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14 septembre 2014 7 14 /09 /septembre /2014 12:02

L01.jpgLe purgatoire des innocents

Karine Giebel

éditions Pocket

2013

 

Cela devait être un casse facile, un vol de bijoux tout en douceur, sans blessés, sans morts. Raphaël n'avait pas envie d'effusions de sang, juste de gagner enfin de quoi se retirer et, riche, de couler des jours paisibles avec son petit frère William. Mais les choses ont dégénéré : une voiture de police qui passe à ce moment-là, des tirs, deux morts et un blessé, son propre frère... Pour Raphaël et ses complices, il faut songer à trouver une planque. La chance paraît leur sourire : ils tombent sur une vétérinaire vivant à l'écart dans une maison isolée. Elle s'appelle Sandra et son mari est absent pour deux jours. Personne ne viendra les chercher là, ce qui laissera le temps à William de se remettre de ses blessures. Bien évidemment, rien ne va se passer comme prévu et le refuge devient vite un enfer....

Inattendu, Le purgatoire des innocents est un véritable choc. Je ne connaissais pas du tout cet auteur et je me suis laissée totalement surprendre par cette histoire qui prend un tour des plus inattendus et qui peu à peu verse dans l'horreur la plus totale. Je ne pense pas être d'une nature particulièrement sensible mais j'avoue avoir ressenti un profond malaise en lisant une intrigue qui ne nous épargne aucun détail atroce et  qui explore jusqu'à plus soif les bas-fonds de l'âme humaine. Bon au niveau de l'écriture, je ne suis pas totalement convaincue : Karine Giebel est fan des phrases courtes et choc qui sonnent un peu comme des sentences et qui, à un moment donné, donne au texte un côté un peu lourd. C'est particulièrement flagrant quand elle s'emploie à décrire l'état d'âme de ses personnages. En revanche, ce défaut est contre-balancé par des descriptions très sombres et très justes et par un récit rythmé qui tient le lecteur en haleine de bout en bout et de rebondissements en rebondissements. Le purgatoire des innocents a donc été pour moi une très belle découverte, un polar lu en trois jours et qui je pense trouvera sans doute plus d'un amateur par ici.

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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 10:46

L03.jpgLes ronds dans l'eau

Hervé Commère

éditions Livre de Poche

2011

 

Jacques a peur : truand à la retraite depuis bien longtemps, il vit dans l'angoisse d'être un jour retrouvé pour le vol d'une peinture commis il y a des décennies. Une bagatelle me direz-vous sauf que ses copains et lui ont volé le parrain de la Côte Est, Costano et que celui-ci a juré de retrouver les petits plaisantins qui lui ont fait le coup. Les peurs de notre malfrat se concrétisent le jour où il reçoit une photo : quelqu'un sait. Pendant ce temps, un jeune serveur dépressif, Yvan, veut empêcher son ex, participante à une émission de télé-réalité, de le ridiculiser en lisant des lettres de lui en direct et décide de les voler chez les parents de la jeune fille. Manque de chance, il se trompe de maison...

Deux personnes qui n'ont rien en commun et qui vont néanmoins se téléscoper pour une aventure  tel est le postulat de départ des Ronds dans l'eau. Idée qui, si elle n'est pas d'une folle originalité, a le mérite d'être efficace. Ainsi, toute la première partie du livre est intéressante, d'autant plus que la narration alterne entre les deux personnages. Rebondissement inattendu, interlude plutôt intriguant... et rien. Tout retombe comme un soufflé. Les ronds dans l'eau se révèlent être une illusion d'optique. Hervé Commère a un style qui n'est plutôt pas mal mais pourquoi diable s'embarquer dans une histoire pareille? L'auteur multiplie les promesses, les sous-entendus, va même jusqu'à suggérer la folie de l'un de ses héros et tout ça pour quoi? Pour un dénouement décevant, à mon sens tiré par les cheveux, et qui ne présente guère d'intérêt si ce n'est pour nous rappeler le battement d'aile du papillon et tout ça et pfou la vie c'est marrant quand même à quoi ça tient. Il y a un sérieux problème de construction dans cette oeuvre qui n'est pas totalement dénué d'intérêt mais qui faussement ambitieuse se révèle être un polar mineur pour un après-midi pluvieux.

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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 11:46

L01.jpgSans feu ni lieu

Fred Vargas

éditions J'ai Lu

1997

 

Louis Kehlweiler s'était juré d'en finir avec les enquêtes : ancien employé de l'Intérieur, il a raccroché sa veste et n'entend plus se mêler des affaires de la police. C'était sans compter sur Marthe, une ancienne prostituée au grand coeur et une amie proche qui lui ramène un jour son protégé Clément, un accordéoniste un peu simple d'esprit qu'elle a connu étant enfant mais qu'elle n'avait pas revu depuis vingt ans. Le problème c'est que Clément est suspecté pour le meurtre de deux jeunes femmes sur Paris et recherché activement. Après bien des hésitations, Louis accepte d'aider Marthe et cache Clément chez ses trois amis historiens un peu fêlés, le temps de mener son enquête et de découvrir si oui ou non Clément est vraiment le tueur en série que l'on redoute.

Lire du Fred Vargas me donne toujours l'impression de rendre visite à de vieux amis. C'est sans surprise certes mais on passe un agréable moment et l'on retrouve toujours ses personnages favoris. Je dois avouer que les trois "évangélistes" du récit, les historiens célibataires dans leur baraque pourrie, ne sont pas loin de supplanter dans mon coeur Adamsberg, l'autre personnage phare des romans de Vargas. Sans feu ni lieu a cependant une petite originalité par rapport aux précédents ouvrages de notre auteur : ici, il s'agit moins de trouver un coupable que de disculper un innocent, à supposer qu'il le soit. La dynamique du livre est en quelque sorte inversée. Clément a tout du coupable idéal : un peu simplet, imprévisible, inconscient de ses actes, il est victime des préjugés de Louis dès que celui-ci l'aperçoit. Délit de sale gueule ou intuition d'ancien flic? Au lecteur de le découvrir tout au long de cette enquête qui mêle encore une fois situations absurdes et personnages loufoques, histoire et poésie.

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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 10:34

L02.jpgUn peu plus loin sur la droite

Fred Vargas

éditions J'ai Lu

1996

 

C'est jour férié aujourd'hui : laissons tomber classiques alambiqués et romans enfantins pour un bon polar et repartons à la découverte des livres de Fred Vargas avec l'un de ses premiers romans Un peu plus loin sur la droite.

Louis Kehlweiler, ancien employé (?) au ministère de l'Intérieur mais aujourd'hui mis au rebut, n'a pas perdu sa manie de fouiner à droite et à gauche et d'arpenter les rues de Paris à la recherche de crimes ou d'affaires louches. C'est ainsi qu'il retrouve un jour un os humain dans les excréments d'un chien. Bien entendu, lorsqu'il apporte sa trouvaille aux policiers du quartier, ces derniers se moquent de lui et refusent de faire le nécessaire. Qu'à cela ne tienne: Louis se lance dans sa propre enquête et retrouve le chien incriminé, un pitbull dont le maître vit en Bretagne, dans un petit village perdu nommé Port-Nicolas: une vieille femme y serait morte accidentellement à la suite d'une chute et il lui manque un bout d'orteil...

Pas de Adamsberg dans ce roman, désolée pour les fans, mais nous retrouvons avec plaisir deux des personnages de Debout les morts, les historiens fous, le moyen-âgeux Marc et le chasseur-cueilleur Matthias qui épaulent notre anti-héros Kehlweiler dans une enquête qui les mène au fin fond de la Bretagne. Un peu plus loin sur la droite ne restera pas mon roman préféré de Vargas: l'intrigue est un peu alambiquée, le début est poussif et le dénouement assez prévisible. Ceci dit, les dialogues et les situations sont toujours aussi drôles et, comme d'habitude, les personnages à eux seuls justifient la lecture de ce policier à la fois plein d'humour noir et étrangemment touchant. Idéal pour vos futures vacances.

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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 20:51

L01.jpgMauvaise étoile

R.J. Ellory

éditions Sonatine

2011

 

On retourne dans le roman policier mais avec un registre bien plus sombre que celui de Adler Olsen puisque nous allons parler aujourd'hui de Mauvaise étoile de Ellory, l'auteur de Seul le silence dont nous avions déjà parlé ici (il y a plus de quatre ans certes mais bon, faites un effort tout de même). Ellory n'est pas franchement un joyeux drille, en tous cas pas dans ses romans et si vous ne voulez pas vous plomber le moral, je vous déconseille ses oeuvres.

Clarence et Elliott, demi-frères, sont nés sous une mauvaise étoile : leur mère s'est faite assassiner par le père de Clarence et ils ont passé le plus clair de leur jeunesse en maison de redressement. Nous sommes dans les années 60 aux Etats-Unis, inutile de vous dire que leur enfance est loin d'avoir été folichonne. Les voilà âgés respectivement de dix-sept et dix-neuf ans; si Elliott l'aîné montre déjà des signes de violence et semble bien parti pour aller en prison dès sa majorité, Clarence en revanche, plus doux, ne rêve que d'évasion. Les deux frères sont cependant très attachés l'un à l'autre. Mais, un jour, un condamné à mort en transit les prend en otage pour s'évader et les embarque dans un périple qui va bientôt devenir une véritable boucherie...

Il faut entrer dans cette histoire déconcertante et dans un roman qui a un style qui n'a rien à voir avec celui d'un polar traditionnel; l'écriture est soignée, les dialogues rares et les personnages principaux ne sont pas ceux qu'on pourrait s'attendre à rencontrer. Au début, Clarence et Elliott sont deux gamins terrifiés et inexpérimentés, victimes d'une malchance qui semble les poursuivre. Mais, peu à peu, le lecteur se laisse vite happer par ce road-movie particulièrement atroce et par une violence qui va crescendo jusqu'à atteindre le summum. Je l'avais déjà dit pour Seul le silence; contrairement à d'autres auteurs, Ellory ne semble éprouver aucune fascination morbide pour les meurtriers et fait de Earl Sheridan d'abord, puis d'Elliott ensuite des hommes plutôt limités qui tuent pour le plaisir de tuer. Il est de fait difficile de s'identifier à eux d'autant plus que l'auteur prend le temps de raconter l'histoire de chacune des malheureuses victimes, ce qui ne rend que plus atroce leur mort. Elles ont chacune leur identité et ne sont pas des personnages secondaires mis là uniquement pour permettre à un brillant inspecteur de tirer les conclusions qui s'imposent. De fait, quand on y réfléchit, il y a autant, voire même moins, de cadavres dans Mauvaise étoile que dans n'importe quel autre ouvrage policier, mais leur mort est longuement décrite et a de fait beaucoup plus d'impact sur le lecteur. C'est un univers sombre, cru, brillant mais violent, avec un suspens qui ne part pas du tout dans la direction qu'on pourrait croire. Bref, un ouvrage que vous ne pourrez pas offrir à votre grand-mère adepte de Mary Higgins Clark mais que je vous encourage vivement à lire.

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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 13:12

L01.jpgDossier 64

Jussi Adler Olsen

éditions Albin Michel

2010

 

Après Miséricorde, Profanation et Délivrance, notre inspecteur danois préféré, l'inspecteur Morck, rempile pour une quatrième aventure avec son duo de choc, l'insaisissable Assad et la schizophrène Rose. Cette fois le département V, le département spécialisé dans les "cold cases" enquête sur une série de disparitions ayant eu lieu dans les années 80. Presque toutes ces disparitions semblent plus ou moins liées à un groupe politique d'extrême-droite et à son leader, Curt Wad, actuellement âgé de 98 ans...

Comme toujours dans les romans de Adler Olsen, le début est un peu difficile, l'action longue à se mettre en place et le lecteur se demande, une fois de plus, s'il arrivera à rentrer dans l'enquête. Et, comme d'habitude, quelques pages plus tard, nous nous laissons emporter par une histoire qui tient avant tout à ses personnages. Inutiles de revenir sur les héros réccurents, Morck, Rose ou Assad qui sont, comme à leur habitude, excellents. Intéressons-nous plutôt aux héros secondaires, Nette Rosen ou Curt Wad : a priori, l'une est clairement la victime (Nette) tandis que l'autre apparaît comme le bourreau (Curt). Mais, tout au long de la narration, les cartes se brouillent et la "victime" apparaît de moins en moins angélique tandis que l'autre tend à devenir un vieillard usé et fatigué, troublé par la mort imminente de sa femme. Ainsi, si l'ouvrage reste quand même relativement manichéen (le personnage de Curt reste affreux), l'auteur prend un malin plaisir à brouiller les cartes, et par le jeu de la narration alternée (flash-backs et action qui se déplace d'un personnage à un autre) à nous faire voir le monde à travers les yeux des différents protagonistes. Le point faible de notre romancier, c'est une intrigue un peu simple, avec des artifices assez grossiers et un dénouement relativement prévisible. Son point fort en revanche c'est un savant mélange d'humour noir et d'horreur, de cynisme et de bienveillance, à l'image de son héros partagé entre sa conscience professionnelle et un quotidien qui n'est pas de tout repos. Bref, Dossier 64 est un polar qui arrive à faire rire tout en suscitant un léger malaise et ça, ce n'est pas donné à n'importe quel livre....

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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 11:54

L02.jpgL'écorchée

Donato Carrisi

éditions Calmann-Levy

2013

 

Il y a de cela quelques années est sorti un roman policier dont nous avons déjà parlé ici, Le chuchoteur. Un livre plutôt sympa et qui avait fait l'unanimité malgré un style de qualité médiocre. Aujourd'hui, l'auteur revient sur le devant de la scène avec la suite, L'écorchée.

Sept ans se sont écoulés depuis l'affaire du chuchoteur. Mila Vasquez a fait désormais le choix de travailler au bureau des personnes disparues. Elle essaie de retrouver ces hommes, femmes et enfants qui, un jour, semblent s'être volatilisé de la surface de la terre, certains depuis des années. Un travail qui convient parfaitement à son tempérament solitaire et à son incapacité totale à ressentir des émotions. Mais, un jour, son ancien collègue, Boris, vient la sortir de sa retraite : une famille entière à l'exception du plus jeune s'est fait fait massacrer et le meurtrier n'est rien d'autre qu'un des disparus de notre héroïne. Mila se lance dans l'enquête, aidée officieusement par Simon Berish, un paria de la police...

Donato Carrisi m'avait un peu déçue avec son dernier livre Le tribunal des âmes, aussi c'est avec beaucoup de précautions que j'ai abordé L'écorchée. Il faut être honnête : Donato Carrisi est loin d'avoir un beau style et il écrit même plutôt mal. Déjà, dans Le chuchoteur, tout l'intérêt du roman résidait dans l'intrigue mais une intrigue qui pour le coup était particulièrement soignée et prenante. Avec l'écorchée, le risque majeur était de faire du réchauffé, l'effet de surprise étant passé. De fait, le livre est un semi-échec : le personnage de Mila est intéressant mais sonne un peu creux. Présentée comme un être dépourvu de sentiments par l'auteur, cette particularité ne saute pas immédiatement aux yeux du lecteur qui la voit plutôt comme un personnage usé par la vie mais pas inhumain. Quant au personnage de Berish, il aurait gagné à être développé. L'intrigue a de plus effectivement un petit goût de déjà-vu, avec des retournements de situations, des protagonistes qui ne sont pas ce qu'ils devraient être et des indices un peu tirés par les cheveux. Ceci dit, je ne dirais pas que j'ai détesté L'écorchée. J'ai lu le livre assez rapidement ce qui tend à prouver que l'intrigue n'est pas si mauvaise que ça puisque je voulais vraiment connaître la fin (quand vous ne terminez pas un roman policier ou que vous traînez, un indice : c'est vraiment un très mauvais roman). De plus, l'auteur s'intéresse à un phénomène qui nous fascine tous, celui de ces personnes disparues qui, au fond, avait déjà disparu bien avant qu'on le signale: marginaux, adolescents fragiles, vendeuses anonymes, femmes battues...toutes ces ombres que Donato Carrisi s'emploie à nous décrire succintement mais qui, confondus,  finissent par prendre plus d'importance que les personnages principaux. Un joli tour de force qui fait pardonner beaucoup de choses.

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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 10:07

L02.jpgAvant d'aller dormir

S.J Watson

éditions Pocket

2011

 

Ce matin, Christine s'est réveillée vingt ans plus tard dans une chambre inconnue avec, à ses côtés, un total étranger. Mais, comme le lui a expliqué celui qui se dit son mari, un dénommé Ben, il n'y a rien là que de très normal. En effet, depuis un terrible accident survenu bien des années auparavant, Christine est incapable de stocker le moindre souvenir plus d'une journée: dès lors qu'elle s'endort, elle a tout oublié le matin à son réveil et, chaque jour, il faut de nouveau tout lui redire : son mariage, son accident, son amnésie... Mais, presque à son insu, Christine a un secret, un journal intime qu'elle tient et dans lequel elle consigne tout ce qui lui arrive sur les conseils du docteur Nash, un médecin qu'elle voit en cachette de son mari. Dès lors, chaque jour, Christine peut mieux se familiariser avec l'étrangère qu'elle est devenue et découvrir ce que Ben lui dit tous les jours mais, aussi ce qu'il lui cache. Bientôt, mis bout à bout, le journal fait apparaître des zones d'ombres et des incohérences dans le récit...

Avant d'aller dormir est un ouvrage assez paradoxal. J'ai vraiment accroché au débult, me laissant porter par une narration très bien menée et construite à la manière d'une scène qui se répéterait encore et encore, d'une héroïne prise au piège d'une journée sans fin, condamnée à réapprendre sa vie chaque matin. Mais la fin du roman est plutôt décevante, tombant dans le cliché moralisateur et la guimauve. C'est un peu dommage de gâcher une bonne intrigue policière et des rebondissements assez inattendus par une morale américaine bien puritaine...  L'un de mes collègues a qualifié ce polar de "très féminin" et, après avoir fini, je suis assez d'accord. L'auteur fait la part belle à la psychologie de son héroïne, s'interroge sur des thèmes comme l'amour et la maternité, et mâtine son huis-clos de considérations sentimentales : Christine peut-elle aimer son mari alors que c'est toujours pour elle un inconnu? Watson semble sans cesse hésiter entre le bon policier de base avec ses effets inratables (une héroïne qui ne peut faire confiance à personne, les mensonges, les scènes violentes) et la bluette à la Musso. Fort heureusement, à part sur la fin je le répète complètement ratée, c'est l'intrigue policière qui gagne et fait de Avant d'aller dormir un roman tout à fait passable, très visuel et qui, je pense  pour le coup serait très intéressant adapté cinématographiquement...

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8 septembre 2013 7 08 /09 /septembre /2013 13:58

L05.jpgLe mort aux quatre tombeaux

Peter May

éditions du Rouerge

 

A la suite d'une soirée alcoolisée, Enzo Mc Leod, ancien légiste écossais établi en France et devenu simple professeur de biologie, fait le pari de résoudre les meurtres inexpliqués décrit dans le livre de Raffin, journaliste. L'idée de Mc Leod est de prouver que désormais, grâce aux nouvelles technologies, il est désormais possible de résoudre les mystères les plus complexes. Le voilà donc lancé sur la disparition de Jacques Gaillard, ancien conseiller du premier ministre charismatique et influent qui s'est évaporé en 1996 et que la police n'a jamais retrouvé, vivant ou mort. Mc Leod décide de tout reprendre à la base et, à la surprise générale, sa propre enquête ne tarde pas à porter ses fruits...

Il n'est pas méchant le héros, plutôt sympathique même, et l'on suit avec beaucoup d'intérêt ses déboires, sa fille aînée qui ne lui parle plus, sa cadette qui sort avec un prof de fitness peroxydé, son alcoolisme avéré, ses gaffes amoureuses... Le style du roman n'est pas mauvais non plus. Mais... Comment vous dire? Ce qui ne va pas dans ce roman policier, et bien c'est l'intrigue policière. Admettez que c'est un peu gênant. En bref, un pauvre prof, intelligent certes mais pas à ce point, épaulé par une de ses étudiantes, parvient uniquement à résoudre une enquête non résolue depuis des années uniquement en tapant trois mots clés sur Google. Oui oui, vous avez bien compris, sur Google: "Coquille saint Jacques + salamandre + chandelier". Donc de deux choses, ou la police française est complètement demeurée ou ils ne sont pas équipés d'Internet dans le commissariat; ceci dit, j'avoue que ça m'inquièterait un peu si, pour résoudre mon meurtre, l'enquêteur allait chercher des indices sur Wikipédia ou lancer un appel à témoins sur Twitter. Voilà, voilà... Du coup, inutile de vous dire que le livre n'a absolument aucune crédibilité et et que l'intrigue fait plus rire qu'autre chose. D'ailleurs, l'auteur lui-même ne semble pas sûr de son registre, oscillant entre le franc comique (le héros qui se fait tabasser par le père mal dégrossi de son étudiante ou qui se retrouve avec des canetons dans sa baignoire) et le tragique (la fille qui se fait enlever). Mais n'est pas Fred Vargas qui veut et Le mort aux quatre tombeaux, trop grotesque pour se laisser prendre au sérieux mais trop sérieux pour tomber dans la parodie n'a d'autre effet que de décevoir le lecteur et de lui faire se demander pourquoi diable Peter May s'est fourvoyé dans une histoire pareille...

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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 11:39

L07.jpgDouble meurtre à Borodi Lane

Jonathan Kellerman

éditions Points

 

Vous l'avez peut-être remarqué, je n'ai pas tellement eu la main heureuse ces derniers temps en matière de livres et ce n'est certes pas avec ce titre que ça va s'arranger...

Un soir, un gardien de nuit d'un chantier de construction à l'abandon retrouve un couple en haut d'une tourelle, en position équivoque. Rien que de très normal me direz-vous sauf que la femme a été étranglée et que l'homme s'est pris une balle dans la tête. Crime passionnel? L'inspecteur Milo est en charge de l'enquête et fait appel à son comparse consultant, le psychologue Alex Delaware. Si l'identité de l'homme, un jeune architecte plein d'avenir, est bientôt révélée, celle de la femme demeure un mystère. Mais quelques recherches laissent à penser qu'un riche indonésien serait dans le coup et les deux hommes se font très vite mettre des bâtons dans les roues...

C'était la première fois que je lisais un livre de Jonathan Kellerman et ce sera sans doute la dernière. Tout dans ce livre est nul. Les personnages sont creux: entre le gros qui passe son temps à bouffer et le narrateur, le psychologue insipide qui ne sert strictement à rien, on retrouve des caricatures d'éco-terroristes (ah ces sales écolos qui passent leur temps à vouloir incendier des Mac Do et qui veulent tuer l'humanité pour sauver trois arbres) et de loyaux policiers américains à la gâchette facile. L'intrigue est toute pourrie, part dans toutes les directions (terrorisme, meurtre passionnel, vengeance...) pour finalement s'achever en eau de boudin. Le fond est nauséabond, puant le patriotisme rance et la testostérone mal placée. La subtilité n'est assurément pas le point fort de Kellerman qui préfère à une véritable réflexion multiplier clichés et poncifs et pense qu'il fait de la psychologie parce qu'il construit son livre uniquement sous forme de dialogues. (Les descriptions c'est trop fatiguant) C'est bien simple, il n'y a que ça: des dialogues entre les deux acolytes, des dialogues entre Milo et ses assistants, des dialogues entre Alex et sa femme, etc. Parfois, on ne sait même plus qui parle à qui vu que l'auteur ne se fatigue pas à introduire les personnages avant les échanges. Le clou du spectacle, c'est tout de même l'interrogatoire final du coupable qui dure près d'une dizaine de pages et qui, s'il achève l'accusé, manque également de liquéfier le lecteur d'ennui. J'ai souvent eu du mal à finir des essais ou même des romans pour la jeunesse mais là c'est une grande première: c'est bien la première fois que j'ai autant de mal à finir un policier. Félicitations à Kellerman qui, paraît-il non content d'écrire comme une savate a également une femme et un fils qui écrivent; j'espère juste qu'ils font un peu mieux que lui...

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