l'auteur brûle ses cartouches trop tôt si j'ose dire et, en changeant de point de vue en cours de route, passant de celui de Faustine à d'autres, nous dévoile certains rebondissements que, pour ma part, j'aurais préféré ignorer. De plus, j'ai un peu peur de la suite de la série car je redoute ces histoires qui démarrent sur des chapeaux de roue pour finalement s'essouffler faute de nouvelles idées. A voir s'il s'agit (et je l'espère) d'une série pensée sur le long terme.

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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 12:31

L02.jpgQuand la comtesse de Ségur vit brûler Moscou

Lorris Murail

éditions Scrineo

2015

 

Nous avons tous été petits et nous avons tous eu un jour entre les mains les livres de la comtesse de Ségur. Nous avons tous beaucoup compati aux malheurs de Sophie et éprouvé un sentiment ambivalent en lisant le récit des Petites filles modèles : c'est que Camille était un peu plus dégourdie que Madeleine mais qu'elles étaient ennuyeuses de perfection toutes les deux ! Cela pour ma part ne m'empêchait pas de le lire et de le relire ainsi que l'intégrale de la collection d'ailleurs. Et même si aujourd'hui je crains de remettre le nez dans tout ça, même si je me souviens encore du manichéisme des histoires et de l'avalanche de bons sentiments, je ne peux tout simplement pas critiquer la comtesse de Ségur qui restera ma première découverte littéraire.

Aujourd'hui cependant nous ne parlerons pas des romans de notre célèbre comtesse, mais d'un titre issue d'une nouvelle collection pour enfants Il était un jour qui mêle histoire et fiction. Dans ce roman Quand la comtesse de Ségur vit brûler Moscou, Lorris Murail s'intéresse à l'auteur lorsqu'elle n'était encore qu'une adolescente russe, Sophie Rostopchine, fille du gouverneur, contrainte de fuir Moscou à l'approche de l'armée napoléonienne. Nous sommes en 1812 et Moscou devient bientôt un brasier : c'est que le père de Sophie n'est pas un rigolo et, plutôt que de laisser Napoléon gagner, il a préféré mettre le feu à la ville...

L'idée de la collection est bonne, et le récit de Murail en tous cas particulièrement réussi : le style est simple sans être niais, le jeune lecteur est loin d'être pris pour un imbécile et l'auteur mêle avec succès vérité historique et fable. Dans cet ouvrage, le héros n'est pas tant la future comtesse, la narratrice, que son père, un homme pétri de fierté dont la description n'est pas sans nous évoquer les héros russes du XIXe siècle. A la fin des précisions sont apportées pour les lecteurs qui souhaitent en savoir davantage. Educatif et distrayant.

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11 octobre 2015 7 11 /10 /octobre /2015 11:47

L02.jpgU4 Koridwen

Yves Grevet

éditions Syros / Nathan

2015

 

Vous avez maintenant l'habitude : un virus, le U4, qui a ravagé 90% de la population, quatre adolescents qui se rendent au même rendez-vous mystérieux à Paris, quatre récits par quatre auteurs différents... Et c'est aujourd'hui de Koridwen, le livre de Yves Grevet, dont nous allons aujourd'hui parler. Koridwen est une petite bretonne, dernière survivante d'un hameau perdu. Bercée par les histoires et les prédictions d'une grand-mère guérisseuse aux pouvoirs étranges, elle décide de se fier à son instinct et de se rendre au rendez-vous du 24 décembre à Paris, histoire de voir si elle peut remonter le temps et sauver l'humanité...

Contrairement à Florence Hinckel ou à Vincent Villeminot, Yves Grevet avait, entre guillemets, un travail plus simple car son personnage n'est que très rarement en contact avec les trois autres protagonistes de la série. C'est d'ailleurs une très bonne chose car, tout comme son coauteur masculin, il a davantage de difficultés avec les parties "communes" : usage abusif des dialogues indirects, descriptions trop rapides... Le personnage de Koridwen est assez intéressant même si j'ai un peu de mal je l'avoue avec le côté guérisseuse bretonne qui chante des comptines mystiques. En revanche, sa détermination ainsi que son lien avec son cousin Max sont très touchants. Ce qui est dommage avec Koridwen c'est le rythme un peu trop soutenu : l'histoire se déroule en accéléré, sans prendre parfois le temps de ralentir pour s'attarder un peu sur les émotions de la jeune fille. Cela finit par lasser le lecteur qui, effectivement, est très vite dans le coeur de l'action mais ne peut suivre une succession de faits (je vais à la fenêtre, je prends mon arme, je me faufile derrière un rideau, etc.) durant 400 pages sans finir par décrocher de temps à autre. Pour ma part, j'ai dévoré la première moitié du récit sans problèmes mais j'ai eu beaucoup plus de mal avec la seconde. En revanche, contrairement à Stéphane ou à Yannis, le dénouement est totalement inattendu et attise la curiosité.. De bon augure pour la suite ! En attendant, on se retrouve la semaine prochaine pour notre ultime rendez-vous à Paris avec Jules de Carole Trébor.

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6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 11:40

L02.jpgL'île de l'oubli

Melissa de La Cruz/ Walt Disney

éditions Hachette Jeunesse

2015

 

Je ne sais pas si je vous l'ai déjà dit (probable que oui), mais je n'aime pas et n'ai jamais beaucoup aimé les films de Disney. Pour moi, les princesses de contes de fées sont des personnages torturés qui, après de dures épreuves, trouvent le bonheur : ce ne sont pas des cruches qui chantent avec des souris. Peter Pan c'est ce gamin profondément égoïste qui oublie les gens dès lors qu'ils ont cessé de l'intéresser et la fée Clochette cette femme jalouse et vindicative qui est prête à tout pour éliminer ses rivales, pas ce garçon facétieux et cette mignonne petite poupée avec des ailes. Bref, à mon sens, c'est l'art de l'aseptisation des contes et des histoires.

Pourquoi je vous parle de Disney? Et bien c'est parce que le roman pour enfants dont nous allons parler aujourd'hui sort tout droit de cet univers. En effet, à la suite de leurs défaites, tous les méchants des animés Disney ont été envoyés sur une île-forteresse nommée l'île de l'Oubli et devinez quoi? Ils se sont reproduits. L'histoire de L'île de l'Oubli est donc celle de leurs descendants en particulier celle de Mal, fille de Maléfique, Evie fille de la Méchante Reine, Carlos fils de Cruella, et Jay, fils de Jaffar. Ces quatre enfants, habitués à la cruauté et à la vilenie, élevés dans la haine et le mensonge, sont-ils prédisposés à suivre les traces de leurs parents? Ou au contraire vont-ils se démarquer?

Après la diatribe que je viens de faire, je vais vous surprendre mais j'ai apprécié L'île de l'Oubli. Certes l'univers m'agace un peu ainsi que les nombreuses références aux dessins animés, mais le livre est écrit par un "vrai" auteur de jeunesse, Melissa de La Cruz, et non pas par un quelconque grouillot en manque d'argent et d'inspiration. Il en résulte un roman assez sympathique et assez drôle porté par des adolescents insupportables et prêts à tout pour susciter l'attention de leurs parents. L'île de l'Oubli est un lieu malsain, maléfique, mais cette turpitude est si familière qu'elle en devient ennuyeuse pour ses habitants et, de ce décalage, naît l'humour. Ce n'est pas le roman de l'année, loin s'en faut, mais cela reste un bon divertissement pour les enfants de 10-12 ans fans de Disney.

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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 09:19

L02.jpgU4 Stéphane

Vincent Villeminot

éditions Syros/ Nathan

2015

 

On continue la série U4 et cette fois c'est avec le personnage de Stéphane que nous allons faire un petit tour. Contrairement à ce que son nom pourrait faire penser, Stéphane est une adolescente : tout comme Yannis elle a survécu au virus qui a décimé 90% de la population. Sans nouvelles de sa famille, de son père médecin, de sa mère, son petit frère et du nouveau mari de sa mère, elle s'accroche à l'idée qu'ils sont toujours en vie et attend à Lyon dans l'appartement de son père le retour de ce dernier. Mais des pillards la forcent à chercher refuge ailleurs...

J'ai choisi de poursuivre avec Stéphane car c'est l'histoire qui est la plus liée à celle de Yannis et je me suis dit que c'était un excellent moyen de voir si déjà les deux récits marchaient bien ensemble. La bonne surprise c'est que les redondances sont évitées. Pas de sentiment de lassitude ni de redites, la mission est accomplie ! Le personnage de Stéphane est tout aussi intéressant que celui de Yannis, beaucoup plus sombre pour le coup, à l'image d'ailleurs de ce tome. Vincent Villeminot privilégie les descriptions violentes et les décors angoissants. En revanche, léger bémol, il semble bien moins à l'aise avec le principe de la série que Hinckel. Je m'explique : dans U4, chacun des auteurs "utilise" nombre de personnages : son héros bien entendu, mais aussi le ou les auxiliaire de son héros, le héros de ses coauteurs et les auxiliaires de ces derniers. Par exemple, Villeminot a pour tâche de raconter l'histoire de Stéphane elle-même secondée pendant un temps par Marco et Alex (auxiliaires) mais aussi de "croiser" cette histoire avec celle de Yannis secondé lui-même par François (personnages de sa coauteur) tout ça sans parler des récits de Grevet ou Trébor. Or, si Florence Hinckel parvenait sans aucun souci à donner vie à tous ces personnages, les siens et ceux des autres, Villeminot en revanche semble peiner à s'approprier François ou même Yannis. Peur de la redondance justement ? Des scènes communes sont ainsi expédiées très rapidement, des dialogues passés au mode indirect et l'intrigue peut frustrer le lecteur qui, pour le coup, sent que quelque chose lui échappe que l'histoire est incomplète. Je ne sais pas si moi-même j'arrive à exprimer correctement ce sentiment mais disons que l'écriture de Villeminot est beaucoup plus fluide et beaucoup plus assurée lorsqu'il n'a que son personnage à traiter. Cependant, je vous rassure, le résultat demeure tout à fait honorable et je pars confiante attaquer la suite. Rendez-vous ce week-end ou la semaine prochaine.

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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 09:34

L02.jpgFairy Oak

Le secret des jumelles t.1

Elisabeth Gnone

2005

 

Fairy Oak est un village magique qui a une particularité : il est peuplé par des créatures magiques, des humains avec des pouvoirs magiques ou, tout simplement, des humains ordinaires. Tous ces êtres cohabitent en parfaite harmonie. C'est dans ce contexte que débarque Féli, une petite fée venue d'un lointain royaume, pour veiller sur les jumelles Vanilla et Pervinca, nièces de la sorcière Lalla Tomelilla et peut-être appelées à devenir sorcières à leur tour.

Bienvenu dans un monde avec des gentilles sorcières et de méchants magiciens, pouvoirs magiques et lutte contre le Bien et le Mal entre deux goûters. Créée par l'auteur de la BD Witch, la série Fairy Oak fait partie des innombrables dérivés de Harry Potter : un univers où magie et quotidien se mélangent, des enfants qui apprennent à contrôler leurs pouvoirs tout en gérant des soucis de leur âge, etc. La particularité de Fairy Oak, tout du moins le premier tome, est surtout de s'adresser aux petites filles : on voit mal en effet un garçon prépubère se passionner pour une histoire racontée par une fée et mettant en scène des soeurs qui se chamaillent pour une robe... Reste que le ton du livre est humoristique, l'histoire bien menée et que l'auteur nous plonge dans un univers certes très enfantin (passé douze ans, ce livre a peu de chances de plaire) mais plein d'imagination. C'est du déjà-vu certes, mais du déjà-vu qui se lit sans déplaisir et qui ravira toutes les gamines accro aux fées et aux sorcières.

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20 septembre 2015 7 20 /09 /septembre /2015 10:10

L01.jpgU4 Yannis

Florence Hinckel

éditions Syros/ Nathan

2015

 

Un virus, le virus U4, a ravagé la Terre entière, ne laissant comme seuls survivants que des ados âgés de 15 à 18 ans. Parmi eux deux filles, Stéphane et Koridwen, et deux garçons, Jules et Yannis. Ces quatre protagonistes, qui ne se connaissent pas, ont un point commun : ils font partie du même jeu en ligne et tous quatre, peu après la déclaration de l'épidémie, ont reçu une même consigne de la part du maître du jeu : se rendre le 24 décembre à Paris. Seront-ils tous au rendez-vous?

ça pourrait être une énième série de science-fiction mais U4 est beaucoup plus original que ça car, loin d'adopter une narration linéaire, le récit est scindé en quatre volumes, chacun s'intéressant à l'un des protagonistes et chacun écrit par un auteur différent (je n'ose même pas imaginer ce que ça donne en terme de logistique). Du coup, non seulement l'ordre de lecture n'a pas d'importance, mais les changements de voix sont clairement marqués tant le style varie d'un auteur à l'autre.

Il m'est difficile pour le coup de juger la série dans son ensemble, n'ayant lu qu'un tome pour l'instant (patience) mais c'est en tous cas prometteur. J'ai commencé par Yannis comme 90% de mes lecteurs si j'en juge par mes ventes en librairie (oui nous sommes un peu des moutons en fait, c'est le premier sur la quatrième de couverture) de Florence Hinckel dont je n'avais jusque là rien lu. Yannis est un petit marseillais d'origine algérienne, un garçon paisible qui a perdu ses parents et sa petite soeur durant l'épidémie. Il ne lui reste que son chien, Happy. Terré chez lui, incapable même d'enterrer son père et sa mère dont les corps pourrissent dans le salon, son seul espoir est ce rendez-vous du 24 décembre à Paris : en effet, le maître du jeu, Kronos, promet qu'on peut revenir en arrière et Yannis compte bien rendre vie à sa famille. Il se met donc en route mais, entre les gangs qui envahissent les villes et les derniers adultes de l'armée, le chemin s'annonce difficile...

j'ai bien aimé Yannis car le personnage est assez attachant : en effet, le jeune garçon n'a rien d'une brute : pas forcément très habile, il apprend cependant à survivre dans un monde devenu fou et ce sans perdre son humanité. La mort n'est jamais pour lui une formalité. Les décors post-apocalyptiques sont plutôt bien rendus et on appréciera la touche surnaturelle avec les fantômes de notre héros qui le suivent partout. J'ai juste été un peu déçue par la fin, un peu plate par rapport au reste du récit mais il s'agit d'une fin "provisoire" de toute manière puisque l'histoire de Yannis continuera prochainement. En attendant, il ne me reste plus qu'à découvrir les trois autres volumes : comment les auteurs ont-ils réussi à éviter les redondances, à garder du suspens et à apporter un plus à chaque nouvelle lecture ? Ont-ils seulement réussi ? Verdict la semaine prochaine avec un second tome.

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6 septembre 2015 7 06 /09 /septembre /2015 13:18

L05.jpgDigitale

Sarah Wagon

éditions Pocket Jeunesse

2015

 

Il y a un mot que mon grand frère a un jour employé pour décrire un roman ado qu'il avait parcouru : "cheap". C'est un mot parfaitement approprié pour parler de l'ouvrage d'aujourd'hui.

Monde futuriste, comme d'hab', après de terribles guerres, etc. Du coup, pour éradiquer la violence chez les humains et rendre le monde meilleur, les dirigeants de l'époque ont décidé de bannir toutes les émotions, du moins de les atténuer fortement en implantant à chacun une puce destinée à réguler tout ça. Exit tristesse, colère, désir, gourmandise, jalousie... Jade, notre héroïne, est elle-même dotée d'une puce qu'elle a eu relativement jeune, ses antécédents familiaux la prédisposant à être un sujet à risques. Bien évidemment, tout vole en éclats le jour où elle rencontre Sacha, un déficient (sa puce présente des anomalies) qui, pour la faire réagir... va l'embrasser (c'est une méthode comme une autre). "Réveillée", Jade décide de s'enfuir avec le jeune homme.

Je ne trouve pas l'idée de base si mauvaise que ça et c'est bien ce qui rend cette dystopie "cheap" justement. Il y aurait pu avoir une réflexion intéressante sur un monde aseptisé, tout dans la tiédeur et le contrôle, un univers à la Meilleur des mondes sauce ado. Au lieu de ça on a des descriptions bâclées, un manichéisme flagrant opposant aux gentils déficients les méchants digitaux et la société créée par l'auteur reste floue, abstraite, ce qui est à mon sens une faute majeure quand on crée ce genre de mondes. L'héroïne elle-même n'est pas inintéressante puisque, "réveillée", elle se révèle extrêmement violente, ce qui aurait pu soulever un certain nombre de thématiques. Mais que nenni ! Là encore l'auteur se contente d'en faire une wonder woman uniquement préoccupée par son histoire d'amour niaise avec Sacha qui, pour le coup, a la consistance du fromage blanc. Pour résumer, Sarah Wagon avait une bonne idée de départ mais elle échoue à la concrétiser, la faute à une écriture bancale et à un univers insuffisamment développé. Dommage.

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23 août 2015 7 23 /08 /août /2015 12:10

L02.jpgThe Girl at Midnight

De plumes et de feu

Melissa Grey

éditions Pocket

2015

 

Echo n'était qu'une jeune pickpocket new-yorkaise, jusqu'au jour où elle essaie de détrousser l'Ala, un être mi-femme mi-oiseau faisant partie du peuple des Avicen et vivant cachée des hommes, sous terre. L'Ala la prend en pitié et la recueille. Très vite, Echo se sent chez elle au milieu de ses nouveaux compagnons si bien que, lorsque dix ans plus tard l'Ala lui demande de trouver le légendaire oiseau de feu supposé mettre fin à la guerre entre Avicen et Drakharin, un peuple mi-homme mi-dragon, l'adolescente accepte sans hésiter. Durant sa quête son chemin croise celui de Caius, un Drakharin des plus séduisants mais aussi des plus dangereux...

Pas grand-chose à dire sur ce roman ado correct mais qui n'a rien de révolutionnaire, l'auteur se contentant de mixer tous les ingrédients à succès du genre : un voire plusieurs triangles amoureux (celui que Echo forme avec Rowan et Caius mais aussi celui que forme Caius avec Echo et Dorian ou même celui que forme Dorian avec Caius et Jasper), une quête à la recherche d'un objet prophétique, l'oiseau de feu, des énigmes dans des musées, des combats sanglants, des sacrifices... Même l'invention des Avicen et des Drakharim a un petit air de déjà-vu. En revanche, là où Melissa Grey se démarque c'est dans ses personnages secondaires qui, loin de servir uniquement de faire-valoir aux héros comme c'est souvent le cas, sont bien construits et possèdent une véritable personnalité. Enfin, il faut admettre que la fin de ce premier volume est plutôt inattendue et de bon augure pour la suite du récit, prévue en 2016.

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