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Les tribulations d'un âne

L’ÂNE D’OR

Apulée

 

 

C’est difficile à expliquer, mais autant j’ai éprouvé des difficultés de compréhension et, il ne faut pas le cacher, de temps en temps un certain ennui devant mes romans chinois plein de sabres et de dépeçage de femmes adultères (oui je sais je vais avoir du mal à m’en remettre) autant j’ai éprouvé un grand plaisir à redécouvrir une littérature que je n’avais plus approché depuis la fac et les cours de latin : la littérature latine justement ! Plus proche culturellement peut-être, je n’ai eu ainsi aucun mal à entrer dans l’histoire d’Apulée L’âne d’or.

Alors, avant tout je vais faire profiter tout le monde d’une récente découverte (merci la préface !) en précisant que « or » ne signifie pas que la bête de somme est recouverte de pierres précieuses, ni que, à l’instar de l’âne de Peau-d’Ane il se soulage en monnaies sonnantes et trébuchantes. Non, seulement que l’adjectif est ici employé pour nous faire comprendre que le récit qu’Apulée va nous narrer est d’une grande qualité, c’est parole « d’or ». Voilà c’était la minute culturelle.

Le récit se déroule du temps de Marc-Aurèle, époque romaine. Lucius jeune aristocrate plus ou moins désoeuvré est accueilli chez des hôtes un peu particuliers. L’épouse notamment se livre à la sorcellerie et à l’art de la métamorphose. Lucius, d’une curiosité mal placée, décide de s’attirer les bonnes grâces de la petite servante de la maisonnée. Une fois celle-ci dans son lit (et plutôt deux fois qu’une), il la supplie de l’initier au talent de sa maîtresse et de le transformer à son tour en oiseau majestueux. L’esclave y consent volontiers (que ne ferait-on pas pour un homme) mais, à la suite d’une erreur de manipulation, voilà notre brave Lucius transformé en âne !! Un seul remède pourrait le sauver, l’ingestion de roses, mais c’est pile au moment où des brigands envahissent la maisonnée et embarquent les biens de la famille, bêtes y compris….

A partir de là, l’histoire prend un ton rocambolesque puisque Lucius se retrouve embarqué dans une série d’aventures qui le mènera de maîtres en maîtres et qu’il manque perdre la vie à plusieurs reprises.  Très drôle parce que décalé, l’auteur nous embarque dans une visite de l’univers des esclaves et des bêtes de somme. Les maîtres n’ont guère d’intérêt dans le roman ; distants, ils ne participent guère au fond à l’histoire, étant vus comme ceux du dessus, ceux à qui ils arrivent des aventures merveilleuses et tragiques que Lucius s’empresse de relater certes. Mais les vrais héros, ceux qui participent activement au récit, ce sont les esclaves, les bergers ou les paysans, ceux que l’âne va côtoyer au quotidien et qui contribuent à la série de mésaventures (bagarres, attaques de brigands, adultères…). Paradoxalement leurs vies à eux semblent ne guère avoir d’intérêt. Frustres, ils meurent ou fuient assez vite et nous ne savons pas grand-chose d’eux, tout comme en y réfléchissant, nous ne savons pas grand-chose de l’âne qui autrefois s’appelait Lucius.

Au final qu’est-ce que ça donne ? Un roman assez hétérogène où le tragique alterne avec le comique, et le mythe (c’est notamment dans L’âne d’or que Apulée fait le récit du mythe de Psyché) avec la farce quotidienne. Quelques passages sont assez licencieux, notamment cette scène où Lucius sous sa forme animale s’accouple avec une jeune femme de bonne naissance. Je vous épargne les détails mais, je vous rassure, Apulée n’a pas mes scrupules ! Ecrit avec légèreté, c’est un récit simple qui fait sourire même si la fin apparaît plutôt en décalage avec le reste du roman (je ne vais pas tout raconter, mais disons qu’on change quasiment de registre) Et pour les latinistes, il y aura toujours cette petite tendance à essayer de retrouver la structure de la phrase originale dans la traduction… Ah là y a que moi ? Bon ok je sors….

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D
Je pensais qu'il s'agissait d'une histoire d'âne narcoleptique (l'âne dort). Ok...je sors...<br /> Maintenant que tu en as fini avec ta littérature zoophile (je place ce mot pour t'attirer des visites!), tu vas, je suppose, attaquer Joyce...
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B
<br /> huum... Le terme de zoophile ne m'a pas attiré plus de visites que ça dommage... En même temps je suis pas sûre d'avoir envie de lecteurs qui cherchent le terme de "zoophile" en moteurs de<br /> recherche.<br /> Et non, je n'attaque pas Joyce, j'ai encore un roman historique avant. Joyce c'est juste après!<br /> <br /> <br />