La reine libertine
Michel de Decker
Editions Pygmalion
Il était une fois… une reine qui avait trois fils et une fille (en fait elle en avait plus, mais là n’est pas le sujet). La princesse s’appelait Marguerite mais son frère aîné l’appelait affectueusement Margot. A l’âge de 19 ans, elle fut donnée en mariage à un prince laid, qui sentait fort et, oh outrage suprême, qui ne partageait même pas la même religion qu’elle. Elle ne l’aimera jamais mais, curieusement, l’aidera à plusieurs reprises, lui permettant même indirectement un jour d’accéder à la couronne et de devenir le futur Henri IV. Cœur d’artichaut brûlant de passion, ce sera essentiellement dans les bras de ses amants qu’elle trouvera le bonheur.
Bon allez je sais, c’est pas un récit, c’est une histoire vraie celle-ci. Aujourd’hui foin des romans, un peu d’histoire avec le livre de Michel de Decker sur Marguerite de Navarre alias « La Reine Margot » et son titre relativement évocateur : La reine Libertine. Pour ceux qui l’ignorent, Margot « fille, sœur et épouse de roi » était la fille de Catherine de Médicis et de Henri II. Pour des raisons diplomatiques elle fut contrainte d’épouser Henri de Navarre, le futur Henri IV. Aussi étrange soit-il, malgré un manque d’amour flagrant pour ce dernier, elle le protégera lors du massacre de la Saint Barthélémy allant jusqu’à refuser une annulation du mariage. Plus tard cependant, ce même mari deviendra son ennemi. Esprit de contradiction peut-être ? Certes si l’on en croit les rapports qu’elle entretiendra avec son entourage, avec sa mère, la terrible Catherine de Médicis incapable pourtant de venir à bout de cette entêtée ou avec ses frères Charles IX et Henri III (relations incestueuses puis querelles, mélange détonnant de haine/amour). Margot est un personnage assez fascinant, qui a d’ailleurs inspiré à Dumas un roman, ce dernier donnant à son tour un film avec Adjani (j’ai pas trouvé ça terrible mais à l’époque si je me souviens bien je l’avais juste regardé pour Vincent Perez qui finissait la tête tranchée sur les genoux de sa belle) Fascinante car elle tranche justement avec tous les portraits des sages princesses : elle changeait d’amants comme de chemise, s’impliquait dans la politique avec la rouerie de sa mère et changeait de camp au gré de ses caprices….
Michel de Decker n’a pas un style très agréable : il est beaucoup trop emphatique dans sa biographie et se perd dans des détails sans importance pour au contraire passer rapidement sur certains événements. J’ignore ce qu’il vaut en tant qu’historien mais ce n’est pas un très bon conteur et dans le même registre j’avais préféré la biographie de Marie-Antoinette de Zweig. Ceci dit, le personnage de Marguerite est suffisamment fascinant pour oublier ces imperfections. Si Decker prend le parti de la décrire avant tout comme une mangeuse d’hommes (d’où le parti pris du titre sulfureux) il a cependant la sagesse de ne pas la réduire à une simple chienne en chaleur mais de montrer aussi à la fois sa générosité et son esprit curieux (elle a accueilli nombre d’écrivains chez elle) tout en n’omettant pas son sens de la manipulation (j’ai beaucoup ri je l’avoue lorsque j’ai appris qu’elle avait réussi à séduire l’homme qui était supposé la garder). Après tout, c’était une Médicis…
Voilà tout ce que je peux dire sur cette reine qui, à l’égale de Marie-Antoinette, a suscité bien des passions et des polémiques. Ange ou démon ? C’est une chose que l’histoire ne nous a pas encore appris à déterminer….
Petit Ps : Demain c’est le premier anniversaire de ce blog ! Je n’aurais pas le temps de poster mais je tenais à remercier tous ceux qui me lisent… Je suis toute contente d’avoir réussi à tenir un an et j’espère avec vos encouragements arriver à la deuxième année… A bientôt !