Tsubasa reservoir chronicle
Clamp
A ce stade de notre relation, j’ai un aveu à vous faire : j’aime les mangas. Et quand je dis que j’aime les mangas, je n’aime pas seulement les dessins si beaux et les histoires si poétiques de Taniguchi, je ne verse pas seulement ma petite larme devant Le tombeau des lucioles ou je ne me passionne pas seulement devant Akira, non j’aime aussi les mangas que vous liriez ou regarderiez avec un froncement de sourcil éloquent : je ris devant les exploits des personnages de One Piece, je me sens émue en lisant le manga pour filles par excellence, Fruit Basket, moi qui déteste les histoires d’amour teintées de rose bonbon ; je me penche avec attention sur la relation sentimentale que nouent les personnages de Akané et Ranma dans la série éponyme et, enfin, pour aller jusqu’au bout de mon aveu, j’ai même éprouvé un profond béguin pour Végéta dans Dragon Ball au point d’avoir encore aujourd’hui une petite figurine de lui quelque part dans ma chambre d’enfant. Bref, même si j’éprouve souvent une profonde lassitude en regardant chaque jour les lecteurs de mangas éparpillés en vrac sur le sol de la librairie, doublée parfois d’une envie de meurtre lorsque je dois les enjamber pour parvenir à ranger des rayons ou chercher un livre au milieu d’une odeur de pieds (car par un mystérieux effet de la nature, le lecteur de mangas pue des pieds) oui, quelque part, je crois que je les comprends.
Passons maintenant au manga dont je veux vous parler et dont une amie m’a gracieusement prêtée les six premiers tomes. Il s’agit de Tsubasa Reservoir Chronicle (ah si quelqu’un peut m’expliquer le titre, je suis preneuse) de Clamp. L’histoire commence dans le pays du Clown où la gentille Sakura, la princesse, est amoureuse de son ami d’enfance Shaolan qui l’aime en secret également. Leur amour est contrarié par la différence sociale car le jeune garçon, plus ou moins archéologue, ne peut guère prétendre à la main de la royale enfant. C’est dans ce contexte que le royaume est attaqué par des forces venues d’ailleurs et qui repartent aussi brusquement qu’elles sont arrivées grâce à une intervention de Sakura. Mais cette intervention n’est pas sans prix : la jeune fille perd son âme et sa mémoire. Celles-ci se sont éparpillées sous forme de plumes (pour une raison que j’ignore, les japonais aiment beaucoup les plumes) dans des mondes parallèles. Pour les rendre à Sakura, Shaolan n’a d’autre choix que d’escorter la jeune fille à travers les différents mondes à la recherche de ces fameuses plumes. Ils sont escortés par Mokona, une sorte de Pikachu rigolo et par deux compagnons, eux aussi « visiteurs » pour des raisons personnelles, l’affable magicien Fye, et le ninja neurasthénique et caractériel Kurogané. Cependant tous ont un prix à payer pour voyager ainsi et Shaolan doit sacrifier ce qui lui tient le plus à cœur ; sa relation avec Sakura. Même si la jeune fille retrouvait un jour toute sa mémoire, jamais elle ne se souviendra de Shaolan.
Nous sommes donc dans le schéma classique du voyage initiatique avec un ensemble de compagnons disparates, le grand rigolo qui boit volontiers et ne semble rien prendre au sérieux, le grand ténébreux qui s’énerve pour un rien, la petite boule de poils qui énerve le grand ténébreux, la jeune fille confuse et le jeune homme mystérieux doué d’une force qui se révèle au fil des pages. Les situations sont classiques mais plaisantes et l’idée de voyage entre les mondes plutôt intéressante car elle permet à l’auteur d’intégrer plusieurs petites histoires à son récit. Cela donne de jolies trouvailles comme ce monde où les enfants disparaissent, enlevés par une princesse de légende morte depuis longtemps. De Clamp je ne connais pas grand-chose, seulement le manga animé XXX holic mais cela m’a permis néanmoins de reconnaître dans l’un des mondes des personnages du manga en question avec une histoire différente cependant. Je pense de ce fait qu’il doit y avoir de nombreux clins d’œil dans le récit. Un bémol cependant ; le personnage principal Shaolan qui est vraiment trop. Trop parfait, trop gentil, trop hésitant, il agace plus qu’autre chose. Le voir ivre lors d’une soirée est l’un de ses rares moments comiques.
Sorti de ça on se retrouve avec un gentil manga rempli de plumes et d’amour, de grands méchants qui surveillent et de combats épiques où nos héros gagnent toujours. Ça manque un peu d’originalité, c’est gentillet mais c’est distrayant et rien que pour les personnages secondaires, ça vaut le détour….