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Il était un petit navire qui avait beaucoup navigué...

Erik le viking

Terry Jones

Editions Bragelonne

 

 

Désolée de ce long silence. Je ne fais pas la grève de la lecture, mais je rencontre quelques difficultés sur un roman de chevalerie de 800 pages. En attendant de vous en parler dans ma prochaine note (si j’arrive au bout de ce pavé) penchons-nous sur une œuvre plus légère.

Je pense que vous connaissez  les films des Monty Python et que le nom de Terry Jones vous est tous sauf inconnu. En revanche, personnellement, j’ignorais qu’en plus d’être scénariste et réalisateur, il était également écrivain. Erik le Viking vous connaissez ? J’avais vu le film certes, mais ce que je ne savais pas c’est que ce film est l’adaptation d’un livre écrit par Terry Jones lui-même.

A priori, étant donné que le film et le roman sont l’œuvre d’une seule et même personne, on pourrait s’attendre à ce qu’ils soient tous les deux globalement identiques, du moins dans la mesure du possible (humour, scénario de base). Or, jamais deux œuvres ne furent plus éloignées l’une de l’autre. Le film Erik le viking met en scène un jeune homme un peu naïf qui, las des pillages et de la barbarie de son peuple, décide d’entreprendre un voyage avec ses compagnons pour mettre un terme au règne des armes et de la terreur. C’est drôle, cynique, déjanté, bref, une comédie des Monty Python. Le livre n’a rien à voir : le héros est un viking tout sauf naïf, marié, posé et réfléchi qui décide de découvrir le monde « où le soleil se couche le soir venu » et qui emmène avec lui des hommes braves et déterminés, bien loin des phénomènes de foire du film. Rien d’humoristique dans ce conte initiatique qui se présente sous la forme de courts chapitres mettant en scène les diverses aventures de nos héros. Inspiré à la fois des contes traditionnels et vraisemblablement de l’Odyssée d’Homère (géants furieux, sirènes ensorcelantes…) Erik le Viking pourrait presque plus s’adresser à des enfants qu’à des adultes. On retrouve les mêmes procédés que dans les contes, les multiples répétitions, les nombreux dialogues et les courts morceaux « chantés » (comptines, ritournelles) qui s’intercalent dans le récit.

Un seul mot qualifie le livre : déroutant. Je ne cacherais pas que j’ai eu beaucoup de mal de ce fait à m’adapter à un style assez « enfantin » et à un récit qui d’emblée s’inscrit dans le merveilleux. Passé cependant la surprise, je me suis laissée peu à peu entraîner dans une histoire pas forcément désagréable à lire. L’écriture n’est pas d’une qualité exceptionnelle et l’auteur se laisse parfois aller à des raccourcis et des ellipses qui sèment la confusion et qui ne peuvent pas se justifier uniquement par le principe du conte. Ceci dit, Erik le viking est empreint d’une poésie assez agréable (j’ai beaucoup apprécié notamment ce passage où les guerriers comprennent le langage des fleurs et des animaux et sont pris au piège d’une vallée, occupés à l’écouter) et d’un imaginaire qui, sans être d’une originalité renversante, est tout à fait plaisant. Ainsi, oubliez le film et l’auteur le temps de la lecture ; si vous ne vous attendez à rien de précis, vous apprécierez le livre. Sinon, vous risquez je le crains d’être un peu déçu.

 

Ps : Rien à voir, mais toujours dans le thème adaptation livre/film, j’ai enfin vu Virgin suicides. J’ai plutôt aimé mais j’ai été pour le coup un peu déçu. Si l’ambiance du livre est très bien rendue (cette sensation d’oppression, le caractère énigmatique des fillettes) l’histoire est en quelque sorte « simplifiée » la réalisatrice ne semblant attribuer le suicide des filles qu’à  l’éducation rigide de la mère et faisant du geste des jeunes Lisbon une simple réaction « hormonale » (j’exagère volontairement) Bref, le roman d’Eugenides était beaucoup plus complexe, l’auteur insistant justement sur le fait que les sœurs ne se suicidaient pas uniquement à cause de la sévérité de leurs parents mais pour un ensemble de raisons mystérieuses qui échappent à leurs admirateurs secrets.

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H
Techniquement, les dessins de Boulet sont presque tous superbes... sauf celui qui montre le navire de nos Vikings emporté vers le fond d'un maelstrom ; regardez bien : le navire s'incline du mauvais côté ! Erreur graphique assez surprenante de la part d'un artiste chevronné comme Boulet. D'autre part, les illustrations tiennent rarement compte des descriptions qui figurent dans le texte ; ainsi les hommes-chiens ne devraient-ils pas être représentés comme des hommes ayant des têtes de chiens (ce sont leurs casques qui ont cette apparence, si je me rappelle bien). Le dessinateur à qui revient la tâche d'illustrer un roman dispose-t-il du texte intégral du roman lorsqu'il commence son travail ?
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B
<br /> Tiens Harry Chipoteur ça faisait longtemps! Bon, je ne peux malheureusement pas répondre à tes questions car je ne sais pas du tout comment ça se passe et pour être franche je n'ai pas posé la<br /> question à Boulet, mais je ne manquerais pas de lui demander.... Après je suppose aussi que les images qui nous viennent à la lecture d'un livre sont toujours très personnelles. Je me souviens que<br /> l'une de mes amies voyaient les Détraqueurs de Harry Potter comme des espèces de Dark Vador tandis que je personnellement je les voyais plutôt comme les Nazguls du Seigneur des Anneaux...<br /> <br /> <br />
L
haha, les commentaires des frérots! <br /> Courage Beux pour les dvd, je sais que c'est difficile de trouver quelque chose qui plait à un frère difficile et intransigeant! *soupir*<br /> <br /> bref, sinon, j'ai lu le livre et j'ai passé un très bon moment!<br /> et oooooh les illustrations sont superbes!!
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D
Ouais c'est ça, on préfère les dessins de son frère aux films de son frère. Va donc, eh vilaine, je ne te parle plus...
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B
<br /> Je m'insurge! D'abord, j'ai bien aimé le film, mais si j'aurais préféré pour le coup que tout ne tourne pas autour de Kristen Dunst. Mais j'ai apprécié l'ambiance un peu glauque et l'interprétation<br /> de la mère des soeurs Lisbon qui justement, a le bon goût de ne pas tomber dans la caricature. Donc ton cadeau m'a fait plaisir. Qui plus ce n'est pas toi qui as fait Virgin Suicides. Dois-je te<br /> rappeler que tous les DVD que je t'ai offert ont été impitoyablement mis en pièces dans ton blog???????? Frère cruel va...<br /> <br /> <br />
B
Haha et tu arrives à éluder complètement le sujet des ma-gni-fiques illustrations qui en font un chef-d'œuvre incontournable !<br /> Alors deux choses que je voudrais préciser: C'est effectivement un livre jeunesse. Terry Jones le destinait à un public d'enfants, d'où cette structure "conte".<br /> La seconde, c'est que je ne l'ai quant à moi pas trouvé dépourvu d'humour. Mais c'est un humour sous-jacent, qui ne se trouve pas dans les dialogues ni dans des "gags" mais dans l'incongruité de certaines situations.<br /> L'exemple que tu cites, de la vallée aux fleurs, en est l'exemple le plus évident: on sent que l'auteur s'amuse: il prend un gros viking velu qu'est "Ragnär barbe-fourchue", et le fait se lier d'amitié avec une pâquerette.<br /> Ou cet autre exemple où soudain Erik et ses compères se retrouvent à poil: ça n'apporte rien à l'histoire, c'est complètement gratuit, c'est juste là pour apporter cette petite touche d'absurde qui rend le livre savoureux.<br /> <br /> Voilà.<br /> <br /> Mais ce qu'il faut retenir, c'est surtout qu'il y a de beaux dessins.
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B
<br /> Ah ah je savais que tu laisserais un commentaire!!<br /> Oui certes, je reconnais qu'il y a un peu d'humour c'est vrai (ne serait-ce par exemple dans le fait qu'il n'y a jamais aucun mort et qu'Erik ramène tout son équipage) mais tu admettras, comme tu<br /> le soulignes toi-même que c'est sous-jacent à la différence du film et c'est surtout le contraste entre les deux oeuvres que je voulais souligner, ce qui ne m'a pas empêché d'apprécié l'un et<br /> l'autre. Merci donc à toi pour le cadeau.<br /> <br /> Ps: Et oui tu sais bien que je ne fais pas de pubs sauvages, mais les illustrations du livre sont M.A.G.N.I.F.I.Q.U.ES. Longue vie à toi ô grand Boulet.<br /> <br /> PPS: Non sans rire j'ai bien aimé les dessins, spécialement celui de l'esprit maléfique déguisé en fillette. Que veux-tu c'est mon côté X.Files et "on le savait c'est tout" qui ressort.<br /> <br /> <br /> PPPS: Par contre, je ne te pardonne pas l'emploi de l'adjectif "savoureux"<br /> <br /> <br />