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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 10:13

L05.jpgLe tribunal des âmes

Donato Carrisi

éditions Calmann-lévy

 

Tout commence par un soir où une jeune médecin de garde est appelée en urgence pour l'infarctus d'un homme d'une cinquantaine d'années, Jeremiah Smith. Arrivée sur place, cette dernière se rend compte que son patient n'est rien moins que le tueur en série qui a assassiné sa soeur bien des années auparavant. Elle choisit cependant de lui sauver la vie. Marcus, un mystérieux inconnu, homme sans passé, amnésique dans d'étranges circonstances, découvre alors que Jeremiah Smith, avant sa crise cardiaque, a probablement enlevé une étudiante en architecture, peut-être toujours en vie. Smith étant dans le coma, la seule chance pour Marcus de retrouver la jeune femme est de mener sa propre enquête en marge de la police et de suivre des messages semés par un anonyme. Son chemin le mène à travers tout Rome et lui fait bientôt croiser celui de Sandra, enquêtrice photo pour la police scientifique à Milan et qui mène ses propres investigations pour percer le mystère de la mort de son mari, décédé quelques mois auparavant...

Après Le chuchoteur, Carisi récidive avec un roman dont la thématique se rapproche beaucoup de son premier ouvrage, l'idée du mal comme une contagion qui n'épargnerait personne. Dans le tribunal des âmes, il s'agit de protagonistes qui au fond se rendent justice eux-mêmes: Marcus n'est pas un policier et Sandra n'est pas en enquête officielle. Quant au mystérieux corbeau, il semble prendre un malin plaisir à transformer les victimes en bourreaux en traquant lui-même des tueurs en série et en les offrant à ceux qui ont souffert à cause d'eux. Personne n'est réellement innocent, comme dans Le chuchoteur, et au fur et à mesure de la lecture, nous prenons de plus en plus conscience des zones d'ombre de tous les personnages. Ajoutez à cela des prêtres justiciers et une mystérieuse organisation nommée Le tribunal des âmes... Nous aurions pu avoir un bon roman policier. Mais, contrairement au Chuchoteur, ici la sauce ne prend pas. La faute à mon avis à deux éléments: d'une part à cause du syndrôme Da Vinci Code et la tentation de faire partir le récit dans des considérations sur l'art, le complot millénaire, etc. qui font que le lecteur, planté comme les personnages devant un tableau de Caravage au milieu de l'action se demande ce qu'il fout là et s'il doit chercher Marie-Madeleine ou la descendante du Christ. D'autre part par une narration saccadée, trop saccadée, qui alterne systématiquement entre Marcus et Sandra, chaque grande partie s'ouvrant qui plus est par un autre personnage, le chasseur, enquêtant à l'autre bout du globe et avec qui nous ne voyons pas très bien le rapport avec la choucroute. Du coup, cette structure  très linéaire casse le rythme de l'histoire et incite le lecteur à faire de fréquentes coupures. Je n'ai pas fait l'erreur de certains de mes collègues de lire le récit par petits bouts (d'où l'erreur de ce type de narration) ce qui fait que j'ai pu rester plus ou moins plongée dans l'intrigue, au demeurant un peu trop alambiquée et pas forcément très bien menée, mais sans non plus être réellement captivée. Malgré une fin passable (gâchée par sa longueur ceci puisqu'elle occupe près d'une quarantaine de pages)  Le tribunal des âmes n'a pas grand-chose à voir avec le premier roman de Carisi en terme de qualité. Bien dommage. Espérons qu'il se rattrappe sur le prochain...

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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 19:12

L02.jpgCeux qui vont mourir te saluent

Fred Vargas

éditions J'ai Lu


 

Claude, Néron et Tibère (je vous rassure, deux de ces prénoms sont des pseudos) sont étudiants à Rome et mènent une vie pleine d'insouciance, financée en grande partie par le capital du père de Claude, Henri Valhubert, expert en oeuvres d'art. Mais, lorsque Henri est assassiné à Rome même, et ce alors qu'il enquêtait sur des vols commis dans l'enceinte des bibliothèques du Vatican, les soupçons de la police se portent sur ce triumvirat pour le moins insolite, ainsi que sur l'épouse de l'expert, Laura, une femme au charme inexplicable que Tibère et Claude idolâtrent... Richard Valente, dépêché sur place, aura fort à faire pour cerner ces suspects improbables et démêler l'échevau de la vérité...

Morituri te salutant, c'est sous forme de clin d'oeil à la Rome antique que Fred Vargas, historienne de formation, s'attela à ce qui sera l'une de ses premières oeuvres de fiction. Les références sont nombreuses: le trio d'étudiants qui se sont attribués en toute simplicité des noms d'empereurs, le cadre dans lequel va se dérouler le récit, l'empoisonnement d'Henri Valhubert par la cigüe (le poison par lequel mourut notamment Socrate), les histoires familiales tortueuses d'enfants naturels et d'adoption... Que les allergiques à l'histoire se rassurent cependant: le tout reste anecdotique et Fred Vargas, loin de s'embarquer dans une intrigue historico-ésotérique indigeste à la Da Vinci Code préfère effleurer le sujet pour se tourner sur ce qu'elle maîtrise le mieux, des personnages décalés; étudiants à la limite de la folie, femme amorale, évèque peu scrupuleux, bibliothécaire revêche, enquêteur à la logique toute personnelle... Seul bémol, l'intrigue reste simple et même les rebondissements ne parviennent pas à créer un réel effet de surprise. Ainsi, la fin, sans être prévisible, n'a rien d'extraordinaire. Restent de très bons dialogues et un style enlevé pour celle qui deviendra au fil des ans une figure incontournable du roman policier.

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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 21:23

L09.jpgLes sentiers du désastre

Donald Westlake

éditions Rivages

2004

 

 

Je vous avais promis qu'on y reviendrait vite... Revoilà donc notre sympathique truand, Dortmunder et sa fine équipe. Les années ont passé, mais Dortmunder n'a guère changé depuis Dégât des eaux (combien a-t-il vécu d'aventures entre? Je l'ignore...) Il vit toujours paisiblement de petites combines et cette fois c'est un ami d'Andy (l'un de ses comparses) qui lui propose un autre gros coup: il s'agit de se faire engager par Monroe Hall, un milliardaire haï de tous à la suite de malversations financières, et de lui dérober une grande partie de ses biens. Dormunder devient donc majordome, Andy secrétaire, Stan chauffeur et Tiny agent de sécurité. Seulement le hic c'est qu'ils ne sont pas les seuls à prévoir un mauvais coup; certaines victimes des escroqueries de Hall sont en effet déterminées à le kidnapper pour l'argent. Quel plan va réussir?

Ce qui est drôle dans cet ouvrage (et dans le précédent d'ailleurs) c'est le mal que se donne Dortmunder à élaborer des plans qui ne fonctionnent jamais. ça démarre un peu à la Ocean's Eleven avec des combines soigneuses, une préparation minutieuse, des déguisements étudiés, et, pour finir, ça part totalement en grand n'importe quoi avec des personnages qui se font totalement dépasser par les événements et une situation qui échappe à tout contrôle. C'est d'autant plus amusant que Westlake oppose à la bande de Dortmunder une bande de kidnappeurs amateurs qui, tout comme nos héros, ne sont guère doués dans leurs desseins. On rit donc beaucoup, jusqu'à une fin totalement inattendue et proche de l'absurde. C'est sûr, avec Westlake on ne s'ennuie pas! Bon, il est temps de partir en quête des autres aventures de Dortmunder qu'en dites-vous?

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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 20:40

L01.jpgDégâts des eaux

Donald Westlake

éditions Rivages

1990

 

 

Je ne sais pas pour vous, mais moi en ce moment je me sens un peu morose. Rien de tel donc pour se changer les idées que de lire quelque chose de drôle pour une fois.

Dortmunder, vieux criminel blasé n'est pas franchement ravi de retrouver l'un de ses anciens compagnons de cellule, Tom Jimson, libéré depuis peu. Tom est il faut bien l'avouer un franc sociopathe. Pourtant Dortmunder se retrouve contraint de collaborer avec lui. Tom veut en effet récupérer un ancien butin, caché autrefois dans une petite ville mais qui à la suite de la construction d'un barrage s'est retrouvée inondée. Pas de problèmes pour Tom qui a une solution radicale: faire sauter le barrage à la dynamite et, accessoirement, tuer toute la population locale. Mais notre héros est plus gêné par ses méthodes si peu élégantes et déterminé à trouver une autre solution pour récupérer le butin caché au fond de l'eau... quitte à prendre le temps qu'il faut pour réussir.

Dégâts des eaux n'est de toute évidence pas la première aventure de Dortmunder, personnages cocasse de Westlake que je découvre et qui me plaît beaucoup. C'est un anti-héros, assez âgé et pas très scrupuleux, mais drôle, d'autant plus que dans ce livre, il est loin de parvenir à ses fins. Il est entouré par une galerie de caractères tout aussi amusants; ses différents acolytes dans le crime, Andy, Stan, Tiny... sans oublier les "je passais par hasard": le plongeur professionnel Doug ou encore le geek des années 90, Wally. Tous ces gens se donnent la réplique et surtout se retrouvent dans des situations impossibles qui font bien rire le lecteur. Les dialogues sont enlevés, le style est fluide. Passé un début un peu poussif, nous suivons pas à pas et avec plaisir les nombreuses tentatives de Dortmunder et de son équipe de malfrats pour récupérer l'argent de Tom Jinson. Y arriveront-ils? Tom Jinson fera-t-il sauter le barrage? A vous de le découvrir... Moi je suis plutôt contente car il me reste encore un Westlake à lire. Après, il faudra me mettre en quête  du tout premier tome de la série.

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 13:27

L01.jpgMiséricorde

Jussi Adler-Olsen

éditions Albin Michel

2011

 

 

Après une fusillade qui l'a gravement blessé et rendu encore plus difficile à vivre qu'auparavant, l'inspecteur Carl Morck, vieux flic bougon,  est relégué par son chef à la section V, une section qui a pour charge de traiter les dossiers non résolus par la police. Dans la pratique, il s'agit d'un poste dans un sous-sol avec pour seul assistant un réfugié politique syrien Hafez el Hassad dont Carl s'accommode mal de l'enthousiasme. Pourtant, le premier dossier qu'il examine, la disparition et la mort présumée d'une politicienne il y a de cela quelques années pourrait bien se révéler plus intéressant qu'il ne le pense. En effet, Merete Lyyngaard est toujours en vie et croupit en cage en attendant la décision de ses bourreaux de l'exécuter. Sans le savoir, Carl est désormais devenu le dernier espoir de la jeune femme. 

Retour au polar scandinave avec ce très honnête roman danois qui, sans se révéler le meilleur thriller de tous les temps, m'a très agréablement tenue en haleine pendant quelques jour. Son principal défaut? On comprend tout de suite le pourquoi du comment et l'identité des ravisseurs de Merete. Le suspens ne réside pas là mais plutôt dans cette question: Carl arrivera-t-il à retrouver la jeune femme avant qu'il ne soit trop tard? Et de côté-là, c'est assez bien fait, l'auteur alternant la narration, tantôt centrée sur Carl, tantôt centrée sur Merete, donnant de la sorte au récit une bonne dynamique. J'ai apprécié aussi je l'avoue, la volonté de l'auteur de minimiser l'aspect politique de l'histoire; contrairement à certains polars scandinaves comme Millenium (que j'ai pour ma part fort peu goûté la narration ne se tranforme pas en dissertation sur l'histoire politique ou économique du Danemark et ne perd pas son rythme. Enfin et surtout, la force de Miséricorde tient surtout aux deux enquêteurs: Carl Morck et Hafez el Hassad. D'un côté nous avons le misanthrope aigri qui se soucie plus de faire des sudokus en attendant l'heure de la retraite que de résoudre des énigmes, à l'opposé des supers flics habituels toujours à la recherche de la vérité. De l'autre, nous avons l'assistant chauffeur homme de ménage un peu mystérieux et très enthousiaste, mais qui du fait de son inexpérience met souvent les pieds dans le plats. Un duo de choc pour le début d'une série d'enquêtes qui s'annoncent prometteuses...

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 13:10

L01.jpgBetty

Arnaldur Indridason

éditions Métailié

2003

 

Betty est ce qu'on nomme une femme fatale, compagne d'un riche homme d'affaires qui la bat et avec qui elle reste pour des motifs qui semblent purement financiers. Elle jette son dévolu sur notre personnage principal, narrateur de l'histoire et le persuade dans un premier temps de travailler pour son mari. C'est également elle qui monte un plan pour éliminer ce dernier avec son amour secret... Mais le dindon de la farce n'est pas forcément celui que l'on croit...

Comme pour tout roman policier, il est difficile d'en dire trop sur Betty de peur d'en tuer tout le suspens. Je vais donc essayer de marcher sur des oeufs. C'était mon premier contact avec l'auteur nordique Indridason, et je dois avouer que ce premier contact est plutôt encourageant: un style tout à fait correct, une description soignée des personnages et de leur psychologie... Ne nous le cachons pas ceci dit: l'originalité du livre tient essentiellement à un coup de théâtre au milieu du récit qui prend le lecteur totalement au dépourvu et le force même à revenir en arrière. Sorti de ce coup de théâtre, assez spectaculaire, nous avons somme toute une histoire policière classique: une femme fatale, un mari indésirable, un faux accident et un narrateur qui se laisse prendre au piège si méticuleusement que nous pouvons presque entendre le verrou se refermer derrière lui, le tout servi par une écriture d'une grande précision. Simple mais efficace, pas trop long, un roman idéal pour l'hiver qui vient...

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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 08:35

L01.jpgAlex

Pierre Lemaître

éditions Albin Michel

2011

 

 

ça commence comme un roman policier tout ce qu'il y a de plus banal: Alex, jeune femme d'une trentaine d'années apparemment sans histoires, est enlevée un soir sur le chemin de son appartement. Signalée par un témoin de la scène, l'affaire est aussitôt prise en charge par Camille Verhoeven, le héros de Travail soigné. Mais l'enlèvement prend bientôt un tour inattendu: en effet, si le ravisseur est très vite identifié et que ses mobiles ne tardent pas à être percés à jour, la victime demeure anonyme, une jeune femme que personne ne connaît et dont l'identité et la véritable personnalité sont un mystère...

Le dernier roman de Pierre Lemaître confirme encore une fois mon goût pour cet auteur talentueux, maître dans l'art du petit détail qui tue et de la création de personnages troubles. Camille Verhoeven n'est pas, sans mauvais jeux de mots un grand détective comme notre génial Adamsberg, héros de Fred Vargas, ni même particulièrement doué: c'est juste un bon policier doté d'un mauvais caractère et d'une petite taille. Seule son histoire personnelle le rend attachant aux yeux du lecteur. Quant à Alex, le personnage éponyme, si elle s'attire d'emblée notre sympathie par son courage lors de son enlèvement, sa personnalité complexe et mystérieuse ne tarde pas à susciter l'inquiétude suivie d'un mélange d'attirance et de répulsion lorsque le lecteur comprend qui elle est vraiment. Bourreau ou victime? A nous de décider. Ceci dit, la plus grande force du roman de Lemaître réside, non pas dans l'intrigue, au demeurant assez "classique" si j'ose dire, mais dans la construction de cette intrigue en trois parties, avec à chaque fois, un rebondissement qui clôt plus ou moins l'histoire tout en la faisant partir dans une autre direction...C'est un choix audacieux, même risqué, car Lemaître par exemple ne fait pas une troisième partie aussi intense que les deux premières, contrairement à ses petits camarades et s'expose de la sorte à une lassitude de son lectorat. Choix payant cependant car on reste scotché tout du long malgré tout devant l'histoire de la jolie Alex  qui demeure pratiquement jusqu'au bout un mystère...

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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 17:15

L09.jpgL'Armée furieuse

Fred Vargas

éditions Viviane Hamy

2011

 

Quelques années après son dernier roman et au grand bonheur de ses fans, Fred Vargas revient avec une nouvelle enquête du commissaire Adamsberg dans L'armée furieuse. Adamsberg, policier atypique aux raisonnements et aux méthodes peu orthodoxes avait déjà fort à faire dans son propre commissariat parisien: un riche magnat des affaires tué dans l'incendie d'une voiture, une fillette séquestrée par un prétendu grand-oncle... Mais lorsqu'une petite femme apeurée débarque de Normandie pour lui raconter l'histoire de l'Armée Furieuse, une armée de revenants qui assassineraient des criminels, notre héros décide de tout plaquer et, flanqué d'un fils taciturne et d'un pigeon convalescent, débarque à Ordebec pour enquêter sur des histoires de fantômes mais surtout des meurtres bien réels...

Ce qui est agréable avec les romans de Fred Vargas, c'est que ce sont sans doute les policiers les plus optimistes au monde. Ne vous y trompez pas: dans L'Armée furieuse, il y a des morts, des assassins et du sang. Mais les enquêtes sont menées avec une telle désinvolture qu'elles perdent beaucoup de leur gravité et que le lecteur, sans pour autant perdre de son intérêt pour une intrigue rondement menée, n'éprouve pas de réelle angoisse. Le commissaire Adamsberg, personnage unique, a des méthodes brouillonnes et une certaine tendance à lorgner la poitrine de ses suspectes. Sa perpétuelle rêverie ainsi que sa distraction en font un être attachant, à mi-chemin entre Colombo et l'inspecteur Gadget. Ses subalternes sont croqués avec tout autant d'humour et de brio par une Fred Vargas qui excelle dans l'art du portrait. Tous ses personnages sont soignés, si bien qu'elle évite ainsi l'écueil du genre, le manichéisme, ainsi que l'éternelle rengaine "les monstres sont partout" (d'autant plus que dans l'Armée furieuse les monstres sont les premières victimes!) Que dire d'autre? Fred Vargas est un auteur que j'affectionne particulièrement, tant pour son style toujours très drôle que pour ses intrigues soigneusement travaillées, flirtant avec un surnaturel qui s'explique toujours. Je ne peux donc qu'encourager ceux qui ne connaissent pas encore ses écrits à se plonger dans son dernier roman. Que ceux qui n'ont rien lu d'elle avant se rassurent: les allusions aux précédentes enquêtes d'Adamsberg ne gênent en rien la compréhension de la lecture mais vous donneront en revanche envie de découvrir ses autres livres...

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 13:26

L09.jpgTravail soigné

Pierre Lemaître

Editions Livre de Poche

(2006)

 

Je ne sais pas si vous vous en souvenez, mais j’ai découvert Pierre Lemaître avec son brillant Robe de marié. Plus tard, moins convaincue mais toujours aussi enthousiaste, j’ai évoqué le sombre Cadres noirs, policier atypique mettant en scène un cadre au chômage prêt à tout pour retrouver du travail. Aujourd’hui, nous allons parler du tout premier roman de Pierre Lemaître, Travail soigné, qui confirme tout le bien que je pensais de cet auteur.

Camille Verhoeven, commandant de police respecté malgré sa petite taille (1m45) est également un époux comblé qui, dans un mois, sera père. Mais le meurtre particulièrement atroce de deux prostituées dans un appartement de la région parisienne le met bientôt face à un criminel d’un genre bien particulier qui tue en s’inspirant… de romans. Camille décide alors d’entrer dans le jeu du mystérieux assassin, conscient cependant que ce dernier a tout prévu alors que lui-même ignore encore ce qui va se passer.

Une fois encore, je ne peux pas trop en dire sur ce roman, au risque de trop vous en dévoiler et de gâcher l’effet de surprise. Travail soigné présente un double intérêt : une histoire macabre, très sanglante par endroits et de fait déconseillée aux âmes sensibles, mais, surtout, une narration construite de façon redoutable. J’avais déjà évoqué avec Robe de marié la façon de Pierre Lemaître d’amener son intrigue là où on ne l’attendait pas forcément, et son premier roman ne fait que me conforter dans cette opinion. Asymétrique (la première partie de l’ouvrage fait plus de trois cent cinquante pages, la seconde seulement quarante), la narration faussement  simple, se révèle pleine de chausse-trappes et de pièges dont on ne prend pleinement conscience qu’à la fin d’une lecture éprouvante pour les nerfs. Rien à dire, le titre n’est pas trompeur, c’est du joli travail…

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 10:11

L01.jpgComme deux gouttes d'eau

Tana French

éditions Seuil

 

Vous n'avez jamais rêvé l'espace de quelques jours de vous glisser dans la peau d'un ou d'une autre? De vivre à sa place histoire de vérifier que vous n'avez pas raté votre propre vie? C'est l'occasion qui se présente un jour pour Cassie Madox, inspecteur employée aux violences domestiques. A ses débuts dans la police, Cassie était une jeune infiltrée dans le milieu de la drogue à qui son patron avait créé un personnage fictif, Lexie Madison, pour les besoins de l'enquête. Le dossier bouclé, Lexie avait disparu et Cassie l'avait presque oubliée... jusqu'au jour où son ancien patron, Frank, la convoque sur le lieu d'un crime. Dans une masure au fond de la campagne irlandaise, son sosie gît à terre, poignardée. Un sosie qui se faisait appeler Lexie Madison. L'occasion est trop belle pour Cassie qui, tant pour découvrir l'identité de la mystérieuse jeune femme que pour découvrir qui l'a tuée, décide avec Frank de reprendre le rôle de la victime afin de démasquer ses assassins. La voici donc infiltrée de nouveau, cette fois dans le rôle d'une sage étudiante vivant au coeur d'une communauté pour le moins particulière, dans une vieille demeure perdue. Mais, curieusement, Cassie va découvrir que ce mode de vie lui plaît et, bien malgré elle, va tisser des liens avec des gens qui, potentiellement, sont tous des tueurs...

Je suis tombée sur ce policier totalement par hasard, en piochant sur une table, et pour une fois, la pioche a été très bonne. Jeune auteur irlandaise, Tana French a un style très agréable et crée une héroïne attachante et pleine de fraîcheur. Je n'avais encore jamais lu d'histoires d'infiltrés, et j'ai été immédiatement séduite par ce qui est quasiment un huis-clos, l'action se déroulant presque exclusivement à Whitehorn House. Pas de considérations médico-légales, de réunions interminables et de scènes d'action à la poursuite d'un tueur fantôme, uniquement des descriptions de la campagne et d'une maison qui a tout de la maison-fantôme. Le tour de force de l'auteur est de jouer sur ce que cette situation a de rassurant (l'ambiance familiale, le côte "cocooning" avec le feu dans la cheminée et la camaraderie des cinq étudiants) et d'angoissant (les bruits de la campagne et la nuit faussement silencieuse, l'isolement et les craquements du plancher...) Dans ce huis-clos évoluent des personnages que nous ne pouvons, à l'instar de Cassie, nous empêcher de trouver sympathique au fil du récit. A l'inverse, la victime, Lexie, apparaît de plus en plus trouble...Comme deux gouttes d'eau est un roman policier atypique qui joue beaucoup sur la psychologie des personnages et sur un décor qui a tout du décor d'un film d'horreur. Il ne fait pas vraiment peur (amateurs de descriptions gores et d'autopsies, passez votre chemin) mais distille une sensation de malaise et de tristesse qui ne s'efface pas facilement. Un seul petit défaut: j'ai trouvé la fin un peu trop prévisible... A part ça, je vais me hâter d'aller découvrir les autres romans de Tana French.

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