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8 août 2015 6 08 /08 /août /2015 11:19

L08.jpgLe message de la lune

Orphans tome 3

Claire Gratias

éditions Rageot

2014

 

Il est temps de conclure (enfin!) Orphans, la trilogie de Claire Gratias. Marin, Teresa et Joao sont toujours prisonniers d'un univers parallèle et, à la suite d'une explosion de la porte, leurs chances de retour dans leur monde semblent définitivement compromises. Heureusement, ils sont pris en charge par un groupe de gitans qui les cachent parmi eux en attendant de trouver une solution.

Il était temps que ça s'achève si vous voulez mon avis : cette trilogie a été d'un ennui sans nom dont le troisième tome signe le coup de grâce. L'écriture n'est pas mauvaise et l'auteur n'a pas un style désagréable, mais l'action est mal menée, les rebondissements sont un ramassis de clichés (la voyante qui prédit le destin exceptionnel des ados, les tziganes au grand coeur, les secours qui arrivent toujours au bon moment, etc.) et l'intrigue des univers parallèles qui aurait pu être sympa est totalement gâchée par un salmigondis ésotérico-historico-pseudo-scientifique (oui j'invente des mots et alors ?) sur fond d'amours adolescentes insipides. Pour résumer, on s'ennuie ferme lors de cet ultime volet qui se conclut de façon brutale et nous laisse craindre une nouvelle série dont, personnellement, je ne veux même pas entendre parler.

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6 août 2015 4 06 /08 /août /2015 19:37

L01.jpgLe livre de Catherine

Karen Cushman

éditions Ecole des Loisirs

1994

 

Catherine, 13 ans, est furieuse : son père, un ivrogne qui la bat, n'a qu'une idée en tête c'est de se débarrasser d'elle en la mariant au plus offrant. Catherine, elle, voudrait être libre d'épouser qui bon lui semble et d'être dispensée des corvées de couture. Seulement voilà, nous sommes en Angleterre en 1290 et, quand on est la fille d'un seigneur, on n'a pas vraiment le choix...

Ce qui dessert sans conteste ce roman c'est sa couverture austère et franchement pas attirante pour des enfants. C'est bien dommage car Le livre de Catherine est un concentré d'humour et de tendresse qui joue sur le décalage entre le style moderne, un journal intime écrit par une ado en rébellion contre son père, et le contexte, une Angleterre médiévale marquée par le rythme des saisons, des pendaisons, des morts et des fêtes religieuses. Cela pourrait paraître artificiel mais il n'en est rien, l'humour jouant dans l'oeuvre un rôle-clé et assurant à l'ensemble beaucoup de légèreté et de finesse. Si anachronismes il y a, ils se perdent dans la bonne humeur d'un récit qui, mine de rien, aborde pas mal de thèmes essentiels : le mariage et l'amour, la construction d'une identité, la pauvreté... Notre héroïne principale, un peu peste sur les bords, se révèle au fil des pages un personnage drôle et attachant, férue de ses animaux et de ses oiseaux, et qui apprend peu à peu à faire le deuil de sa liberté sans pour autant se perdre. Elle découvre également qu'un père abominable peut être un époux admirable, qu'un frère haï peut parfois agir gentiment et, qu'à l'inverse, un bel écuyer peut se révéler le pire des chenapans. Un très joli roman pour jeunes filles à partir de douze treize ans.

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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 18:59

L03.jpgNe t'arrête pas

Expérience Noa Torson t.1

Michelle Gagnon

éditions Nathan

2012

 

Le problème c'est qu'on voudrait bien qu'elle s'arrête Noa Torson car le livre est tout du long une course sans fin. Tout commence par l'adolescente qui se réveille dans un entrepôt, sur une table d'opération, une longue cicatrice en travers de la poitrine. Noa parvient à s'échapper mais des hommes se lancent à ses trousses, de toute évidence bien déterminés à la récupérer. Pourquoi, dans quel but ? La jeune fille n'a ni amis ni famille et ne sait où se tourner jusqu'à ce que son chemin croise celui de Peter, un jeune hacker comme elle dont elle a fait la connaissance via un site. Ensemble tous deux tentent d'échapper à leurs poursuivants tout en essayant de comprendre leurs motivations.

Voilà voilà voilà. A dire vrai j'ai eu un peu de mal à adhérer à ce polar pour ados qui parle de hackers, ces "justiciers" de l'informatique qui quant à moi me laisse assez froide pour ne pas dire glaciale. Je ne suis pas non plus fan de ce genre d'action où les héros passent leur temps à courir dans tous les sens pour échapper aux méchants tout en tapant sur Google pour tenter de les semer. On sait tous comment ça finit : grande scène dramatique avec confrontation, coups de fusil, rires diaboliques etc. Non rien ne m'a franchement emballée pas plus l'héroïne autiste avec le passé douloureux et tout et tout que le héros fils rebelle qui vit avec le souvenir de son frère mort. Trop de clichés peut-être. Ne t'arrête pas a cependant une qualité qui le sauve du néant absolu : le style est très correct et, surtout, l'auteur ne craint pas les descriptions un peu gores et les morts violentes, ce qui fait qu'au moins le suspens est maintenu et que le livre ne tombe pas dans la bluette policière sans intérêt. Malgré tout je ne peux pas dire que j'attends avec une joie sans pareille la suite de l'aventure, prévue pour le mois d'août.

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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 09:49

L05.jpgMême les stars aiment les sardines à l'huile

Maïa Brami

éditions La Martinière Jeunesse

2015

 

Douce est une ado tête à claques comme il en existe des milliers sur terre et dans les romans ados justement. Elle rêve de devenir écrivain mais sa méchante prof de français l'a découragée du coup elle tient un blog dans lequel elle parle de ses parents trop nuls et de sa meilleure amie France. Pendant les vacances sa mère lui propose d'effectuer un stage dans le magazine féminin tenue par l'une de ses amies. Hélas pour notre héroïne, le dit magazine bat de l'aile et personne n'a vraiment le temps de s'occuper d'elle : pour se rendre utile, elle se propose de rédiger des psycho-tests pour le journal, une rubrique dont personne ne veut car elle porte malheur. Ce n'est pas l'avis de Douce qui, dès le deuxième jour de son stage, rencontre par hasard dans les locaux de la revue Amira, sa chanteuse favorite.

Ouais ouais ouais. Je ne peux pas dire que je suis fan du style, un peu trop hystérique à mon goût et faussement jeune mais soyons honnête (si si ça m'arrive) et reconnaissons pour le coup que ça n'est pas mal écrit et que ça se laisse lire sans trop de mal. En revanche, je n'ai pas accroché à l'histoire qui, certes, offre des moments plutôt drôles (l'allergie de la narratrice aux produits de beauté pour les peaux jeunes, Douce qui court acheter pour son idole un test de grossesse à la pharmacie..) mais le reste du temps m'a fait lever les yeux au ciel tant l'héroïne est insupportable, aussi bien dans sa façon d'aduler sa star favorite que dans sa façon de s'exprimer ou encore de vous assener, mine de rien, deux trois clichés (les parents, ne travaillez pas trop pensez à vos enfants, et l'amour ça craint pas tant que ça en fait) avant de vous achever avec les psycho-tests qu'elle pond à intervalles réguliers : "Quelle amie es-tu ? Trop lol" Sérieux ? Des psycho-tests ? "Tu peux même t'amuser à faire les tests de Douce avec tes amies!" propose avec entrain la quatrième de couverture. Chic ! Je crois que pour le coup j'ai passé l'âge et c'est sans regrets que laisse ce roman aux adolescentes désoeuvrées qui, sur une plage, seront sans doute folles de joie de découvrir si elles sont accrocs aux réseaux sociaux ou si elles sont des stars en puissance.

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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 17:09

L01.jpgPhobos

Victor Dixen

éditions Robert Laffont

2015

 

ça semble être un jeu de télé-réalité comme un autre : six garçons, six filles, filmés nuit et jour pendant vingt-deux semaines. Ils ne se voient que lors de speed dating de six minutes chaque jour. A l'issue de ces vingt-deux semaines il y aura six couples...sauf que ce jeu se déroule dans l'espace et que les douze jeunes gens font partie d'un programme destiné à les envoyer sur Marc où ils fonderont une nouvelle civilisation :

"Six prétendantes d'un côté

Six prétendants de l'autre

Six minutes pour se rencontrer

L'éternité pour s'aimer"

Enfin, l'éternité c'est vite dit car, ce que personne ne sait à part les dirigeants de l'émission, c'est que les habitats sur Mars ne sont pas viables et que les jeunes gens sont condamnés à mort à court terme.

J'avoue que ce premier tome d'une nouvelle trilogie me laisse sur un curieux sentiment. La pointilleuse en moi a grimacé devant des dialogues très artificiels : les déclarations alambiquées des candidats qui ne ressemblent en rien à ceux d'ados lambdas, la méchante qui expose ses plans machiavéliques avant d'éclater de rire, le côté surjoué des personnages en général. En revanche, l'ado en moi s'est très facilement fait happer par une intrigue extrêmement bien construite, des héros somme tout très attachants et un savant dosage entre histoires de coeur (qui va choisir qui ?) et suspens (Léonor va-t-elle se rendre compte du complot ? Les candidats vont-ils survivre ?) Un sentiment mitigé donc mais qui est balayé par un final explosif et qui laisse tant de questions en suspens que je ne peux faire autrement que d'attendre la suite de l'aventure avec impatience. La midinette en moi a gagné et c'est donc un bon coup de coeur pour Phobos, le début d'une série qui, je le pense et l'espère, risque de rencontrer un fort succès.

 

 

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12 juin 2015 5 12 /06 /juin /2015 19:36

L05.jpgLa Conspiration

t.1

Maggie Hall

éditions Robert Laffont

2015

 

ça commence comme tous les romans pour ados du style : une jeune fille incomprise, Avery, que sa mère trimballe de ville en ville pour le travail et qui n'a pas d'amis ni d'attaches. Elle ne sait rien de son père qu'elle rêve de retrouver un jour. Son regard croise celui de Jack, un mystérieux inconnu dont elle tombe secrètement amoureuse. Seulement voilà : Jack se révèle travailler pour le compte du Cercle, un mystérieux groupe de puissants qui fait la pluie et le beau temps partout dans le monde : les guerres mondiales, l'assassinat de Kennedy ? Ce sont eux ! Ils organisent des bals au Louvre, prennent des jets pour la Turquie et commanditent des assassinats entre deux amuse-bouches. Ils sont riches, beaux, intelligents... et coup de bol, Avery fait partie de leurs membres ! A elle la vie de star du moins jusqu'à ce qu'elle découvre que quelqu'un en veut à ses jours et qu'elle fait partie d'une prophétie qui pourrait faire basculer tout...

Livre "à la croisée de La Sélection et de Da Vinci Code" dixit la quatrième de couverture, La Conspiration a effectivement emprunté à La Sélection ses pires défauts, les descriptions à rallonge sur les vêtements que porte l'héroïne ,et est au moins aussi mauvais que le Da Vinci Code : vernis historique pioché sur Internet, symboles gravés sur des gargouilles ou énigmes dignes d'un jeu vidéo (aller à Notre-Dame pour trouver indice numéro 3). Bon j'avoue, les livres de conspirations me gavent déjà en temps ordinaire, mais là c'est tellement mauvais que je n'ai même fait aucun effort particulier pour suivre l'intrigue, la chasse au trésor sur les pas des descendants d'Alexandre le Grand (parce qu'il faut varier un peu, on va pas encore poursuivre les descendants de Jésus tout de même) qui se fait entre deux courses-poursuites, quelques échanges de coups de feu et beaucoup d'embrassades. Les personnages sont consternants et absolument pas crédibles. Ce sont 425 pages d'ennui absolu pour un tome supposé être un best-seller aux Etats-Unis. Encore une erreur de casting si vous voulez mon avis.

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5 juin 2015 5 05 /06 /juin /2015 19:58

L08.jpgLa pyramide des besoins humains

Caroline Solé

éditions Ecole des Loisirs

2015

 

Christopher vit dans la rue à Londres. Son lit c'est un carton depuis qu'un jour il a décidé de fuir de chez lui, quittant un père qui le battait. Un jour, en surfant sur Internet dans la boutique informatique d'à côté, il tombe sur le nouveau concept d'un jeu télévisé intitulé La pyramide des besoins humains. Le principe ? Les candidats, en s'inspirant de la théorie de Maslow, doivent prouver que leur vie répond aux cinq besoins de l'être humain : besoins physiologiques, sécurité, amour, reconnaissance et réalisation. Les internautes votent pour leurs participants préférés. Christopher se pique au jeu et décide de prouver que sa vie en apparence misérable répond parfaitement aux critères. Mais sa participation à l'émission prend bien vite un tour inattendu.

Mouais. Pas franchement convaincue par un livre qui avait un résumé prometteur et qui au final ne démarre jamais. La pyramide des besoins humains c'est l'histoire d'un ado qui a fugué et qui raconte sa vie dans la rue. L'amorce promise par le jeu de télé-réalité n'arrive jamais et le récit tourne autour des déboires de notre Gavroche des temps modernes. Si encore le récit était crédible ! Mais pas un instant on ne croit à ce narrateur SDF et à son discours de gros dur larmoyant. On n'accroche pas plus à l'intrigue trop rapide; qui ne s'intéresse jamais aux autres candidats du jeu et qui se concentre essentiellement sur un héros il faut le dire, pas franchement intéressant. En bref, j'ai attendu durant les 125 pages de ce livre qu'il se passe quelque chose pour un final tout aussi ennuyeux que le reste du récit. Si Christopher avait été réellement un candidat de télé-réalité, il n'aurait quant à moi jamais franchi le premier palier.

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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 18:15

L02.jpgL'année solitaire

Alice Oseman

éditions Nathan

2014

 

Tori est une ado cynique, misanthrope et un peu dépressive sur les bords. Vous connaissez la série Daria ? Et bien elle ressemble à l'héroïne, l'humour noir en moins. Le lycée pour elle est une prison dans laquelle il ne se passe jamais rien. Elle fréquente une bande de filles avec qui elle ne s'entend guère et qu'elle juge plutôt sévèrement, à l'exception de sa meilleure amie Becky, encore que... A la maison elle déverse son mal-être sur son blog tout en se querellant avec ses parents et en se faisant du souci pour son petit frère Charlie, atteint de troubles alimentaires sévères. En bref, rien ne va. Mais, en janvier, les choses changent : deux nouveaux venus arrivent au lycée. Il y a Lucas, son ancien meilleur ami d'enfance, et Michael, un farfelu de premier ordre. Dans le même temps, un blog anonyme baptisé "Le Solitaire" pirate le réseau de l'école et, presque malgré elle, Tori voit son existence prendre un tour différent.

L'année solitaire est un roman très étrange, écrit par une toute jeune fille, encore lycéenne à l'époque, ce qui donne du coup au livre un aspect assez réaliste. On est loin de l'héroïne idéale : Tori il faut le dire est une tête à claques, une adolescente dans toute sa splendeur qui rejette tout dans son intégralité, qui n'aime quasiment personne et qui geint que rien ne change tout en évitant soigneusement de faire quoi que ce soit pour. Cependant, l'écriture à la première personne fait que, bien malgré nous, nous adhérons à sa vision pessimiste du monde et à ses états d'âme plus ou moins sérieux. L'intrigue de plus est continuellement relancée par des questions plus ou moins sous-entendus : de quoi souffre exactement Charlie, qui est ce mystérieux groupe "Le Solitaire", que veut Michael, pourquoi Thomas est-il si distant avec Tori ? De la sorte, L'année solitaire évite l'écueil du roman journal intime, un genre qui commence sérieusement à s'essouffler et se rapproche davantage du roman à suspens. J'ai un seul bémol : la fin est, contrairement au reste du livre, très convenue et, du coup, un peu décevante : soudain on retrouve tous les ressorts de l'intrigue classique avec un série de rebondissements plus ou moins heureux et un happy end un peu facile. Cela cependant reste un ouvrage de bonne facture sur les tourments de l'âge ingrat.

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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 14:41

L01.jpgLa croix du Sud

Claude Carré

éditions Auzou

2015

 

Greg a quatorze ans et traverse une crise d'adolescence particulièrement difficile : il ne fait rien en cours et passe son temps devant l'ordinateur ou à traîner avec sa petite amie et ses potes. Plus grave, il s'est fait récemment arrêter par la police pour avoir forcé une supérette en pleine nuit. Aussi, pendant les vacances de Pâques, sa mère décide-t-elle de l'envoyer auprès de son père en Afrique, à la demande de ce dernier. Mais les retrouvailles prennent un tour inattendu...

La Croix du Sud a été une très bonne surprise. D'une part parce que le narrateur, l'adolescent, est, oh merveille, à peu près crédible : il emploie un langage adapté, n'est ni franchement désinvolte ni trop mélodramatique, et le récit, de ce fait, garde un ton juste, tantôt plein d'humour, tantôt plus grave. D'autre part, le livre n'est pas moralisateur : il ne s'agit pas pour l'auteur d'opposer à la vanité de notre civilisation l'authenticité du désert. Ainsi, si Greg vit une expérience qui va le marquer à jamais et être confronté à des situations qui vont le forcer à grandir, il n'en demeure pas moins un ado désireux de retrouver son téléphone et son ipod. Enfin, Claude Carré nous fait découvrir tout un monde, le silence du Sahara, la pauvreté du Niger, la beauté du désert, à travers le récit de ce garçon un peu tire-au-flanc, un peu égoïste, mais qui se révèle au fil des pages un être attachant, plein de pudeur, et qui ne sait pas trop comment dire à son père qu'il tient à lui malgré tout. Un très joli moment de lecture.

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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 19:02

L03.jpgRuines

Partials tome 3

Dan Wells

éditions Albin Michel

2014

 

Après Partials et Fragments, Dan Wells conclut sa trilogie futuriste avec Ruines, l'ultime tome des aventures de Kira. Souvenez-vous : après avoir découvert qu'elle était elle-même une Partial hybride, notre héroïne accepte de se soumettre aux expériences de ces derniers. Son objectif ? trouver le remède contre le RM, le virus qui empêche les bébés de survivre, et sauver les Partials de leur extinction programmée. En bref, Kira espère sauver les deux espèces et les réconcilier par la même occasion. Un programme ambitieux lorsqu'on sait la haine que se vouent mutuellement les deux races...

J'avoue avoir eu beaucoup de mal à entrer dans l'histoire. J'avais déjà trouvé beaucoup de longueurs à Fragments et l'action de Ruines met énormément de temps à se mettre en place également. Le nombre de personnages nuit à la compréhension et au rythme de l'intrigue. Quant à Kira ce n'est pas une héroïne antipathique, loin de là, mais ses perpétuelles interrogations : "Suis-je plus plus Partial qu'humaine ? Qui dois-je choisir entre Samm et Marcus ? Comment je vais bien pouvoir sauver le monde ?" sont un peu usantes. Enfin, je suis plus que perplexe devant un final un peu trop vite expédié à mon goût, surtout après un un début aussi laborieux. Ceci dit, beaucoup d'éléments sauvent Ruines : une fois lancée (après près de la moitié de l'ouvrage tout de même) l'action tient toutes ses promesses. Les personnages ne sont pas manichéens. Enfin et surtout Dan Wells nous offre une réflexion très intéressante sur les relations humaines, montrant à quel point les conflits (ici entre races) peuvent se révéler destructeurs et être le fait d'êtres pas forcément méchants par ailleurs. La haine gomme tout esprit logique (Partials et humains ne peuvent survivre les uns sans les autres mais persistent pourtant à se battre entre eux) et pousse au pire. L'auteur a également le mérite de ne pas faire de Kira une héroïne miracle : bien au contraire, pendant tout le roman, la jeune fille pense être faite pour sauver le monde, se croit investie d'une mission, d'un destin, avant de réaliser tout bêtement que ce n'est pas ainsi que ça fonctionne. Pas de prophétie, pas de destinée, juste une série de choix qu'elle est libre de faire ou non. Ainsi, le réalisme psychologique, l'absence de happy end et la sobriété d'écriture de Dan Wells (pas de grands moments larmoyants ou sentimentaux) à défaut d'en faire un chef-d'oeuvre font de Ruines un ouvrage qui conclut honorablement une dystopie plus qu'originale.

 

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