Droit du sang
(Un monde sans dieux, tome 2)
Brian Ruckley
éditions Eclipse
2008
Dans un hiver glacial qui semble éternel, la guerre fait rage entre les clans de la Route Noire, combattants endurcis et sans peur, et les lignés du vrai sang, des hommes qui ont vécu si longtemps dans le confort qu'ils ont oublié ces ennemis séculaires prêts à tout pour les voir décimés. Osirian, dernier représentant de sa lignée n'a d'autre espoir que de se tourner vers les na'kyrims pour sauver son peuple et faire appel à une magie qui le dépasse, pendant que sa soeur Anyara se retrouve malgré elle mêlée à des embrouilles politiques qui risquent de coûter cher à toutes les lignées du vrai sang... Cependant les guerriers de la Route Noire ne sont pas les plus dangereux; Aeglys, un sang mêlé qui s'est rangé à leurs côtés, est titulaire d'un pouvoir terrifant qui le dépasse et qui pourrait amener les Anaïns, la race légendaire, à s'éveiller de leur sommeil et à plonger le monde dans le chaos...
Oui je sais, c'est de la fantasy et je sais très bien que cette note va intéresser 1% de mes lecteurs potentiels, d'autant plus qu'il s'agit du second volet d'une trilogie. Mais bon, j'insiste, car, tout comme le premier tome Hiver de sang, Droit du sang est un roman passionnant, extrêmement violent aussi et qui sacrifie sans aucune hésitation personnages principaux ou secondaires au service d'une action efficace et d'une intrigue sombre. Le style est soigné, l'auteur excellant tout particulièrement à nous dépeindre cet hiver atroce, glacial, et ce froid qui semble éternel. Ruckley nous épargne également historiettes d'amour peu adaptées à la situation (entre deux décapitations d'ennemis, difficile de conter fleurette dans la réalité, même si certains auteurs comme Goodkind n'ont aucun scrupule à le faire dans leurs romans) ou attermoiements interminables: les personnages n'en perdent pas pour autant en épaisseur car leurs caractères s'expriment à travers des actions en apparence anodine mais qui les rendent terriblement humains: Anyara qui prend un malin plaisir à provoquer une autre femme, Osirian qui manque de pleurer en voyant une villageoise battre une couverture sur le pas de sa porte... Alors oui, ça reste de la fantasy, ce qui signifie une carte au début du roman, annexes et chronologie à la fin, de vieilles légendes et des noms à coucher dehors... Le début est chaotique, surtout quand le premier tome n'est plus tout frais dans la mémoire. Mais croyez-moi, en persévérant un peu, Droit du sang est un livre qui vaut vraiment le coup.