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Cranford

Cranford

Elizabeth Gaskell

éditions Points

1852

 

A Cranford, il n'y a quasiment que des dames, veuves ou vieilles filles. Les hommes meurent ou ne restent presque jamais longtemps dans cette ville moribonde, leur préférant la dynamique Drumble accessible par le chemin de fer. Aussi nos habitantes ont-elles appris depuis longtemps à se débrouiller seules : elles mènent une vie tranquille et routinière en bonne intelligence avec leurs voisines, ponctuée de quelques querelles vite oubliées et, pour ne pas embarrasser, feignent de ne pas s'apercevoir de la pauvreté de leurs amies...

Narré à la première personne par une héroïne qui ne vit pas elle-même dans la ville mais qui y fait de longs et fréquents séjours, Cranford est un récit terriblement touchant. A vue de nez, cela peut paraître un peu ennuyeux : il n'y a pas à proprement parler d'intrigue, le roman est plus une suite de saynètes et de situations racontant le quotidien de ces femmes, et un quotidien qui est loin d'être palpitant : une vieille fille qui retrouve sur le tard un amour d'enfance, un magicien qui arrive en ville, une succession de vols réels ou supposés qui déclenchent une panique collective, un dîner mondain chez la "noble" du coin... Nos héroïnes obéissent à une succession de codes et de protocoles,  bavardent et disent beaucoup de bêtises, sont superstitieuses et un peu trouillardes. Mais tous ces défauts les rendent humaines et elles n'en sont que plus touchantes dans leurs petites manies. De plus, il y a quelque chose d'infiniment héroïque dans ces femmes livrées à elles-mêmes et qui mènent de front leur vie, feignant de n'être ni pauvres ni seules. Ainsi, l'ouvrage nous livre bon nombre de passages émouvants comme miss Matty lisant de vieilles lettres ou se privant de tissu pour venir en aide à un homme qui a fait faillite à cause de la banque dont elle possède elle-même des actions, ou ses amies qui lui viennent secrètement en aide quand elle perd tout. L'écriture de Gaskell se rapproche beaucoup de celle d'Austen : c'est un peu le même univers et le style est très proche. L'humour est omniprésent et, si la moquerie perce parfois, c'est une moquerie pleine de tendresse pour des personnages qui avec tous leurs travers et leurs considérations futiles parviennent néanmoins à acquérir une véritable dimension romanesque.

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J
Nooon, je m'étais promis de faire des économies... Trop tard, je l'ai commandé ! Merci pour cette découverte qui, je pense, sera super !
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B
De rien ! Si vous aimez Jane Austen, vous ne pourrez qu'aimer Elizabeth Gaskell ^^