L’assassin royal
Vol.1 Le bâtard
Un jour, au royaume des Lonvoyant, un jeune garçon est amené au palais. Il s’appelle Fitz et c’est un bâtard du prince héritier (appelé roi servant), le prince Chevalerie. Bien évidemment la nouvelle fait scandale et Chevalerie préfère « démissionner » au profit de son plus jeune frère, le prince Vérité et ce afin d’éviter les éventuelles guerres de succession. Fitz n’a de la sorte aucun espoir (et aucune envie d’ailleurs) d’accéder un jour à la succession, mais son grand-père, le roi Subtil, décide de s’en faire un allié et fait de lui son assassin attitré….
L’histoire vous dit quelque chose n’est-ce pas ? Normal, j’ai déjà parlé de la série L’assassin royal de Robin Hobb à deux reprises. Sauf que là, TADAM ! Je vous parle de l’adaptation en bande dessinée. Ben oui, quand on a un best-seller c’est dommage de ne pas jouer sur les dérivés…
J’avoue que l’idée d’adapter en BD un ouvrage de la sorte à la base me laissait plutôt perplexe. Déjà j’ai beaucoup de mal avec les adaptations d’ouvrages classiques mais là, l’œuvre de Robin Hobb est tout de même un pavé et son intérêt réside essentiellement dans la construction des personnages qui s’étoffent au fil des pages. L’intrigue de même est plutôt sur la durée (certains esprits mesquins vous diraient que parfois elle traîne un peu en longueur comme dans tout cycle de fantasy qui se respecte) et je ne voyais vraiment pas ce qu’on pourrait en tirer à en faire une adaptation dessinée dans la mesure où il n’y a même pas de trolls ou de créatures visuellement « intéressantes » Alors ? Concrètement nous nous retrouvons avec entre les mains un premier album qui doit reprendre environ la moitié du premier tome de la saga (une aubaine éditoriale quand on sait qu’il y en a treize si mes souvenirs sont bons) avec une narration qui reprend scrupuleusement celle du récit. Je ne peux pas dire que ce soit laid. Le dessin est correct, je trouve même les couleurs plutôt jolies, mais ça sonne faux d’un bout à l’autre. J’ai entendu dire un jour que pour faire un bon film d’un livre, il était nécessaire de s’en éloigner, n’en déplaisent aux puristes, et ce afin de créer une œuvre autonome. Je suppose que le principe s’applique à toute adaptation. Pour prendre une comparaison, en lisant L’assassin royal en BD, j’ai ressenti exactement la même chose qu’en regardant Les rois maudits en série télé (juste un épisode, je vous jure, et en plus on m’avait forcée) : les costumes étaient scrupuleusement respectés, Gérard Depardieu criait « Maudits ! » avec beaucoup de conviction, les décors étaient conformes je suppose à la réalité historique, mais vous savez quoi ? ça restait du carton-pâte et au final ne c’était ni palpitant ni sensationnel, c’était au mieux instructif, et au pire, profondément ennuyeux….D’un point de vue marketing, je suppose qu’on peut justifier la sortie de L’assassin royal en bande dessinée. D’un point de vue créatif, je ne suis absolument pas convaincue….